ALD Millions de Malades Chroniques si la France N'Investit pas dans le Sport

ALD 2035 : 18 Millions de Malades Chroniques si la France N’Investit pas dans le Sport

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 16 min · 📅 Publié le 27 mars 2026

MagicFit · La Chaîne Manquante · Article 03/10

La Chaîne Manquante · Dossier PLF 2027 · Dossier 925 Parlementaires · Septembre 2026

14,1 millions de Français bénéficient d’une Affection de Longue Durée (ALD) en 2023. 18 millions en 2035 — c’est la projection officielle de l’Assurance Maladie. Un Français sur quatre. Un déficit de l’Assurance Maladie qui explose. Et une solution qui ne coûte pas grand-chose : investir massivement dans la prévention sportive. Ce dossier fait le calcul que personne ne veut voir.

18M
de bénéficiaires ALD prévus en 2035 — contre 14,1M en 2023 — un Français sur quatre sous traitement chronique remboursé à 100%
Source : Assurance Maladie — Rapport Charges et Produits 2026

ALD : la bombe à retardement que le PLF 2027 doit désamorcer

Les Affections de Longue Durée (ALD) constituent le poste de dépenses le plus lourd et le plus dynamique du système de santé français. En 2023, 14,1 millions de Français — soit 21% de la population — bénéficient d’une prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie pour une maladie chronique grave. Ces 14,1 millions de bénéficiaires représentent à eux seuls 52,2 milliards d’euros de dépenses, soit 16% de la totalité des dépenses de santé françaises (333 milliards en 2024).

La projection de l’Assurance Maladie pour 2035 est sans appel : 18 millions de bénéficiaires ALD, soit une augmentation de 28% en 12 ans. Cette progression est portée par trois dynamiques convergentes : le vieillissement démographique, l’augmentation des maladies chroniques liées aux modes de vie (obésité, diabète de type 2, dépression, maladies cardiovasculaires) et l’amélioration du diagnostic qui identifie des pathologies auparavant non traitées.

Le coût de cette progression est considérable. Si la proportion des dépenses ALD dans les dépenses totales de santé reste stable à 16%, les 18 millions de bénéficiaires de 2035 représenteraient environ 67 milliards d’euros de dépenses annuelles — soit 15 milliards de plus qu’en 2024. Ce surplus équivaut à plus d’un déficit annuel de l’Assurance Maladie. Le déficit actuel de 13,8 milliards serait déjà absorbé par la seule croissance des ALD.

Cette trajectoire est connue, documentée et anticipée par les actuaires de la CNAM. Pourtant, la réponse politique reste dominée par des mesures curatives — remboursements de médicaments, extensions des actes pris en charge, tarification des actes médicaux — plutôt que par des investissements préventifs capables de modifier la trajectoire. Le budget prévention représente seulement 2% des dépenses de santé (8,7 milliards sur 333), alors que l’OMS recommande un minimum de 5%.

Le lien prouvé entre sédentarité et maladies chroniques

Le lien causal entre sédentarité et maladies chroniques est l’un des plus solides de la médecine préventive moderne. Cinq décennies d’études épidémiologiques, de cohortes longitudinales et d’essais randomisés convergent vers la même conclusion : la sédentarité est un facteur de risque indépendant pour la majorité des pathologies figurant sur la liste des 30 ALD reconnues par la Haute Autorité de Santé.

Pour le diabète de type 2 — première cause d’entrée en ALD avec 3,5 millions de bénéficiaires — la relation est directe. Une méta-analyse publiée dans le Diabetes Care Journal (2016) portant sur 28 études et 1,2 million de personnes établit que les individus sédentaires ont un risque de développer un diabète de type 2 47% supérieur aux individus actifs. La pratique d’une activité physique modérée 150 minutes par semaine réduit ce risque de 35 à 58% chez les personnes à risque — une efficacité supérieure à celle de la metformine en prévention primaire.

Pour les maladies cardiovasculaires — deuxième poste ALD avec 2,8 millions de bénéficiaires — la relation est également documentée. L’exercice aérobie régulier réduit la pression artérielle systolique de 8 à 10 mmHg (Cornelissen & Smart, JACC 2013), réduit le LDL-cholestérol de 5 à 8% et augmente le HDL de 3 à 5%. Ces modifications sont comparables à celles obtenues avec des médicaments de première intention, sans les effets secondaires.

Pour les troubles psychiatriques — troisième cause d’ALD avec 2,4 millions de bénéficiaires — la méta-analyse Cochrane (2023) sur 218 essais randomisés démontre que l’exercice physique régulier réduit les symptômes dépressifs avec une taille d’effet de 0,68 — comparable aux antidépresseurs — et les troubles anxieux avec une taille d’effet de 0,48. La combinaison exercice + traitement médicamenteux produit des effets supérieurs à chaque modalité prise isolément.

En synthèse, les données INSERM et ANSES estiment que 30 à 40% des nouvelles ALD pourraient être évitées par une pratique physique régulière suffisante. Sur 3,9 millions de nouvelles ALD prévues entre 2023 et 2035, cela représente entre 1,2 et 1,6 million d’ALD évitables — soit entre 4 et 5 milliards d’euros de dépenses annuelles évitables à pleine maturité du programme préventif.

Ce que coûterait 18 millions d’ALD en 2035 à l’Assurance Maladie

La projection à 18 millions d’ALD en 2035 a des conséquences budgétaires précises que les modèles actuariels de la CNAM quantifient. Comprendre ces chiffres est indispensable pour évaluer le ROI des investissements préventifs alternatifs.

En 2024, les 14,1 millions de bénéficiaires ALD consomment en moyenne 3 700€ de soins remboursés par an (hors hospitalisations), soit le total de 52,2 milliards. Avec 18 millions de bénéficiaires en 2035 et une progression prévisible du coût moyen par bénéficiaire (vieillissement des ALD existantes, introduction de nouveaux traitements coûteux comme les biothérapies), le coût total atteindrait 67 à 72 milliards d’euros par an — une augmentation de 15 à 20 milliards sur le niveau actuel.

Le déficit de l’Assurance Maladie s’élève actuellement à 13,8 milliards d’euros. Les 15 à 20 milliards d’augmentation des seules dépenses ALD viendraient s’ajouter à un déficit déjà structurellement insoutenable. Sans réforme systémique, les projections du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) suggèrent un déficit de 25 à 30 milliards à horizon 2030 — soit l’équivalent de la totalité du budget de l’Éducation Nationale.

Face à cette trajectoire, les options politiques habituelles — déremboursements, hausses de cotisations, franchise médicale — sont économiquement et politiquement limitées. La seule variable capable de modifier structurellement la trajectoire des dépenses de santé sur le long terme est la prévention. Et la prévention la plus efficace, la plus documentée et la moins coûteuse disponible aujourd’hui est l’activité physique régulière supervisée.

La prévention sportive : seul levier crédible à grande échelle

Face à la projection de 18 millions d’ALD en 2035, les pouvoirs publics disposent théoriquement de plusieurs leviers préventifs : campagnes de communication, programmes nutritionnels, dépistage systématique, et activité physique. Les données de santé publique convergent pour identifier l’activité physique comme le levier à la fois le plus efficace, le plus scalable et le moins coûteux disponible à grande échelle.

Les campagnes de communication sur l’alimentation et les modes de vie (Programme National Nutrition Santé) ont un effet documenté sur les comportements — mais limité : réduction de 5 à 8% des comportements ciblés sur 10 ans selon les évaluations ANSES. Le dépistage systématique (diabète, hypertension) permet une détection précoce mais ne prévient pas la maladie — il en organise la prise en charge. L’activité physique est la seule intervention capable d’agir simultanément sur les facteurs de risque de la majorité des maladies chroniques.

Le mécanisme est biologique et documenté. L’exercice physique régulier améliore la sensibilité à l’insuline (prévention diabète), réduit la pression artérielle (prévention cardiovasculaire), renforce les muscles et les os (prévention chutes et ostéoporose), régule les neurotransmetteurs (prévention dépression), maintient le poids (prévention obésité) et renforce le système immunitaire (réduction des infections répétées). C’est une polypill naturelle sans effets secondaires, disponible à 30€/mois dans n’importe quelle salle de sport.

La scalabilité est exceptionnelle. Un médecin peut traiter 30 patients par jour. Une salle de sport peut accueillir 1 000 membres actifs. Un réseau de 100 salles comme MagicFit vise à accueille 100 000 membres actifs. Pour un investissement public de 360€/an par membre remboursé sur prescription (la proposition MagicFit dans le dossier PLF 2027), accueillir 3 millions de patients à risque coûterait 1,08 milliard d’euros — pour une réduction de 3 à 5 milliards de dépenses ALD par an à terme.

Les 5 maladies chroniques que le sport préviendrait le plus

Parmi les 30 ALD reconnues par la HAS, cinq concentrent l’essentiel des bénéficiaires et de la dépense — et sont celles pour lesquelles la littérature scientifique documente le bénéfice préventif de l’activité physique le plus clairement.

1. Le diabète de type 2 (ALD 8) — 3,5 millions de bénéficiaires. Pathologie directement liée à la sédentarité et au surpoids dans 80% des cas. Le programme Diabetes Prevention Program (DPP) américain, suivi sur 10 ans, démontre que 150 minutes d’exercice modéré par semaine réduisent de 58% le risque de diabète chez les personnes en prédiabète — efficacité 2 fois supérieure à la metformine. En France, 2 millions de personnes sont en prédiabète — cibles idéales de la prévention sportive.

2. Les maladies cardiovasculaires (ALD 1, 3, 5) — 2,8 millions de bénéficiaires. La sédentarité double le risque cardiovasculaire (OMS, 2020). L’exercice régulier réduit ce risque de 35%. En France, 180 000 infarctus par an, dont une proportion significative est évitable par la pratique sportive. Coût moyen d’un infarctus hospitalisé : 12 000€. Coût de 1 an d’abonnement sportif préventif : 360€.

3. La dépression et troubles anxieux (ALD 23) — 2,4 millions de bénéficiaires. Première cause d’invalidité dans les pays développés. L’exercice physique régulier est aussi efficace que les antidépresseurs de première ligne pour les dépressions légères à modérées, avec moins d’effets secondaires et un taux de rechute inférieur (Cochrane, 2023). La France dépense 4 milliards d’euros par an en antidépresseurs.

4. L’obésité sévère (ALD 28) — 1,2 million de bénéficiaires. Comorbidité aggravant tous les autres risques. La pratique sportive supervisée combinée à un soutien nutritionnel est aussi efficace que la chirurgie bariatrique pour les IMC entre 30 et 40, à un coût 40 fois inférieur (CHU Bordeaux, 2022). La chirurgie bariatrique coûte 900 millions d’euros par an à l’Assurance Maladie.

5. L’arthrose (ALD 29) — 1,1 million de bénéficiaires. Paradoxalement, l’exercice physique modéré réduit les douleurs articulaires et retarde la progression de l’arthrose (méta-analyse Cochrane 2022, 48 essais). La sédentarité aggrave l’arthrose en réduisant la lubrification articulaire et en atrophiant les muscles stabilisateurs. Les programmes de renforcement musculaire supervisés réduisent de 40% le recours aux anti-douleurs et aux infiltrations.

📊 Les projections 2035 : ce que l’Assurance Maladie ne dit pas publiquement

Les projections à 18 millions d’ALD en 2035 sont une donnée officielle de l’Assurance Maladie. Mais derrière ce chiffre central, des données plus granulaires — disponibles dans les annexes des rapports CNAM non médiatisées — révèlent une réalité encore plus préoccupante.

La progression des ALD n’est pas uniforme selon les pathologies. Le diabète de type 2 — directement lié à la sédentarité et à l’alimentation — progresse de 4,2% par an, soit le rythme le plus rapide de toutes les ALD. À ce rythme, le diabète de type 2 concernera 5,5 millions de Français en 2035 contre 3,5 millions en 2023. Le coût direct du diabète pour l’Assurance Maladie passerait de 12 milliards à 19 milliards d’euros — une augmentation de 7 milliards sur une seule pathologie.

Les troubles psychiatriques (ALD 23) progressent de 3,8% par an, portés par l’explosion des burn-outs, des troubles anxieux post-pandémie et de la dépression chez les moins de 35 ans. En 2035, 3,2 à 3,5 millions de Français seraient concernés par des troubles psychiatriques en ALD — contre 2,4 millions en 2023. Le coût de cette progression, incluant les médicaments, les hospitalisations psychiatriques et les arrêts de travail indemnisés, dépasse les projections des actuaires de la CNAM.

Face à ces projections, l’Assurance Maladie développe des programmes de prévention ciblés — le programme “M’T dents” pour la santé bucco-dentaire, le programme de dépistage du cancer colorectal, les bilans de prévention aux âges clés. Ces programmes ont leur utilité propre. Mais ils ne s’attaquent pas à la cause racine commune à la majorité des ALD en progression : la sédentarité.

La Stratégie Nationale Sport-Santé 2025-2030 de Santé Publique France reconnaît explicitement ce diagnostic. Elle fixe l’objectif de réduire de 30% le nombre de Français sédentaires à horizon 2030. Mais elle ne prévoit pas les financements nécessaires pour atteindre cet objectif, ni les mécanismes légaux et fiscaux qui permettraient de le réaliser. C’est précisément le chaînon manquant que le dossier MagicFit PLF 2027 propose de combler.

🏃 Les interventions préventives qui fonctionnent : données terrain France

Au-delà des comparaisons internationales, des données françaises récentes documentent l’efficacité de la prévention sportive dans le système de santé national. Ces données, issues des expérimentations régionales et des études de cohorte françaises, constituent la base empirique locale pour les propositions du dossier PLF 2027.

Le programme Sport Santé sur Ordonnance de Strasbourg — l’une des premières expérimentations françaises lancée en 2012 — a fait l’objet d’une évaluation publiée dans la Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique (2020). Sur 1 100 patients suivis pendant 3 ans (diabète de type 2, HTA, maladies cardiovasculaires), le programme a documenté une réduction de l’HbA1c de 0,8 point en moyenne chez les diabétiques actifs (équivalent à l’effet d’un médicament de première ligne), une réduction de la pression artérielle systolique de 6 mmHg, et une réduction de 28% des consultations spécialisées. Le coût par patient et par an : 380€. L’économie médicale estimée : 1 420€. ROI local : 3,7€ pour 1€ investi.

Le programme Médecin Sport Santé Pays de la Loire, actif depuis 2015 dans 89 communes, présente des résultats similaires. Sur 3 200 patients orientés sur 7 ans, 68% maintiennent une pratique régulière à 12 mois (taux d’adhérence supérieur à celui des médicaments pour maladies chroniques). Les hospitalisations dans le groupe “pratiquants réguliers” sont réduites de 31% par rapport au groupe contrôle. Ces données ont été présentées en 2023 à la Commission Santé du Sénat — sans suite législative concrète.

Ces expérimentations françaises confirment que les modèles suédois et australien sont reproductibles dans le contexte du système de santé français. Elles démontrent que le sport sur ordonnance n’est pas un concept importé sans adaptation — c’est une réalité opérationnelle qui fonctionne en France quand elle dispose d’un financement minimal. Ce qui manque, c’est uniquement la décision politique de la généraliser et de la financer à l’échelle nationale.

💊 ALD et médicaments : le cycle vicieux que le sport peut briser

L’augmentation des ALD est indissociable de l’augmentation de la prescription médicamenteuse. En 2024, la France est le premier pays européen pour la consommation d’antibiotiques et le troisième pour la consommation d’antidépresseurs. Le coût des médicaments remboursés représente 34 milliards d’euros — le troisième poste de dépenses de l’Assurance Maladie après les hospitalisations et les honoraires médicaux.

Or, pour les cinq principales ALD liées à la sédentarité (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, dépression, obésité, arthrose), l’exercice physique régulier est soit aussi efficace, soit plus efficace que le traitement médicamenteux de première intention. Les données Cochrane 2023 sont sans ambiguïté : pour la dépression légère à modérée, l’exercice est aussi efficace que les antidépresseurs avec moins d’effets secondaires et un meilleur taux de maintien à 12 mois. Pour le diabète de type 2 débutant, la combinaison exercice-alimentation surpasse la metformine en prévention primaire selon le programme DPP.

Pourtant, la convention médicale rémunère bien mieux la prescription médicamenteuse (acte de prescription remboursé systématiquement) que la prescription sportive (acte non codifié, non rémunéré spécifiquement). Le médecin qui prescrit 6 mois de sport à son patient diabétique débutant au lieu d’un médicament économise 800€ de médicaments à l’Assurance Maladie — et ne reçoit aucune incitation financière pour ce choix thérapeutique.

Briser ce cycle vicieux nécessite trois changements simultanés : valoriser financièrement la consultation APA (amendement 3), remboursabiliser l’abonnement sportif pour les patients ALD (amendement 2), et former les médecins à la prescription d’exercice physique. Ces trois changements sont précisément ce que le dossier PLF 2027 propose. Leur adoption permettrait de réduire de 10 à 15% les dépenses de médicaments liées aux cinq principales ALD sédentaires — soit une économie annuelle de 2 à 3 milliards d’euros sur la seule ligne médicaments remboursés.

📊 ALD par pathologie : où se situe le potentiel préventif le plus élevé ?

Les projections à 18 millions d’ALD en 2035 ne sont pas uniformément réparties entre les 30 pathologies reconnues. Identifier les pathologies à forte croissance et fort potentiel préventif permet de cibler les investissements de santé publique avec une précision maximale.

Le diabète de type 2 (ALD 8) est la pathologie présentant le potentiel préventif le plus élevé. Sa croissance de 4,2%/an est la plus rapide, son lien avec la sédentarité est le plus direct (80% des cas attribuables à un mode de vie sédentaire et une alimentation déséquilibrée), et la prescription sportive est la plus efficace : réduction de 58% du risque de progression du prédiabète vers le diabète confirmé (Programme DPP, 15 ans de suivi). Sur les 3,9 millions de nouvelles ALD attendues entre 2023 et 2035, le diabète de type 2 en représente environ 1,2 million — dont 700 000 potentiellement évitables par la prescription sportive.

Les maladies cardiovasculaires (ALD 1, 3, 5) constituent le deuxième potentiel préventif. 30% des nouvelles ALD cardiovasculaires sont attribuables à la sédentarité selon l’étude Euroaspire (2022). Sur 1,5 million de nouveaux bénéficiaires ALD cardiovasculaires prévus d’ici 2035, 450 000 pourraient être évités par la pratique sportive — une économie de 1,6 milliard d’euros annuels sur les seuls soins cardiovasculaires ALD.

La dépression et les troubles anxieux (ALD 23) représentent le troisième potentiel, avec une croissance rapide (+3,8%/an) et une efficacité prouvée de l’exercice (méta-analyse Cochrane 2023). 250 000 nouvelles ALD psychiatriques pourraient être évitées d’ici 2035 par des programmes de prescription sportive systématiques pour les patients en début de syndrome dépressif.

Au total, MagicFit estime à 1,4 à 1,8 million le nombre de nouvelles ALD évitables d’ici 2035 par une politique de prévention sportive ambitieuse adoptée dès le PLF 2027. À un coût moyen de 3 700€/bénéficiaire ALD par an, chaque nouvelle ALD évitée économise 3 700€ annuels pendant 15 à 20 ans en moyenne. L’économie cumulée sur 15 ans de 1,6 million d’ALD évitées dépasse 88 milliards d’euros — soit 40 fois l’investissement demandé dans le dossier PLF 2027.

🔮 Le scénario alternatif : si la France investissait 2 milliards dès 2027

Face au scénario officiel — 18 millions d’ALD en 2035, un déficit de l’Assurance Maladie qui explose, des dépenses de soins chroniques insoutenables — il existe un scénario alternatif que les modèles actuariels permettent de simuler. C’est le scénario dans lequel la France adopte les 10 amendements MagicFit dans le PLF 2027 et investit 2 milliards supplémentaires dans la prévention sportive à partir de 2027.

Impact sur les nouvelles ALD : Si la pratique sportive régulière augmente de 3 points de pénétration grâce à la TVA réduite et au remboursement CPAM (projection conservatrice basée sur l’expérience allemande), environ 1,5 à 2 millions de Français supplémentaires pratiqueront une activité physique suffisante. Selon les données INSERM, 30 à 40% des nouvelles ALD sont évitables par la pratique sportive. Sur les 450 000 nouvelles ALD prévues annuellement, 135 000 à 180 000 pourraient être évitées. À horizon 2035, c’est entre 1,1 et 1,4 million d’ALD en moins par rapport au scénario de base.

Impact sur le déficit de l’Assurance Maladie : Chaque ALD évitée représente une économie moyenne de 3 700€/an (coût moyen par bénéficiaire ALD). Un million d’ALD évitées = 3,7 milliards d’euros d’économies annuelles. À cela s’ajoutent les économies sur les soins courants non-ALD générés par la pratique sportive (1 300€/pratiquant actif selon l’IRDES), soit 1,95 milliard pour 1,5 million de nouveaux pratiquants. Total des économies médicales à horizon 2035 : 5,65 milliards d’euros par an.

Impact sur le déficit : Le déficit 2024 est de 13,8 milliards. Sans réforme, les projections HCAAM prévoient un déficit de 22 à 25 milliards en 2035 sous l’effet de la progression des ALD. Avec les réformes MagicFit PLF 2027, le déficit 2035 serait de 16 à 19 milliards — soit une réduction de 5 à 6 milliards par rapport au scénario de base. Ce n’est pas un équilibre — la sécurité sociale française a des défis structurels qui dépassent la seule sédentarité. Mais c’est une réduction significative et durable, obtenue sans déremboursement ni hausse de cotisations.

Impact sur l’espérance de vie en bonne santé : L’indicateur EVSI (Espérance de Vie Sans Incapacité) est l’un des plus pertinents pour mesurer l’impact des politiques préventives. La France se situe à 64,1 ans en 2024 — soit 12 ans de moins que l’espérance de vie totale passés avec une incapacité ou une maladie chronique. La Finlande, qui a investi massivement dans la prévention sportive depuis les années 1970, présente un EVSI de 68,3 ans. Si la France progressait de 2 points d’EVSI grâce aux politiques de prévention sportive (objectif conservateur sur 10 ans), cela représenterait des dizaines de millions d’années de vie active supplémentaires — une richesse collective incommensurable.

💡 Le paradoxe en une phrase

“L’Assurance Maladie prévoit 18 millions de malades chroniques en 2035 et dépense 8,7 milliards en prévention. Elle sait que le sport préviendrait une fraction majeure de ces maladies. Elle ne rembourse pas les abonnements sportifs. La bombe à retardement est documentée. Personne ne coupe le fil.”

— Frédéric Legrand, Fondateur MagicFit

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Mention légale : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif. Elles ne constituent pas un avis médical, juridique ou fiscal personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.

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FAQ

Combien de Français bénéficient d'une ALD en 2023 ?

En 2023, 14,1 millions de Français bénéficient d’une Affection de Longue Durée (ALD) avec une prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

Quelle est la projection du nombre de bénéficiaires ALD en 2035 ?

La projection officielle prévoit 18 millions de bénéficiaires ALD en 2035, soit une augmentation de 28% par rapport à 2023.

Quel est le coût des ALD pour l'Assurance Maladie en 2024 ?

En 2024, les dépenses liées aux ALD s’élèvent à 52,2 milliards d’euros, représentant 16% des dépenses totales de santé.

Quel est le lien entre sédentarité et maladies chroniques ?

La sédentarité est un facteur de risque indépendant majeur pour la plupart des maladies chroniques reconnues en ALD, notamment le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les troubles psychiatriques.

Quelle efficacité a l'activité physique sur la prévention des ALD ?

Une activité physique régulière peut réduire significativement le risque de développer certaines ALD, avec une efficacité comparable voire supérieure à certains traitements médicamenteux.

Quel est l'impact financier prévu des ALD en 2035 ?

Le coût total des ALD pourrait atteindre 67 à 72 milliards d’euros par an en 2035, soit une augmentation de 15 à 20 milliards par rapport à 2024, aggravant le déficit de l’Assurance Maladie.

Quelle solution est proposée pour limiter la progression des ALD ?

Investir massivement dans la prévention sportive, notamment l’activité physique régulière supervisée, est le levier le plus efficace et économique pour freiner la progression des ALD.

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