Cuba le miracle sportif d'une île pauvre — médecine sportive d'État et médailles olympiques

Cuba : le miracle sportif d’une île pauvre — médecine sportive d’État et 225 médailles olympiques

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 16 min · 📅 Publié le 24 mars 2026

Investigation · Cuba · Activité physique et santé publique · Sport de haut niveau · Ce que disent les études

Cuba est souvent citée comme un « miracle sportif » : une île pauvre, sous embargo, qui remporterait plus de médailles olympiques par habitant que les grandes nations. Les palmarès complets et les comparaisons par habitant qui circulent, nous n’avons pas pu les vérifier. Ce que les études publiées permettent de décrire, en revanche, est peut-être plus instructif pour la santé publique : ce qu’une crise économique brutale a changé à l’activité physique et à la santé des Cubains, ce que fait un système de soins primaires très organisé contre l’hypertension et le diabète, et ce que l’on sait des sportifs cubains de haut niveau.

Une précision de méthode. Cet article ne cite que des sources que nous avons lues : les résumés publiés des études citées, et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé de 2020. Le nombre total de médailles olympiques de Cuba, les comparaisons par habitant, le produit intérieur brut, l’espérance de vie, les taux de pratique sportive et l’état d’un marché du fitness à Cuba, qui circulent sans source, ne sont pas repris : les sources officielles qui les donnent ne se lisaient pas depuis notre poste de travail.

Une précision de transparence. Magicfit est un réseau de clubs de sport en licence de marque. Cet article est une synthèse documentaire ; il ne porte aucun jugement politique et ne promet aucun résultat, ni pour la santé d’une personne ni pour l’activité d’un club.

1. Ce que l’on peut dire du sport cubain de haut niveau

Les résultats olympiques de Cuba sont réels, mais nous n’en donnons pas de total : il faudrait les compter sur une base officielle que nous n’avons pas pu lire. Un exemple, en revanche, est documenté dans la littérature scientifique. Selon une étude publiée en 2012 dans la revue MEDICC Review par Carvajal et ses collègues, l’équipe féminine de volley-ball de Cuba a remporté trois Jeux olympiques d’été successifs, à Barcelone en 1992, à Atlanta en 1996 et à Sydney en 2000.

Les auteurs ont mesuré 41 joueuses de cette équipe nationale. Leur profil se caractérisait par un développement musculaire et osseux important, une morphologie à dominante musculaire et peu de masse grasse. Les centrales étaient nettement plus grandes, avec une taille moyenne de 187 centimètres, et les passeuses étaient les plus minces. Ce type d’étude illustre une tradition cubaine de mesure scientifique des sportifs de haut niveau, sans que l’on puisse en tirer une explication de leurs résultats.

2. La grande crise des années 1990

Pour la santé publique, l’épisode le plus étudié de l’histoire récente de Cuba est la crise économique qui a suivi l’effondrement du bloc soviétique. Selon une étude publiée en 2007 dans l’American Journal of Epidemiology par Franco et ses collègues, la crise de 1989-2000 a réduit l’apport énergétique quotidien moyen par habitant de 2 899 à 1 863 calories.

Dans le même temps, la part des adultes physiquement actifs est passée de 30 % à 67 %. Ces changements sont survenus pendant la crise, en même temps que la baisse de l’alimentation. La population a perdu du poids dans son ensemble : la prévalence de l’obésité est passée de 14 % à 7 %, avec un décalage de 1,5 point de la distribution de l’indice de masse corporelle ; la part des personnes en surpoids augmentait d’un point et celle des personnes de poids normal de quatre points. Les données sur l’alimentation, l’activité, le poids et le tabac venaient d’enquêtes nationales et locales, et celles sur les décès, des statistiques nationales de 1980 à 2005.

3. Une baisse des décès cardiovasculaires et liés au diabète

Selon la même étude, entre 1997 et 2002, les décès attribués au diabète ont baissé de 51 %, ceux dus aux maladies coronariennes de 35 %, ceux dus aux accidents vasculaires cérébraux de 20 %, et la mortalité toutes causes de 18 %. Les auteurs relèvent aussi des effets négatifs : une épidémie de neuropathie et une légère hausse de la mortalité toutes causes chez les personnes âgées.

Ils concluent que des mesures touchant toute la population, qui réduisent les réserves énergétiques sans compromettre la suffisance nutritionnelle, pourraient faire baisser le diabète et les maladies cardiovasculaires. Il faut lire ce résultat avec prudence : il s’agit d’une crise subie, pas d’une politique choisie, et d’une analyse de tendances à l’échelle d’un pays, qui ne prouve pas à elle seule une relation de cause à effet.

4. Puis le retour du poids, et du diabète

Une seconde étude, publiée en 2013 dans le BMJ par Franco et ses collègues, a suivi la population cubaine de 1980 à 2010, à partir d’enquêtes nationales et d’enquêtes répétées dans la province de Cienfuegos, menées en 1991, 1995, 2001 et 2010 auprès de 1 350 à 1 670 adultes à chaque fois. Elle confirme une perte de poids moyenne de 5,5 kilos par habitant au milieu des années 1990, accompagnée d’une baisse rapide du diabète et des maladies cardiaques.

Mais la suite est tout aussi instructive. Le poids est remonté après 1995, et la part des adultes en surpoids ou obèses, de 33,5 % en 1995, a dépassé son niveau d’avant la crise pour atteindre 52,9 % en 2010. Cette reprise a été suivie d’une hausse de 116 % de la prévalence du diabète et de 140 % de son incidence. Six ans après le début de la reprise de poids, la mortalité par diabète a augmenté de 49 %, passant de 9,3 à 13,9 décès pour 10 000 habitants entre 2002 et 2010, et la baisse de la mortalité coronarienne a ralenti.

Pour les auteurs, l’expérience cubaine montre, à l’échelle d’une population, une association entre la perte de poids et la baisse des décès par diabète et maladie cardiovasculaire, et l’effet inverse quand le poids remonte.

5. Ce que la crise n’a pas fait à Cuba

La crise des années 1990 n’a pas eu partout les mêmes effets. Une analyse comparative publiée en 2011 dans Social Science & Medicine par Borowy rapproche Cuba et la Russie, frappées toutes deux par l’effondrement du bloc soviétique. En Russie, la mortalité a fortement augmenté ; à Cuba, la crise se voit à peine dans les statistiques de santé publique.

L’auteure attribue cette différence à des écarts sociaux, politiques et culturels profonds, et à des traditions différentes dans la façon de mettre la santé à l’ordre du jour. À Cuba, les politiques ont combiné une action venue d’en haut et des initiatives locales qui ont renforcé le capital social ; en Russie, la « thérapie de choc » a, selon elle, fragilisé la société et ses solidarités.

Une étude plus ancienne, publiée en 1997 dans l’American Journal of Public Health par Garfield et Santana, décrivait les effets combinés de la crise et du durcissement de l’embargo américain en 1992 : baisse des niveaux nutritionnels, hausse de certaines maladies infectieuses et des morts violentes, dégradation des infrastructures de santé. La mortalité des enfants et des femmes restait pourtant faible ; l’essentiel de l’impact portait sur les hommes adultes et les personnes âgées. Les auteurs citent le rationnement, l’accès universel aux soins primaires, une population très instruite et l’accès prioritaire des femmes et des enfants aux biens rares parmi les protections.

6. Un système de soins primaires très organisé

Plusieurs études décrivent le système de santé cubain. Selon un article publié en 2018 dans la Revista Panamericana de Salud Pública par Ojeda et ses collègues, l’accès universel et la couverture santé reposent à Cuba sur trois principes : la santé comme droit humain, l’équité et la solidarité. Le pays a réorganisé ses services de santé à partir de 2011, en supprimant plus de 150 000 postes non directement liés aux soins et en optimisant le programme du médecin et de l’infirmière de famille.

Selon les auteurs, ces changements se sont accompagnés d’une hausse de 19,3 % des consultations de premier recours et d’une baisse de 16,1 % des passages aux urgences. Un article publié en 2005 par Dresang et ses collègues dans le Journal of the American Board of Family Practice souligne de son côté la place des soins primaires orientés vers la communauté. Et un article de 2019 de Bhardwaj et Skinner insiste sur la prévention et sur la priorité donnée à la consultation clinique plutôt qu’aux techniques coûteuses.

7. L’hypertension, premier facteur de risque

Une grande étude prospective publiée en 2021 dans BMC Public Health par Armas Rojas et ses collègues a suivi 146 556 adultes recrutés entre 1996 et 2002 dans cinq régions de Cuba, jusqu’en 2017. Les maladies cardiovasculaires y représentent environ un tiers des décès prématurés, avant 70 ans.

Une pression artérielle systolique supérieure de 20 millimètres de mercure doublait environ la mortalité cardiovasculaire, tout comme le diabète, et un indice de masse corporelle supérieur de 10 points avait un effet comparable. Une pression systolique d’au moins 120, le diabète et un indice de masse corporelle d’au moins 22,5 expliquaient respectivement 27 %, 14 % et 16 % des décès cardiovasculaires. Les auteurs notent que ces facteurs de risque sont pourtant relativement bas au regard des standards internationaux.

8. Des programmes communautaires contre l’hypertension

Cuba sert aussi de terrain d’essai pour des programmes de contrôle de l’hypertension. Selon une étude publiée en 2020 dans le Journal of Clinical Hypertension par Valdés González et ses collègues, un projet de démonstration lancé en 2016 par l’Organisation panaméricaine de la santé et le ministère cubain de la santé publique a été mis en œuvre auprès de 25 868 habitants d’un quartier de Matanzas, selon les modules HEARTS de l’OMS : formation certifiée à la mesure de la tension, dépistage systématique, protocole de traitement simple et registre des patients.

En 2010, une enquête nationale estimait la prévalence de l’hypertension à 31 % et la part des hypertendus contrôlés à 36 %. Moins d’un an après la mise en œuvre complète du programme, 90 % des hypertendus du quartier étaient enregistrés, 68 % des patients traités étaient contrôlés, et le taux de contrôle estimé dans la population atteignait 58 %.

Une autre étude, publiée en 2023 dans BMC Primary Care par Londoño Agudelo et ses collègues, a évalué une intervention dans 122 cabinets de médecine de famille à Cárdenas et Santiago de Cuba. Avec des ateliers destinés aux soignants, la part des patients dont la tension était contrôlée est passée de 48,7 % à 67,6 % ; l’observance des traitements est passée de 42 % à 63 %. Ajouter des « écoles de l’hypertension » pour les patients n’a pas augmenté l’effet.

9. L’activité physique et le contrôle de la tension, ailleurs

Les programmes cubains contre l’hypertension reposent sur les soins primaires ; d’autres études montrent ce que l’activité physique peut y ajouter. Au Maroc, une étude publiée en 2026 dans Frontiers in Sports and Active Living par Chourite et ses collègues a suivi 612 hypertendus traités dans un centre de santé de Kénitra : 66 % avaient une tension non contrôlée. Après ajustement, une activité moyenne était associée à une probabilité de tension non contrôlée réduite de 51 %, et une activité élevée à une réduction de 69 %.

Au Cameroun, une étude publiée en 2025 dans le Journal of Physical Activity and Health par Bika Léle et ses collègues, sur 415 hypertendus suivis à Douala, trouve que l’association d’un mauvais sommeil et d’une faible activité multipliait par 2,66 la probabilité d’une tension non contrôlée. Ces études sont transversales : elles montrent une association, pas une preuve de cause, mais elles vont dans le sens des recommandations.

10. Ce qui freine les hypertendus

Une étude publiée en 2025 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health par Douryang et ses collègues a interrogé 383 hypertendus de deux hôpitaux du Cameroun : 54 % étaient insuffisamment actifs. Les freins les plus cités étaient le manque de motivation, les limitations physiques, l’absence de prescription et le manque d’espace. À l’inverse, les bénéfices perçus, la motivation et l’espace disponible étaient les leviers les plus souvent cités par les patients. Les auteurs plaident pour intégrer un accompagnement structuré de l’activité physique dans le parcours de soins de l’hypertension, ce que permet justement un système de soins primaires organisé comme celui de Cuba.

11. Le diabète, un fardeau sous-estimé

Une étude publiée en 2024 dans Public Health in Practice par Seuc et ses collègues a estimé la mortalité attribuable au diabète à Cuba en 2019, à partir de l’enquête nationale de santé. Selon le modèle, l’excès de mortalité dû au diabète était 7,5 fois supérieur à la mortalité par diabète inscrite dans le registre national des décès, soit 16,4 % de tous les décès du pays, de 10,7 % à Villa Clara à 24,5 % à Ciego de Ávila selon les provinces.

Les auteurs en concluent que le diabète est probablement une cause de décès bien plus importante que la neuvième place que lui attribue le registre. Une autre étude, publiée en 2025 par Cabrera-Rode et ses collègues, relève une hausse des cas d’obésité et de diabète à Cuba : parmi 3 737 adultes présentant au moins un facteur de risque, 34,5 % avaient une glycémie anormale, dont 28,1 % un prédiabète et 6,4 % un diabète non diagnostiqué.

12. Le diabète : ce que fait l’exercice structuré

Une méta-analyse publiée en 2011 dans le JAMA par Umpierre et ses collègues a rassemblé 47 essais et 8 538 patients diabétiques de type 2. L’entraînement structuré, d’endurance, de renforcement ou les deux, était associé à une baisse de l’hémoglobine glyquée de 0,67 point par rapport aux groupes témoins, et de 0,89 point au-delà de 150 minutes par semaine, contre 0,36 point en dessous de ce seuil.

Les essais retenus duraient au moins douze semaines ; l’endurance seule était associée à une baisse de 0,73 point, le renforcement seul de 0,57 point et leur combinaison de 0,51 point, avec des résultats très variables d’un essai à l’autre. L’endurance seule, le renforcement seul et leur combinaison étaient chacun associés à une baisse par rapport aux groupes témoins. Les simples conseils d’activité n’étaient associés à une baisse que lorsqu’ils étaient combinés à des conseils alimentaires. Dans un pays où le diabète est sous-estimé, l’exercice encadré est un outil de prise en charge à part entière.

13. L’activité physique des personnes âgées

Deux études permettent d’approcher l’activité physique des Cubains âgés. La première, publiée en 2006 dans l’European Journal of Clinical Nutrition par Alemán-Mateo et ses collègues, a mesuré la dépense énergétique de personnes de plus de 60 ans vivant en milieu rural à Cuba, au Chili et au Mexique, par la méthode de l’eau doublement marquée. La dépense totale des Cubains et des Chiliens n’était pas différente ; celle des Mexicains était plus élevée. Le niveau d’activité moyen des hommes était plus élevé que celui que rapportent d’autres études chez les personnes âgées.

La seconde, publiée en 2011 dans la Revista de Salud Pública par Rodrigues-Barbosa et ses collègues, a soumis 1 905 personnes de 60 ans et plus vivant à La Havane, et 1 508 à Bridgetown, à la Barbade, à des tests de force de préhension, d’équilibre et de lever de chaise. Les hommes et les plus jeunes avaient de meilleures performances, et la part des bons résultats baissait avec l’âge. Ces mesures offrent des valeurs de référence utiles pour suivre la condition physique des plus âgés.

14. Ce que recommande l’OMS

Les recommandations de l’OMS de 2020, présentées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, proposent aux adultes de 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, ou de 75 à 150 minutes d’activité soutenue, et des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Elles conseillent de limiter le temps de sédentarité et, pour les personnes âgées, d’ajouter des activités d’équilibre pour prévenir les chutes.

L’expérience cubaine des années 1990 rappelle que l’activité physique de toute une population, associée à son alimentation, pèse sur sa santé. Elle rappelle aussi que ces gains s’effacent quand les modes de vie redeviennent plus sédentaires et que l’alimentation s’enrichit.

15. Les limites de ces études

Ces travaux ont des limites qu’il faut garder en tête. Les études sur la crise des années 1990 sont des analyses de tendances à l’échelle d’un pays, qui associent des changements simultanés de l’alimentation, de l’activité physique et du tabagisme : elles ne permettent pas d’isoler l’effet de l’activité physique seule. Les chiffres d’activité reposent sur des enquêtes déclaratives.

Les programmes contre l’hypertension ont été évalués sur des périodes courtes et dans des quartiers précis, avec des comparaisons avant-après. Enfin, la plupart des articles cités ont été lus dans leur résumé : leurs méthodes détaillées, et les données officielles cubaines, n’ont pas été vérifiées par nous.

16. Ce que l’on peut retenir

Trois enseignements se dégagent. Le premier est que l’activité physique du quotidien a un poids considérable : à Cuba, une crise marquée par une hausse de l’activité physique et une alimentation réduite s’est accompagnée d’une baisse marquée des décès liés au diabète et aux maladies du cœur, puis d’une remontée quand le poids est revenu.

Le deuxième est qu’un système de soins primaires organisé peut améliorer vite le contrôle de facteurs de risque comme l’hypertension, avec des outils simples : mesure fiable, dépistage, protocole et suivi. Le troisième est que l’image d’un « miracle sportif » repose surtout sur le sport de haut niveau, dont les chiffres doivent être vérifiés sur des sources officielles ; la santé de la population, elle, dépend de l’activité de tous.

Pour une salle de sport, la leçon est modeste : encourager une activité régulière et durable, en complément de l’activité du quotidien, sans promettre de résultat. Un club ouvert sous licence de marque peut y contribuer à son échelle.

FAQ — Cuba : activité physique, santé publique et sport

Cuba est-elle un « miracle sportif » ?
Cuba a obtenu de grands succès olympiques, par exemple trois titres successifs de son équipe féminine de volley-ball en 1992, 1996 et 2000. Nous n’avons pas pu vérifier sur une source officielle le total de ses médailles ni les comparaisons par habitant qui circulent.
Qu'est-ce qui a changé pendant la crise des années 1990 ?
Selon Franco et coll. (2007), l’apport énergétique moyen est passé de 2 899 à 1 863 calories par jour, la part des adultes actifs de 30 % à 67 % et l’obésité de 14 % à 7 %. Entre 1997 et 2002, les décès liés au diabète ont baissé de 51 % et les décès coronariens de 35 %.
Que s'est-il passé quand le poids est remonté ?
Selon Franco et coll. (2013), le surpoids et l’obésité ont atteint 52,9 % des adultes en 2010 ; la prévalence du diabète a augmenté de 116 % et, six ans après le début de la reprise de poids, la mortalité par diabète de 49 %.
Pourquoi la crise a-t-elle moins touché la santé à Cuba qu'en Russie ?
Selon Borowy (2011), par des différences sociales, politiques et culturelles : à Cuba, une action publique centrale combinée à des initiatives locales qui ont renforcé le capital social ; en Russie, une « thérapie de choc » qui a fragilisé la société.
Comment Cuba lutte-t-elle contre l'hypertension ?
Par des programmes de soins primaires : à Matanzas, le programme HEARTS lancé en 2016 a porté le contrôle estimé de l’hypertension dans la population à 58 %, contre 36 % au niveau national en 2010 (Valdés González et coll., 2020).
Ces résultats prouvent-ils l'effet de l'activité physique ?
Non. Les études sur la crise sont des analyses de tendances qui mêlent alimentation, activité physique et tabagisme ; elles montrent une association à l’échelle d’une population, pas l’effet de l’activité physique seule.

Sources

  • Carvajal W et coll. Kinanthropometric profile of Cuban women Olympic volleyball champions. MEDICC Review, 2012 (résumé). doi.org/10.37757/mr2012v14.n2.6
  • Franco M et coll. Impact of energy intake, physical activity, and population-wide weight loss on cardiovascular disease and diabetes mortality in Cuba, 1980-2005. American Journal of Epidemiology, 2007 (résumé). doi.org/10.1093/aje/kwm226
  • Franco M et coll. Population-wide weight loss and regain in relation to diabetes burden and cardiovascular mortality in Cuba 1980-2010: repeated cross sectional surveys and ecological comparison of secular trends. BMJ, 2013 (résumé). doi.org/10.1136/bmj.f1515
  • Borowy I. Similar but different: health and economic crisis in 1990s Cuba and Russia. Social Science & Medicine, 2011 (résumé). doi.org/10.1016/j.socscimed.2011.03.008
  • Garfield R, Santana S. The impact of the economic crisis and the US embargo on health in Cuba. American Journal of Public Health, 1997 (résumé). doi.org/10.2105/ajph.87.1.15
  • Ojeda RM et coll. Transformations in the health system in Cuba and current strategies for its consolidation and sustainability. Revista Panamericana de Salud Pública, 2018 (résumé). doi.org/10.26633/rpsp.2018.25
  • Dresang LT et coll. Family medicine in Cuba: community-oriented primary care and complementary and alternative medicine. Journal of the American Board of Family Practice, 2005 (résumé). doi.org/10.3122/jabfm.18.4.297
  • Bhardwaj N, Skinner D. Primary Care in Cuba: Considerations for the U.S.. Journal of Health Care for the Poor and Underserved, 2019 (résumé). doi.org/10.1353/hpu.2019.0041
  • Armas Rojas NB et coll. Body-mass index, blood pressure, diabetes and cardiovascular mortality in Cuba: prospective study of 146,556 participants. BMC Public Health, 2021 (résumé). doi.org/10.1186/s12889-021-10911-9
  • Valdés González Y et coll. Implementation of a community-based hypertension control program in Matanzas, Cuba. Journal of Clinical Hypertension, 2020 (résumé). doi.org/10.1111/jch.13814
  • Londoño Agudelo E et coll. Effectiveness of a provider and patient-focused intervention to improve hypertension management and control in the primary health care setting in Cuba: a controlled before-after study. BMC Primary Care, 2023 (résumé). doi.org/10.1186/s12875-022-01959-6
  • Chourite C, Khossossi H, Mouilly M. Association between physical activity and blood pressure control among Moroccan adults with hypertension. Frontiers in Sports and Active Living, 2026 (résumé). doi.org/10.3389/fspor.2026.1896600
  • Bika Léle EC et coll. Joint Association of Physical Activity and Sleep Quality With Blood Pressure Control in Patients With Hypertension in Douala, Cameroon. Journal of Physical Activity and Health, 2025 (résumé). doi.org/10.1123/jpah.2024-0558
  • Douryang M et coll. Non-Pharmacological Management of Hypertension: Exploring Determinants for Optimizing Physical Activity Implementation in Cameroon. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2025 (résumé). doi.org/10.3390/ijerph23010051
  • Umpierre D et coll. Physical activity advice only or structured exercise training and association with HbA1c levels in type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis. JAMA, 2011 (résumé). doi.org/10.1001/jama.2011.576
  • Seuc AH et coll. Mortality attributable to diabetes in Cuba: Estimates for 2019. Public Health in Practice, 2024 (résumé). doi.org/10.1016/j.puhip.2024.100537
  • Cabrera-Rode E et coll. FINDRISC modified for Cuba as a tool for the detection of prediabetes and undiagnosed diabetes in cuban population. Revista Peruana de Medicina Experimental y Salud Pública, 2025 (résumé). doi.org/10.17843/rpmesp.2024.414.14138
  • Alemán-Mateo H et coll. Total energy expenditure, resting metabolic rate and physical activity level in free-living rural elderly men and women from Cuba, Chile and México. European Journal of Clinical Nutrition, 2006 (résumé). doi.org/10.1038/sj.ejcn.1602446
  • Rodrigues-Barbosa A et coll. Age and gender differences regarding physical performance in the elderly from Barbados and Cuba. Revista de Salud Pública, 2011 (résumé). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22030790/
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS, dans leur texte intégral.

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