✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 15 min · 📅 Publié le 15 mars 2026
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 Musculation · Saison 4 — Article 3/10
Musculation & Sport · Ce que les pros font et que les amateurs ignorent
Rafael Nadal consacre jusqu’à 20 % de son temps d’entraînement à la musculation. Novak Djokovic a révolutionné sa carrière à 24 ans en restructurant complètement sa préparation physique autour du renforcement musculaire et de la mobilité. Andy Murray a prolongé sa carrière de cinq ans grâce à un programme de force ciblé après sa chirurgie de hanche. En France, 1,1 million de licenciés jouent au tennis — et la grande majorité ne fait aucun renforcement musculaire spécifique. Résultat : épicondylite, déchirure des ischio-jambiers, blessures d’épaule et genoux fragiles dominent les vestiaires des clubs amateurs. Ce n’est pas une fatalité.
c’est l’amélioration de la vitesse de service obtenue chez des joueurs intégrant un renforcement musculaire de la chaîne cinétique (membres inférieurs, tronc, épaule) sur 8 à 12 semaines (Roetert & Ellenbecker, Complete Conditioning for Tennis). La puissance de frappe, la vitesse de déplacement et la résistance aux blessures sont toutes directement liées à la force musculaire. Le tennis est un sport de puissance autant que de technique.
Partie 1 — La révolution de la préparation physique dans le tennis professionnel
Le tennis professionnel des années 1980-1990 était dominé par des joueurs aux physiques très variés — de l’ectomorphe Edberg au corpulent Courier — et la préparation physique restait secondaire par rapport au travail technique et tactique. La révolution a commencé avec la génération Hewitt-Ferrero au début des années 2000, et s’est achevée avec l’avènement de Djokovic, Nadal et Murray — trois joueurs qui ont fait de la préparation physique, et de la musculation en particulier, une composante centrale de leur domination.
Aujourd’hui, dans le circuit ATP et WTA, un joueur professionnel consacre en moyenne 8 à 12 heures par semaine à la préparation physique hors court — dont 3 à 4 heures de musculation spécifique. Ces séances ne ressemblent pas à un entraînement de powerlifter : elles sont conçues autour des exigences biomécaniques précises du tennis. Stabilité rotatoire du tronc pour la transmission de puissance dans les frappes. Force explosive des membres inférieurs pour les déplacements et les changements de direction. Renforcement de la coiffe des rotateurs pour protéger l’épaule des milliers de frappes. Conditionnement excentrique des ischio-jambiers pour les arrêts brusques sur toutes surfaces.
Le cas Djokovic : comment la musculation a tout changé
En 2010, Novak Djokovic était un joueur de très haut niveau mais régulièrement freiné par des blessures et des abandons en cours de match liés à des crampes et à une résistance physique insuffisante. Sa transformation entre 2010 et 2011 — saison où il remporta 10 titres dont 3 Grand Chelem avec un bilan de 70-6 — est devenue un cas d’étude dans la préparation physique tennistique.
Cette transformation reposait sur trois piliers : une restructuration alimentaire radicale, un travail approfondi de mobilité et de gainage, et l’intégration d’une musculation fonctionnelle ciblée sur la chaîne cinétique du tennis. Le gainage rotatoire, le renforcement des stabilisateurs de hanche et le travail de puissance des membres inférieurs ont transformé Djokovic d’un joueur athlétique en une machine tennistique quasi indestructible. Le résultat ? 24 titres du Grand Chelem et le record absolu de semaines en tête du classement ATP.
Partie 2 — Les blessures du tennisman amateur : épicondylite, épaule, genou
Le tennis est un sport à asymétrie biomécanique extrême — le bras dominant effectue des milliers de frappes par an avec des forces de rotation et de traction considérables, le bas du corps encaisse des milliers d’arrêts brusques et de changements de direction sur des surfaces qui varient de la terre battue au dur. Cette combinaison crée un profil de blessures spécifique que la musculation peut directement prévenir.
L’épicondylite latérale — le “tennis elbow” — est la blessure la plus iconique du tennis, touchant 50 % des joueurs au cours de leur vie. Elle découle d’une surcharge des extenseurs du poignet et de l’avant-bras liée à une technique de frappe déficiente, mais aussi et surtout d’un déséquilibre musculaire entre les muscles du bras dominant et non-dominant et entre les fléchisseurs et extenseurs du poignet. Le renforcement excentrique des extenseurs du poignet est l’intervention thérapeutique et préventive la mieux documentée. Les blessures d’épaule — tendinopathies de la coiffe des rotateurs, conflit sous-acromial — représentent la deuxième catégorie, directement liées à une faiblesse des muscles stabilisateurs de l’épaule (infra-épineux, sus-épineux, sous-scapulaire) incapables de stabiliser l’articulation gléno-humérale sous les forces de service.
| Blessure fréquente | Cause musculaire | Exercice préventif clé | Réduction risque |
|---|---|---|---|
| Épicondylite latérale | Déséquilibre fléchisseurs/extenseurs poignet | Extension poignet excentrique | −55 % |
| Tendinopathie coiffe rotateurs | Faiblesse stabilisateurs épaule | Rotation externe épaule élastique | −48 % |
| Déchirure ischio-jambiers | Déficit force excentrique | Nordic hamstring curl | −50 % |
| Entorse cheville | Faiblesse stabilisateurs péroniers | Proprioception + éversion cheville | −38 % |
| Douleur lombaire | Faiblesse tronc / asymétrie rotatoire | Gainage rotatoire, pallof press | −42 % |
Partie 3 — Performance tennistique et musculation : puissance, vitesse, endurance
Le tennis est fondamentalement un sport de puissance intermittente : des efforts explosifs très courts (0,5 à 3 secondes par point) répétés des centaines de fois sur des matchs pouvant durer 3 à 5 heures. Cette structure impose au corps des exigences très spécifiques que la musculation peut directement optimiser. La puissance de frappe — directement corrélée à la vitesse de la balle et à la pression exercée sur l’adversaire — dépend de la force de la chaîne cinétique complète : des membres inférieurs (transfert du poids), du tronc (rotation et transmission), de l’épaule (accélération du bras) et du poignet (finition de la frappe).
Des études sur des joueurs de niveau intermédiaire à avancé montrent des améliorations de la vitesse de service de 5 à 12 % après 8 à 12 semaines de renforcement musculaire ciblé sur la chaîne cinétique. La vitesse de déplacement sur les premiers mètres — déterminante pour atteindre les balles difficiles — s’améliore de 3 à 6 % avec un renforcement des membres inférieurs axé sur la puissance explosive. L’endurance de match — la capacité à maintenir la qualité des frappes et des déplacements en fin de troisième set — bénéficie du renforcement musculaire qui retarde l’apparition de la fatigue neuromusculaire sur des efforts répétés.
Programme musculation tennis amateur : 2 séances/semaine, 50 minutes
Priorités spécifiques au tennis : chaîne cinétique complète (jambes → tronc → épaule), équilibre musculaire bras dominant/non-dominant, stabilisateurs de l’épaule, renforcement excentrique des ischio-jambiers. Séance type :
• Squat barre ou goblet squat : 4 × 6-8 à 70-75 % 1RM — puissance propulsive membres inférieurs
• Fentes latérales avec haltères : 3 × 10 par jambe — déplacements latéraux, adducteurs
• Rotation externe épaule avec élastique (bras le long du corps) : 3 × 15 — coiffe des rotateurs, stabilité gléno-humérale
• Face pull avec élastique : 3 × 15 — deltoïde postérieur, rétracteurs scapulaires
• Pallof press (gainage anti-rotation avec élastique) : 3 × 10 par côté — résistance rotatoire du tronc
• Nordic hamstring curl : 3 × 6-8 — ischio-jambiers excentriques, prévention déchirure
• Extension poignet excentrique avec haltère léger : 3 × 15 — extenseurs, prévention épicondylite
• Proprioception cheville sur plan instable : 2 × 30 sec par pied — prévention entorse
Note importante : travailler les deux bras sur tous les exercices de membres supérieurs pour corriger l’asymétrie musculaire droite/gauche caractéristique des tennismen.
Partie 4 — L’asymétrie musculaire du tennisman : le problème que personne ne résout
Le tennis crée une asymétrie musculaire structurelle unique parmi les sports : des années de frappes répétées avec le même bras développent excessivement les muscles du côté dominant tout en négligeant le côté non-dominant, créant des déséquilibres de force, de masse osseuse et de mobilité qui augmentent le risque de blessures rachidiennes, d’épaule et de hanche. Des études radiologiques sur des joueurs professionnels ayant commencé le tennis avant la puberté montrent des asymétries osseuses mesurables entre le bras dominant et le bras non-dominant — une adaptation du squelette lui-même aux charges répétées unilatérales.
Ces asymétries ne sont pas anodines. Un tronc déséquilibré — plus fort en rotation vers un côté qu’en rotation inverse — transfère des forces asymétriques sur le rachis lombaire, expliquant en partie la fréquence élevée des douleurs lombaires chez les joueurs de tennis. Une épaule dominante avec une coiffe des rotateurs surchargée et un infra-épineux fatigu crée les conditions des tendinopathies chroniques. La musculation bilatérale — travailler les deux côtés de façon équilibrée — est la seule intervention qui peut corriger ces déséquilibres structurels. C’est précisément pour cette raison que les programmes de préparation physique professionnels incluent systématiquement du travail unilatéral et du renforcement du côté non-dominant.
Corriger l’asymétrie : exercices spécifiques côté non-dominant
Pour un joueur droitier, les exercices suivants ciblent spécifiquement le rééquilibrage musculaire :
• Rotation externe épaule gauche avec élastique : 2 séries supplémentaires côté non-dominant
• Développé haltère unilatéral gauche : pour corriger le déséquilibre pectoral et deltoïde
• Rotation thoracique gauche sur rouleau : mobilité rachidienne dans les deux directions
• Gainage rotatoire anti-rotation : pallof press des deux côtés avec charge égale
• Bras non-dominant en forehand et backhand shadow avec élastique léger : proprioception et activation
Ce travail de rééquilibrage prend 10 à 15 minutes ajoutées à chaque séance de musculation. Il constitue une assurance-blessure à long terme — le type d’investissement que les joueurs professionnels font systématiquement et que les amateurs ignorent presque universellement.
Partie 5 — Intégrer la musculation dans la pratique tennistique amateur
L’organisation pratique de la musculation pour un tennisman amateur doit tenir compte du calendrier tennistique, de la fatigue spécifique du tennis — qui sollicite intensément l’épaule, le coude et le bas du dos — et de la nécessité d’arriver frais sur le court. La règle de base est identique à celle des autres sports : pas de séance de musculation lourde dans les 24 à 36 heures précédant un match ou une session technique intense. Le lendemain d’un match ou d’un entraînement intensif est en revanche un moment approprié pour une séance de renforcement, quand la fatigue aiguë est résorbée mais que la récupération complète n’est pas encore nécessaire.
En termes de priorités annuelles, la pré-saison (septembre-octobre pour les joueurs en salle, ou janvier-février pour les joueurs en extérieur) est le moment idéal pour augmenter le volume et l’intensité de la musculation. C’est pendant ces périodes sans compétition que se construisent les adaptations musculaires qui protégeront toute la saison. Pendant la saison, deux séances de 40 à 50 minutes par semaine d’entretien suffisent. La priorité reste au travail de prévention : coiffe des rotateurs, extenseurs du poignet, ischio-jambiers — les zones les plus exposées chez le tennisman.
Périodisation musculation sur une saison tennistique
Pré-saison (8 semaines) : 3 séances/semaine · Focus construction de force · Volume élevé sur squat, hip thrust, travail épaule complet · Objectif : capital musculaire protecteur pour toute la saison Début de saison compétitive : 2 séances/semaine · Maintien de la force · Priorité prévention (coiffe, extenseurs poignet, Nordic curl) · Séances de 45 min
Période de tournois chargée : 1 séance/semaine · Entretien minimal · 30 min · Rotation externe épaule, Nordic curl, gainage · Jamais la veille d’un match
Après blessure : protocole de rééducation progressive avec le kinésithérapeute · Retour à la musculation préventive avant retour sur le court · Règle absolue : ne jamais reprendre le tennis sans avoir d’abord renforcé la zone lésée
Partie 6 — Mesurer sa puissance : la clé du service et des appuis
Au tennis, la vitesse de service et l’explosivité des premiers appuis dépendent d’une même qualité physique : la puissance, c’est-à-dire la capacité à produire de la force rapidement. C’est elle qui transforme la force développée en salle en vitesse de balle et en accélération sur le court. La mesurer permet de suivre objectivement les progrès du travail de renforcement et de pliométrie. Le test le plus simple reste le saut vertical : la hauteur de détente, combinée au poids de corps, donne une bonne estimation de la puissance des membres inférieurs — un indicateur qui corrèle avec la qualité des appuis et la propulsion de la chaîne cinétique.
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Pour développer cette puissance, le travail combine la force (squat, fentes à charges modérées à élevées) et la vitesse d’exécution (sauts, bonds, gestes explosifs). C’est cette combinaison — force lourde puis travail explosif — qui transforme un muscle fort en muscle rapide, directement utile au service et aux déplacements. La puissance ne remplace jamais la technique, mais elle en démultiplie l’efficacité.
Partie 7 — La nutrition du joueur de tennis : tenir la distance
Le tennis impose une exigence énergétique particulière : des matchs qui peuvent durer de une à plusieurs heures, faits d’efforts explosifs répétés entrecoupés de récupérations courtes. Cette structure puise fortement dans les réserves de glycogène et expose à la déshydratation, surtout par forte chaleur. Un apport en glucides suffisant avant et pendant l’effort est donc déterminant pour maintenir la qualité des frappes et la lucidité tactique en fin de match — c’est souvent dans le troisième set que se joue la différence, et c’est là que la nutrition compte le plus.
Pour soutenir le développement musculaire et la récupération des nombreuses sollicitations (épaule, coude, jambes), l’apport en protéines est tout aussi important. Un repère reconnu par la recherche se situe autour de 1,6 à 2,2 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour pour les sportifs qui s’entraînent en résistance (Morton et al., 2018), réparti sur la journée. L’hydratation, enfin, mérite une attention particulière au tennis : la perte hydrique et en électrolytes lors d’un match disputé peut être considérable, et une déshydratation même modérée dégrade la performance et favorise les crampes. Ces repères restent généraux ; pour un plan individualisé, un diététicien du sport reste le meilleur interlocuteur.
Partie 8 — Récupération : protéger l’épaule et le coude dans la durée
Le tennisman cumule des sollicitations très répétitives sur les mêmes structures — épaule, coude, poignet du bras dominant — qui réclament une gestion attentive de la charge. Le principe est le même que dans les autres sports : les adaptations se construisent pendant le repos, et programmer les séances de musculation loin des matchs et des entraînements intensifs sur le court évite d’accumuler une fatigue qui exposerait justement ces zones fragiles. Une séance de renforcement lourde la veille d’un match disputé est à proscrire.
Le sommeil est le socle de cette récupération : c’est pendant le sommeil profond que se réparent les tissus sollicités et que se restaure le système nerveux. Pour des structures aussi exposées que la coiffe des rotateurs ou les tendons du coude, un sommeil insuffisant prolonge l’inflammation et retarde l’adaptation. Sept à neuf heures régulières sont un véritable outil de prévention.
Enfin, la gestion du volume global de frappes compte autant que la musculation elle-même. Beaucoup de blessures du tennisman amateur viennent d’une augmentation trop brutale du temps de jeu — un tournoi soudain, une reprise intensive après une pause. La règle est de faire progresser graduellement la charge de jeu, et de renforcer en amont les zones exposées plutôt que d’attendre la douleur. La musculation préventive et la progressivité du volume de jeu sont les deux faces d’une même prudence.
Partie 9 — Au-delà de la performance : confiance, longévité et plaisir
Les bénéfices de la musculation pour le joueur de tennis dépassent la seule performance. Un corps plus solide aborde les matchs avec plus de confiance, encaisse mieux les longues batailles et craint moins la blessure — autant de facteurs qui libèrent le jeu et permettent de se concentrer sur la tactique plutôt que sur ses appréhensions physiques. Un joueur qui ne redoute plus son coude ou son épaule joue plus librement, et souvent mieux.
La pratique régulière de la musculation a par ailleurs un effet positif reconnu sur le bien-être mental, avec une réduction documentée des symptômes d’anxiété (Gordon et al., 2017). Le tennis étant un sport très mental, où la gestion de la pression et des émotions fait souvent la différence, cette dimension n’est pas anodine : se sentir physiquement préparé renforce la solidité psychologique sur le court.
Cette longévité est peut-être le bénéfice le plus précieux. Le tennis est un sport que l’on peut pratiquer toute la vie, à condition de préserver son capital articulaire et musculaire. Trop de joueurs amateurs voient leur pratique entravée, voire stoppée, par une épicondylite chronique ou une épaule douloureuse qu’un renforcement préventif aurait largement évitées. Faire de la musculation, c’est s’offrir des années de tennis supplémentaires — l’exemple d’Andy Murray, revenu au plus haut niveau après une chirurgie de hanche grâce à un travail de force méthodique, en est l’illustration la plus parlante.
Partie 10 — Synthèse : la salle au service du court
La conclusion de cette enquête rejoint celle des plus grands champions : la musculation n’est pas une option pour le joueur de tennis sérieux, mais un pilier de la performance et de la longévité. Nadal, Djokovic et Murray ne sont pas devenus dominants malgré la musculation, mais en partie grâce à elle. Pour le joueur amateur, les bénéfices sont tout aussi concrets : un service plus puissant, des appuis plus vifs, une endurance de match accrue, et surtout une protection efficace contre les blessures qui gâchent le plaisir de jouer.
La mise en œuvre tient en quelques principes : deux séances de quarante-cinq à cinquante minutes par semaine, centrées sur la chaîne cinétique (jambes, tronc, épaule), le renforcement préventif de la coiffe des rotateurs et des extenseurs du poignet, le travail excentrique des ischio-jambiers, et la correction de l’asymétrie droite/gauche propre au tennis. Le tout programmé loin des matchs et soutenu par une nutrition, une hydratation et un sommeil adaptés.
Le vieux préjugé selon lequel la musculation nuirait au toucher de balle ou à la finesse du jeu est définitivement démenti. Bien conçue, elle ne rigidifie pas le joueur : elle le rend plus puissant, plus mobile et plus durable. La salle n’est pas l’opposé du court — elle en est la fondation. C’est précisément ce travail que les coachs MAGICFIT aident les joueurs à intégrer dans leur préparation.
Partie 11 — Par où commencer quand on découvre la salle
Pour un joueur de tennis qui n’a jamais fait de musculation, l’erreur classique serait de copier un programme de bodybuilding sans rapport avec les besoins du tennis. La priorité n’est pas de soulever lourd, mais d’installer d’abord les fondamentaux protecteurs : le renforcement de la coiffe des rotateurs à l’élastique, l’extension excentrique du poignet, le gainage et un travail de jambes maîtrisé. Ces exercices, peu spectaculaires, sont précisément ceux qui préviennent les blessures les plus fréquentes du tennisman.
Concrètement, un débutant peut commencer par une seule séance hebdomadaire bien exécutée, à charges légères, le temps de maîtriser les mouvements et de laisser passer les courbatures initiales, avant de passer à deux séances. Le travail de la coiffe des rotateurs, en particulier, se fait toujours à charge légère et en contrôle : il s’agit d’endurance et de stabilité, jamais de force maximale. La régularité prime sur l’intensité.
C’est aussi le moment où un accompagnement fait la différence. Un coach corrige les défauts techniques, équilibre le travail entre côté dominant et non-dominant, et adapte les exercices au profil et à l’historique de blessures du joueur. Quelques séances encadrées au départ posent des bases qui serviront toute la vie de joueur. L’essentiel reste de commencer : un renforcement préventif même modeste vaut infiniment mieux que l’absence totale de préparation physique qui caractérise encore la grande majorité des tennismen amateurs.
📚 Sources et références
Roetert EP, Ellenbecker TS : Complete Conditioning for Tennis — Human Kinetics, 2007. Données sur amélioration vitesse de service.
Abrams GD et al. : Epidemiology of musculoskeletal injury in the tennis player — British Journal of Sports Medicine, 2012.
Coombes BK et al. : Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy — The Lancet, 2010 (PMID 20970844).
Riewald S, Kovacs M : Science of Tennis — ITF Coaching & Sport Science Review, 2013.
Elliott B : Biomechanics and tennis — British Journal of Sports Medicine, 2006.
Tyler TF et al. : Addition of isolated wrist extensor eccentric exercise to standard treatment for chronic lateral epicondylosis — Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 2010.
Morton RW et al. : A systematic review of protein supplementation and resistance training — Br J Sports Med, 2018 (PMID 28698222).
Gordon BR et al. : Association of efficacy of resistance exercise training with anxiety — Sports Medicine, 2017 (PMID 28819746).
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Article MAGICFIT Investigation — Cluster 1 Musculation · Saison 4, Article 3/10 — 2026.
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 · Saison 4 — 10 articles
Musculation & Sport · Ce que les pros font et que les amateurs ignorent
FAQ — Musculation et tennis
Oui — sur plusieurs dimensions mesurables. La vitesse de service s’améliore de 5 à 12 % après un programme de renforcement de la chaîne cinétique. La vitesse de déplacement sur les premiers mètres progresse de 3 à 6 % avec un renforcement des membres inférieurs axé sur la puissance explosive. L’endurance de match bénéficie du renforcement musculaire qui retarde l’apparition de la fatigue neuromusculaire sur les efforts répétés. Nadal, Djokovic et Murray ont tous restructuré leur préparation autour de la musculation fonctionnelle — avec les résultats que l’histoire du tennis a enregistrés.
L’épicondylite latérale — le tennis elbow — est largement prévenable par le renforcement excentrique des extenseurs du poignet. Le protocole Tyler et al. consiste à réaliser 3 séries de 15 répétitions d’extension du poignet avec un haltère léger (1 à 2 kg) en phase excentrique lente (3 secondes en descente), avec la paume vers le bas. Ce protocole produit des taux de guérison de 81 % sur les épicondylites chroniques en 8 semaines selon les études. En prévention, 2 séries hebdomadaires suffisent. L’équilibre musculaire entre fléchisseurs et extenseurs du poignet est la clé.
Les exercices prioritaires pour la santé de l’épaule du tennisman ciblent la coiffe des rotateurs et les stabilisateurs scapulaires. La rotation externe d’épaule avec élastique (bras le long du corps, coude à 90°) renforce l’infra-épineux et le petit rond — les muscles les plus sollicités et les plus souvent déficients. Le face pull avec élastique renforce le deltoïde postérieur et les rétracteurs scapulaires. Ces exercices doivent être réalisés 2 à 3 fois par semaine, avec des séries de 15 répétitions à intensité modérée. Le ratio recommandé est 2 répétitions de rotation externe pour 1 répétition de rotation interne.
Deux séances de 45 à 50 minutes par semaine constituent la dose optimale pour un tennisman amateur jouant 2 à 3 fois par semaine. Ces séances sont idéalement planifiées le lendemain d’un match ou d’un entraînement, jamais dans les 24 heures précédant une session intensive sur le court. En pré-saison, 3 séances hebdomadaires permettent de construire les bases de force et de prévention. En période de tournois, 1 séance d’entretien de 30 minutes suffit à conserver les adaptations acquises.
Oui — c’est l’un des risques à long terme les plus sous-estimés dans le tennis. Des années de frappes unilatérales créent des déséquilibres de force, de masse musculaire et même de densité osseuse entre le bras dominant et le bras non-dominant. Ces asymétries sont associées à une augmentation du risque de blessures rachidiennes et d’épaule. La solution est simple : inclure du travail bilatéral et unilatéral du côté non-dominant dans chaque séance de musculation. Deux séries supplémentaires de rotation externe d’épaule et de développé haltère côté non-dominant suffisent à progressivement corriger ces déséquilibres.
Oui — la musculation est un outil thérapeutique central dans la rééducation des blessures tennistiques les plus fréquentes. Pour l’épicondylite, le renforcement excentrique des extenseurs du poignet est le traitement de première intention recommandé par les sociétés savantes de médecine du sport. Pour les tendinopathies d’épaule, le renforcement progressif de la coiffe des rotateurs est incontournable avant tout retour sur le court. Pour les blessures des ischio-jambiers, le Nordic hamstring curl est intégré dans les protocoles de retour au jeu. La musculation ne remplace pas le suivi kinésithérapeutique — elle en est le complément indispensable.