USA vs France musculation pourquoi les Américains ont fois plus de salles de sport

USA vs France musculation : pourquoi les Américains ont 10 fois plus de salles de sport

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 17 min · 📅 Publié le 21 mars 2026

Investigation · Musculation · États-Unis et France · Renforcement musculaire · Ce que disent les données de santé publique

Aux États-Unis, 31,0 % des adultes déclaraient en 2020 au moins deux séances de renforcement musculaire par semaine, selon l’enquête nationale de santé américaine. En Europe, une enquête comparable de 2013-2014 n’en trouvait que 17,3 %, avec la France loin derrière les pays nordiques. Ces chiffres ne mesurent ni les mêmes années ni avec les mêmes questions, mais ils posent une vraie question de santé publique : pourquoi la musculation reste-t-elle si peu pratiquée, des deux côtés de l’Atlantique, alors que ses bienfaits sont bien établis ?

Une précision de méthode. Cet article ne cite que des sources que nous avons lues : les publications des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC), les résumés publiés des études citées, le texte intégral de l’étude européenne de 2020 et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé de 2020. Les nombres de salles, de membres et les taux de pénétration du marché qui circulent pour comparer les deux pays, comme les chiffres prêtés à des chaînes ou à des rapports que nous n’avons pas pu consulter, ne sont pas repris.

Une précision de transparence. Magicfit est un réseau de clubs de sport en licence de marque. Cet article est une synthèse documentaire ; il ne promet aucun résultat, ni pour la santé d’une personne ni pour l’activité d’un club.

1. Ce que recommandent les autorités

Les recommandations américaines d’activité physique, dans leur deuxième édition publiée par le ministère fédéral de la Santé, demandent aux adultes au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, ou 75 minutes d’activité soutenue, ou une combinaison des deux. Elles y ajoutent des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, qui sollicitent tous les grands groupes musculaires : jambes, hanches, dos, abdominaux, poitrine, épaules et bras.

Les recommandations de l’OMS de 2020, présentées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, vont dans le même sens : de 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou de 75 à 150 minutes d’activité soutenue, et des activités de renforcement musculaire d’intensité modérée ou plus, sollicitant tous les grands groupes musculaires, au moins deux jours par semaine. Les deux textes insistent sur le fait que toute activité vaut mieux que rien.

2. Les Américains et le renforcement musculaire

Selon le bulletin de données n° 443 du Centre national des statistiques de santé américain, fondé sur l’enquête nationale de santé (NHIS) de 2020, 31,0 % des adultes atteignaient la recommandation de renforcement musculaire, avec ou sans la recommandation d’endurance. Seuls 24,2 % atteignaient les deux, 22,7 % seulement celle d’endurance, 6,8 % seulement celle de renforcement, et 46,3 % aucune des deux.

Autrement dit, près d’un adulte américain sur deux ne remplissait aucune des deux recommandations sur son temps de loisir. Les chiffres récents vont dans le même sens : en 2024, selon le bulletin n° 555, 47,2 % des adultes atteignaient la recommandation d’endurance, 52,3 % des hommes et 42,4 % des femmes. En 2022, selon une note du Morbidity and Mortality Weekly Report, 22,5 % des adultes de 25 ans et plus atteignaient les deux recommandations. Malgré une image de pays de la musculation, la majorité des Américains n’en font pas assez.

3. Un écart selon l’âge et le sexe

Une note des CDC publiée en 2022 détaille la recommandation de renforcement musculaire en 2020 : 35,2 % des hommes et 26,9 % des femmes l’atteignaient. Chez les hommes, la part passait de 44,5 % entre 18 et 44 ans à 29,9 % entre 45 et 64 ans et à 22,0 % après 65 ans. Chez les femmes, elle passait de 34,1 % à 23,8 % puis à 17,2 %.

Le renforcement musculaire recule donc avec l’âge, alors que c’est précisément avec l’âge que la perte de force et de masse musculaire devient un enjeu de santé et d’autonomie. Le bulletin de 2020 fait le même constat pour les deux recommandations réunies : la part des adultes qui les atteignent est plus élevée chez les hommes (28,3 %) que chez les femmes (20,4 %) et baisse avec l’âge dans les deux sexes.

4. Diplôme, revenu et lieu de vie

Les écarts sociaux sont marqués. En 2022, selon la note des CDC sur le niveau d’études, la part des adultes atteignant les deux recommandations passait de 12,2 % chez ceux qui n’avaient pas dépassé le lycée à 33,6 % chez les diplômés d’au moins une licence. En 2024, pour la seule recommandation d’endurance, elle passait de 32,3 % chez les adultes sans diplôme de fin d’études secondaires à 58,5 % chez les plus diplômés.

Le revenu compte aussi : les adultes dont le revenu familial atteignait au moins deux fois le seuil fédéral de pauvreté atteignaient plus souvent les deux recommandations. Le lieu de vie enfin : en 2020, après ajustement sur l’âge, 28,0 % des adultes des grands centres urbains et 27,6 % de leur périphérie atteignaient les deux recommandations, contre 23,4 % dans les villes moyennes et petites et 18,1 % hors des zones métropolitaines.

5. Les femmes de 18 à 44 ans

Une étude publiée en 2025 dans le Morbidity and Mortality Weekly Report par Conklin et ses collègues s’est intéressée aux femmes en âge d’avoir des enfants, à partir de 10 981 femmes de 18 à 44 ans interrogées en 2022 et 2024. Selon les auteurs, l’activité physique peut prévenir chez elles des maladies chroniques, dont l’ostéoporose, et améliorer la santé maternelle.

Seules 25,1 % atteignaient à la fois les recommandations d’endurance et de renforcement, 27,1 % seulement celle d’endurance et 6,1 % seulement celle de renforcement ; 47,2 % n’en atteignaient aucune. Les femmes les plus jeunes, les femmes blanches non hispaniques et les plus diplômées atteignaient plus souvent les deux recommandations. Les auteurs invitent à lever les obstacles propres à chaque groupe.

6. Ce que pratiquent les Américains

Une étude publiée en 2026 dans PLOS ONE par Abildso et ses collègues, à partir de l’enquête de surveillance des facteurs de risque (BRFSS) de 2019, a recensé les activités de loisir auxquelles les adultes consacrent le plus de temps. La marche arrivait de loin en tête (44,1 %).

La course, la musculation, le conditionnement physique, les sports, le vélo, les activités aquatiques et la danse étaient plus fréquents en ville ; le jardinage, la chasse et la pêche, les travaux de la ferme ou du ranch et la garde d’enfants, à la campagne. Les habitants des zones rurales atteignaient moins souvent les recommandations d’endurance, de renforcement et les deux réunies, et étaient plus souvent inactifs. Parmi les marcheurs, environ un quart atteignaient les deux recommandations. Environ 22 % des marcheurs n’atteignaient aucune des deux. Pour les auteurs, il faut partir des activités que les gens préfèrent, les encourager et les compléter.

7. L’Europe et la France

L’étude européenne de référence, publiée en 2020 dans PLOS ONE par Bennie et ses collègues, repose sur la deuxième vague de l’enquête européenne par entretien sur la santé (EHIS), menée en 2013-2014 dans 28 pays auprès de 280 605 adultes. Le renforcement musculaire y était jugé suffisant à partir de deux jours par semaine. Au total, seuls 17,3 % des adultes européens atteignaient ce niveau.

Les écarts entre pays étaient considérables : de 0,7 % à 7,4 % en Roumanie, à Malte et à Chypre, et de 34,1 % à 51,6 % en Islande, en Suède et au Danemark. Dans le tableau des rapports de prévalence ajustés de l’étude, avec l’Islande pour référence, la France obtenait 0,25 : à profil égal, les adultes français avaient environ quatre fois moins de chances que les Islandais de déclarer un renforcement suffisant. L’Allemagne obtenait 0,59, le Royaume-Uni 0,35, l’Italie 0,22 et l’Espagne 0,21.

8. Qui en fait moins en Europe

L’étude européenne relève les mêmes écarts qu’aux États-Unis. Un âge plus élevé, une activité d’endurance insuffisante, une santé perçue moins bonne, un revenu ou un niveau d’études plus faible, le fait d’être une femme et le surpoids ou l’obésité étaient associés à une moindre probabilité de déclarer un renforcement suffisant, indépendamment des autres caractéristiques.

Une seconde analyse des mêmes données, publiée en 2022 dans le Journal of Physical Activity and Health par Bennie et Wiesner, a mesuré la part des adultes qui atteignaient à la fois 150 minutes d’endurance et deux séances de renforcement par semaine : 15,0 % seulement. Les plus faibles proportions concernaient la Roumanie, la Pologne et la Croatie, de 0,5 % à 5,7 %. Une santé perçue moins bonne, un âge plus élevé, un revenu plus faible, le fait d’être une femme et l’obésité étaient associés à moins de chances de l’atteindre. Les auteurs concluent que la plupart des adultes européens n’atteignent pas cette recommandation combinée, alors que les études épidémiologiques associent l’endurance et le renforcement réunis à une meilleure santé.

9. Les adolescents européens

Chez les adolescents de 15 à 17 ans, une étude publiée en 2022 dans le Scandinavian Journal of Public Health par Bennie et ses collègues, sur 8 818 jeunes de 28 pays de la même enquête, a retenu un seuil de trois jours par semaine. Seuls 19,4 % l’atteignaient, et 57,9 % ne déclaraient aucune activité de renforcement musculaire ; les autres en faisaient un ou deux jours par semaine. Les jeunes répondaient eux-mêmes à une question déjà validée, qui citait la musculation, les abdominaux ou les pompes.

Les filles, les adolescents d’Europe du Sud et de l’Est, ceux qui n’atteignaient pas la recommandation d’endurance et ceux en surpoids avaient moins de chances de déclarer un renforcement suffisant. Les auteurs plaident pour des actions de santé publique ciblant en priorité les filles et les adolescents inactifs.

10. La France et l’activité physique en général

Pour l’ensemble de l’activité physique, l’étude publiée en 2022 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health par Verdot et ses collègues, à partir de l’étude Esteban de 2014-2016, trouvait que 71 % des hommes et 53 % des femmes atteignaient les recommandations d’activité alors en vigueur, soit au moins 30 minutes d’activité modérée par jour, cinq jours par semaine ou plus. Les données venaient de deux enquêtes représentatives, l’Étude nationale nutrition santé de 2006-2007 et Esteban. L’activité avait baissé chez les femmes depuis 2006-2007, mais augmenté chez les hommes, et 80 % des adultes déclaraient au moins trois heures d’écran par jour sur leur temps de loisir, une part en forte hausse.

Chez les enfants, seuls 51 % des garçons et 33 % des filles atteignaient les recommandations, et l’activité baissait nettement après 10 ans. Les trois quarts des enfants passaient au moins deux heures par jour devant un écran. Les auteurs parlent d’une dégradation de ces comportements entre 2006 et 2016. Ces chiffres ne portent pas spécifiquement sur le renforcement musculaire, mais ils rappellent que le manque d’activité touche particulièrement les femmes et les filles en France, comme le renforcement musculaire en Europe et aux États-Unis.

11. Ailleurs aussi, un adulte sur quatre

Le constat n’est pas propre aux États-Unis ni à l’Europe. En Australie-Méridionale, une étude publiée en 2026 dans Preventive Medicine par Bennie et ses collègues, sur 35 633 adultes de 18 à 64 ans interrogés de 2018 à 2024, trouve que 25,1 % atteignaient à la fois les repères d’endurance et de renforcement musculaire. Les plus âgés, les femmes, les habitants des quartiers défavorisés et les personnes obèses y parvenaient moins souvent.

Atteindre les deux repères était associé à la plus faible fréquence d’anxiété, de maladies cardiovasculaires, de dépression, de diabète, de cholestérol élevé et d’hypertension. Les auteurs soulignent que la surveillance de la santé mesure rarement le renforcement musculaire, alors qu’il fait partie des recommandations depuis 2010.

12. Ce qui fait tenir la pratique en salle

Une étude publiée en 2026 dans le Journal of Aging and Physical Activity par Jansons et ses collègues a interrogé 40 adultes atteints de maladies chroniques suivant un programme d’exercice supervisé en salle, en Australie. Ils citaient un espace sûr à soi, l’exemple des autres, la valeur perçue de l’exercice et le soutien d’un professionnel de l’exercice qui fixait des objectifs avec eux.

Les plus de 65 ans disaient que le programme freinait le déclin de leurs capacités au quotidien ; les plus jeunes se sentaient plus heureux et plus forts. Pour faire progresser la musculation, des deux côtés de l’Atlantique, l’accompagnement humain compte autant que l’accès aux machines.

13. Comparer avec prudence

Les chiffres américains et européens ne se comparent pas directement. Ils ne portent ni sur les mêmes années, 2020 à 2024 pour les uns, 2013-2014 pour les autres, ni sur les mêmes questionnaires, ni toujours sur le même champ : les enquêtes américaines citées ici portent sur le temps de loisir. Toutes reposent sur des déclarations, qui peuvent surestimer la pratique réelle.

Une synthèse publiée en 2020 dans Sports Medicine – Open par Bennie et ses collègues résume le constat commun : dans les estimations récentes, la part des adultes atteignant la recommandation de renforcement musculaire, de 10 à 30 %, est bien plus faible que celle des adultes atteignant la recommandation d’endurance, autour de 50 %. Les auteurs plaident pour des stratégies coordonnées, à plusieurs niveaux, pour faire progresser cette pratique, longtemps oubliée des recommandations centrées sur l’endurance.

14. Ce que la musculation apporte

Une méta-analyse publiée en 2022 dans le British Journal of Sports Medicine par Momma et ses collègues a réuni seize études de cohorte prospectives. Les activités de renforcement musculaire, indépendamment de l’endurance, étaient associées à un risque plus faible, de 10 % à 17 %, de mortalité toutes causes, de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète et de cancer du poumon.

La relation avait une forme en J pour la mortalité, les maladies cardiovasculaires et le cancer, avec une baisse maximale du risque, d’environ 10 % à 20 %, autour de 30 à 60 minutes par semaine ; pour le diabète, la baisse était forte jusqu’à 60 minutes par semaine. Combiner renforcement et endurance, comparé à l’absence des deux, était associé à un risque plus faible de décès toutes causes, cardiovasculaire et par cancer. Les auteurs soulignent que l’effet de volumes plus élevés reste incertain : les bénéfices observés apparaissent dès des volumes modestes.

15. Endurance et renforcement : le gain de la combinaison

Une étude de cohorte publiée en 2020 dans le BMJ par Zhao et ses collègues a suivi 479 856 adultes américains de l’enquête nationale de santé, pendant près de neuf ans en moyenne. Par rapport à ceux qui n’atteignaient aucune des recommandations, les adultes qui pratiquaient le renforcement musculaire recommandé avaient un risque de décès toutes causes réduit de 11 %, ceux qui pratiquaient l’endurance recommandée, de 29 %, et ceux qui combinaient les deux, de 40 %.

Des résultats semblables apparaissaient pour les décès cardiovasculaires, par cancer et par maladie respiratoire chronique. C’est une étude d’observation, qui ne prouve pas à elle seule un lien de cause à effet, mais elle donne une raison de plus de ne pas opposer musculation et endurance.

16. Après 60 ans

Une étude publiée en 2024 dans l’International Journal of Epidemiology par Shailendra et ses collègues a suivi jusqu’en 2019 216 339 adultes américains âgés en moyenne de 69,9 ans, interrogés en 2004-2005. Environ 25 % déclaraient avoir fait de la musculation au cours de l’année écoulée ; 58 % des participants étaient des hommes, et 79 107 d’entre eux, soit 37 %, sont morts pendant le suivi. Les résultats tenaient compte de l’activité d’endurance. Toute pratique, comparée à aucune, était associée à un risque plus faible de décès toutes causes, de décès cardiovasculaire et de décès par cancer.

Passer plus de temps à la musculation n’apportait qu’un bénéfice à peine supérieur, et les baisses de risque étaient plus marquées chez les femmes que chez les hommes. Combiner endurance et musculation apportait la plus forte baisse ; chez les personnes qui ne faisaient aucune endurance, la musculation seule n’était pas associée au risque de décès. Pour les auteurs, pratiquer la musculation, même un peu, abaisse le risque de décès.

17. Les articulations

Une étude publiée en 2026 dans Preventive Medicine Reports par Anheyer et ses collègues, sur 31 238 adultes américains de l’enquête nationale de santé de 2024, a comparé les liens du renforcement musculaire avec l’arthrite, au sens des maladies articulaires diagnostiquées par un médecin, et avec les maladies cardiovasculaires. Chaque jour supplémentaire de renforcement par semaine était associé à une prévalence plus faible de l’arthrite (rapport de cotes de 0,92), mais pas des maladies cardiovasculaires.

Les résultats tenaient compte de l’activité d’endurance, de l’âge, du sexe, de l’origine, de l’indice de masse corporelle et du tabagisme, et l’écart entre les deux maladies était significatif. Il s’agit d’une étude transversale, qui ne prouve pas de lien de cause à effet. Les auteurs y voient un argument pour promouvoir le renforcement musculaire en complément de l’endurance, au service de la santé des articulations et de la mobilité tout au long de la vie adulte.

18. Ce que l’on peut retenir

Trois enseignements se dégagent. Le premier est que la musculation reste minoritaire des deux côtés de l’Atlantique : environ trois adultes américains sur dix déclarent assez de renforcement musculaire, moins d’un adulte européen sur cinq, avec une France loin des pays nordiques. Le deuxième est que les mêmes groupes en font moins partout : les femmes, les plus âgés, les moins diplômés, les plus modestes et les habitants des zones rurales. Le troisième est que le renforcement musculaire est associé à une meilleure santé dès des volumes modestes, de l’ordre de 30 à 60 minutes par semaine, surtout combiné à l’endurance.

Pour une salle de sport, la leçon est d’accueillir en priorité ceux qui en font le moins, de proposer deux séances simples par semaine qui sollicitent tous les grands groupes musculaires, de les associer à de l’endurance, et de ne promettre aucun résultat. Un club ouvert sous licence de marque peut y contribuer à son échelle.

FAQ — Musculation aux États-Unis et en France : ce que disent les données

Combien d'Américains font de la musculation ?
Selon l’enquête nationale de santé américaine de 2020 (bulletin NCHS n° 443), 31,0 % des adultes atteignaient la recommandation de renforcement musculaire, au moins deux jours par semaine, et 24,2 % atteignaient à la fois celle-ci et celle d’endurance.
Et en France ?
Dans l’enquête européenne EHIS de 2013-2014 (Bennie et coll., 2020), 17,3 % des adultes de 28 pays déclaraient un renforcement musculaire suffisant. À profil égal, les adultes français avaient environ quatre fois moins de chances que les Islandais de le déclarer (rapport de prévalence ajusté de 0,25).
Peut-on comparer directement les deux pays ?
Non : les enquêtes ne portent ni sur les mêmes années ni sur les mêmes questions, et reposent sur des déclarations. Elles montrent en revanche le même constat : le renforcement musculaire reste minoritaire et recule avec l’âge.
Combien de musculation faut-il faire ?
Les recommandations de l’OMS (2020) et des États-Unis proposent des activités de renforcement musculaire sollicitant tous les grands groupes musculaires au moins deux jours par semaine. Dans la méta-analyse de Momma et coll. (2022), la plus forte baisse du risque de décès était observée autour de 30 à 60 minutes par semaine.
La musculation est-elle utile après 60 ans ?
Dans une cohorte de 216 339 Américains âgés en moyenne de 69,9 ans (Shailendra et coll., 2024), toute pratique de la musculation était associée à un risque de décès plus faible, surtout combinée à l’endurance.
Qui fait le moins de renforcement musculaire ?
Aux États-Unis comme en Europe, les femmes, les personnes âgées, les moins diplômées et les plus modestes, ainsi que les habitants des zones rurales aux États-Unis, selon les données des CDC et l’enquête EHIS.

Sources

  • Elgaddal N, Kramarow EA, Reuben C. Physical Activity Among Adults Aged 18 and Over: United States, 2020. NCHS Data Brief n° 443, août 2022 (texte intégral). cdc.gov/nchs/products/databriefs/db443.htm
  • Elgaddal N, Kramarow EA. Aerobic Physical Activity Among Adults Age 18 and Older: United States, 2024. NCHS Data Brief n° 555, avril 2026 (texte intégral). cdc.gov/nchs/products/databriefs/db555.htm
  • QuickStats. Percentage of Adults Aged ≥18 Years Who Met the Federal Guidelines for Muscle-Strengthening Physical Activity, by Age Group and Sex — National Health Interview Survey, United States, 2020. MMWR, 2022 ; 71 : 642. doi.org/10.15585/mmwr.mm7118a6
  • QuickStats. Percentage of Adults Aged ≥25 Years Who Met the 2018 Federal Physical Activity Guidelines for Both Muscle-Strengthening and Aerobic Physical Activity, by Educational Attainment — United States, 2022. MMWR, 2024 ; 73 : 521. doi.org/10.15585/mmwr.mm7322a3
  • QuickStats. Age-Adjusted Percentage of Adults Aged ≥18 Years Who Met the 2018 Federal Physical Activity Guidelines for Both Muscle-Strengthening and Aerobic Physical Activity, by Urbanization Level — National Health Interview Survey, United States, 2020. MMWR, 2022 ; 71 : 887. doi.org/10.15585/mmwr.mm7127a6
  • CDC. Adult Activity: An Overview. Physical Activity Basics, page lue le 29 octobre 2026. cdc.gov/physical-activity-basics/guidelines/adults.html
  • Conklin KAK et coll. Leisure-Time Physical Activity Among Women of Reproductive Age — United States, 2022 and 2024. MMWR, 2025 (résumé). doi.org/10.15585/mmwr.mm7441a2
  • Abildso CG et coll. Adults’ leisure-time physical activity preferences and association with physical activity guidelines by metropolitan status, United States, 2019. PLOS ONE, 2026 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0345026
  • Bennie JA, De Cocker K, Smith JJ, Wiesner GH. The epidemiology of muscle-strengthening exercise in Europe: A 28-country comparison including 280,605 adults. PLOS ONE, 2020 (texte intégral). doi.org/10.1371/journal.pone.0242220
  • Bennie JA, Wiesner GH. Health-Enhancing Physical Activity in Europe — Combined Aerobic Physical Activity and Muscle-Strengthening Exercise Guideline Adherence Among 280,605 Adults From 28 European Countries. Journal of Physical Activity and Health, 2022 (résumé). doi.org/10.1123/jpah.2021-0349
  • Bennie JA, Faulkner G, Smith JJ. The epidemiology of muscle-strengthening activity among adolescents from 28 European countries. Scandinavian Journal of Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.1177/14034948211031392
  • Bennie JA, Shakespear-Druery J, De Cocker K. Muscle-strengthening Exercise Epidemiology: a New Frontier in Chronic Disease Prevention. Sports Medicine – Open, 2020 (résumé). doi.org/10.1186/s40798-020-00271-w
  • Verdot C et coll. Prevalence of Physical Activity and Sedentary Behaviors in the French Population: Results and Evolution between Two Cross-Sectional Population-Based Studies, 2006 and 2016. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.3390/ijerph19042164
  • Momma H, Kawakami R, Honda T, Sawada SS. Muscle-strengthening activities are associated with lower risk and mortality in major non-communicable diseases: a systematic review and meta-analysis of cohort studies. British Journal of Sports Medicine, 2022 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2021-105061
  • Shailendra P et coll. Weight training and risk of all-cause, cardiovascular disease and cancer mortality among older adults. International Journal of Epidemiology, 2024 (résumé). doi.org/10.1093/ije/dyae074
  • Anheyer D, Ostermann T, Cramer H. Physiological specificity of muscle-strengthening activity: a comparative analysis of associations with arthritis and cardiovascular disease prevalence in U.S. adults (NHIS 2024). Preventive Medicine Reports, 2026 (résumé). doi.org/10.1016/j.pmedr.2026.103495
  • Zhao M, Veeranki SP, Magnussen CG, Xi B. Recommended physical activity and all cause and cause specific mortality in US adults: prospective cohort study. BMJ, 2020 (résumé). doi.org/10.1136/bmj.m2031
  • Bennie JA et coll. The epidemiology of physical activity guideline adherence among 35,633 adults: Findings from the South Australian Population Health Survey. Preventive Medicine, 2026 (résumé). doi.org/10.1016/j.ypmed.2026.108587
  • Jansons P et coll. Barriers and Facilitators to Long-Term Adherence in an Ongoing, Supervised, Gym-Based Exercise Program Among Adults With Chronic Conditions in Regional Australia. Journal of Aging and Physical Activity, 2026 (résumé). doi.org/10.1123/japa.2024-0225
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les publications des CDC, l’étude européenne de 2020 et les lignes directrices de l’OMS, dans leur texte intégral.

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