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Activité physique et placement : ce qui se compare, et ce qui ne se compare pas

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 16 min · 📅 Publié le 2 avril 2026

Activité physique · Économie comportementale · Coût de la sédentarité · Incitations · Ce que disent les études

On compare volontiers un abonnement sportif à un placement financier, avec un « rendement » qui battrait la Bourse. La comparaison est tentante, mais elle ne tient pas : l’activité physique ne verse ni intérêts ni dividendes, et aucune étude ne lui attribue un rendement en pourcentage comparable à celui d’une action. Elle a pourtant un point commun avec l’épargne : ses effets se construisent dans la durée, et beaucoup de gens savent qu’il faudrait s’y mettre sans parvenir à le faire. C’est ce que l’économie comportementale étudie.

Cet article présente ce que coûte la sédentarité en France, ce que l’activité apporte à la santé, puis ce que les essais ont appris sur les moyens d’aider les gens à tenir, incitations financières comprises. Il ne constitue ni un conseil financier ni un avis médical.

1. Ce que nous avons retiré, et pourquoi

La version précédente de cet article attribuait à l’activité physique un « rendement de 1 300 % », soit 13 euros d’économies pour chaque euro d’abonnement, à partir de sources que nous n’avons pas pu retrouver. Elle donnait aussi des rendements historiques de placements financiers, des économies de santé et des gains de productivité par personne, des valeurs d’années de vie, des taux de fidélité d’adhérents et un argumentaire de vente.

Nous avons retiré ces chiffres, le tableau comparatif et l’argumentaire. Nous ne donnons aucun rendement financier : cet article n’est pas le lieu d’un conseil en placement, et les performances passées ne disent rien des performances futures. Nous avons gardé une seule source chiffrée de la version précédente, celle sur le coût de la sédentarité en France, que nous avons relue. Le reste s’appuie sur des études publiées.

2. Pourquoi la comparaison ne tient pas

Un placement financier se mesure en argent : ce que l’on récupère, rapporté à ce que l’on a mis. L’activité physique ne rapporte pas d’argent à celui qui la pratique. Ses effets se mesurent en santé : un risque plus bas de certaines maladies, une meilleure condition physique, une meilleure humeur, une autonomie préservée en vieillissant. Convertir ces effets en euros suppose des hypothèses fortes, et le résultat dépend surtout de ces hypothèses.

Il existe bien des études qui chiffrent, pour la collectivité, le coût de l’inactivité ou le rendement de programmes de prévention. Mais ces chiffres portent sur des populations entières, pas sur une personne, et ils ne se comparent pas à un rendement boursier. Les additionner pour annoncer qu’un abonnement « rapporte » tant d’euros par an revient à mélanger des échelles et des méthodes qui n’ont rien à voir.

3. Ce que coûte la sédentarité en France

Ce que l’on peut chiffrer, c’est un coût collectif. Une étude publiée en 2022 dans l’European Journal of Public Health par Noël Racine et ses collègues a estimé, pour la première fois, le coût des comportements sédentaires prolongés en France. Elle s’appuie sur le temps passé assis par chacun, sur le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer du côlon, de cancer du sein et de décès prématuré, et sur les données de l’assurance maladie.

Chaque année, la sédentarité prolongée coûterait 494 millions d’euros à l’assurance maladie. Les pertes de productivité liées aux décès prématurés qui lui sont attribués représenteraient 507 millions d’euros, et celles liées aux maladies, entre 43 et 147 millions d’euros. Les auteurs estiment que réduire la sédentarité permettrait des économies significatives et éviterait de nombreux décès, et recommandent d’agir sur la sédentarité en complément de la promotion de l’activité physique.

4. À l’échelle du monde

D’autres études ont chiffré le coût de l’inactivité physique à l’échelle mondiale. Selon Ding et ses collègues, dans The Lancet en 2016, l’inactivité a coûté aux systèmes de santé 53,8 milliards de dollars internationaux en 2013, selon une estimation prudente, auxquels s’ajoutaient 13,7 milliards de pertes de productivité.

Une étude de l’Organisation mondiale de la santé, publiée en 2023 dans The Lancet Global Health par Santos et ses collègues, estime que si la part de personnes inactives ne change pas, 499,2 millions de nouveaux cas de maladies non transmissibles évitables surviendraient d’ici 2030, avec des coûts directs de 520 milliards de dollars internationaux, soit environ 47,6 milliards par an. Ce sont des coûts évités possibles pour la collectivité, et non des gains pour une personne.

5. Ce que l’activité apporte à chacun

Pour une personne, le bénéfice se mesure en santé. La méta-analyse de Garcia et ses collègues, publiée en 2023 dans le British Journal of Sports Medicine, porte sur 94 cohortes et plus de 30 millions de participants. Au niveau recommandé, 150 minutes par semaine d’activité modérée, le risque de décès toutes causes était plus bas d’environ 31 % que chez les personnes inactives, et celui de décès cardiovasculaire, d’environ 29 %.

Les gains les plus importants se situent entre l’inactivité et ce volume recommandé ; au-delà, ils deviennent plus petits et plus incertains. Ce sont des associations observées dans des cohortes, et non des promesses individuelles. Mais leur ampleur et leur constance font de l’activité physique un des facteurs de santé les mieux établis.

6. Un peu suffit pour commencer

Faut-il beaucoup d’exercice pour en tirer un bénéfice ? Dans une cohorte de 416 175 adultes suivis à Taïwan, publiée par Wen et ses collègues dans The Lancet en 2011, les personnes qui pratiquaient environ 15 minutes par jour d’exercice modéré avaient un risque de décès toutes causes 14 % plus bas que les inactives, et une espérance de vie plus longue de trois ans.

Chaque quart d’heure quotidien supplémentaire réduisait encore la mortalité de 4 %. L’étude porte sur une population asiatique et sur une activité déclarée, ce qui invite à la prudence sur les chiffres exacts. Mais le message est clair : pour une personne inactive, le premier pas compte le plus. C’est aussi ce que disent les lignes directrices de l’OMS : un peu d’activité vaut mieux que rien.

7. L’unité des économistes : l’année de vie en bonne santé

Quand les économistes de la santé comparent des interventions, ils utilisent souvent une unité commune : l’année de vie gagnée ajustée sur la qualité, ou QALY. Elle permet de comparer, par exemple, un médicament et un programme de prévention, en rapportant leur coût aux années de vie en bonne santé qu’ils permettent de gagner.

Une revue de Garrett et ses collègues, publiée en 2011 dans le British Journal of General Practice, a ainsi estimé le coût par année de vie en bonne santé gagnée de plusieurs interventions d’activité physique, qui variait de 348 à 86 877 euros selon les programmes. La plupart étaient jugées efficientes, en particulier les plus simples, comme les conseils brefs ou la marche. Cette unité sert à éclairer des choix collectifs ; elle ne mesure pas un gain en euros pour une personne.

8. Le paradoxe : savoir et ne pas faire

Si l’activité physique est si bénéfique, pourquoi tant de gens peinent-ils à s’y tenir ? L’économie comportementale propose une explication : nous accordons plus de poids aux coûts et aux plaisirs immédiats qu’aux bénéfices futurs. L’effort d’une séance se ressent aujourd’hui ; ses bénéfices pour la santé se construisent sur des années, et ne se voient pas d’une semaine à l’autre.

Le même mécanisme s’observe pour l’épargne : beaucoup de gens souhaitent épargner davantage, sans y parvenir. C’est pourquoi les chercheurs se sont intéressés aux outils qui aident à passer de l’intention à l’action : rendre l’effort plus facile, le récompenser tout de suite, ou s’engager à l’avance. Mitchell et ses collègues notent, dans une revue de 2013, que l’économie comportementale a relancé l’intérêt pour les incitations financières en faveur de l’exercice.

9. L’abandon, premier risque

Le premier obstacle est l’abandon. Une étude publiée en 2025 dans le Journal of Physical Activity and Health par Clavel et ses collègues a suivi, mois par mois, 20 908 adhérents de centres de loisirs et de remise en forme entre 2011 et 2016. La probabilité d’abandon suivait un rythme saisonnier, culminait dans les trois premiers mois, puis diminuait et se stabilisait avec le temps.

Les abonnements de courte durée et une faible fréquentation augmentaient nettement le risque d’abandon. Des facteurs économiques jouaient aussi, en particulier le chômage. Autrement dit, les premières semaines sont décisives : c’est là que l’habitude se prend, ou se perd. Toute stratégie pour tenir gagne à se concentrer sur ce début.

10. Les incitations financières : ce que montrent les essais

Payer les gens pour faire de l’exercice, cela marche-t-il ? La revue systématique de Mitchell et ses collègues, publiée en 2013 dans l’American Journal of Preventive Medicine, a retenu 11 essais contrôlés et 1 453 participants de 18 à 85 ans. Les résultats regroupés étaient favorables aux incitations, qui augmentaient la participation aux séances d’exercice pour des interventions allant jusqu’à six mois.

Huit études montraient un effet positif et trois aucun effet. Deux études trouvaient que l’assiduité se maintenait après l’arrêt de l’incitation. Les incitations certaines, plutôt qu’aléatoires, et une mesure objective du comportement semblaient renforcer l’efficacité. Les auteurs concluent que les incitations financières peuvent augmenter l’assiduité à court terme, sur moins de six mois.

11. Gagner ou perdre : le cadrage compte

La façon de présenter une incitation compte. Dans un essai publié en 2016 dans les Annals of Internal Medicine, Patel et ses collègues ont suivi 281 salariés en surpoids ou obèses, avec un objectif de 7 000 pas par jour pendant 13 semaines. Un groupe recevait une petite somme chaque jour où l’objectif était atteint ; un autre participait à une loterie ; un troisième recevait une somme au début du mois, dont une part était retirée chaque jour où l’objectif n’était pas atteint.

Seul ce dernier groupe, celui de la perte, atteignait l’objectif nettement plus souvent que le groupe témoin : 45 % des jours, contre 30 %. Le gain et la loterie avaient des effets plus faibles et non significatifs. C’est une application de ce que les économistes appellent l’aversion à la perte : nous tenons davantage à ne pas perdre ce que nous avons qu’à gagner l’équivalent.

12. Quand l’incitation s’arrête

Le même essai a suivi les participants pendant 13 semaines après la fin des incitations. Le nombre de pas a alors diminué dans tous les groupes, qui ne se distinguaient plus du groupe témoin. L’effet n’avait donc pas duré au-delà de l’incitation.

C’est une limite importante. Une récompense peut aider à démarrer, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à créer une habitude durable. Pour qu’une pratique tienne, il faut sans doute qu’elle trouve d’autres raisons d’exister : le plaisir, la compagnie, le sentiment de progresser, une place fixe dans l’emploi du temps. L’incitation peut être une rampe de lancement, pas un moteur permanent.

13. Un traqueur, de l’argent ou des dons ?

Un essai mené à Singapour et publié en 2016 dans The Lancet Diabetes & Endocrinology par Finkelstein et ses collègues a réparti 800 salariés en quatre groupes : aucun traqueur ni incitation, un traqueur d’activité seul, un traqueur avec des dons à une association, un traqueur avec des récompenses en argent liées au nombre de pas hebdomadaires.

À six mois, le groupe récompensé en argent pratiquait 29 minutes de plus par semaine d’activité modérée à soutenue que le groupe témoin, et le groupe des dons 21 minutes de plus. À douze mois, six mois après l’arrêt des incitations, l’avantage du groupe récompensé en argent n’était plus significatif, et son activité avait même baissé par rapport au groupe avec traqueur seul. Aucune amélioration n’a été observée sur le poids, la tension artérielle ou les autres indicateurs de santé.

Les auteurs en concluent que l’incitation en argent était la plus efficace à six mois, mais que son effet ne se maintenait pas six mois après son arrêt ; à douze mois, c’est le traqueur, avec ou sans dons, qui limitait le mieux la baisse de l’activité observée dans le groupe témoin. Dans cet essai, l’arrêt de la récompense en argent s’est même accompagné d’une activité plus basse que dans le groupe équipé d’un traqueur seul.

14. Une mégaétude sur 61 293 adhérents

L’étude la plus vaste sur le sujet a été publiée en 2021 dans Nature par Milkman et ses collègues. Trente chercheurs de quinze universités américaines ont conçu 54 programmes numériques de quatre semaines pour encourager l’exercice, testés auprès de 61 293 adhérents d’une chaîne de salles de sport américaine, avec la même mesure objective : les visites à la salle.

Parmi ces programmes, 45 % ont augmenté significativement les visites hebdomadaires, de 9 % à 27 %. Le plus efficace offrait de petites récompenses pour revenir après une séance manquée. Mais seuls 8 % des programmes ont produit un changement durable et mesurable après les quatre semaines. Et des experts indépendants n’ont pas su prédire quels programmes marcheraient le mieux : l’intuition, même experte, ne remplace pas l’essai.

15. Revenir après une séance manquée

Le résultat le plus parlant de cette mégaétude est sans doute celui-ci : récompenser le retour après une séance manquée était la meilleure stratégie. Il rejoint le constat de Clavel et ses collègues sur l’abandon : ce n’est pas l’interruption elle-même qui fait décrocher, c’est la difficulté à reprendre.

Pour soi, la leçon est simple. Une séance manquée n’est pas un échec : l’important est de revenir à la suivante. Prévoir à l’avance le moment de la prochaine séance, se fixer une règle, comme « jamais deux séances manquées de suite », ou en parler à quelqu’un qui pratique avec soi, sont autant de façons de faciliter ce retour. Aucune étude ne garantit leur efficacité pour chacun, mais elles découlent directement de ces résultats.

16. Épargner et bouger : deux habitudes qui se ressemblent

Si l’activité physique n’est pas un placement, elle partage avec l’épargne une logique d’habitude. Dans les deux cas, ce qui compte est la régularité plus que l’intensité d’un effort ponctuel. Dans les deux cas, les difficultés tiennent moins au savoir qu’au passage à l’acte. Dans les deux cas, enfin, les bénéfices s’accumulent avec le temps.

Les outils qui aident se ressemblent aussi : rendre le geste automatique, en fixant un créneau comme on programme un virement ; réduire les obstacles, en choisissant un lieu proche et une activité qui plaît ; s’engager à l’avance, seul ou avec d’autres. Ces analogies aident à s’organiser. Elles ne transforment pas pour autant une séance de sport en placement rentable.

17. Les repères de l’Organisation mondiale de la santé

Les lignes directrices de l’OMS de 2020, publiées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, recommandent aux adultes 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, ou 75 à 150 minutes d’intensité soutenue, ou une combinaison des deux, et des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Elles recommandent aussi de limiter le temps passé assis et de le remplacer par une activité, même légère, ce qui rejoint les résultats de l’étude française sur le coût de la sédentarité. Elles insistent sur un point : un peu d’activité vaut mieux que rien. Pour une personne qui part de zéro, l’objectif n’est pas d’atteindre d’emblée la recommandation, mais de commencer, puis de progresser.

18. Ce que cet article ne dit pas

Cet article ne dit pas qu’un abonnement sportif rapporte de l’argent, ni qu’il vaut mieux qu’un placement financier, ni combien une personne économiserait en frais de santé. Aucune des études que nous avons lues ne permet de l’affirmer. Il ne dit pas non plus qu’une salle de sport est le seul ou le meilleur moyen de bouger : la marche, le vélo ou une activité à la maison peuvent tout aussi bien convenir.

Il ne donne aucun conseil financier : pour vos placements, un conseiller ou les informations de l’administration sont les bonnes sources. Il ne donne pas non plus d’avis médical : pour une personne malade, âgée ou qui reprend après une longue inactivité, le médecin est le premier interlocuteur.

19. Les réflexes face à une promesse de « rendement santé »

Face à un chiffre de rendement attribué au sport, quelques questions aident. D’où vient le chiffre, et l’étude est-elle publiée ? Porte-t-il sur une personne ou sur une population entière ? Sur l’activité physique, ou sur la prévention en général ? Quels coûts et quels bénéfices ont été comptés, et sur quelle durée ? A-t-il été mesuré, ou calculé à partir d’hypothèses ?

Un rendement très élevé, précis, sans source lisible, est un signal d’alerte, en santé comme en finance. À l’inverse, une estimation prudente, accompagnée de sa méthode et de ses limites, est plus utile, même si elle est moins spectaculaire. C’est le choix que nous avons fait en récrivant cet article.

20. Ce que l’on peut retenir pour soi

Bouger régulièrement est bon pour la santé, et les gains les plus importants viennent du passage de l’inactivité à une activité modérée. Le principal risque n’est pas l’insuffisance de l’effort, mais l’abandon, surtout dans les premières semaines. Les récompenses et les engagements peuvent aider à démarrer, mais leur effet s’estompe souvent quand ils s’arrêtent.

Pour tenir, mieux vaut s’appuyer sur ce qui dure : une activité que l’on aime, un créneau fixe, un lieu proche, des personnes avec qui pratiquer, et la règle simple de revenir après une séance manquée. Ce sont ces habitudes, plus qu’un calcul de rendement, qui font la différence sur des années.

21. Ce que l’on peut retenir

L’activité physique n’est pas un placement : elle ne rapporte pas d’argent, et aucune étude ne lui attribue un rendement comparable à celui d’une action. La sédentarité a en revanche un coût collectif chiffré en France, de l’ordre d’un milliard d’euros par an en dépenses de l’assurance maladie et en pertes de productivité, et l’activité régulière est associée à un risque nettement plus bas de décès et de maladies.

Les essais d’économie comportementale montrent que des incitations bien conçues peuvent aider à bouger davantage à court terme, surtout lorsqu’elles jouent sur l’aversion à la perte ou récompensent le retour après une séance manquée, mais que leurs effets durent rarement. Ce qui fait tenir, au bout du compte, ce sont des habitudes choisies et régulières.

FAQ — Activité physique, placement et incitations

Un abonnement sportif rapporte-t-il plus qu’un placement en Bourse ?
Aucune étude ne permet de l’affirmer. L’activité physique ne verse ni intérêts ni dividendes ; ses bénéfices se mesurent en santé. Les chiffres de « rendement » attribués au sport portent sur des populations entières ou sur la prévention en général, et ne se comparent pas à un rendement financier.
Combien coûte la sédentarité en France ?
Selon Noël Racine et coll. (European Journal of Public Health, 2022), la sédentarité prolongée coûterait chaque année 494 millions d’euros à l’assurance maladie, 507 millions d’euros de pertes de productivité liées aux décès prématurés et 43 à 147 millions d’euros liées aux maladies.
Être payé pour faire du sport, cela marche-t-il ?
À court terme, souvent. La revue de Mitchell et coll. (2013), 11 essais, montre que les incitations financières augmentent l’assiduité aux séances pour des interventions jusqu’à six mois. Mais dans les essais de Patel et coll. (2016) et de Finkelstein et coll. (2016), l’effet ne durait pas après l’arrêt des incitations.
Quelle incitation est la plus efficace ?
Dans l’essai de Patel et coll. (2016), seule l’incitation présentée comme une perte, une somme versée d’avance dont une part était retirée chaque jour sans objectif atteint, augmentait nettement l’atteinte de l’objectif : 45 % des jours contre 30 %. Dans la mégaétude de Milkman et coll. (2021), la meilleure stratégie récompensait le retour après une séance manquée.
Pourquoi abandonne-t-on si souvent ?
Selon Clavel et coll. (2025), qui ont suivi 20 908 adhérents, le risque d’abandon culmine dans les trois premiers mois ; les abonnements courts et une faible fréquentation l’augmentent, de même que le chômage. Les premières semaines sont donc décisives.
Combien d’activité faut-il pour un bénéfice ?
L’OMS recommande aux adultes 150 à 300 minutes par semaine d’activité modérée et du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine (Bull et coll., 2020). Mais un peu vaut mieux que rien : environ 15 minutes par jour étaient associées à un risque de décès 14 % plus bas que l’inactivité (Wen et coll., 2011).

Sources

  • Noël Racine A, Margaritis I, Duclos M, Carré F, Vuillemin A, Gautier C. Costing the economic burden of prolonged sedentary behaviours in France. European Journal of Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.1093/eurpub/ckac071
  • Ding D et coll. The economic burden of physical inactivity: a global analysis of major non-communicable diseases. The Lancet, 2016 (résumé). doi.org/10.1016/S0140-6736(16)30383-X
  • Santos AC, Willumsen J, Meheus F, Ilbawi A, Bull FC. The cost of inaction on physical inactivity to public health-care systems: a population-attributable fraction analysis. The Lancet Global Health, 2023 (résumé). doi.org/10.1016/S2214-109X(22)00464-8
  • Garcia L et coll. Non-occupational physical activity and risk of cardiovascular disease, cancer and mortality outcomes: a dose-response meta-analysis of large prospective studies. British Journal of Sports Medicine, 2023 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2022-105669
  • Wen CP et coll. Minimum amount of physical activity for reduced mortality and extended life expectancy: a prospective cohort study. The Lancet, 2011 (résumé). doi.org/10.1016/S0140-6736(11)60749-6
  • Garrett S et coll. Are physical activity interventions in primary care and the community cost-effective? A systematic review of the evidence. British Journal of General Practice, 2011 (résumé). doi.org/10.3399/bjgp11X561249
  • Clavel I et coll. Prediction of dropout in physical activity: the effect of time. Journal of Physical Activity and Health, 2025 (résumé). doi.org/10.1123/jpah.2024-0777
  • Mitchell MS et coll. Financial incentives for exercise adherence in adults: systematic review and meta-analysis. American Journal of Preventive Medicine, 2013 (résumé). doi.org/10.1016/j.amepre.2013.06.017
  • Patel MS et coll. Framing financial incentives to increase physical activity among overweight and obese adults: a randomized, controlled trial. Annals of Internal Medicine, 2016 (résumé). doi.org/10.7326/M15-1635
  • Finkelstein EA et coll. Effectiveness of activity trackers with and without incentives to increase physical activity (TRIPPA): a randomised controlled trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2016 (résumé). doi.org/10.1016/S2213-8587(16)30284-4
  • Milkman KL et coll. Megastudies improve the impact of applied behavioural science. Nature, 2021 (résumé). doi.org/10.1038/s41586-021-04128-4
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462 (texte intégral). doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS, dans leur texte intégral. Aucun rendement financier n’est donné : cet article n’est pas un conseil en placement.

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