Fitness tech en Amérique Latine SmartFit en Bourse Gympass à milliards et les startups qui changent le marché

Fitness tech en Amérique Latine : SmartFit en Bourse, Gympass à 2 milliards et les startups qui changent le marché

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 18 min · 📅 Publié le 24 mars 2026

Investigation · Amérique latine · Rues ouvertes, programmes publics, outils numériques, travail · Ce que disent les études

L’Amérique latine a inventé quelques-unes des façons les plus originales de faire bouger une population : fermer les rues aux voitures le dimanche, ouvrir des centres de promotion de la santé dans les communes, envoyer des conseils par téléphone. Les études publiées depuis vingt ans permettent de mesurer ce que ces idées ont changé, et ce qu’elles n’ont pas changé. Elles montrent aussi comment les outils numériques, applications, messages ou objets connectés, aident ou non à bouger plus, en Amérique latine comme ailleurs, et ce que l’on sait de l’activité proposée sur le lieu de travail. Voici ce qu’elles disent, et ce qu’on peut en retenir de ce côté de l’Atlantique.

Une précision de méthode. Cet article ne cite que des sources que nous avons lues : les résumés publiés des études citées et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé de 2020. Les chiffres de valorisation, de cotation en bourse, de nombre de clubs, d’utilisateurs, de chiffre d’affaires et de croissance prêtés à des entreprises, qui circulaient sans source lisible, ne sont pas repris, pas plus que les noms d’entreprises, de marques et de leurs dirigeants. Les programmes publics sont nommés, parce que les études les nomment. Aucune personne n’est nommée, hors les auteurs des études.

Une précision de transparence. Magicfit est un réseau de clubs de sport en France, en licence de marque. Cet article est une synthèse documentaire sur la santé et l’activité physique ; il ne donne aucun conseil médical et ne promet aucun résultat.

1. Le point de départ : des enfants qui ne bougent pas assez

L’initiative internationale du Global Matrix demande à chaque pays participant de noter, selon une méthode commune, une série d’indicateurs communs de l’activité physique des enfants et des adolescents de 5 à 17 ans : les uns décrivent leur comportement, les autres ce qui l’influence. Une synthèse publiée en 2025 dans la Revista Panamericana de Salud Pública a réuni les notes de huit pays d’Amérique latine sur quatre éditions, de 2014 à 2022 : l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Mexique, l’Uruguay et le Venezuela (Bizzozero-Peroni et coll., 2025).

Sur les 193 notes attribuées, la plus fréquente était « D », soit 35,2 % des notes : cela signifie qu’entre 20 % et 39 % seulement des enfants atteignaient l’objectif mesuré. Pour 27,5 % des indicateurs, les informations étaient incomplètes. Sur la période récente, la moyenne régionale s’est améliorée de 9,3 %, mais de façon contrastée : les indicateurs qui décrivent l’environnement des enfants (école, famille, politiques) ont progressé de 28,1 %, tandis que ceux qui décrivent leur comportement réel ont reculé de 6,2 %.

Autrement dit, les politiques s’améliorent, mais les enfants ne bougent pas davantage. Les auteurs demandent de meilleurs systèmes de suivi et plus d’investissement dans la collecte de données, pays par pays.

2. Les adultes du cône Sud : qui bouge, qui ne bouge pas

Chez les adultes, l’étude CESCAS I a suivi un échantillon représentatif de 7 524 personnes de 35 à 74 ans dans quatre villes moyennes d’Argentine, du Chili et de l’Uruguay (Poggio et coll., 2016). Elle a mesuré l’activité au travail, pendant les loisirs et dans les déplacements à pied ou à vélo, avec la version longue du questionnaire international d’activité physique.

Près de 65 % des participants déclaraient un niveau d’activité suffisant. Environ 22,8 % ne déclaraient aucune activité. Les moins actifs étaient les femmes, les personnes plus âgées, les personnes obèses, les diplômés de l’université, les employés de bureau, les retraités, les personnes sans emploi, les personnes au foyer et celles qui avaient une limitation physique.

Les auteurs en tirent deux priorités : encourager l’activité de loisir chez les femmes, en particulier celles qui sont sans emploi ou au foyer, et les déplacements à pied ou à vélo chez les employés de bureau. Une seconde analyse de la même étude, publiée en 2018, montre que les personnes qui avaient un travail physiquement exigeant n’avaient pas un profil cardiovasculaire plus mauvais, et avaient même de meilleurs résultats pour certains marqueurs du cholestérol, que celles qui travaillaient assises (Poggio et coll., 2018).

3. Au Brésil, plus de sport, moins de marche pour aller travailler

Le Brésil suit chaque année la santé de sa population adulte par une enquête téléphonique, Vigitel, menée dans toutes les capitales d’État et le district fédéral. Plusieurs équipes en ont tiré l’évolution de l’activité physique.

Une étude publiée en 2026 dans BMC Public Health montre que la part des adultes qui pratiquaient une activité de loisir au moins une fois par semaine est passée de 45,1 % en 2013 à 54,6 % en 2023 (Gonçalves et coll., 2026). Les séances se sont aussi allongées : celles d’une heure ou plus sont passées de 30,9 % à 36,7 %. Les femmes, moins actives au départ, ont progressé plus vite que les hommes. Tous les âges ont progressé, y compris les plus de 80 ans, de 25,9 % à 34,2 %.

Une autre analyse, qui porte sur 512 969 adultes interrogés de 2010 à 2019 et un seuil plus exigeant, celui des recommandations, confirme la hausse de l’activité de loisir, mais montre une baisse des déplacements actifs, à pied ou à vélo, pour aller au travail ou à l’école (Bastone et coll., 2022). L’activité de loisir était plus fréquente chez les hommes, les jeunes et les plus diplômés ; les déplacements actifs étaient plus rares chez les personnes âgées, les plus diplômés et les personnes blanches.

Une étude plus ancienne, sur les années 2006 à 2016, relevait déjà que l’activité de loisir montait tandis que l’activité dans les tâches de la maison baissait nettement chez les femmes (Ide et coll., 2020). En 2012, la marche était l’activité de loisir la plus citée, devant la musculation et la gymnastique, puis le football ; la musculation et la course progressaient, le football reculait (de Sa et coll., 2014). Le sport de loisir gagne du terrain à mesure que l’activité du quotidien en perd.

4. Fermer la rue aux voitures : la Ciclovía

La Ciclovía recreativa est un programme dans lequel des rues sont fermées aux voitures à certaines heures, le dimanche par exemple à Bogotá, pour offrir à tous un espace sûr où se détendre et bouger. Ailleurs, on parle de « rues ouvertes ».

Une étude publiée en 2021 a réuni les données de 3 282 adultes interrogés de 2015 à 2019 dans quatre programmes : Bogotá, Mexico, Santiago de Cali et Santiago du Chili (Mejia-Arbelaez et coll., 2021). À Bogotá et à Cali, les participants parcouraient des quartiers sensiblement différents du leur sur le plan social. Leur niveau d’activité ne différait ni selon le sexe ni selon le niveau socio-économique. Les auteurs y voient un programme socialement inclusif dans des villes très inégales et très ségréguées : un lieu où des groupes sociaux qui se croisent peu partagent le même espace.

Les enfants en profitent aussi. Une étude publiée en 2019 dans PLOS One a équipé d’un accéléromètre 923 enfants de 9 à 13 ans de Bogotá (Triana et coll., 2019). Dans l’année, 46 % avaient participé à la Ciclovía et 34 % y allaient au moins une fois par mois. Ces participants réguliers n’étaient pas plus actifs en semaine, mais ils l’étaient davantage le dimanche, surtout entre midi et 16 heures, et passaient moins de temps assis ce jour-là. Les enfants de familles modestes ou moyennes y participaient plus souvent, et il n’y avait pas de différence entre filles et garçons. Fait inattendu, les participants réguliers étaient plus souvent en surpoids, ce que l’étude, transversale, ne permet pas d’expliquer.

5. Ce que rapportent les rues ouvertes, et pour qui

Une évaluation d’impact sanitaire publiée en 2023 dans The Lancet Planetary Health a estimé les effets de ces programmes dans 15 villes d’Amérique latine (Velázquez-Cortés et coll., 2023). À partir des données de fréquentation et d’activité des années 2017 à 2019, les auteurs estiment que les programmes existants pourraient éviter chaque année 363 décès prématurés grâce à l’activité supplémentaire, soit une économie annuelle estimée à 194,1 millions de dollars. Ajouter un événement par semaine dans chaque ville porterait ce chiffre à 496 décès évités par an. Ce sont des estimations par modèle, pas des décès observés.

La même étude relève un déséquilibre : les hommes représentaient de 55 % à 75 % des usagers selon les villes, les femmes de 25 % à 45 %. L’accès aussi est inégal. À Bogotá, une étude publiée en 2021 a mesuré la distance entre chaque quartier et le parcours de la Ciclovía (Parra et coll., 2021). La distance médiane allait de 2 930 mètres pour les quartiers les plus défavorisés à 482 mètres pour les plus aisés. Les sites de la Recreovía, l’autre programme étudié, étaient répartis de façon moins inégale.

Une revue de 59 études sur les rues ouvertes dans les Amériques, publiée en 2025, a recensé 63 façons de les mettre en place (Gierbolini-Rivera et coll., 2025). Les plus fréquentes : construire des coalitions, recueillir les savoirs locaux, évaluer les besoins et associer les acteurs du territoire. Les programmes qui durent misent sur la collaboration entre secteurs, l’adaptation culturelle et l’équité.

6. Un programme d’État : « Agita São Paulo »

Lancé en 1996 dans l’État de São Paulo, le programme « Agita São Paulo » a cherché à faire bouger une population de 37 millions d’habitants avec un message simple : cumuler au moins 30 minutes d’activité modérée par jour, la plupart des jours de la semaine (Matsudo et coll., 2003). « Agita » veut dire bouger, mais aussi s’engager.

Le programme visait trois publics, les élèves, les travailleurs et les personnes âgées. Il organisait de grands événements qui touchaient beaucoup de monde en même temps, et des activités continues avec des institutions partenaires. Selon l’article, des études sur de petits groupes ont observé des changements de comportement, et des enquêtes ont montré qu’une part croissante des habitants connaissait le programme et son message. L’Organisation mondiale de la santé l’a présenté comme un modèle pour les pays en développement, et il a été copié ailleurs au Brésil et en Amérique latine.

Les auteurs attribuent son succès à plusieurs choix : agir avec tous les secteurs, multiplier les partenariats, éviter tout message qui exclurait un groupe, s’appuyer sur la science, adapter le message à la culture locale, encourager des activités agréables et évaluer les actions menées. Cet article décrit le programme et ses leçons ; ce n’est pas une évaluation indépendante de son effet.

7. Des centres de promotion de la santé dans les communes

Le Brésil a aussi créé, à l’échelle du pays, le programme « Academia da Saúde », qui s’appuie sur des centres implantés dans les communes et y mène notamment des actions d’activité physique et d’alimentation. Une revue de la littérature publiée en 2023 dans Frontiers in Public Health le présente comme le plus grand programme communautaire de promotion de la santé du Brésil (Silva et coll., 2023).

Cette revue a retenu 74 études et documents. Les deux thèmes les plus étudiés étaient l’alimentation, 32,2 %, et l’évaluation du programme, 36,5 % ; la majorité des études étaient transversales et portaient d’abord sur les usagers. Les auteurs concluent qu’il faut maintenant mesurer l’efficacité des actions menées dans ces lieux, en particulier sur l’activité physique et l’alimentation. Autrement dit, le programme est très étendu, mais son effet sur l’activité reste à démontrer par des études solides.

8. Des messages sur le téléphone : un essai dans trois pays

Le téléphone portable est souvent présenté comme un moyen peu coûteux d’aider à changer ses habitudes. Une équipe a testé cette idée dans des quartiers urbains modestes d’Argentine, du Guatemala et du Pérou. Elle a d’abord conçu 64 messages courts sur le sel, les fruits et légumes, les aliments gras et sucrés et l’activité physique, puis les a fait évaluer dans les trois pays (Diez-Canseco et coll., 2015). Les messages ont été bien compris dans 96,7 % des évaluations, et 56 ont été retenus.

L’essai contrôlé, publié en 2016 dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, a réparti au hasard 637 adultes de 30 à 60 ans dont la tension était un peu élevée (Rubinstein et coll., 2016). Pendant un an, la moitié a reçu un appel de conseil par mois et des messages personnalisés chaque semaine ; l’autre moitié, les soins habituels. Le programme n’a pas fait baisser la tension par rapport au groupe témoin. Il a entraîné une petite perte de poids, 0,66 kilo en moyenne, et une baisse de la consommation d’aliments gras et sucrés.

Les participants qui avaient reçu plus des trois quarts des appels ont perdu davantage de poids et de tour de taille. Mais leur activité physique déclarée n’a pas changé par rapport à ceux qui avaient reçu moins de la moitié des appels. Le message est utile pour l’alimentation ; pour l’activité, il ne suffit pas.

9. Bouger avec un écran pendant la pandémie

Pendant la pandémie de Covid-19, beaucoup de personnes ont suivi des séances en ligne, sur les réseaux sociaux ou par application. La cohorte PAMPA a suivi des adultes du sud du Brésil de juin 2020 à juin 2022 (Quadros Santos Rocha et coll., 2024). La part des participants qui utilisaient une plateforme numérique pour faire de l’activité physique est passée de 36,8 % en 2020 à 25,6 % en 2021, puis à 13,5 % en 2022.

Les utilisateurs étaient plus actifs que les autres pendant toute la période, et les réseaux sociaux étaient la plateforme la plus liée à la pratique. Les auteurs y voient un effet positif de ces outils. Il faut cependant noter que les personnes déjà motivées sont aussi celles qui cherchent des séances en ligne, et qu’une étude d’observation ne permet pas de séparer l’effet de l’outil de celui de la motivation. Le recul rapide de l’usage après 2020 montre aussi qu’il a été en grande partie temporaire.

10. Ce que disent les essais sur les applications

Au-delà de l’Amérique latine, les applications pour smartphone ont fait l’objet de nombreux essais contrôlés. Une méta-analyse publiée en 2023 dans l’International Journal of Nursing Studies en a réuni 12 qui visaient l’activité physique pour gérer le poids (Yen et coll., 2023). Les applications avaient des effets faibles à modérés sur le poids, l’indice de masse corporelle et le pourcentage de masse grasse. Elles étaient plus efficaces quand l’intervention durait plus longtemps, chez des participants plus âgés, et quand elles comprenaient des rappels, un suivi par l’utilisateur lui-même et un accompagnement par un professionnel.

Une autre méta-analyse, publiée en 2022, a réuni 26 essais et 2 373 adultes en surpoids ou obèses (Dehghan Ghahfarokhi et coll., 2022). Les applications et les objets connectés augmentaient le nombre de pas quotidiens et le temps d’activité modérée à soutenue, amélioraient la qualité de vie et faisaient baisser le poids de 1,61 kilo en moyenne. Ils ne changeaient ni la tension ni la fréquence cardiaque au repos.

Le point commun de ces résultats : l’outil aide surtout quand il s’accompagne d’un contact humain, d’objectifs et d’un suivi dans la durée.

11. Les montres et bracelets connectés

Les objets connectés qui comptent les pas sont l’outil numérique le plus étudié. Une revue de revues publiée en 2024 dans Sports Medicine – Open a réuni 51 revues systématiques, dont 38 avec méta-analyse, portant sur 302 études (Longhini et coll., 2024). Selon ses auteurs, l’usage d’un objet connecté pourrait augmenter l’activité d’environ 1 300 pas par jour et de près d’une heure d’activité modérée à soutenue par semaine, chez les adultes d’âge moyen.

Ces chiffres doivent être lus avec prudence : la revue juge 72,5 % des revues incluses de qualité méthodologique « critiquement faible », et la certitude des résultats faible à modérée. L’effet reste incertain chez les personnes âgées et chez les personnes malades. Un bracelet peut donc aider à bouger un peu plus, sans remplacer une pratique régulière et encadrée.

12. Bouger au travail

Le lieu de travail est un autre levier. Une méta-analyse publiée en 2019 dans l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity a réuni 33 études sur l’activité physique proposée en entreprise (Mulchandani et coll., 2019). Les programmes à plusieurs volets réduisaient le poids de 2,61 kilos en moyenne, l’indice de masse corporelle et le tour de taille de près de 2 centimètres. Les effets sur la tension, les graisses du sang et la glycémie n’étaient pas significatifs.

Une autre, publiée la même année dans Sports Medicine, a mesuré l’effet sur la capacité cardiorespiratoire, un bon prédicteur de la mortalité, toutes causes confondues (Burn et coll., 2019). Dans 12 essais contrôlés, l’activité d’intensité au moins modérée proposée au travail améliorait la consommation maximale d’oxygène de 2,7 millilitres par kilo et par minute en moyenne ; les programmes plus longs avaient plus d’effet.

Enfin, une méta-analyse de 80 essais publiée en 2025 dans le Journal of Occupational Health Psychology montre des effets faibles à modérés sur les plaintes de santé mentale et physique et sur des indicateurs comme l’absentéisme, la satisfaction au travail et la productivité (Nath et coll., 2025). Les programmes qui associaient le corps et l’esprit avaient plus d’effet, et les programmes en groupe étaient mieux suivis. Plus les salariés y participaient, plus les bénéfices étaient grands.

13. Ce que recommande l’OMS

Les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé publiées en 2020 servent de repère dans toutes ces études (Bull et coll., 2020). Pour les adultes, elles recommandent 150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, ou une combinaison des deux, et des exercices de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Pour les enfants et les adolescents de 5 à 17 ans, elles recommandent en moyenne 60 minutes par jour d’activité modérée à soutenue. Pour les personnes âgées, elles ajoutent des exercices d’équilibre et de force au moins trois jours par semaine. Elles insistent sur le fait que toute activité compte, même modeste, et qu’il vaut mieux réduire le temps passé assis.

14. Ce que l’on peut retenir

L’Amérique latine n’est pas la France, et ses chiffres ne se transposent pas. Plusieurs leçons valent pourtant ici. La première : l’activité du quotidien recule, et le sport de loisir ne la remplace qu’en partie. Au Brésil, la pratique de loisir progresse, mais les trajets à pied ou à vélo et les tâches physiques diminuent. Prévoir une activité régulière devient nécessaire.

La deuxième : l’espace compte autant que la motivation. Fermer une rue aux voitures, ouvrir un lieu de pratique dans un quartier, rapprocher l’activité du domicile ou du travail fait bouger des personnes qui ne seraient pas venues d’elles-mêmes. Mais ces lieux profitent d’abord à ceux qui en sont proches, et les femmes y restent moins nombreuses : la distance et l’accueil sont des questions d’équité.

La troisième : les outils numériques aident, mais modestement. Messages, applications et bracelets apportent environ 1 300 pas par jour selon une revue de revues, ou une petite perte de poids, surtout quand un professionnel accompagne et que le suivi dure. Seuls, ils changent peu l’activité, et au Brésil leur usage a vite reculé après 2020.

La quatrième : le travail est un lieu de pratique efficace. Les programmes proposés en entreprise améliorent la forme, le tour de taille et le bien-être, d’autant plus qu’ils durent, qu’ils se pratiquent en groupe et que les salariés y participent souvent.

La dernière, enfin : toute activité compte. Avant de reprendre une activité après une longue pause ou avec une maladie chronique, mieux vaut en parler à son médecin.

FAQ — Amérique latine : innover pour faire bouger

Qu'est-ce que la Ciclovía ?
Un programme dans lequel des rues sont fermées aux voitures à certaines heures, le dimanche par exemple à Bogotá, pour offrir un espace sûr où bouger. Dans quatre villes d’Amérique latine, le niveau d’activité de ses participants ne différait ni selon le sexe ni selon le niveau socio-économique (Mejia-Arbelaez et coll., 2021).
Les rues ouvertes ont-elles un effet sur la santé ?
Selon une évaluation d’impact publiée en 2023, les programmes de 15 villes d’Amérique latine pourraient éviter 363 décès prématurés par an grâce à l’activité supplémentaire (Velázquez-Cortés et coll.). C’est une estimation par modèle ; les hommes y sont plus nombreux que les femmes, et l’accès est plus facile pour les quartiers aisés (Parra et coll., 2021).
Les Brésiliens font-ils plus de sport qu'avant ?
Oui pour le loisir : la part des adultes des capitales qui pratiquaient une activité de loisir au moins une fois par semaine est passée de 45,1 % en 2013 à 54,6 % en 2023 (Gonçalves et coll., 2026). Mais les trajets à pied ou à vélo ont reculé entre 2010 et 2019 (Bastone et coll., 2022).
Les messages sur le téléphone font-ils bouger ?
Pas forcément. Dans un essai mené en Argentine, au Guatemala et au Pérou, des appels mensuels et des messages hebdomadaires pendant un an ont entraîné une petite perte de poids, sans changer la tension ni l’activité physique déclarée (Rubinstein et coll., 2016).
Une montre connectée aide-t-elle à bouger plus ?
Un peu : selon une revue de 51 revues, elle pourrait ajouter environ 1 300 pas par jour et près d’une heure d’activité modérée à soutenue par semaine chez les adultes d’âge moyen, avec une certitude faible à modérée (Longhini et coll., 2024).
L'activité proposée au travail est-elle utile ?
Oui, selon plusieurs méta-analyses : elle améliore la capacité cardiorespiratoire (Burn et coll., 2019), réduit le poids et le tour de taille (Mulchandani et coll., 2019) et diminue les plaintes de santé (Nath et coll., 2025), surtout quand elle dure et se pratique en groupe.

Sources

  • Bizzozero-Peroni B et coll. The Global Matrix of Physical Activity in Children and Adolescents in Latin America: trends, successes and challenges in practice and surveillance. Revista Panamericana de Salud Pública, 2025 (résumé). doi.org/10.26633/rpsp.2025.87
  • Poggio R et coll. Prevalence, Patterns, and Correlates of Physical Activity Among the Adult Population in Latin America: Cross-Sectional Results from the CESCAS I Study. Global Heart, 2016 (résumé). doi.org/10.1016/j.gheart.2015.12.013
  • Poggio R, Melendi S, Gutierrez L, Elorriaga N, Irazola V. Occupational Physical Activity and Cardiovascular Risk Factors Profile in the Adult Population of the Southern Cone of Latin America: Results From the CESCAS I Study. Journal of Occupational and Environmental Medicine, 2018 (résumé). doi.org/10.1097/jom.0000000000001398
  • Gonçalves TR et coll. Trends in leisure-time physical activity participation by sex and age in Brazil: insights from Vigitel 2013-2023. BMC Public Health, 2026 (résumé). doi.org/10.1186/s12889-026-27178-7
  • Bastone AC et coll. Time trends of physical activity for leisure and transportation in the Brazilian adult population: results from Vigitel, 2010-2019. Cadernos de Saúde Pública, 2022 (résumé). doi.org/10.1590/0102-311xen057222
  • Ide PH, Martins MSAS, Segri NJ. Tendências dos diferentes domínios da atividade física em adultos brasileiros: dados do Vigitel de 2006-2016. Cadernos de Saúde Pública, 2020 (résumé). doi.org/10.1590/0102-311×00142919
  • de Sa TH, Garcia LM, Claro RM. Frequency, distribution and time trends of types of leisure-time physical activity in Brazil, 2006-2012. International Journal of Public Health, 2014 (résumé). doi.org/10.1007/s00038-014-0590-6
  • Mejia-Arbelaez C et coll. Social Inclusion and Physical Activity in Ciclovía Recreativa Programs in Latin America. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2021 (résumé). doi.org/10.3390/ijerph18020655
  • Triana CA et coll. Active streets for children: The case of the Bogotá Ciclovía. PLOS One, 2019 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0207791
  • Velázquez-Cortés D, Nieuwenhuijsen MJ, Jerrett M, Rojas-Rueda D. Health benefits of Open Streets programmes in Latin America: a quantitative health impact assessment. The Lancet Planetary Health, 2023 (résumé). doi.org/10.1016/s2542-5196(23)00109-2
  • Parra DC et coll. Geographic Distribution of the Ciclovia and Recreovia Programs by Neighborhood SES in Bogotá: How Unequal is the Geographic Access Assessed Via Distance-based Measures?. Journal of Urban Health, 2021 (résumé). doi.org/10.1007/s11524-020-00496-w
  • Gierbolini-Rivera RD et coll. Exploring implementation strategies in evidence-based open streets programs for promoting physical activity in the Americas: a scoping review. Frontiers in Public Health, 2025 (résumé). doi.org/10.3389/fpubh.2025.1667559
  • Matsudo SM et coll. The Agita São Paulo Program as a model for using physical activity to promote health. Revista Panamericana de Salud Pública, 2003 (résumé). doi.org/10.1590/s1020-49892003000900007
  • Silva DAS, de Lima TR, Gonçalves L. “Academia da Saúde” program: mapping evidence from the largest health promotion community program in Brazil. Frontiers in Public Health, 2023 (résumé). doi.org/10.3389/fpubh.2023.1227899
  • Diez-Canseco F et coll. Design and Multi-Country Validation of Text Messages for an mHealth Intervention for Primary Prevention of Progression to Hypertension in Latin America. JMIR mHealth and uHealth, 2015 (résumé). doi.org/10.2196/mhealth.3874
  • Rubinstein A et coll. Effectiveness of an mHealth intervention to improve the cardiometabolic profile of people with prehypertension in low-resource urban settings in Latin America: a randomised controlled trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2016 (résumé). doi.org/10.1016/s2213-8587(15)00381-2
  • Quadros Santos Rocha J et coll. The use of digital platforms and physical activity practice in a population from southern Brazil: Findings from the PAMPA Cohort. Preventive Medicine Reports, 2024 (résumé). doi.org/10.1016/j.pmedr.2024.102816
  • Yen HY, Jin G, Chiu HL. Smartphone app-based interventions targeting physical activity for weight management: A meta-analysis of randomized controlled trials. International Journal of Nursing Studies, 2023 (résumé). doi.org/10.1016/j.ijnurstu.2022.104384
  • Dehghan Ghahfarokhi A, Vosadi E, Barzegar H, Saatchian V. The Effect of Wearable and Smartphone Applications on Physical Activity, Quality of Life, and Cardiovascular Health Outcomes in Overweight/Obese Adults: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. Biological Research for Nursing, 2022 (résumé). doi.org/10.1177/10998004221099556
  • Longhini J et coll. Wearable Devices to Improve Physical Activity and Reduce Sedentary Behaviour: An Umbrella Review. Sports Medicine – Open, 2024 (résumé). doi.org/10.1186/s40798-024-00678-9
  • Mulchandani R et coll. Effect of workplace physical activity interventions on the cardio-metabolic health of working adults: systematic review and meta-analysis. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2019 (résumé). doi.org/10.1186/s12966-019-0896-0
  • Burn NL, Weston M, Maguire N, Atkinson G, Weston KL. Effects of Workplace-Based Physical Activity Interventions on Cardiorespiratory Fitness: A Systematic Review and Meta-Analysis of Controlled Trials. Sports Medicine, 2019 (résumé). doi.org/10.1007/s40279-019-01125-6
  • Nath A, Schimmelpfennig S, Kreienbaum C, Konradt U. Move to improve: Meta-analysis of workplace physical activity interventions. Journal of Occupational Health Psychology, 2025 (résumé). doi.org/10.1037/ocp0000401
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS, dans leur texte intégral.

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