✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 19 min · 📅 Publié le 15 octobre 2026
Bureau assis-debout : ce que les essais montrent, et ce que la fiche produit promet
Moins mal au dos, plus d’énergie, des kilos en moins, une meilleure concentration : le bureau assis-debout est vendu avec beaucoup de promesses. Des essais randomisés l’ont mis à l’épreuve pendant un an, puis deux. Ils montrent un effet réel, plus étroit que la publicité.
Avertissement
La Rédaction Magicfit n’est ni médecin, ni kinésithérapeute, ni ergonome, ni médecin du travail. Cet article est informatif : il ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une prescription d’aménagement de poste. L’évaluation d’un poste de travail relève d’un ergonome ou du service de prévention et de santé au travail. Une douleur qui dure ou qui s’aggrave, des jambes qui gonflent, des malaises en position debout relèvent d’un médecin, pas d’un meuble.
C’est le temps assis en moins par journée de travail, en moyenne, avec un bureau assis-debout, dans les trois premiers mois. Dix études regroupées, et des preuves que les auteurs jugent de faible qualité. Entre trois et douze mois, l’écart tombe à 57 minutes.
Source : Shrestha N. et coll., Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018.
Ce qu’on lit partout, et ce que ça vaut
Le discours sur le bureau assis-debout tient en quatre promesses. Il soulagerait le dos. Il ferait dépenser de l’énergie, donc perdre du poids. Il rendrait plus concentré et plus productif. Il protégerait le cœur, puisque la position assise prolongée est associée à des maladies. Ces promesses figurent sur presque toutes les fiches produit, souvent accompagnées de la mention « prouvé scientifiquement ».
Il existe bien une science du bureau assis-debout, et elle est plus solide que celle de beaucoup d’objets vendus pour la santé. Des équipes ont tiré au sort des bureaux entiers, équipé les uns et pas les autres, et mesuré le résultat avec des capteurs portés sur la cuisse. C’est ce que nous avons lu pour écrire cet article.
Ces essais répondent très bien à une question : s’assoit-on moins quand on dispose de ce meuble ? Ils répondent mal, ou pas du tout, aux autres. C’est toute la différence entre ce qui est montré et ce qui est promis, et c’est le fil de cette page.
Nous ne reprenons pas ici les effets de la position assise sur l’organisme : ils sont traités dans notre article sur ce que l’Organisation mondiale de la santé dit du manque de mouvement. Cette page s’en tient au meuble.
De quel meuble parle-t-on
Les études distinguent trois objets que le commerce mélange volontiers. Le bureau assis-debout se règle en hauteur et permet de passer d’une position à l’autre dans la journée ; c’est lui que les essais appellent poste de travail réglable en hauteur. Le bureau debout, lui, est fixe : on y travaille debout, ou sur un siège haut. Le poste actif associe le plan de travail à un tapis de marche ou à un pédalier.
La revue Cochrane de 2018, qui rassemble 34 études et 3 397 salariés, a cherché si l’un valait mieux que l’autre. Elle n’a pas trouvé de différence significative entre le bureau debout et le bureau assis-debout pour réduire le temps assis, mais une seule étude, de petite taille, les comparait. Pour les postes actifs, les effets sont jugés incertains ou contradictoires.
Les études que la revue regroupe utilisent aussi bien des dispositifs fixés sur un bureau existant que des bureaux complets réglables en hauteur. Elles ne les départagent pas. Rien de ce que nous avons lu ne permet de dire qu’un modèle cher produit plus d’effet qu’un modèle simple : ce qui est testé, c’est la possibilité de se lever sans quitter son travail.
Le résultat le plus solide : on s’assoit moins
C’est le point sur lequel les essais s’accordent. Dans la revue Cochrane, les salariés équipés d’un bureau assis-debout passent en moyenne 100 minutes de moins assis par journée de travail que ceux qui gardent un bureau classique, au cours des trois premiers mois. L’intervalle de confiance va de 84 à 116 minutes, sur dix études.
Les auteurs ajoutent deux résultats qui vont dans le même sens. Le temps assis total, travail et hors travail réunis, baisse de 82 minutes par jour. Et le temps passé en longues périodes assises, celles de trente minutes ou plus sans se lever, diminue de 53 minutes par jour. Ce dernier chiffre repose sur deux études seulement.
Ils écrivent que cette réduction, un peu moins de deux heures par jour à court terme, suffit presque à elle seule à atteindre ce que des experts recommandent pour le temps assis au travail. C’est un effet net pour un simple changement de mobilier, et peu d’interventions en entreprise peuvent en dire autant.
Il faut aussitôt lire la suite de la phrase. La revue qualifie ces preuves de faible qualité, parfois de très faible qualité, à cause de protocoles limités et d’effectifs réduits. Toutes les études viennent de pays à revenu élevé. Et la recherche documentaire s’arrête en août 2017 : les grands essais d’un an sont venus après.
Ce que « assis en moins » veut dire. Dans ces essais, le temps gagné sur la chaise devient presque entièrement du temps debout, immobile. Il ne devient pas de la marche. Le bureau assis-debout change la posture, il n’ajoute pas d’activité physique.
L’effet tient-il dans la durée
C’était la grande inconnue en 2018. La revue Cochrane constatait qu’entre trois et douze mois l’écart n’était plus que de 57 minutes par jour, sur deux études, et qu’il n’existait aucune donnée au-delà. On pouvait craindre un effet de nouveauté : un meuble que l’on règle les premières semaines, puis que l’on laisse en position basse.
Deux essais ont depuis apporté une réponse. Le premier, SMArT Work, a été mené dans un hôpital public anglais et publié dans le BMJ en 2018. Trente-sept groupes de bureaux, soit 146 salariés, ont été tirés au sort. À trois mois, le groupe équipé passait 51 minutes de moins assis par journée de travail ; à six mois, 64 minutes ; à douze mois, 83 minutes.
L’effet ne s’est donc pas éteint dans cet essai : il a grandi. Le second, Stand and Move at Work, est américain et plus vaste : 24 lieux de travail, 630 salariés, dans des universités, des entreprises et des administrations. À douze mois, les sites équipés de bureaux assis-debout comptaient 59 minutes assises de moins par journée de huit heures que les sites qui avaient reçu le même accompagnement sans le meuble.
Cet essai a été prolongé jusqu’à vingt-quatre mois, et le suivi a été publié en 2025. Les salariés équipés dès le départ passaient encore 37 minutes de moins assis par journée de travail qu’au début de l’étude. L’effet est donc toujours là au bout de deux ans, mais plus faible qu’à un an.
La lecture prudente est celle-ci : le bureau assis-debout réduit durablement le temps assis, d’environ une demi-heure à une heure et demie par journée de travail selon les essais et le moment de la mesure. Les « deux heures debout par jour » des fiches produit correspondent au haut de la fourchette, dans les premières semaines.
Ce qui accompagne le meuble dans les essais
Voici le détail que la publicité oublie toujours. Dans les essais qui tiennent un an, le bureau n’arrive jamais seul. Dans SMArT Work, les salariés recevaient aussi un séminaire d’une demi-heure, une brochure, des consignes de réglage avec des objectifs de temps assis et debout, un retour sur leurs propres mesures à trois reprises, des affiches, un carnet d’objectifs, un outil de rappel et des entretiens réguliers.
L’essai américain compare deux accompagnements identiques, l’un avec le meuble, l’autre sans. Il montre ce que le bureau ajoute à un programme déjà en place : 59 minutes. Il ne dit pas ce que donnerait le même bureau livré dans un carton, sans consigne et sans que l’encadrement s’en mêle.
La revue Cochrane permet de comparer avec les mesures sans mobilier. Les rappels à l’écran associés à de l’information réduisent le temps assis de 55 minutes par jour à moyen terme, dans une seule étude. L’information et le conseil seuls, de 28 minutes. Les incitations à marcher pendant les pauses n’ont pas montré d’effet significatif.
Autrement dit, le meuble est l’élément le plus efficace de la panoplie, et il ne dispense pas du reste. Le suivi à vingt-quatre mois de l’essai américain parle du bureau comme d’un signal fort dans l’environnement de travail. Notre lecture : le meuble rend le changement possible, et ce sont les habitudes de l’équipe qui le font durer.
Le dos, le cou, les épaules : des résultats partagés
C’est la promesse la plus répandue, et c’est celle que les essais soutiennent le moins bien. La revue Cochrane conclut que les effets des bureaux assis-debout sur les symptômes musculo-squelettiques ne sont pas clairs. Elle ne dit pas qu’ils sont nuls. Elle dit que les données ne permettent pas de trancher.
SMArT Work a posé la question avec un questionnaire standard, sur neuf zones du corps. Au bout de douze mois, la proportion de salariés déclarant des troubles sur l’année écoulée, au cou, au bas du dos, aux membres supérieurs ou inférieurs, ne différait pas entre les deux groupes. La douleur ressentie non plus.
Quelques différences apparaissent en faveur du groupe équipé : moins de troubles du cou et des membres supérieurs déclarés sur les sept derniers jours à douze mois, et moins de gêne du bas du dos dans les activités habituelles. Les auteurs préviennent eux-mêmes que l’essai n’était pas conçu pour ces critères et que beaucoup de comparaisons ont été faites sans correction statistique.
Un bureau assis-debout peut donc soulager une personne donnée, et beaucoup d’utilisateurs le disent. Rien ne permet de le présenter comme un traitement du mal de dos. Sur les causes réelles de ces douleurs, qui tiennent rarement à un seul meuble, voyez notre article sur le mal de dos au bureau.
Poids, glycémie, cœur : ce que les essais n’ont pas montré
L’argument de la dépense d’énergie est séduisant : debout, on brûlerait davantage. Les essais d’un an permettent de vérifier ce que cela donne sur des critères mesurables. L’essai américain avait prévu un score de risque cardio-métabolique réunissant tension artérielle, glycémie, insuline, triglycérides et cholestérol.
Résultat à douze mois : sur l’ensemble des participants, le changement de ce score est faible et non significatif. À vingt-quatre mois, le suivi confirme l’absence de changement significatif dans l’échantillon complet. Près d’une heure assise en moins par jour pendant un an n’a pas modifié de façon détectable les marqueurs sanguins de salariés pris dans leur ensemble.
Les auteurs signalent une exception, qu’ils qualifient d’exploratoire. Chez les 95 participants qui avaient un prédiabète ou un diabète, les effets étaient plus marqués et allaient tous dans le bon sens : glycémie, triglycérides, tension, poids. Ils appellent à la prudence, car ce sous-groupe n’était pas prévu au départ, et à un essai plus grand pour le confirmer.
Aucun des essais que nous avons lus ne montre une perte de poids chez l’ensemble des salariés équipés. La promesse des kilos en moins ne repose donc pas sur eux. L’explication est simple, et le premier essai la donne : le temps debout remplace le temps assis, mais le nombre de pas et l’activité physique ne bougent pas.
Concentration et productivité
Deux craintes opposées circulent : travailler debout ferait perdre en efficacité, ou au contraire en ferait gagner. La revue Cochrane répond à la première. Les bureaux assis-debout n’ont pas d’effet significatif sur la performance au travail. Un employeur ne perd donc rien à en installer, d’après ces données.
SMArT Work va un peu plus loin. Le groupe équipé déclarait une meilleure performance, davantage d’engagement dans le travail, moins de fatigue professionnelle, moins de présentéisme, c’est-à-dire de jours travaillés en étant diminué, ainsi que moins d’anxiété au quotidien et une meilleure qualité de vie.
Trois réserves s’imposent. Ces critères sont déclarés par les salariés eux-mêmes, ce que les auteurs signalent comme une source possible de biais. Les effets apparaissent surtout aux mesures tardives. Et l’essai ne trouve aucune différence sur les arrêts maladie, la satisfaction au travail ni les tests de fonctions cognitives.
Le bilan honnête : le bureau assis-debout ne nuit pas au travail, il est possible qu’il améliore la façon dont on le vit, et rien ne montre qu’il rende plus rapide ou plus intelligent.
Rester debout a aussi un coût
Le raisonnement « assis nuit, donc debout protège » est celui qui mérite le plus de méfiance. Une étude publiée en 2024 dans l’International Journal of Epidemiology a suivi 83 013 adultes britanniques équipés d’un capteur de mouvement, pendant près de sept ans en moyenne.
Son premier résultat va contre l’idée reçue : le temps passé debout n’est pas associé au risque de maladie cardiovasculaire majeure, ni dans un sens ni dans l’autre. Rester debout ne protège pas le cœur dans cette cohorte. Le temps assis, lui, est associé à un risque plus élevé au-delà de dix heures par jour.
Le second concerne les troubles circulatoires liés à la position : varices, insuffisance veineuse chronique, ulcères veineux, hypotension en position debout. Au-delà de deux heures debout par jour, chaque demi-heure supplémentaire est associée à un risque plus élevé de 11 %. Le temps assis au-delà de dix heures montre la même tendance.
Les auteurs en tirent une idée simple : ce que la chaise et la station debout ont en commun, c’est l’immobilité. Sans contraction des muscles des jambes, le sang remonte moins bien. Sur ce mécanisme et sur ce qui soulage, voyez notre article sur les jambes lourdes au bureau.
Deux précautions de lecture. C’est une étude d’observation, qui ne prouve pas une cause, avec un capteur porté au poignet et des participants de 61 ans en moyenne. Et elle mesure toute la station debout de la journée, cuisine et transports compris, pas celle du bureau. Elle ne condamne pas le meuble ; elle rappelle qu’y rester planté n’est pas un objectif.
Promesses et résultats, côte à côte
Le tableau ci-dessous reprend les arguments de vente les plus courants et ce que les travaux lus pour cet article permettent d’en dire. Il ne juge aucun produit en particulier.
| Ce que dit la fiche produit | Ce que montrent les essais | Niveau de confiance |
|---|---|---|
| Vous passerez moins de temps assis | Oui : de 37 à 100 minutes de moins par journée de travail selon l’essai et la durée | Le résultat le mieux établi, confirmé à un an et à deux ans |
| Vous bougerez davantage | Non : le temps debout augmente, la marche et l’activité physique ne changent pas | Concordant dans les deux grands essais |
| Votre dos ira mieux | Effets jugés peu clairs ; pas de différence sur un an dans l’essai anglais, quelques signaux favorables | Incertain |
| Vous perdrez du poids | Aucun effet montré chez l’ensemble des salariés ; un signal dans un sous-groupe non prévu au départ | Non établi |
| Vous serez plus productif | Pas d’effet significatif sur la performance ; un mieux déclaré par les salariés dans un essai | Pas de perte, gain non démontré |
| Debout, votre cœur est protégé | Le temps debout n’est pas associé au risque cardiovasculaire ; au-delà de deux heures par jour, il est associé à plus de troubles veineux | Une grande cohorte d’observation |
Bien s’en servir : l’alternance, pas l’endurance
Si l’on rassemble ces résultats, une idée s’impose : l’intérêt du meuble est de permettre de changer de position, pas de tenir debout le plus longtemps possible. Les essais mesurent d’ailleurs avec soin les longues périodes assises sans interruption, celles de trente minutes ou plus, parce que c’est leur morcellement qui est recherché.
Les premières semaines demandent de la progressivité. Les jambes, les pieds et le bas du dos ne sont pas habitués à porter le corps immobile, et une fatigue apparaît vite. Commencer par de courtes périodes debout, puis les allonger si le confort suit, est une façon de faire raisonnable. Nous ne donnons pas de durée : aucune des sources lues n’en valide une.
Le réglage compte autant que le meuble. Un plan de travail trop haut fait monter les épaules, un écran resté en position basse fait pencher la tête. Les repères de réglage d’un poste, assis comme debout, sont décrits dans notre article sur les postures au bureau. Pour un poste précis, l’avis d’un ergonome vaut mieux qu’un schéma.
Enfin, debout ne veut pas dire figé. Déplacer son poids d’un pied sur l’autre, faire quelques pas pendant un appel, aller voir un collègue plutôt que lui écrire : ces gestes apportent ce que la station debout seule ne donne pas. Notre article sur les pauses actives au bureau en propose d’autres.
Transparence. Magicfit exploite un réseau de salles de sport et a un intérêt commercial à ce que vous pratiquiez une activité physique encadrée. Tenez-en compte en lisant cette page. Cela ne change rien à ce que montrent les essais : un bureau assis-debout ne remplace pas l’activité physique, et un abonnement à une salle ne remplace pas la possibilité de se lever pendant la journée. Les deux répondent à des questions différentes, et beaucoup de salariés n’ont besoin d’acheter ni l’un ni l’autre pour s’asseoir moins.
Avant d’acheter : les questions qui comptent
La première question est celle de l’usage réel. Un bureau assis-debout sert à une personne qui peut interrompre sa tâche et la reprendre debout. Si vos journées sont faites de réunions en salle, de déplacements ou de travail sur un matériel fixe, le meuble restera en position basse. Les essais portent sur des salariés de bureau.
La deuxième concerne ce qui l’entoure. Dans les essais, le meuble arrive avec des consignes, des objectifs et des rappels. Chez soi ou dans une petite équipe, il faudra trouver un équivalent : une alarme, une habitude attachée aux appels téléphoniques, un accord entre collègues. Sans cela, rien ne garantit l’effet mesuré.
La troisième est celle des solutions qui ne coûtent rien. La revue Cochrane montre que des rappels à l’écran associés à de l’information réduisent déjà le temps assis, et, dans une étude, que des pauses courtes et fréquentes font mieux que deux longues pauses. Se lever pour téléphoner, tenir debout une réunion brève, déplacer l’imprimante : aucun de ces gestes ne demande un achat.
La dernière est celle du financement. En entreprise, l’aménagement d’un poste est une affaire d’employeur et de service de prévention et de santé au travail, et non une dépense personnelle. Si vous avez une raison médicale de varier les positions, c’est avec le médecin du travail qu’il faut en parler.
Les limites de ce que l’on sait
Les essais mesurent bien les postures et mal la santé. Un an ou deux de suivi suffisent pour compter des minutes assises, pas pour voir apparaître ou disparaître une maladie. Aucun essai ne dit si le bureau assis-debout évite des infarctus, des diabètes ou des lombalgies chroniques.
Les participants ne ressemblent pas à tout le monde. Dans l’essai anglais, huit sur dix sont des femmes, toutes salariées du même hôpital, et plus d’un quart des participants n’ont pas fourni la mesure principale à douze mois. Dans l’essai américain, les trois quarts sont des femmes, d’âge moyen 45 ans. On sait peu de choses sur le télétravail et sur les grands plateaux ouverts.
La revue Cochrane date de 2018 et juge ses propres preuves faibles. Nous n’avons pas pu lire le troisième grand essai, britannique lui aussi, publié dans le BMJ en 2022, ni la méta-analyse consacrée au bas du dos : ils ne sont donc pas cités dans le texte.
Enfin, nous n’avons ouvert aucune recommandation française propre à ce meuble. Les repères donnés ici viennent d’études britanniques, américaines et d’une revue internationale. Pour ce qui s’applique à votre entreprise, le service de prévention et de santé au travail reste la référence.
Qui fait quoi : coach, kinésithérapeute, ergonome, médecin du travail
Le choix et le réglage d’un poste de travail mobilisent des métiers différents, que l’on confond souvent.
L’ergonome. Il observe le travail réel, le poste et son organisation, puis propose des aménagements. C’est lui qui peut dire si un bureau assis-debout convient à une activité donnée, et comment le régler.
Le médecin du travail. Il suit la santé des salariés au regard de leur poste. Il peut recommander un aménagement à l’employeur pour une raison médicale, et il est l’interlocuteur à qui parler d’une gêne liée au travail.
Le kinésithérapeute. Il prend en charge une douleur ou une limitation. Il peut conseiller des mouvements adaptés à une situation précise.
Le coach sportif diplômé d’État. Son domaine est l’entraînement physique d’une personne en capacité de pratiquer. Il peut vous aider à renforcer les jambes, le dos et la sangle abdominale, ce qui rend la station debout plus confortable. Il ne choisit pas votre mobilier, ne règle pas votre poste et ne traite pas une douleur.
Quand consulter
Certaines situations ne se règlent pas par un changement de bureau. Une douleur du dos, du cou ou des jambes qui dure plusieurs semaines, qui s’aggrave, qui réveille la nuit ou qui s’accompagne de fourmillements ou d’une perte de force demande un avis médical.
Des jambes qui gonflent en fin de journée, des varices qui deviennent douloureuses, des malaises ou des vertiges en position debout sont à signaler à votre médecin avant d’allonger le temps passé debout. Une jambe rouge, chaude, gonflée et douloureuse d’un seul côté impose de consulter sans attendre.
Si vous êtes enceinte, ou si un médecin vous a donné des consignes sur les positions à éviter, ce sont ces consignes qui s’appliquent, et non les repères généraux de cette page.
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Quelques questions sur vos journées au poste, et l’outil compare votre temps debout et vos changements de position à ce que les essais ont mesuré. C’est un repère d’orientation, qui ne remplace ni un ergonome ni un médecin.
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Cet outil est un repère d’orientation, pas un test : son résultat n’a aucune valeur diagnostique et ne constitue pas une prescription d’aménagement de poste. Il ne remplace ni un ergonome ni un médecin. Vos réponses ne sont pas conservées.
À retenir
- Un bureau assis-debout réduit le temps assis : c’est son effet le mieux établi.
- L’écart va de 100 minutes par journée de travail les premiers mois à 37 minutes au bout de deux ans, selon les essais.
- Le temps gagné devient du temps debout, pas de la marche : l’activité physique ne change pas.
- Les effets sur le dos sont incertains, et aucun effet sur le poids n’est montré chez l’ensemble des salariés.
- Dans les essais, le meuble est accompagné de consignes, d’objectifs et de rappels.
- Rester debout longtemps n’est pas un but : au-delà de deux heures par jour, une cohorte y associe plus de troubles veineux.
- Alterner les positions et marcher un peu compte davantage que le modèle acheté.
Bibliographie et sources
- Shrestha N., Kukkonen-Harjula K. T., Verbeek J. H. et coll. Workplace interventions for reducing sitting at work, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018;12:CD010912 : 34 études, 3 397 salariés ; 100 minutes assises de moins à court terme, 57 à moyen terme ; preuves de faible qualité ; effets peu clairs sur les symptômes musculo-squelettiques, pas d’effet sur la performance. DOI 10.1002/14651858.CD010912.pub5
- Edwardson C. L., Yates T., Biddle S. J. H. et coll. Effectiveness of the Stand More AT (SMArT) Work intervention: cluster randomised controlled trial, BMJ, 2018;363:k3870 : 146 salariés d’un hôpital anglais ; 51, 64 puis 83 minutes assises de moins à 3, 6 et 12 mois ; marche inchangée ; pas de différence sur les troubles musculo-squelettiques de l’année. DOI 10.1136/bmj.k3870
- Pereira M. A., Mullane S. L., Toledo M. J. L. et coll. Efficacy of the Stand and Move at Work multicomponent workplace intervention to reduce sedentary time and improve cardiometabolic risk: a group randomized clinical trial, International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2020;17(1):133 : 24 lieux de travail, 630 salariés ; 59 minutes assises de moins à 12 mois ; score cardio-métabolique inchangé dans l’ensemble ; sous-groupe exploratoire de 95 personnes. DOI 10.1186/s12966-020-01033-3
- Leonard K. S., Larouche M., Mitchell N. R. et coll. Maintenance effects of a multilevel workplace intervention to reduce sedentary time: twenty-four-month follow-up of the group randomized clinical trial Stand and Move at Work, International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2025;22(1):39 : 464 participants à 24 mois ; 37 minutes assises de moins par rapport au départ ; pas de changement cardio-métabolique significatif. DOI 10.1186/s12966-025-01731-w
- Ahmadi M. N., Coenen P., Straker L., Stamatakis E. Device-measured stationary behaviour and cardiovascular and orthostatic circulatory disease incidence, International Journal of Epidemiology, 2024;53(6):dyae136 : 83 013 adultes suivis 6,9 ans ; temps debout sans lien avec le risque cardiovasculaire ; au-delà de 2 heures par jour, risque de troubles circulatoires orthostatiques plus élevé de 11 % par demi-heure. DOI 10.1093/ije/dyae136
Liens vérifiés le 12 octobre 2026. Les cinq articles ont été lus dans leur texte intégral. Non lus, donc non cités dans le texte : Edwardson C. L. et coll., BMJ, 2022 (essai SMART Work and Life), dont le texte n’a pas pu être chargé ; Agarwal S. et coll., Ergonomics, 2018 (bas du dos), hors accès libre ; Saeidifard F. et coll., European Journal of Preventive Cardiology, 2018 (dépense d’énergie assis et debout), hors accès libre.
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