✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 7 min · 📅 Publié le 27 mars 2026
MagicFit · La Chaîne Manquante · Article 06/10
La Chaîne Manquante · Dossier PLF 2027 · Dossier 925 Parlementaires · Septembre 2026
En 2024, les salariés français se sont absentés en moyenne 23,3 jours, onze de plus qu’il y a onze ans (Ayming, 2025). Une part de ces absences tient à la sédentarité : en 2016, la sédentarité prolongée a coûté en France 43 à 147 millions d’euros de productivité perdue du fait des absences pour maladie, et 507 millions d’euros du fait des décès prématurés (Racine et coll., 2022). Ce dossier fait le point sur la part de la sédentarité dans l’absentéisme, documente l’efficacité du sport en entreprise, et explique pourquoi la déductibilité fiscale proposée par MagicFit dans le PLF 2027 est un investissement rentable pour les entreprises comme pour l’État.
L’absentéisme : la part cachée de la sédentarité
Selon le 17e Baromètre de l’absentéisme et de l’engagement d’Ayming (2025), les salariés français se sont absentés en moyenne 23,3 jours en 2024. C’est onze jours de plus qu’il y a onze ans. La tendance est lourde, et elle pèse sur l’organisation du travail autant que sur les comptes des entreprises.
Quelle est la part de la sédentarité dans ces absences ? Aucune étude publiée ne la chiffre pour l’ensemble de l’absentéisme. Le premier chiffrage français du coût de la sédentarité, celui de Racine et coll. (European Journal of Public Health, 2022), en donne un ordre de grandeur : en 2016, la sédentarité prolongée a coûté 43 à 147 millions d’euros de productivité perdue du fait des absences pour maladie, et 507 millions d’euros du fait des décès prématurés. Peu de maladies y sont prises en compte, et les auteurs signalent que leur méthode pourrait sous-estimer certains coûts, et en surestimer d’autres.
TMS et sédentarité : le lien scientifique prouvé
Les troubles musculo-squelettiques constituent la pathologie professionnelle la plus répandue en France : selon l’INRS, ils représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues. En 2021, les TMS des membres supérieurs et inférieurs indemnisés ont entraîné la perte de plus de 11 millions de journées de travail et 1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises du régime général.
Le lien entre sédentarité et TMS est établi à deux niveaux. Au niveau direct, la sédentarité au travail (position assise prolongée, travail sur écran) crée des déséquilibres musculaires, des rétractions tendineuses et des compressions articulaires qui génèrent les pathologies les plus fréquentes : lombalgies, cervicalgies, tendinites de l’épaule, syndrome du canal carpien.
Au niveau indirect, la sédentarité affaiblit les muscles stabilisateurs (sangle abdominale, érecteurs spinaux, stabilisateurs de l’épaule) qui protègent les articulations et la colonne vertébrale des contraintes mécaniques du travail. Un travailleur sédentaire en dehors du travail présente une faiblesse musculaire de protection qui multiplie le risque de TMS même dans des environnements de travail peu contraignants.
Ce que le sport en entreprise change réellement sur l’absentéisme
Le sport en entreprise agit sur plusieurs plans : l’absence, la présence au travail et la santé mentale.
Sur le présentéisme — défini comme la présence au travail mais avec une efficacité réduite due à des problèmes de santé — les preuves restent préliminaires. La revue systématique de Cancelliere et coll. (BMC Public Health, 2011) a retenu 14 études : certains programmes de promotion de la santé au travail l’améliorent, surtout quand ils associent l’implication de la direction, un dépistage des risques, des programmes adaptés à chacun et une culture d’entreprise favorable. Le manque d’exercice figure parmi les facteurs de risque relevés.
Sur la santé mentale au travail — facteur d’absentéisme en forte croissance avec la progression des burn-outs et des troubles anxieux liés au travail — le sport en entreprise produit des effets documentés.
La proposition MagicFit : déduction fiscale sport entreprise dans le PLF 2027
Les propositions MagicFit sur la fiscalité du sport en entreprise s’articulent autour de trois mesures complémentaires, chacune ciblant un profil d’entreprise distinct.
Mesure 1 — Relever le plafond d’exonération des sommes que l’employeur consacre à l’activité physique et sportive de ses salariés, pour qu’il couvre un abonnement annuel. L’incitation doit être suffisante pour que la direction décide d’investir dans un partenariat avec une salle de sport.
Mesure 2 — Crédit d’impôt Sport Santé Entreprise de 30% pour les TPE/PME. Les petites entreprises n’ont pas la taille critique pour négocier des accords collectifs et bénéficier des économies d’échelle sur les abonnements collectifs. Un crédit d’impôt de 30% sur les dépenses de financement d’abonnements sportifs pour les TPE (moins de 50 salariés) et les PME (50 à 250 salariés) créerait une incitation directe dans le tissu des petites entreprises.
Mesure 3 — Déductibilité personnelle pour les travailleurs indépendants. Les travailleurs indépendants — dont l’état de santé conditionne directement leurs revenus et leurs cotisations fiscales — n’ont accès à aucun mécanisme fiscal favorable pour leur abonnement sportif.
📊 Secteurs les plus touchés par l’absentéisme sédentaire
L’absentéisme lié à la sédentarité n’est pas uniformément réparti entre les secteurs économiques. Certains secteurs sont particulièrement exposés — et constituent donc les cibles prioritaires pour les politiques de promotion du sport en entreprise que MagicFit propose dans le dossier PLF 2027.
Le secteur de la santé et de l’action sociale est particulièrement exposé. Les soignants, en position debout ou assise prolongée, sont particulièrement exposés aux TMS. L’ironie d’un secteur dont la mission est la santé présentant les taux d’absentéisme les plus élevés liés à des pathologies évitables par le sport n’échappe pas aux DRH du secteur.
Le secteur transport et logistique est exposé aux lombalgies et aux TMS liés aux positions de conduite prolongée et aux manutentions répétitives.
Le secteur de l’industrie manufacturière présente des pathologies similaires ; les PME et les sous-traitants n’y ont pas toujours les ressources des grands groupes.
C’est précisément pour les PME et les ETI — qui concentrent les taux d’absentéisme les plus élevés et n’ont pas la taille critique pour développer des infrastructures sportives propres — que les mesures 1 et 2 sont les plus déterminantes : elles créent l’incitation fiscale qui permet à une PME de négocier un abonnement collectif pour ses salariés.
🔬 Les nouvelles formes d’absentéisme post-pandémie : burn-out et sport
Le profil de l’absentéisme a évolué depuis 2020, avec une place croissante des troubles psychiques et de l’épuisement professionnel. Or l’activité physique est l’une des interventions les plus étudiées sur ces troubles. Une revue de revues publiée dans le British Journal of Sports Medicine (Singh et coll., 2023), qui réunit 97 revues systématiques, 1 039 essais et 128 119 participants, trouve des effets moyens de l’activité physique sur les symptômes de dépression (taille d’effet médiane −0,43), d’anxiété (−0,42) et de détresse psychologique (−0,60), par rapport aux soins habituels. Les effets étaient plus marqués avec une activité plus intense ; les auteurs signalent aussi la faible qualité méthodologique de la plupart des revues incluses. Ces résultats ne chiffrent pas l’effet d’un programme sport en entreprise sur les arrêts de travail, mais ils en éclairent le mécanisme.
💡 Le paradoxe en une phrase
“Les salariés français se sont absentés 23,3 jours en moyenne en 2024, et une part de ces absences tient à la sédentarité. L’État protège ses recettes fiscales en laissant saigner les entreprises.”
— Frédéric Legrand, Fondateur MagicFit
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📚 Sources et références
- Ayming — 17e Baromètre de l’absentéisme et de l’engagement (2025) — 23,3 jours d’absence en moyenne par salarié en 2024
- Noël Racine A et coll. — Costing the economic burden of prolonged sedentary behaviours in France, European Journal of Public Health (2022) — pertes de productivité dues à la sédentarité prolongée en 2016
- INRS — TMS : statistiques (mise à jour le 27/03/2025) — plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues ; en 2021, plus de 11 millions de journées perdues
- Anses — Manque d’activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique (2022) — 95 % des adultes exposés à un risque
- Cancelliere C et coll. — Are workplace health promotion programs effective at improving presenteeism in workers? BMC Public Health (2011) — revue systématique, 14 études
- Singh B et coll. — Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews. British Journal of Sports Medicine (2023) — 97 revues, 1 039 essais
La Chaîne Manquante · 10 Articles · Dossier PLF 2027
L’argument économique et politique pour une France qui bouge
Art. 02 · 450 000 emplois sport
Art. 03 · ALD 18 millions 2035
Art. 04 · TVA : le cadre européen
Art. 05 · ROI sport 1,7€ à 13€
Art. 06 · Absentéisme
Art. 07 · Budget prévention 2%
Art. 08 · Sport sur ordonnance
Art. 09 · 10 amendements PLF 2027
Art. 10 · Lettre ouverte 925 parlementaires
FAQ
En 2024, les salariés français se sont absentés en moyenne 23,3 jours, onze de plus qu’il y a onze ans, selon le 17e Baromètre de l’absentéisme et de l’engagement d’Ayming (2025).
Aucune étude publiée ne la chiffre pour l’ensemble de l’absentéisme. Selon Racine et coll. (2022), la sédentarité prolongée a coûté en 2016 43 à 147 millions d’euros de productivité perdue du fait des absences pour maladie. Les auteurs signalent que leur méthode pourrait sous-estimer certains coûts, et en surestimer d’autres.
Selon l’INRS, les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues.
Le sport en entreprise vise d’abord les arrêts de courte durée et les troubles musculo-squelettiques ; son effet dépend de la participation des salariés.
L’activité physique régulière contribue à prévenir les troubles anxieux et dépressifs, et donc une partie des arrêts qui leur sont liés.
Parce qu’elle favorise l’investissement dans l’activité physique, réduisant l’absentéisme et les coûts associés pour les entreprises et l’État.