Manager Sportif vs Manager Sédentaire Qui Performe Vraiment — Les Données

Manager et activité physique : ce que disent les études, et ce qu’elles ne disent pas

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 18 min · 📅 Publié le 2 avril 2026

Management · Activité physique · Cognition · Stress · Santé des équipes · Ce que disent les études

Un manager qui fait du sport dirige-t-il mieux qu’un manager sédentaire ? La question revient souvent, et elle s’accompagne volontiers de chiffres spectaculaires sur les dirigeants des grandes entreprises. Les études disponibles ne permettent pas d’y répondre aussi simplement. Elles montrent en revanche, avec une solidité variable, ce que l’activité physique fait à l’attention, à la mémoire, au stress et au sommeil, et ce que la qualité du management fait à la santé d’une équipe. Cet article fait le point sur ces deux ensembles de travaux, sans en tirer plus qu’ils ne disent, et propose des repères pratiques pour les agendas chargés. Il ne constitue pas un avis médical.

1. Ce que l’on ne sait pas

Commençons par ce qui manque. Aucune étude solide, à notre connaissance, n’a comparé directement la performance de managers sportifs et de managers sédentaires sur des indicateurs d’entreprise, en tenant compte de tout ce qui les distingue par ailleurs : âge, secteur, revenus, état de santé, style de management. Les chiffres qui circulent sur ce sujet, sur la part des grands patrons qui s’entraînent ou sur l’absentéisme des équipes de managers sportifs, sont souvent impossibles à rattacher à une publication identifiable.

Il faut donc séparer deux questions. La première porte sur l’individu : que fait l’activité physique au cerveau, à l’humeur et à la résistance au stress d’un adulte qui travaille ? La seconde porte sur l’équipe : que fait le comportement d’un manager à la santé de ses collaborateurs ? Sur chacune, il existe des synthèses publiées. Les relier l’une à l’autre reste une hypothèse raisonnable, non un résultat démontré, et cet article le dira à chaque fois que c’est le cas.

2. L’exercice et les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives regroupent la planification, l’attention sélective, la mémoire de travail et la capacité à changer de tâche. Ce sont celles que mobilise le plus le travail de management. Une méta-analyse ancienne mais souvent citée, publiée par Colcombe et Kramer dans Psychological Science en 2003, a réuni 18 études d’intervention menées chez des adultes âgés, en bonne santé mais sédentaires.

L’entraînement aérobie y apportait des bénéfices cognitifs nets mais sélectifs, et les plus importants portaient précisément sur les processus de contrôle exécutif. L’ampleur de l’effet dépendait de la durée du programme, du type d’entraînement, de la durée des séances et du sexe des participants. Ces travaux concernaient des personnes âgées ; ils ont ouvert la voie à une littérature plus large, qui a depuis porté sur tous les âges de la vie adulte.

3. Le cerveau qui s’entraîne

La revue de Hillman, Erickson et Kramer, publiée dans Nature Reviews Neuroscience en 2008, a fait la synthèse des travaux chez l’humain et chez l’animal : l’activité physique aérobie améliore plusieurs aspects de la cognition et du fonctionnement cérébral, aux niveaux moléculaire, cellulaire, des réseaux et du comportement. Les auteurs y voient un facteur de mode de vie qui contribue à la santé physique et mentale tout au long de la vie.

Un essai de 2011, publié par Erickson et ses collègues dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, en donne une illustration. Chez 120 adultes âgés tirés au sort, un an d’entraînement aérobie a augmenté de 2 % le volume de l’hippocampe antérieur, une région clé de la mémoire, compensant en pratique un à deux ans de perte liée à l’âge, et amélioré la mémoire spatiale. Dans le groupe témoin, le volume avait diminué. Ces résultats portent sur des personnes âgées et ne se transposent pas tels quels à un cadre de 40 ans.

4. L’effet d’une seule séance

Faut-il des mois d’entraînement pour en ressentir un effet ? Une méta-analyse de Chang et ses collègues, publiée dans Brain Research en 2012, a réuni 79 études sur l’effet d’une seule séance d’exercice sur les performances cognitives. L’effet global était positif mais petit, pendant l’exercice, juste après et après un délai. Il variait selon la durée et l’intensité de la séance, le type de tâche cognitive et la condition physique des participants.

Une autre méta-analyse, de Ludyga et ses collègues (Psychophysiology, 2016), a porté sur 40 études et l’effet d’une séance d’exercice aérobie modéré sur les fonctions exécutives. Elle confirme un petit effet sur la rapidité et la précision des réponses, plus marqué chez les enfants et chez les adultes âgés. La condition physique de départ n’y changeait rien : les personnes peu entraînées en profitaient autant que les autres. Une séance avant une journée chargée peut donc aider un peu, sans miracle.

5. Plus de 50 ans : un effet mesurable

Pour les adultes de plus de 50 ans, les essais sont plus nombreux. La méta-analyse de Northey et ses collègues, publiée dans le British Journal of Sports Medicine en 2018, a retenu 39 essais contrôlés menés chez des adultes vivant à domicile. L’exercice physique améliorait les fonctions cognitives, quel que soit l’état cognitif des participants au départ, avec un effet modeste.

Les auteurs recommandent d’associer l’endurance et le renforcement musculaire, d’intensité au moins modérée, autant de jours de la semaine que possible, conformément aux recommandations existantes. Beaucoup de managers et de dirigeants ont plus de 50 ans : pour eux, cette synthèse est sans doute la plus directement utile. Elle ne mesure pas une performance professionnelle, mais des capacités que le travail sollicite chaque jour.

6. Marcher pour penser

Les « réunions en marchant » ont leurs adeptes, et une étude leur donne un appui. Oppezzo et Schwartz ont publié en 2014 quatre expériences dans le Journal of Experimental Psychology. Dans la première, des adultes passaient un test de pensée créative divergente, qui consiste à trouver des usages inhabituels à un objet, assis puis en marchant sur un tapis roulant.

La marche a amélioré la créativité de 81 % des participants à ce test, mais seulement de 23 % des participants à un test de pensée convergente, qui demande de trouver une réponse unique. Après la marche, une fois rassis, les participants gardaient un effet résiduel. La marche dehors produisait les analogies les plus nouvelles. Ce chiffre de 81 % est souvent cité de travers comme une créativité « en hausse de 81 % » : il désigne la part des participants dont le score s’améliorait, non l’ampleur de l’amélioration.

7. Le stress, l’humeur et l’anxiété

Le management expose à une charge mentale élevée, et la question de l’humeur n’est pas secondaire. Une méta-méta-analyse de Rebar et ses collègues, publiée dans Health Psychology Review en 2015, a porté sur des populations non cliniques, c’est-à-dire des adultes sans diagnostic de dépression ou d’anxiété. L’activité physique y réduisait les symptômes dépressifs avec un effet moyen, et l’anxiété avec un petit effet.

Une synthèse plus large, de Singh et ses collègues (British Journal of Sports Medicine, 2023), a réuni 97 revues, plus de 1 000 essais et 128 119 participants. L’activité physique avait des effets moyens sur la dépression, l’anxiété et la détresse psychologique, dans des populations très variées, dont des adultes en bonne santé. Les activités plus intenses étaient associées à des améliorations plus grandes. Ces effets ne remplacent pas une prise en charge : un épuisement ou une détresse persistants se disent à un médecin.

8. Le sommeil

Un manager qui dort mal décide moins bien : c’est l’expérience de chacun. La méta-analyse de Kredlow et ses collègues, publiée dans le Journal of Behavioral Medicine en 2015, a réuni 66 études sur l’activité physique et le sommeil. Une séance isolée avait de petits effets favorables sur la durée de sommeil, le délai d’endormissement et l’efficacité du sommeil, et un effet modéré sur les éveils nocturnes.

L’exercice régulier avait de petits effets sur la durée et l’efficacité du sommeil, de petits à moyens sur le délai d’endormissement, et des effets modérés sur la qualité du sommeil. Ces effets variaient selon le sexe, l’âge, le niveau d’activité de départ, le type d’exercice, le moment de la journée, la durée et l’assiduité. Le sommeil est un des chemins par lesquels l’activité physique peut, indirectement, soutenir la qualité des décisions.

9. Ce que le management fait à la santé d’une équipe

Venons-en à la seconde question. La revue de Kuoppala et ses collègues, publiée en 2008 dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, a retenu 27 études de bonne qualité sur le lien entre le management et la santé au travail. Elle trouvait des preuves modérées d’une association entre un bon management et le bien-être au travail, et une fréquence plus faible des arrêts maladie et des pensions d’invalidité.

Le lien avec la satisfaction au travail était plus faible, et le lien avec la performance au travail restait incertain. Les auteurs soulignaient le manque d’études prospectives solides. Ce que mesurent ces travaux, c’est la qualité du management, non la pratique sportive du manager : rien ne permet, à partir d’eux, d’attribuer à son jogging du matin la santé de son équipe.

10. Les styles de management et la santé mentale

Une méta-analyse plus récente, de Montano et ses collègues, publiée en 2016 dans le Journal of Organizational Behavior, a étudié plusieurs familles de comportements de management et six catégories d’effets sur la santé mentale des collaborateurs : symptômes anxieux et dépressifs, épuisement, stress, bien-être, fonctionnement psychologique et plaintes de santé.

Le management transformationnel, des comportements de qualité tournés vers la relation et vers la tâche, et une relation de qualité entre le manager et chaque collaborateur étaient associés positivement à la santé mentale. Le management destructeur y était fortement associé négativement. Les résultats soutenaient en partie l’idée que la santé mentale fait le lien entre management et performance. Les auteurs y voient un argument pour faire du management un levier de santé au travail.

11. Prendre soin de soi pour prendre soin des autres

Si la qualité du management compte pour la santé de l’équipe, la santé du manager compte sans doute pour la qualité de son management. C’est l’idée du « management orienté santé », étudié surtout en Allemagne. Une revue systématique d’Erschens et ses collègues, publiée en 2024, a recherché les interventions destinées à réduire le stress des dirigeants de petites et moyennes entreprises.

Elle n’a retenu que six études, de contenu et de qualité variables, et toutes n’avaient pas d’effet significatif. Les approches fondées sur les thérapies cognitivo-comportementales et les approches individualisées montraient une tendance favorable sur le stress et le bien-être des dirigeants. Les auteurs concluent à l’intérêt de ces interventions, tout en soulignant la rareté des données. L’activité physique n’y était pas étudiée en tant que telle : c’est une piste, pas une conclusion.

12. Activité physique et absentéisme : des preuves limitées

L’activité physique réduit-elle les absences pour maladie ? La revue d’Amlani et Munir, publiée dans Sports Medicine en 2014, a retenu 37 études publiées entre 1981 et 2012. L’ensemble suggérait un effet favorable, mais les auteurs concluaient que les preuves disponibles n’apportaient qu’un appui limité, en raison de la faible qualité de nombreuses études : programmes mal décrits, activité physique déclarée plutôt que mesurée.

C’est une conclusion prudente qu’il faut garder en tête face aux chiffres précis qui circulent. Elle ne veut pas dire que l’activité physique n’a pas d’effet : elle veut dire que les essais bien conduits manquent encore pour en mesurer l’ampleur. Les études de cohorte, présentées dans la section suivante, apportent des indices plus récents.

13. Ce que montrent deux grandes cohortes

Dans la cohorte de Helsinki, publiée par Lahti et ses collègues dans Preventive Medicine en 2012, 4 182 employés municipaux de 40 à 60 ans ont été suivis, avec des absences relevées dans les registres de l’employeur. Les personnes inactives qui étaient devenues vigoureusement actives avaient un risque plus faible d’absences de courte durée (risque relatif de 0,80) et d’absences médicalement certifiées (0,63) que celles restées inactives.

Une cohorte danoise de 68 222 salariés, publiée par Morera et ses collègues dans le Journal of Physical Activity and Health en 2025, a suivi les arrêts maladie de longue durée, de six semaines ou plus, dans un registre national. Deux à quatre heures par semaine d’activité vigoureuse étaient associées à un risque plus bas de 16 % ; l’absence totale d’activité vigoureuse, à un risque plus élevé de 13 %. Ces résultats portent sur l’activité des salariés eux-mêmes, non sur celle de leur manager.

14. L’objection du temps

L’objection la plus fréquente des agendas chargés est le manque de temps. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, publiées par Bull et ses collègues en 2020, fixent pour les adultes 150 à 300 minutes par semaine d’activité modérée, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, ou une combinaison des deux, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Le chiffre paraît élevé ; il l’est moins une fois réparti. Trente minutes cinq jours par semaine, ou vingt-cinq minutes d’effort soutenu trois fois par semaine, suffisent à atteindre le bas de la fourchette. Les mêmes lignes directrices insistent sur un point souvent oublié : un peu d’activité vaut mieux que rien. Pour un manager qui part de zéro, l’objectif n’est pas d’atteindre d’emblée la recommandation, mais de commencer.

15. Les entraînements fractionnés courts

Les entraînements fractionnés de haute intensité sont souvent présentés comme la solution des agendas surchargés. Un essai de Gillen et ses collègues, publié dans PLoS One en 2016, en donne une mesure. Des hommes sédentaires ont pratiqué pendant douze semaines, trois fois par semaine, soit un entraînement fractionné de dix minutes comprenant une minute d’effort intense, soit 45 minutes de vélo continu à intensité modérée.

La consommation maximale d’oxygène a augmenté de 19 % dans les deux groupes, et plusieurs indicateurs de santé cardiométabolique se sont améliorés de façon comparable, malgré un volume et un temps d’exercice cinq fois plus faibles dans le groupe fractionné. L’essai était petit, une vingtaine de participants, et ce type d’effort très intense ne convient pas à tout le monde : il demande un avis médical en cas de problème cardiaque ou de reprise après une longue inactivité.

16. Les journées assises

Les journées de management se passent souvent assises : réunions, écrans, déplacements. Une méta-analyse harmonisée, publiée par Ekelund et ses collègues dans The Lancet en 2016, a réuni les données de plus d’un million d’adultes. Le temps assis n’était pas associé à une mortalité plus élevée chez les personnes les plus actives, qui pratiquaient environ 60 à 75 minutes d’activité modérée par jour.

Pour ceux qui n’atteignent pas ce niveau, interrompre la position assise a aussi un intérêt. Dans un essai croisé de Dempsey et ses collègues (Diabetes Care, 2016), des adultes atteints de diabète de type 2 qui interrompaient leur position assise toutes les 30 minutes par trois minutes de marche légère ou d’exercices simples avaient des glycémies après les repas nettement plus basses. Une réunion debout ou une pause active ne remplacent pas une séance, mais elles comptent.

17. Montrer l’exemple : une hypothèse raisonnable

On lit souvent qu’un manager qui fait du sport « entraîne » son équipe par son exemple. L’idée est plausible : les comportements des personnes en position d’autorité sont observés, et le management orienté santé, étudié par les chercheurs, comprend précisément l’attention portée à sa propre santé et à celle des autres. Mais aucune des synthèses lues pour cet article ne mesure l’effet de la pratique sportive du manager sur celle de ses collaborateurs.

L’exemple peut aussi produire l’effet inverse s’il devient une pression : un collaborateur qui ne peut ou ne veut pas pratiquer ne doit pas se sentir jugé. Les études sur le management montrent surtout l’importance de la relation, du soutien et de l’absence de comportements destructeurs. Un manager qui proposerait une activité à son équipe gagnera à la proposer sans l’imposer, et à respecter la vie privée de chacun.

18. Des repères pour une semaine chargée

Sans promettre de résultat, quelques repères se dégagent des sources présentées. Viser, sur la semaine, le volume recommandé par l’OMS, en commençant plus bas si l’on part de rien. Ajouter deux séances de renforcement musculaire, qui peuvent être courtes. Placer, si possible, une séance avant les journées les plus exigeantes, en sachant que l’effet attendu sur la concentration est modeste.

Interrompre les longues périodes assises par quelques minutes de marche. Préserver le sommeil, que l’activité régulière tend à améliorer. Et, pour les réunions qui s’y prêtent, essayer la marche : une conversation à deux, sans document à lire, s’y prête mieux qu’une revue de chiffres. Ces repères valent pour un adulte en bonne santé ; en cas de maladie, de traitement ou de longue inactivité, le médecin est le premier interlocuteur.

19. La régularité plutôt que l’intensité

Les études présentées ici convergent sur un point : les effets durables viennent d’une pratique régulière, maintenue dans le temps. C’est aussi la difficulté principale pour des personnes dont l’agenda change chaque semaine. Fixer des créneaux, comme on fixe une réunion importante, aide à tenir. Choisir une activité que l’on aime, et un lieu proche du domicile ou du travail, aussi.

L’encadrement compte également. En France, seuls des titulaires d’un diplôme, d’un titre ou d’un certificat de qualification reconnu peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive (code du sport, article L212-1). Un encadrement qualifié aide à construire un programme progressif, à apprendre les bons gestes et à éviter les blessures qui interrompent la pratique.

20. Ce que l’activité physique ne fera pas

L’activité physique ne fera pas d’un manager autoritaire un bon manager, ni d’une organisation du travail défaillante un lieu de travail sain. Les études sur le management montrent que la qualité de la relation, le soutien, la clarté des objectifs et l’absence de comportements destructeurs pèsent sur la santé des équipes. Ce sont des compétences qui se travaillent pour elles-mêmes.

Elle ne remplace pas non plus la prévention des risques au travail, qui relève de l’employeur, ni la prise en charge d’un épuisement professionnel, qui relève du médecin. Présenter le sport comme une solution à tout, ce serait reproduire l’erreur des chiffres spectaculaires que cet article a écartés. L’activité physique est un soutien précieux de la santé et des capacités de chacun ; elle n’est pas un outil de management à elle seule.

21. Ce que l’on peut retenir

Sur l’individu, les preuves sont assez solides : l’activité physique régulière améliore modestement les fonctions cognitives, surtout après 50 ans, réduit les symptômes dépressifs et anxieux, améliore la qualité du sommeil, et une seule séance peut aider un peu la concentration. La marche favorise la pensée créative. Sur l’équipe, la qualité du management est associée à la santé et aux absences des collaborateurs.

Entre les deux, le lien direct entre la pratique sportive du manager et la performance de son équipe n’est pas démontré. Les chiffres qui l’affirment ne se rattachent pas à des études identifiables, et cet article les a retirés. Ce qui reste est plus modeste et plus utile : bouger régulièrement est bon pour soi, et prendre soin de soi aide à prendre soin des autres.

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Ces repères valent pour un adulte en bonne santé. En cas de maladie, de traitement ou de longue inactivité, votre médecin est le premier interlocuteur. Un épuisement ou une détresse qui durent se disent à un médecin, pour vous comme pour un membre de votre équipe.

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Sources lues : l’article (les treize actions) ; Bull F. C. et coll., lignes directrices de l’OMS, British Journal of Sports Medicine, 2020 (texte intégral) ; code du sport, art. L212-1, et code du travail, art. L4121-1, lus dans les compilations codes.droit.org (seul Légifrance fait foi). Les chiffres des études citées par l’article ne sont pas repris.

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FAQ — Manager, activité physique et santé des équipes

Un manager sportif est-il plus performant qu’un manager sédentaire ?
Aucune étude solide ne l’a mesuré directement sur des indicateurs d’entreprise. Les études montrent que l’activité physique améliore modestement les fonctions cognitives, l’humeur et le sommeil, et que la qualité du management est associée à la santé des équipes (Kuoppala et coll., 2008 ; Montano et coll., 2016). Relier les deux reste une hypothèse raisonnable, non un résultat démontré.
Une séance de sport améliore-t-elle la concentration ?
Un peu. Dans la méta-analyse de Chang et coll. (2012), 79 études, l’effet d’une seule séance sur les performances cognitives était positif mais petit. Celle de Ludyga et coll. (2016), 40 études, trouve un petit effet sur la rapidité et la précision dans les tâches de fonctions exécutives, même chez les personnes peu entraînées.
Les réunions en marchant ont-elles un intérêt ?
Pour la pensée créative, oui. Dans l’étude d’Oppezzo et Schwartz (2014), la marche a amélioré le score de créativité divergente de 81 % des participants, mais seulement de 23 % des participants à un test de pensée convergente. Le chiffre désigne la part des participants dont le score s’améliorait, non l’ampleur de l’amélioration.
Le sport réduit-il l’absentéisme ?
Les cohortes le suggèrent : à Helsinki, des employés inactifs devenus vigoureusement actifs avaient moins d’absences (Lahti et coll., 2012) ; au Danemark, 2 à 4 heures par semaine d’activité vigoureuse étaient associées à 16 % d’arrêts longs en moins (Morera et coll., 2025). Mais la revue d’Amlani et Munir (2014) juge les preuves limitées, faute d’essais de bonne qualité.
Combien de temps faut-il y consacrer chaque semaine ?
L’OMS recommande aux adultes 150 à 300 minutes d’activité modérée, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, et du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine (Bull et coll., 2020). Un peu vaut mieux que rien : pour une personne qui part de zéro, l’essentiel est de commencer, puis de progresser.
Un entraînement fractionné court suffit-il ?
Il peut améliorer la condition physique : dans l’essai de Gillen et coll. (2016), dix minutes trois fois par semaine, dont une minute d’effort intense, ont augmenté la consommation maximale d’oxygène de 19 %, comme 45 minutes d’effort continu. L’essai était petit, et ce type d’effort demande un avis médical en cas de problème cardiaque ou de longue inactivité.

Sources

  • Colcombe S, Kramer AF. Fitness effects on the cognitive function of older adults: a meta-analytic study. Psychological Science, 2003 (résumé). doi.org/10.1111/1467-9280.t01-1-01430
  • Hillman CH, Erickson KI, Kramer AF. Be smart, exercise your heart: exercise effects on brain and cognition. Nature Reviews Neuroscience, 2008 (résumé). doi.org/10.1038/nrn2298
  • Erickson KI et coll. Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2011 (résumé). doi.org/10.1073/pnas.1015950108
  • Chang YK, Labban JD, Gapin JI, Etnier JL. The effects of acute exercise on cognitive performance: a meta-analysis. Brain Research, 2012 (résumé). doi.org/10.1016/j.brainres.2012.02.068
  • Ludyga S et coll. Acute effects of moderate aerobic exercise on specific aspects of executive function in different age and fitness groups: a meta-analysis. Psychophysiology, 2016 (résumé). doi.org/10.1111/psyp.12736
  • Northey JM et coll. Exercise interventions for cognitive function in adults older than 50: a systematic review with meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 2018 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2016-096587
  • Oppezzo M, Schwartz DL. Give your ideas some legs: the positive effect of walking on creative thinking. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 2014 (résumé). doi.org/10.1037/a0036577
  • Rebar AL et coll. A meta-meta-analysis of the effect of physical activity on depression and anxiety in non-clinical adult populations. Health Psychology Review, 2015 (résumé). doi.org/10.1080/17437199.2015.1022901
  • Singh B et coll. Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews. British Journal of Sports Medicine, 2023 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2022-106195
  • Kredlow MA et coll. The effects of physical activity on sleep: a meta-analytic review. Journal of Behavioral Medicine, 2015 (résumé). doi.org/10.1007/s10865-015-9617-6
  • Kuoppala J, Lamminpää A, Liira J, Vainio H. Leadership, job well-being, and health effects — a systematic review and a meta-analysis. Journal of Occupational and Environmental Medicine, 2008 (résumé). doi.org/10.1097/JOM.0b013e31817e918d
  • Montano D, Reeske A, Franke F, Hüffmeier J. Leadership, followers’ mental health and job performance in organizations: a comprehensive meta-analysis from an occupational health perspective. Journal of Organizational Behavior, 2016, en ligne (résumé). doi.org/10.1002/job.2124
  • Erschens R et coll. Improving well-being and fostering health-oriented leadership among leaders in small and medium-sized enterprises (SMEs): a systematic review. Healthcare, 2024 (résumé). doi.org/10.3390/healthcare12040486
  • Amlani NM, Munir F. Does physical activity have an impact on sickness absence? A review. Sports Medicine, 2014 (résumé). doi.org/10.1007/s40279-014-0171-0
  • Lahti J, Lahelma E, Rahkonen O. Changes in leisure-time physical activity and subsequent sickness absence: a prospective cohort study among middle-aged employees. Preventive Medicine, 2012 (résumé). doi.org/10.1016/j.ypmed.2012.10.006
  • Morera Á et coll. Leisure-time physical activity to reduce risk of long-term sickness absence across diverse subgroups in the working population — a prospective cohort study of 68,000 participants. Journal of Physical Activity and Health, 2025 (résumé). doi.org/10.1123/jpah.2024-0352
  • Gillen JB et coll. Twelve weeks of sprint interval training improves indices of cardiometabolic health similar to traditional endurance training despite a five-fold lower exercise volume and time commitment. PLoS One, 2016 (résumé). doi.org/10.1371/journal.pone.0154075
  • Ekelund U et coll. Does physical activity attenuate, or even eliminate, the detrimental association of sitting time with mortality? A harmonised meta-analysis of data from more than 1 million men and women. The Lancet, 2016 (résumé). doi.org/10.1016/S0140-6736(16)30370-1
  • Dempsey PC et coll. Benefits for type 2 diabetes of interrupting prolonged sitting with brief bouts of light walking or simple resistance activities. Diabetes Care, 2016 (résumé). doi.org/10.2337/dc15-2336
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462 (texte intégral). doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955
  • Code du sport article L212-1. texte en vigueur lu le 29 octobre 2026 dans la compilation codes.droit.org ; seul Légifrance fait foi. codes.droit.org/

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS et l’article du code du sport, dans leur texte intégral. Cet article ne constitue pas un avis médical.

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