✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 15 min · 📅 Publié le 15 mars 2026
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 Musculation · Saison 4 — Article 2/10
Musculation & Sport · Ce que les pros font et que les amateurs ignorent
En France, plus de 10 millions de personnes courent régulièrement. La grande majorité ne fait que courir — et se blesse en moyenne une fois par an. Les blessures liées à la course à pied représentent la première cause de consultation en médecine du sport : syndrome de l’essuie-glace, périostite, tendinopathie d’Achille, syndrome fémoro-patellaire. Ce que ces coureurs ignorent presque tous : la musculation est l’intervention la mieux documentée pour prévenir ces blessures et améliorer leurs chronos simultanément. Les meilleurs marathoniens du monde le savent. Les coureurs du dimanche, non.
c’est l’amélioration de l’économie de course — la quantité d’oxygène consommée à une vitesse donnée — documentée chez des coureurs intégrant 2 séances de musculation lourde par semaine pendant 8 à 12 semaines, selon la revue systématique de Blagrove et al., Sports Medicine, 2018. Courir moins vite pour le même effort, ou plus vite pour le même effort : c’est le gain direct de la musculation sur la performance en endurance.
Partie 1 — L’économie de course : le paramètre que la musculation améliore que le cardio seul ne touche pas
La performance en course à pied dépend de trois facteurs physiologiques principaux : la VO2max (capacité maximale d’absorption d’oxygène), le seuil lactique (intensité à laquelle l’acide lactique s’accumule), et l’économie de course. Ce dernier paramètre — souvent négligé par les coureurs amateurs — est pourtant celui que la musculation influence le plus directement. L’économie de course mesure la dépense énergétique nécessaire pour maintenir une vitesse donnée : un coureur économique consomme moins d’oxygène qu’un coureur inefficace à la même allure. À VO2max égale, le coureur le plus économique gagne.
Les mécanismes biologiques par lesquels la musculation améliore l’économie de course sont aujourd’hui bien identifiés. Premièrement, le renforcement des tendons — en particulier le tendon d’Achille — améliore leur capacité à stocker et restituer l’énergie élastique à chaque foulée, réduisant le coût énergétique de la propulsion. Deuxièmement, le renforcement des muscles stabilisateurs du bassin et du tronc réduit les oscillations latérales inutiles qui gaspillent de l’énergie. Troisièmement, l’amélioration de la coordination neuromusculaire rend chaque foulée plus efficace. Ces trois effets sont indépendants de la VO2max — ce qui explique pourquoi des coureurs dont la capacité cardio-vasculaire est déjà maximisée peuvent encore progresser significativement grâce à la musculation.
Musculation lourde vs musculation légère pour les coureurs : ce que la science tranche
Une question revient systématiquement chez les coureurs qui envisagent d’intégrer la musculation : faut-il soulever lourd (70-85 % 1RM, 3-6 répétitions) ou faire du renforcement léger haute répétition ? La réponse de la recherche est claire et va à l’encontre des intuitions de beaucoup de coureurs.
La revue systématique de Blagrove et al. montre que la musculation lourde (charges élevées, faibles répétitions) produit des améliorations de l’économie de course supérieures à la musculation légère. L’explication est neurologique : les charges lourdes activent un plus grand nombre d’unités motrices et améliorent plus efficacement la coordination neuromusculaire des muscles propulseurs. Les programmes de musculation à hautes répétitions et charges légères produisent peu d’effet sur l’économie de course. Un coureur qui fait 3 séries de 20 squats légers n’obtient pas les mêmes bénéfices qu’un coureur qui fait 4 séries de 5 squats lourds.
Partie 2 — Les blessures du coureur : ce que la musculation prévient que les semelles et l’étirement ne font pas
Les blessures liées à la course à pied touchent entre 37 et 56 % des coureurs réguliers chaque année selon les études épidémiologiques — une prévalence qui n’a pas diminué malgré l’évolution des chaussures, des surfaces et des techniques d’entraînement. Cette résistance au progrès a une explication simple : la grande majorité des programmes de prévention se concentrent sur des facteurs secondaires (chaussures, semelles orthopédiques, étirements) en ignorant la cause principale de la plupart des blessures de course — l’insuffisance de force musculaire.
Le syndrome de l’essuie-glace (douleur au genou latéral), première cause de consultation chez les coureurs, est directement lié à une faiblesse des abducteurs de hanche et des fessiers moyens. Quand ces muscles sont insuffisants, le genou s’affaisse vers l’intérieur à chaque foulée, créant un frottement répété de la bandelette ilio-tibiale sur le condyle fémoral latéral. La tendinopathie d’Achille découle d’une insuffisance de force excentrique du mollet — le tendon absorbe des forces qu’un muscle insuffisamment préparé ne peut pas amortir. Le syndrome fémoro-patellaire résulte d’un déséquilibre quadriceps/fessiers qui modifie la trajectoire de la rotule. Dans tous ces cas, la solution n’est pas dans la boîte à chaussures — elle est dans la salle de musculation.
| Blessure fréquente | Cause musculaire | Exercice clé | Réduction risque |
|---|---|---|---|
| Syndrome essuie-glace | Faiblesse fessier moyen / abducteurs | Hip thrust, abduction hanche | −50 % |
| Tendinopathie d’Achille | Déficit force excentrique mollet | Heel drop excentrique | −60 % |
| Syndrome fémoro-patellaire | Déséquilibre quadriceps/fessiers | Squat bulgare, step-up | −45 % |
| Périostite tibiale | Faiblesse tibial antérieur / fléchisseurs | Flexion dorsale avec élastique | −40 % |
| Fasciite plantaire | Faiblesse intrinsèque du pied / mollet | Heel drop + exercices pied nu | −35 % |
Partie 3 — Performance en course : vitesse, chrono et puissance
Au-delà de la prévention, les effets de la musculation sur les performances chronométriques des coureurs sont documentés sur toutes les distances — du 5 km au marathon. Une méta-analyse de Berryman et al. (European Journal of Sport Science, 2018) portant sur 24 études conclut que l’entraînement concurrent (course + musculation) améliore les performances sur 3 km à 5 km de 2 à 4 %, et les performances de marathon de 1 à 3 % par rapport à l’entraînement en course seul. Sur un marathonien courant en 4 heures, une amélioration de 2 % représente 5 minutes gagnées sans ajouter un seul kilomètre de course supplémentaire.
Les mécanismes sont multiples. La musculation des membres inférieurs améliore la puissance de propulsion à chaque foulée — un muscle plus fort produit plus de force en moins de temps, ce qui se traduit par une foulée plus puissante et plus économique. Le renforcement du tronc réduit les pertes d’énergie par oscillations du bassin et du tronc. Le travail pliométrique (sauts, bonds) améliore la rigidité tendineuse et la restitution d’énergie élastique — un facteur clé de l’économie de course à allures rapides. Ces adaptations sont complémentaires et non substituables par le volume de course seul.
Programme musculation coureur : 2 séances/semaine, 45 minutes
Quand : le lendemain d’une sortie longue (récupération active) ou un jour de repos de la course. Ne jamais programmer une séance lourde la veille d’une sortie qualitative (fractionné, seuil).
Séance type (renforcement coureur) :
• Squat barre : 4 × 5 à 75-80 % 1RM — puissance propulsive, économie de course
• Soulevé de terre roumain : 3 × 6-8 — chaîne postérieure, ischio-jambiers, tendon d’Achille
• Hip thrust : 3 × 8-10 — fessier moyen et grand, stabilité bassin, prévention essuie-glace
• Heel drop excentrique sur marche : 3 × 12 par jambe — tendon d’Achille, mollet excentrique
• Squat bulgare : 3 × 8 par jambe — équilibre, quadriceps, stabilité genou
• Abduction hanche avec élastique : 3 × 15 — fessier moyen, prévention syndrome essuie-glace
• Gainage latéral dynamique : 3 × 10 par côté — stabilité tronc, réduction oscillations
Intensité : charges lourdes sur squat et soulevé de terre (70-80 % 1RM). Les exercices excentriques mollet se font au poids du corps avec tempo lent (3-4 sec en descente). Progression des charges toutes les 2-3 semaines.
Partie 4 — La peur du poids : le mythe qui coûte des chronos aux coureurs
L’objection la plus universelle des coureurs face à la musculation est la peur de prendre du poids — et donc de ralentir. Cette crainte est compréhensible dans une discipline où le ratio poids/puissance est déterminant, mais elle repose sur une incompréhension des effets réels de la musculation chez un coureur déjà entraîné. La prise de masse musculaire significative nécessite un surplus calorique substantiel et un volume de musculation élevé — deux conditions rarement réunies chez un coureur qui maintient son entraînement aérobie et ne cherche pas spécifiquement l’hypertrophie.
Les études sur l’entraînement concurrent (course + musculation) chez des coureurs entraînés montrent systématiquement que l’ajout de 2 séances de musculation par semaine ne provoque pas de prise de poids significative — et améliore la composition corporelle en réduisant la masse grasse tout en maintenant ou légèrement augmentant la masse musculaire fonctionnelle. Le résultat net est souvent une amélioration du ratio poids/puissance, l’inverse de ce que les coureurs craignent. Les coureurs kényans et éthiopiens — les meilleurs du monde sur longues distances — intègrent tous du travail de force spécifique dans leur préparation.
| Crainte du coureur | Ce que la science dit |
|---|---|
| “Je vais prendre du poids” | 2 séances/semaine sans surplus calorique = pas de prise de masse. Souvent amélioration du ratio poids/puissance. |
| “Je vais perdre mon endurance” | L’entraînement concurrent bien planifié maintient et améliore la VO2max et le seuil lactique. |
| “Mes jambes seront fatiguées pour courir” | La fatigue se gère par la planification : séance de force éloignée des sorties qualitatives. |
| “Je n’en ai pas besoin, je cours déjà beaucoup” | Le volume de course ne développe pas suffisamment la force excentrique — d’où 37-56 % de blessures annuelles. |
Partie 5 — Intégrer la musculation dans un plan d’entraînement running : la méthode pratique
La principale difficulté de l’entraînement concurrent pour un coureur n’est pas physiologique — c’est organisationnelle. Un coureur qui s’entraîne 4 à 5 fois par semaine doit trouver comment intégrer deux séances de musculation sans créer de fatigue cumulative qui dégraderait ses séances qualitatives de course. La solution passe par une planification rigoureuse basée sur un principe simple : les séances de musculation lourde doivent être séparées des séances de course à haute intensité par au minimum 24 à 48 heures.
La structure hebdomadaire optimale pour un coureur s’entraînant 4 fois par semaine intègre la musculation le lendemain des sorties longues ou des jours de récupération active — jamais la veille d’un fractionné ou d’une sortie au seuil. En début de saison ou en phase de construction, deux séances de musculation de 45 minutes suffisent. En période de compétition, une seule séance d’entretien de 30 à 35 minutes permet de conserver les adaptations musculaires acquises sans empiéter sur la récupération nécessaire aux performances.
Exemple de semaine type : coureur 4 séances/semaine + 2 musculation
Lundi : Repos ou récupération active (marche, mobilité)
Mardi : Course — fractionné ou seuil (séance qualitative)
Mercredi : 💪 Musculation — séance principale (squat lourd, soulevé de terre, hip thrust)
Jeudi : Course — sortie endurance fondamentale
Vendredi : 💪 Musculation — séance secondaire (heel drop, abduction, gainage, pliométrie légère)
Samedi : Course — sortie longue (endurance aérobie)
Dimanche : Repos complet
Partie 6 — Calibrer ses charges : pourquoi le 1RM est votre repère
Le message central de la recherche est sans ambiguïté : c’est la musculation lourde qui améliore le plus l’économie de course. Mais « lourd » est une notion relative — ce qui est lourd pour un coureur ne l’est pas pour un autre. Pour s’entraîner aux bonnes intensités, le repère universel est le 1RM (la charge maximale qu’on peut soulever une seule fois sur un exercice donné). Travailler à 75-85 % de son 1RM sur le squat, c’est précisément la zone qui produit les adaptations neuromusculaires recherchées, sans viser l’hypertrophie que craignent les coureurs.
Le calculateur ci-dessous estime votre 1RM à partir d’une charge que vous maîtrisez et du nombre de répétitions réalisées — inutile donc de tenter un vrai maximal, souvent risqué et peu pertinent pour un coureur. Une fois votre 1RM estimé, vous en déduisez vos charges de travail : par exemple, des séries de 5 répétitions au squat se situent autour de 80-85 % de ce 1RM. C’est l’outil qui transforme le principe « soulevez lourd » en charges concrètes et progressives.
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Au fil des semaines, retester son 1RM (ou simplement constater qu’une même charge devient plus facile) est aussi un excellent indicateur de progression. Pour un coureur, voir son 1RM au squat augmenter pendant que ses chronos s’améliorent est la preuve concrète que le travail en salle se transfère sur la route. La force n’est pas une fin en soi : c’est un moyen au service de la foulée.
Partie 7 — La nutrition du coureur : assez de carburant pour progresser
La course à pied est une discipline énergivore, et l’erreur la plus répandue chez le coureur amateur n’est pas l’excès mais le sous-apport. Courir plusieurs fois par semaine en ajoutant deux séances de musculation augmente nettement les besoins énergétiques. Un apport en glucides suffisant est indispensable pour soutenir les sorties longues et les séances de qualité : ce sont les glucides qui remplissent les réserves de glycogène, le carburant prioritaire de l’effort prolongé. Manger assez n’est pas un frein à la performance — c’en est la condition.
Pour soutenir les adaptations musculaires recherchées et la récupération, l’apport en protéines est tout aussi important. Un repère reconnu par la recherche se situe autour de 1,6 à 2,2 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour pour les sportifs qui s’entraînent en résistance (Morton et al., 2018), réparti sur la journée. Ces protéines réparent les microlésions de la course et soutiennent le renforcement musculaire, sans entraîner la prise de masse que craignent les coureurs tant que l’apport énergétique reste cohérent avec la dépense.
Un dernier point mérite vigilance : disposer d’une énergie suffisante au quotidien est essentiel à la santé du coureur, notamment osseuse et hormonale. Chercher à courir « le plus léger possible » au prix d’un sous-apport chronique est contre-productif et risqué pour la santé. La bonne approche consiste à fournir au corps de quoi soutenir l’entraînement et la récupération. Pour un accompagnement individualisé, un diététicien du sport reste le meilleur interlocuteur.
Partie 8 — Gérer la fatigue : la clé de l’entraînement concurrent
Le principal risque de l’entraînement concurrent (course + musculation) n’est pas l’inefficacité mais le surmenage. Empiler séances de course et séances de force sans gestion de la charge mène à la fatigue chronique plutôt qu’à la progression. Le principe directeur reste le même que pour tous les sports : les adaptations se construisent pendant le repos. Espacer les séances lourdes de musculation et les séances qualitatives de course d’au moins 24 à 48 heures — comme détaillé dans la semaine type plus haut — est la règle d’or qui permet de bénéficier des deux sans les opposer.
Le sommeil est le pilier de cette récupération. C’est pendant le sommeil profond que se reconstruit le muscle, que se consolide la coordination neuromusculaire et que se restaurent les réserves d’énergie. Un coureur qui dort mal verra à la fois ses performances plafonner et son risque de blessure augmenter, quelle que soit la qualité de son plan d’entraînement. Sept à neuf heures de sommeil régulier valent autant qu’une séance bien menée.
Savoir alléger est enfin une compétence à part entière. À l’approche d’une compétition, réduire le volume de musculation à une simple séance d’entretien permet d’arriver frais le jour J tout en conservant les acquis. À l’inverse, les périodes sans objectif compétitif sont idéales pour augmenter la charge de force et construire le capital qui protégera et propulsera la saison suivante. Cette ondulation intelligente de la charge est exactement ce que font les coureurs d’élite et leurs entraîneurs.
Partie 9 — Au-delà du chrono : plaisir, confiance et longévité
Les bénéfices de la musculation pour le coureur dépassent la performance et la prévention. Se sentir physiquement solide change le rapport à l’effort : on aborde les sorties longues et les dénivelés avec plus de confiance, on craint moins la blessure, on prend davantage de plaisir à courir. Un coureur qui ne redoute plus son genou ou son tendon d’Achille court plus librement et plus régulièrement — et c’est la régularité, sur le long terme, qui fait les progrès.
La pratique régulière de la musculation a par ailleurs un effet positif reconnu sur le bien-être mental, avec une réduction documentée des symptômes d’anxiété (Gordon et al., 2017). Pour beaucoup de coureurs, la course est déjà un exutoire et un espace de bien-être ; y ajouter le renforcement musculaire complète ce bénéfice et nourrit la motivation sur la durée. Le corps et l’esprit progressent ensemble.
Cette longévité est sans doute le bénéfice le plus précieux. La course à pied peut se pratiquer toute la vie, à condition de préserver son capital articulaire et tendineux. Trop de coureurs voient leur pratique interrompue par des blessures à répétition qu’un renforcement adapté aurait largement réduites. Faire de la musculation, c’est s’offrir des années de course supplémentaires — et continuer à courir longtemps est, pour la plupart des passionnés, la plus belle des performances.
Partie 10 — Synthèse : la salle au service de la foulée
La conclusion de cette enquête est claire : pour le coureur, la musculation n’est pas une distraction qui détourne du kilométrage, mais un levier qui améliore simultanément la performance et la résistance aux blessures. L’économie de course progresse, les chronos s’améliorent sur toutes les distances, et les blessures les plus fréquentes — syndrome de l’essuie-glace, tendinopathie d’Achille, syndrome fémoro-patellaire — reculent massivement. Aucun changement de chaussures ne procure ces bénéfices combinés.
La mise en œuvre tient en quelques principes : deux séances de quarante-cinq minutes par semaine, centrées sur des exercices lourds et fonctionnels (squat, soulevé de terre roumain, hip thrust, heel drop excentrique, travail de hanche et de gainage), programmées loin des séances qualitatives de course, et soutenues par une alimentation et un sommeil suffisants. La musculation lourde, et non le renforcement léger, est la clé des gains d’économie de course.
Le vieux préjugé selon lequel la musculation alourdirait et ralentirait le coureur est définitivement démenti par les données. Bien conçue, elle améliore le ratio poids/puissance, fluidifie la foulée et prolonge la carrière. La salle n’est pas l’ennemie de la route — elle en est l’alliée la plus efficace. C’est précisément ce travail que les coachs MAGICFIT aident les coureurs à intégrer dans leur préparation.
Partie 11 — Par où commencer quand on n’est que coureur
Pour un coureur qui n’a jamais mis les pieds dans une salle, l’enjeu n’est pas de soulever lourd immédiatement, mais d’apprendre d’abord à exécuter proprement les mouvements de base. Le squat, le soulevé de terre roumain et le hip thrust demandent une technique correcte avant toute charge significative : c’est la condition pour s’entraîner lourd plus tard sans se blesser. Les premières semaines se font à charges légères ou modérées, le temps de maîtriser les schémas moteurs et d’habituer les tissus à un type d’effort nouveau.
Concrètement, un débutant peut commencer par une seule séance hebdomadaire bien exécutée, puis passer à deux une fois la technique installée et les premières courbatures passées. Les exercices excentriques de mollet (heel drop), en particulier, provoquent des courbatures marquées au début : il faut les introduire progressivement. La règle d’or reste la patience — la force se construit sur des mois, et c’est précisément cette progressivité qui la rend durable et protectrice.
C’est aussi le moment où un encadrement fait toute la différence. Un coach corrige la technique du squat et du soulevé de terre — les mouvements où une exécution approximative coûte cher —, dose la progression des charges et adapte le programme au volume de course et aux antécédents de blessure du coureur. Quelques séances accompagnées au départ posent des bases solides. L’essentiel reste de commencer : même modeste, un renforcement régulier vaut infiniment mieux que l’absence totale de travail de force qui caractérise encore la grande majorité des coureurs amateurs.
📚 Sources et références
Blagrove RC et al. : Effects of strength training on the physiological determinants of middle and long-distance running performance — Sports Medicine, 2018.
Berryman N et al. : Strength training for middle- and long-distance performance — European Journal of Sport Science, 2018.
Alfredson H et al. : Heavy-load eccentric calf muscle training for the treatment of chronic Achilles tendinosis — Am J Sports Med, 1998 (PMID 9617396).
Ferber R et al. : Strengthening of the hip and core versus knee muscles for the treatment of patellofemoral pain — Journal of Athletic Training, 2015 (PMID 25365133).
Yamamoto LM et al. : The effects of resistance training on endurance distance running performance among highly trained runners — JSCR, 2008 (PMID 18978605).
Morton RW et al. : A systematic review of protein supplementation and resistance training — Br J Sports Med, 2018 (PMID 28698222).
Gordon BR et al. : Association of efficacy of resistance exercise training with anxiety — Sports Medicine, 2017 (PMID 28819746).
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Article MAGICFIT Investigation — Cluster 1 Musculation · Saison 4, Article 2/10 — 2026.
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 · Saison 4 — 10 articles
Musculation & Sport · Ce que les pros font et que les amateurs ignorent
FAQ — Musculation et running
Oui — de façon documentée et mesurable. La revue systématique de Blagrove et al. (Sports Medicine, 2018) confirme une amélioration de l’économie de course de 2 à 8 % chez des coureurs intégrant 2 séances de musculation lourde par semaine pendant 8 à 12 semaines. Sur un semi-marathon couru en 2 heures, une amélioration de 3 % représente 3 à 4 minutes gagnées sans ajouter un seul kilomètre de course. Ces gains s’expliquent par l’amélioration de la rigidité tendineuse, de la coordination neuromusculaire et de la stabilité du bassin — des facteurs que le volume de course seul ne développe pas suffisamment.
Les exercices prioritaires pour un coureur ciblent les groupes musculaires les plus sollicités et les plus à risque. Le squat barre lourd (4 × 5 reps à 75-80 % 1RM) améliore la puissance propulsive et l’économie de course. Le heel drop excentrique sur marche est l’exercice n°1 pour prévenir la tendinopathie d’Achille. Le hip thrust renforce les fessiers et prévient le syndrome de l’essuie-glace. Le squat bulgare développe l’équilibre et la stabilité du genou. L’abduction de hanche avec élastique renforce le fessier moyen. Le gainage latéral dynamique réduit les oscillations du tronc.
Non — à condition de ne pas créer un surplus calorique et de ne pas viser spécifiquement l’hypertrophie. Les études sur l’entraînement concurrent chez des coureurs entraînés montrent que 2 séances de musculation par semaine ne provoquent pas de prise de poids significative et améliorent souvent la composition corporelle en réduisant la masse grasse. Le résultat net est fréquemment une amélioration du ratio poids/puissance — l’inverse de ce que les coureurs craignent. Les coureurs kényans et éthiopiens, les meilleurs du monde sur longues distances, intègrent tous du travail de force spécifique.
Deux séances de 40 à 45 minutes par semaine représentent la dose optimale pour obtenir des bénéfices sur l’économie de course et la prévention des blessures, sans empiéter sur la récupération nécessaire à l’entraînement de course. Ces séances doivent être planifiées le lendemain des sorties longues ou les jours de récupération, et jamais la veille d’un fractionné ou d’une sortie au seuil. En période de compétition, une seule séance d’entretien de 30 minutes suffit à conserver les adaptations acquises.
Oui — c’est l’un des résultats les plus contre-intuitifs de la recherche sur l’entraînement des coureurs. La musculation lourde (70-85 % du 1RM, 3-6 répétitions) produit des améliorations de l’économie de course significativement supérieures à la musculation légère haute répétition. Les charges lourdes activent davantage d’unités motrices et améliorent plus efficacement la coordination neuromusculaire des muscles propulseurs. Un coureur qui fait 3 séries de 5 squats lourds obtient de meilleurs résultats sur ses chronos qu’un coureur qui fait 3 séries de 20 squats légers.
Non — programmer une séance de musculation lourde le même jour qu’un fractionné ou une course est contre-productif. La fatigue neuromusculaire induite par la musculation dégrade les performances lors de l’effort de course suivant, et vice-versa. La règle de base est de séparer les séances de musculation intense et les séances de course qualitative d’au minimum 24 à 48 heures. Le jour d’une course, seule une activation légère (10 minutes de mobilité et d’exercices d’activation musculaire) est appropriée.