Éthiopie Haile Gebrselassie Kenenisa Bekele Almaz Ayana — le pays qui a réinventé la course à pied

Éthiopie : Haile Gebrselassie, Kenenisa Bekele, Almaz Ayana — le pays qui a réinventé la course à pied

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 17 min · 📅 Publié le 24 mars 2026

Investigation · Éthiopie · Course de fond · Physiologie, altitude et carrières · Ce que disent les études

L’Éthiopie est, avec le Kenya, la grande nation de la course de fond, et l’on présente souvent ses champions comme les inventeurs d’une nouvelle façon de courir. Les études publiées décrivent une réalité plus complexe : des coureurs à l’économie de course remarquable, l’altitude, une génétique qui joue sans tout expliquer, mais aussi des carrières brisées par les blessures et l’épuisement, et une population adulte souvent inactive. Voici ce que disent ces études, et ce qu’elles peuvent apprendre à un coureur ordinaire.

Une précision de méthode. Cet article ne cite que des sources que nous avons lues : les résumés publiés des études citées et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé de 2020. Les palmarès individuels, les records, les nombres de médailles et les anecdotes sur la vie des champions qui circulent sans source ne sont pas repris. Aucun athlète n’est nommé.

Une précision de transparence. Magicfit est un réseau de clubs de sport en licence de marque. Cet article est une synthèse documentaire ; il ne promet aucun résultat, ni pour la performance ou la santé d’une personne ni pour l’activité d’un club.

1. Une domination partagée avec le Kenya

Selon une revue publiée en 2012 dans l’International Journal of Sports Physiology and Performance par Wilber et Pitsiladis, les coureurs éthiopiens et kényans dominent le demi-fond et le fond depuis les Jeux olympiques de Mexico, en 1968, ainsi que le cross-country et les courses sur route. Les auteurs concluent que ce succès ne repose pas sur une caractéristique génétique ou physiologique unique, mais sur une combinaison : une morphologie favorable à une grande économie de course, la vie et l’entraînement en altitude, un entraînement de volume modéré et d’intensité élevée, et une forte motivation à réussir pour améliorer sa situation économique.

Cette domination se voit aussi dans les courses ouvertes à tous. Une étude publiée en 2016 dans SpringerPlus par Knechtle et ses collègues, sur plus de 500 000 résultats de semi-marathons et de marathons en Suisse entre 1999 et 2014, trouve que les coureurs d’Éthiopie et du Kenya, moins de 0,1 % des participants, réalisaient les temps les plus rapides et étaient les plus jeunes, chez les femmes comme chez les hommes.

2. Jusqu’à l’ultra-marathon

Une étude publiée en 2024 dans Scientific Reports par Weiss et ses collègues a analysé 1 398 845 résultats de courses de 50 kilomètres, une distance un peu plus longue que le marathon. Les coureurs les plus rapides venaient de pays africains, en tête l’Éthiopie, le Lesotho, le Malawi et le Kenya. Les parcours les plus rapides se trouvaient en Europe et au Moyen-Orient.

Fait inattendu, les coureurs les plus rapides sur 50 kilomètres avaient 20 à 24 ans, alors qu’on pense souvent que la performance en ultra-marathon culmine plus tard. Les auteurs y voient des enseignements pour les coureurs, les entraîneurs et les organisateurs.

3. Une économie de course remarquable

Une étude publiée en 2025 dans BMC Research Notes par Bayissa et ses collègues a mesuré, en altitude, la consommation maximale d’oxygène et l’économie de course de 23 coureuses et 30 coureurs éthiopiens de haut niveau, en demi-fond et en fond. Les femmes pesaient en moyenne 49,5 kilos pour 1,59 mètre, les hommes 59,2 kilos pour 1,73 mètre.

Leur consommation maximale d’oxygène était bonne, en moyenne 54,4 millilitres par kilo et par minute chez les femmes et 66,2 chez les hommes, et leur économie de course excellente à différentes vitesses. Pour les auteurs, cette économie exceptionnelle pourrait compenser une consommation maximale d’oxygène moins élevée que chez d’autres coureurs d’élite. C’est un résultat proche de ce que les études ont montré chez les coureurs kényans : l’efficacité du geste compte autant que la puissance du moteur.

4. L’altitude : ce que montrent les centres d’entraînement

L’Éthiopie compte des centres d’entraînement situés à des altitudes très différentes. Une étude publiée en 2021 dans le Journal of Sports Medicine par Muche et ses collègues a comparé les coureurs de l’Académie éthiopienne des sports pour la jeunesse, à Addis-Abeba, vers 2 400 mètres, et ceux d’un club situé à Guna, vers 3 100 mètres. Les coureurs de Guna avaient des paramètres sanguins plus élevés, notamment l’hémoglobine chez les hommes.

Une seconde étude des mêmes auteurs, publiée en 2025 dans le Journal of Sports Medicine and Physical Fitness sur 120 personnes, coureurs et témoins, trouve que les coureurs de Guna avaient une consommation maximale d’oxygène plus élevée, mais une saturation en oxygène plus basse au repos et après un effort maximal, et une charge d’entraînement plus faible. Les hommes de Guna développaient une baisse sévère de l’oxygène dans le sang à l’effort. L’altitude apporte donc des adaptations, mais aussi des contraintes, qui limitent la charge d’entraînement possible.

5. La génétique : un rôle, pas une explication

La génétique est souvent invoquée. Une étude publiée en 2022 dans PLOS ONE par Zani et ses collègues rappelle que deux groupes ethniques sont surreprésentés parmi les coureurs d’élite de fond : les Kalenjin au Kenya et les Oromo en Éthiopie. En comparant le génome de ces populations, les auteurs trouvent des régions différenciées proches de gènes associés à des caractères possiblement utiles à la course d’endurance, liés à la morphologie, à la circulation, à la respiration, au métabolisme énergétique et au calcium.

Mais ils insistent : la course d’endurance a une architecture génétique complexe, et il faut éviter toute relation déterministe entre génétique et sport, scientifiquement fausse et propice à renforcer des stéréotypes raciaux. Les études qui ont cherché des gènes précis chez ces athlètes n’ont pas trouvé d’explication convaincante.

6. Ce que montre une étude israélienne

Une étude publiée en 2021 dans le Journal of Strength and Conditioning Research par Ben-Zaken et ses collègues porte sur des coureurs de fond israéliens d’origine éthiopienne, très présents dans les tableaux de records de leur pays. Comparés à des coureurs israéliens d’autres origines, ils présentaient plus souvent certaines variantes génétiques associées à l’endurance, au transport du lactate et à une moindre atteinte musculaire après l’effort, et moins souvent une variante associée à la capacité de progresser à l’entraînement.

Cette étude porte sur de petits effectifs, 37 coureurs d’origine éthiopienne, et sur quelques gènes choisis à l’avance. Elle suggère une contribution génétique, sans permettre de dire quelle part de la performance elle explique, ni d’oublier le rôle de l’entraînement et du contexte.

7. Le revers de la médaille : blessures et épuisement

Le haut niveau éthiopien a aussi un coût. Une étude publiée en 2026 dans Discover Mental Health par Dessye a comparé 60 anciens coureurs d’élite éthiopiens : 30 dont la carrière avait duré au moins dix ans, et 30 dont la carrière s’était arrêtée en sept ans ou moins à cause de l’épuisement ou des blessures. L’auteur parle d’un « paradoxe éthiopien » : un succès sans équivalent qui coexiste avec de nombreux abandons.

Les coureurs aux carrières longues avaient connu des charges d’entraînement moins irrégulières, et obtenaient de meilleurs scores de gestion de l’adversité et de plus faibles scores de perfectionnisme inadapté. Les entretiens font ressortir trois thèmes : une « autonomie guidée » dans la relation avec l’entraîneur, une identité qui ne se résume pas au sport, et le soutien de la communauté. Pour l’auteur, la longévité d’une carrière tient autant à la gestion intelligente de l’entraînement, aux ressources psychologiques et au soutien social qu’au talent.

8. Les sprinteurs aussi

L’Éthiopie n’a pas que des coureurs de fond. Une étude publiée en 2025 dans le Journal of Bodywork and Movement Therapies par Dessye s’est intéressée à 230 athlètes de sprint de grands centres d’entraînement éthiopiens, beaucoup moins étudiés. La qualité de l’encadrement y était fortement liée à la performance : les athlètes entraînés selon des méthodes modernes avaient 3,67 fois plus de chances d’obtenir des performances optimales.

Le niveau d’études des entraîneurs était lui aussi associé à de meilleures performances, de même que les conditions d’entraînement, l’altitude, la motivation et la confiance en soi des athlètes. Là encore, la performance ne se résume pas à un don : elle se construit avec un encadrement qualifié.

9. Une population adulte souvent inactive

Comme au Kenya, le pays des champions n’est pas un pays où tout le monde court. Une enquête publiée en 2025 dans Frontiers in Public Health par Muche et ses collègues, menée en 2024 dans le nord-ouest de l’Éthiopie selon le questionnaire de l’OMS, a interrogé 592 adultes âgés en moyenne de 36 ans. 46,1 % étaient physiquement inactifs, et 71,5 % ne connaissaient pas les recommandations d’activité physique.

L’inactivité était plus fréquente avec l’âge, chez les femmes, chez les salariés, chez les personnes plus instruites ou plus aisées, chez les fumeurs, les consommateurs de khat et d’alcool, et chez les personnes en surpoids. Ne pas connaître les recommandations et ne pas avoir de projet d’activité y étaient aussi associés. Les auteurs plaident pour mieux faire connaître les bénéfices de l’activité physique et les recommandations, et pour encourager chacun à se fixer un projet.

10. L’Afrique, un continent moins actif qu’on ne le croit

L’image des coureurs éthiopiens ne dit pas tout du continent. Une méta-analyse publiée en 2026 dans PLOS One par Belete et ses collègues a rassemblé 34 études et 41 521 adultes africains, publiées entre 2010 et 2025 : la prévalence moyenne de l’inactivité physique y était de 45 %, avec de très grandes différences entre études.

Les femmes, les plus de 60 ans, les personnes en surpoids ou obèses, les habitants des villes, les personnes souffrant de symptômes dépressifs et celles qui buvaient le plus d’alcool étaient plus souvent inactives. Les auteurs plaident pour mieux faire connaître les bienfaits de l’exercice régulier.

11. Ce que montrent les grandes analyses mondiales

Selon une analyse publiée en 2018 dans The Lancet Global Health par Guthold et ses collègues, sur 358 enquêtes de 168 pays, les hommes d’Afrique subsaharienne comptaient en 2016 parmi les adultes les moins souvent insuffisamment actifs du monde, à 17,9 %. L’inactivité était plus de deux fois plus fréquente dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu. Dans le monde, 27,5 % des adultes étaient insuffisamment actifs, 31,7 % des femmes et 23,4 % des hommes, sans évolution significative depuis 2001 ; les niveaux les plus élevés concernaient les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud et des pays occidentaux à revenu élevé.

Ces deux constats ne se contredisent pas : l’activité liée au travail et aux déplacements reste élevée dans les campagnes, mais elle recule là où la vie s’urbanise et où les emplois deviennent sédentaires, comme le montre, en Éthiopie, l’inactivité plus fréquente chez les salariés et les plus instruits.

12. L’inactivité et l’hypertension

Une méta-analyse publiée en 2022 dans Heliyon par Ewunie et ses collègues a réuni des études éthiopiennes portant sur 7 036 adultes. La part moyenne d’adultes physiquement inactifs y atteignait 57,4 %, et elle était plus élevée dans les études menées depuis 2016, 63,0 %, que dans les plus anciennes, 50,8 %. Les adultes inactifs avaient environ 2,5 fois plus de risque d’être hypertendus.

Les auteurs recommandent d’impliquer les communautés et d’intégrer la promotion de l’activité physique dans le système de santé existant. Ces chiffres moyens regroupent des études très différentes : ils donnent un ordre de grandeur, pas une mesure nationale.

13. Les enfants et les adolescents

Les données sur les jeunes Éthiopiens sont rares. Le bulletin éthiopien de l’activité physique des enfants, publié en 2025 dans BMC Pediatrics par Abdeta et ses collègues, n’a trouvé que huit études, toutes fondées sur des déclarations. Seuls 16 % des enfants et adolescents de 5 à 17 ans y atteignaient les recommandations d’activité physique, et 55 % celles sur le temps d’écran. Depuis le bulletin de 2018, plusieurs notes se sont améliorées, comme l’école, les déplacements actifs et l’action publique, mais celle de l’activité physique globale a baissé.

À Addis-Abeba, une étude publiée en 2022 dans Frontiers in Public Health par Biadgilign et ses collègues, sur 632 enfants et adolescents, trouve que les garçons étaient un peu plus nombreux que les filles à pratiquer une activité modérée au moins trois jours par semaine, 17,0 % contre 11,7 %. Une autre étude des mêmes auteurs, publiée en 2023, relève un temps sédentaire moyen de 4,6 heures par jour, et 68,2 % des jeunes au-delà de trois heures. Dans le sud du pays, une étude publiée en 2023 dans PLOS ONE par Zeleke et ses collègues, sur 1 255 élèves, juge l’activité des adolescents faible, et cite parmi les freins le manque d’information, le manque d’intérêt et les restrictions familiales.

14. Les aînés, un public peu actif

Une revue publiée en 2026 dans Health SA Gesondheid par Bekoe et ses collègues a rassemblé sept études sur l’activité physique des personnes âgées en Afrique. Les niveaux variaient beaucoup, et la participation était faible en Afrique du Sud et en Éthiopie, alors que le Ghana montrait davantage d’activité soutenue.

Les principaux freins étaient l’âge avancé, les faibles revenus, l’obésité et le manque d’information ; les encouragements de la famille et des soignants aidaient à bouger davantage. Les auteurs recommandent aux soignants de donner des conseils clairs et de s’appuyer sur les communautés.

15. Le monde aussi devient moins actif

Ce constat rejoint une tendance mondiale. Selon l’analyse de Strain et de ses collègues, publiée en 2024 dans The Lancet Global Health à partir de 507 enquêtes dans 163 pays, 31,3 % des adultes du monde étaient insuffisamment actifs en 2022, contre 23,4 % en 2000 et 26,4 % en 2010 ; elle augmentait dans 103 des 197 pays et territoires étudiés. La part était plus élevée chez les femmes que chez les hommes, et augmentait chez les plus de 60 ans dans toutes les régions.

Selon les mêmes auteurs, deux régions seulement, l’Océanie et l’Afrique subsaharienne, semblaient en voie d’atteindre l’objectif mondial de baisse de l’inactivité d’ici 2030, avec une grande incertitude. Cela ne dit pas que chaque pays de ces régions y parviendra : l’enquête éthiopienne montre au contraire un niveau d’inactivité élevé dans la région étudiée.

16. Ce que coûte l’inactivité, selon le niveau de revenu

Une étude publiée en 2022 dans le British Journal of Sports Medicine par Katzmarzyk et ses collègues a estimé, pour 168 pays, la part des décès et des maladies attribuable à l’inactivité physique. Dans le monde, 7,2 % des décès toutes causes et 7,6 % des décès cardiovasculaires lui seraient attribuables, de 1,6 % des cas d’hypertension à 8,1 % des démences.

Cette part était plus de deux fois plus élevée dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu. Mais, du fait de leur population, la majorité des décès liés à l’inactivité survenaient dans les pays à revenu intermédiaire : 69 % de ces décès et 74 % des décès cardiovasculaires qui lui sont liés. Pour des pays comme l’Éthiopie, l’enjeu est de préserver l’activité quotidienne à mesure que le revenu et la ville progressent.

17. Ce que recommande l’OMS

Les recommandations de l’OMS de 2020, présentées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, proposent aux adultes de 150 à 300 minutes par semaine d’activité modérée, ou de 75 à 150 minutes d’activité soutenue, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, et de limiter la sédentarité.

Ces repères sont très loin de l’entraînement d’un coureur d’élite. Ils rappellent que la santé se joue sur une activité régulière et accessible, et que l’important est d’abord de commencer, puis de continuer.

18. Le renforcement musculaire, aussi pour les coureurs

Les champions de fond courent beaucoup, mais la santé d’un coureur ordinaire gagne aussi au renforcement. Une méta-analyse publiée en 2022 dans le British Journal of Sports Medicine par Momma et ses collègues, sur seize études de cohorte, associe les activités de renforcement musculaire, indépendamment de l’endurance, à un risque plus faible, de 10 à 17 %, de décès toutes causes, de maladies cardiovasculaires, de cancers et de diabète.

Le bénéfice maximal apparaissait vers 30 à 60 minutes par semaine, et associer renforcement et endurance était lié au risque le plus bas. Deux courtes séances de renforcement par semaine complètent utilement un programme de course.

19. Ce qu’un coureur ordinaire peut en retenir

Les études sur les coureurs éthiopiens apportent quelques leçons utiles à tous. L’efficacité du geste compte : une bonne technique et une économie de course travaillée permettent de courir plus loin pour le même effort. La progression doit être régulière : selon l’étude sur les carrières, les charges d’entraînement trop irrégulières sont associées à l’épuisement et aux blessures.

L’encadrement compte aussi : un entraîneur qualifié, qui laisse une part d’autonomie, et un groupe qui soutient. Enfin, la vie ne se résume pas au sport : une identité plus large et le soutien des proches aident à durer. Ces leçons valent pour un champion comme pour un coureur du dimanche.

20. Ce que l’on peut retenir

Trois enseignements se dégagent. Le premier est que la réussite des coureurs éthiopiens tient à une combinaison de facteurs, morphologie, économie de course, altitude, génétique, motivation, sans qu’aucun ne l’explique seul, et que toute lecture purement génétique est à la fois fausse et dangereuse. Le deuxième est que ce haut niveau a un coût, en blessures et en épuisement, et que la gestion de l’entraînement, les ressources psychologiques et le soutien social font la différence. Le troisième est qu’une grande partie de la population éthiopienne, comme ailleurs, reste insuffisamment active.

Pour une salle de sport, la leçon est de proposer une progression régulière, un encadrement qualifié qui valorise l’autonomie, et un groupe qui soutient, sans promettre de résultat. Un club ouvert sous licence de marque peut s’en inspirer à son échelle.

FAQ — Les coureurs éthiopiens : ce que disent les études

Pourquoi les Éthiopiens courent-ils si vite ?
Selon la revue de Wilber et Pitsiladis (2012), pas à cause d’un facteur unique : une morphologie favorable à l’économie de course, la vie et l’entraînement en altitude, un entraînement d’intensité élevée et une forte motivation à réussir.
Les coureurs éthiopiens ont-ils un avantage physiologique ?
Selon Bayissa et coll. (2025), leur économie de course est excellente, et pourrait compenser une consommation maximale d’oxygène moins élevée que chez d’autres coureurs d’élite.
La génétique explique-t-elle leur réussite ?
Elle joue un rôle, sans tout expliquer : des régions du génome des Oromo sont proches de gènes liés à des caractères utiles à l’endurance, mais les auteurs mettent en garde contre toute lecture déterministe, scientifiquement fausse et source de stéréotypes (Zani et coll., 2022).
L'altitude aide-t-elle ?
Elle apporte des adaptations, comme une hémoglobine plus élevée à 3 100 mètres qu’à 2 400 mètres, mais aussi des contraintes : moins d’oxygène dans le sang à l’effort et une charge d’entraînement plus faible (Muche et coll., 2021 et 2025).
Pourquoi certaines carrières s'arrêtent-elles tôt ?
Selon Dessye (2026), les coureurs aux carrières courtes, à cause de l’épuisement ou des blessures, avaient eu des charges d’entraînement plus irrégulières, plus de perfectionnisme inadapté et moins de ressources face à l’adversité.
Les Éthiopiens sont-ils tous très actifs ?
Non : dans une enquête de 2024 dans le nord-ouest du pays, 46,1 % des adultes étaient inactifs, plus souvent les femmes, les salariés et les personnes plus aisées (Muche et coll., 2025).

Sources

  • Wilber RL, Pitsiladis YP. Kenyan and Ethiopian distance runners: what makes them so good?. International Journal of Sports Physiology and Performance, 2012 (résumé). doi.org/10.1123/ijspp.7.2.92
  • Knechtle B et coll. Male and female Ethiopian and Kenyan runners are the fastest and the youngest in both half and full marathon. SpringerPlus, 2016 (résumé). doi.org/10.1186/s40064-016-1915-0
  • Weiss K et coll. Analysis of over 1 million race records shows runners from East African countries as the fastest in 50-km ultra-marathons. Scientific Reports, 2024 (résumé). doi.org/10.1038/s41598-024-58571-0
  • Bayissa M et coll. Association between running economy and VO2max values in high-level Ethiopian male and female distance runners measured at high altitude. BMC Research Notes, 2025 (résumé). doi.org/10.1186/s13104-025-07397-8
  • Tilahun Muche Z et coll. A Comparative Study of Hematological Parameters of Endurance Runners at Guna Athletics Sport Club (3100 Meters above Sea Level) and Ethiopian Youth Sport Academy (2400 Meters above Sea Level), Ethiopia. Journal of Sports Medicine, 2021 (résumé). doi.org/10.1155/2021/8415100
  • Muche ZT et coll. Physiological parameters and training characteristics of endurance runners at Ethiopian Youth Sports Academy (2400 meters above sea level) and Guna Athletics Sport Club (3100 meters above sea level) training camps: a comparative cross-sectional study. Journal of Sports Medicine and Physical Fitness, 2025 (résumé). doi.org/10.23736/S0022-4707.24.16047-1
  • Zani ALS et coll. Genetic differentiation in East African ethnicities and its relationship with endurance running success. PLOS ONE, 2022 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0265625
  • Ben-Zaken S et coll. Genetic Basis for the Dominance of Israeli Long-Distance Runners of Ethiopian Origin. Journal of Strength and Conditioning Research, 2021 (résumé). doi.org/10.1519/JSC.0000000000002989
  • Dessye AM. Unpacking the Ethiopian paradox of career durability in elite endurance runners via a mixed methods study. Discover Mental Health, 2026 (résumé). doi.org/10.1007/s44192-026-00513-5
  • Mesfen Dessye A. Determinants of performance in Ethiopian short-distance runners: A mixed-methods investigation of training facilities and environmental influences. Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2025 (résumé). doi.org/10.1016/j.jbmt.2025.07.016
  • Muche ZT et coll. Prevalence and associated factors of physical inactivity among adults in Northwest Ethiopia: a multicenter study. Frontiers in Public Health, 2025 (résumé). doi.org/10.3389/fpubh.2025.1513600
  • Ewunie TM et coll. Physical inactivity and its association with hypertension among adults in Ethiopia: A systematic review and meta-analysis. Heliyon, 2022 (résumé). doi.org/10.1016/j.heliyon.2022.e12023
  • Abdeta C et coll. Physical activity, screen time and sleep among children and adolescents: findings from the 2022 active healthy kids Ethiopia. BMC Pediatrics, 2025 (résumé). doi.org/10.1186/s12887-025-05785-4
  • Biadgilign S et coll. Gender Difference and Correlates of Physical Activity Among Urban Children and Adolescents in Ethiopia: A Cross-Sectional Study. Frontiers in Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.3389/fpubh.2022.731326
  • Biadgilign S et coll. Correlates of Sedentary Time Among Children and Adolescents in Ethiopia: A Cross-Sectional Study. Pediatric Exercise Science, 2023 (résumé). doi.org/10.1123/pes.2021-0077
  • Zeleke EA et coll. Physical activity status among adolescents in Southern Ethiopia: A mixed methods study. PLOS ONE, 2023 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0293757
  • Belete AK, Yirsaw BG, Taye BA. Burden and predisposing factors of physical inactivity among adults in Africa: Systematic review and Meta-analysis. PLOS One, 2026 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0348786
  • Guthold R, Stevens GA, Riley LM, Bull FC. Worldwide trends in insufficient physical activity from 2001 to 2016: a pooled analysis of 358 population-based surveys with 1·9 million participants. The Lancet Global Health, 2018 (résumé). doi.org/10.1016/S2214-109X(18)30357-7
  • Bekoe EA, Mohammed T, Bello B, Magida N. Prevalence of physical activity involvement among older adults in Africa: A scoping review. Health SA Gesondheid, 2026 (résumé). doi.org/10.4102/hsag.v31i0.3378
  • Momma H, Kawakami R, Honda T, Sawada SS. Muscle-strengthening activities are associated with lower risk and mortality in major non-communicable diseases: a systematic review and meta-analysis of cohort studies. British Journal of Sports Medicine, 2022 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2021-105061
  • Katzmarzyk PT, Friedenreich C, Shiroma EJ, Lee IM. Physical inactivity and non-communicable disease burden in low-income, middle-income and high-income countries. British Journal of Sports Medicine, 2022 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2020-103640
  • Strain T et coll. National, regional, and global trends in insufficient physical activity among adults from 2000 to 2022: a pooled analysis of 507 population-based surveys with 5·7 million participants. The Lancet Global Health, 2024 (résumé). doi.org/10.1016/S2214-109X(24)00150-5
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS, dans leur texte intégral.

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