✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 14 min · 📅 Publié le 15 mars 2026
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 Musculation · Saison 4 — Article 1/10
Musculation & Sport · Ce que les pros font et que les amateurs ignorent
Dans chaque club professionnel de Ligue 1, les joueurs passent en moyenne 3 à 4 heures par semaine en salle de musculation — en plus des entraînements tactiques et techniques. Cette réalité est documentée, mesurée, intégrée aux planifications des meilleurs préparateurs physiques du monde. Pourtant, dans les clubs amateurs français — où évoluent plus de 2 millions de licenciés — la musculation reste perçue comme incompatible avec le football, voire dangereuse pour les qualités techniques. C’est une erreur qui coûte des blessures, des performances et des années de pratique.
c’est la réduction du risque de blessure des ischio-jambiers documentée chez les footballeurs intégrant le Nordic hamstring curl dans leur entraînement — méta-analyse d’Al Attar et al., Sports Medicine, 2017 (5 études prospectives). Plus largement, le renforcement musculaire réduit d’environ un tiers le risque de blessures sportives (Lauersen et al., 2018). La musculation ne nuit pas aux qualités footballistiques. Elle les protège et les amplifie.
Partie 1 — Ce que la préparation physique professionnelle a changé en 20 ans
La révolution de la préparation physique dans le football professionnel s’est produite entre les années 1990 et 2010. Avant cette période, la musculation était vue avec méfiance par beaucoup d’entraîneurs — la crainte dominante était que “la fonte rende les joueurs raides” et nuise à leur souplesse, leur vitesse de déplacement et leur technique balle au pied. Ces préjugés ont été balayés par les données issues des clubs pionniers — notamment les équipes italiennes, espagnoles et allemandes qui ont intégré les premières des préparateurs physiques spécialisés avec une approche scientifique.
Aujourd’hui, dans tous les clubs de haut niveau — de la Ligue 1 à la Champions League — le programme hebdomadaire type d’un joueur professionnel intègre systématiquement deux à trois séances de renforcement musculaire. Ces séances ne ressemblent pas à un entraînement de bodybuilder : elles sont conçues spécifiquement pour les exigences biomécaniques du football, ciblant les muscles stabilisateurs, les chaînes postérieures, les adducteurs, les ischio-jambiers et les groupes musculaires directement impliqués dans la prévention des blessures les plus fréquentes du footballeur.
La semaine type d’un professionnel de Ligue 1 : la musculation intégrée
Dans la majorité des clubs professionnels français, la planification hebdomadaire en période de compétition (matchs tous les 7 jours) suit une logique de récupération-activation-charge-allègement. La musculation intervient typiquement en début de semaine (J+2 ou J+3 après le match), quand la récupération est suffisante pour supporter une charge neuromusculaire significative.
Les séances de renforcement en saison durent 40 à 60 minutes et se concentrent sur les exercices fondamentaux adaptés au football : Nordic hamstring curl (ischio-jambiers excentriques), squat unilatéral, hip thrust, gainage dynamique, travail des adducteurs et abducteurs. Ces exercices sont choisis pour leur corrélation directe avec la prévention des blessures les plus fréquentes : élongations des ischio-jambiers (première cause d’absence en Ligue 1), pubalgie, entorses de cheville et lésions des adducteurs.
Partie 2 — Les blessures du footballeur amateur : ce que la musculation prévient
Le footballeur amateur français se blesse en moyenne 1,5 à 2 fois par saison, selon les données de la Fédération Française de Football et des études épidémiologiques sur les blessures en football amateur. Les blessures musculaires — élongations et déchirures des ischio-jambiers, des adducteurs, du quadriceps — représentent la première catégorie, suivies des entorses de cheville et des pathologies du genou (ligaments croisés, ménisques). La grande majorité de ces blessures est directement liée à un déséquilibre musculaire ou à une insuffisance de force musculaire excentrique.
La biomécanique du football impose des sollicitations très asymétriques au corps : les sprints explosifs sollicitent les ischio-jambiers en phase excentrique (décélération) avec des forces qui peuvent atteindre plusieurs fois le poids du corps. Un muscle insuffisamment préparé pour supporter ces forces — parce qu’il n’a jamais été entraîné spécifiquement en résistance — cède. C’est la déchirure. Le Nordic hamstring curl, exercice de renforcement excentrique des ischio-jambiers, a fait l’objet de plus de 50 études randomisées confirmant sa capacité à réduire le risque de déchirure des ischio-jambiers de 50 à 70 % — un résultat qu’aucun médicament, aucun étirement, aucun échauffement seul ne peut approcher.
| Blessure fréquente | Cause principale | Exercice de prévention clé | Réduction du risque |
|---|---|---|---|
| Déchirure ischio-jambiers | Déficit force excentrique | Nordic hamstring curl | −51 à −70 % |
| Pubalgie | Déséquilibre adducteurs/abdominaux | Adduction Copenhagen + gainage | −41 % |
| Entorse de cheville | Faiblesse stabilisateurs péroniers | Travail proprioceptif + mollets | −35 % |
| Lésion ligament croisé | Faiblesse quadriceps/ischio-jambiers | Squat bulgare + Nordic curl | −50 % |
| Douleur genou (tendon rotulien) | Surcharge quadriceps non préparé | Squat déclive excentrique | −44 % |
Partie 3 — Performance footballistique et musculation : les effets mesurés
Au-delà de la prévention des blessures, les effets de la musculation sur les qualités athlétiques directement utiles au football sont documentés par une littérature abondante. Vitesse de sprint, puissance de frappe, détente verticale, capacité à gagner les duels physiques, endurance à haute intensité — toutes ces qualités sont améliorées par un programme de renforcement musculaire adapté, sans nuire aux qualités techniques ni à la souplesse.
Une revue systématique de Hammami et al. (Journal of Strength and Conditioning Research, 2018) analysant 23 études sur l’entraînement en résistance chez des footballeurs confirme des améliorations significatives de la vitesse sur 10 mètres (+3 à 5 %), de la détente verticale (+4 à 8 cm), de la puissance de sprint et des changements de direction. Ces améliorations s’expliquent par un mécanisme biomécanique direct : plus le muscle est fort, plus il peut produire de force rapidement — ce qu’on appelle le taux de développement de la force (RFD), directement corrélé à la vitesse d’accélération en sprint et à la puissance explosive dans les duels.
Programme musculation football amateur : 2 séances/semaine, 45 minutes
Quand : idéalement 48 h après un match, 48 h avant le prochain match. En saison, deux séances de renforcement par semaine sont le standard recommandé.
Séance type (full body fonctionnel football) :
• Nordic hamstring curl : 3 × 6-8 reps — excentrique pur, ischio-jambiers — exercice n°1 anti-blessure du footballeur
• Squat bulgare (pied arrière sur banc) : 3 × 8-10 par jambe — quadriceps, fessiers, stabilité
• Hip thrust avec barre : 3 × 10-12 — fessiers, puissance de sprint
• Adduction Copenhagen (planche latérale jambe en appui sur banc) : 3 × 8 par côté — adducteurs, prévention pubalgie
• Gainage dynamique bird-dog : 3 × 10 par côté — transverse, stabilité lombaire
• Saut vertical + réception stabilisée : 3 × 5 — puissance explosive + proprioception cheville
• Proprioception cheville sur plan instable : 2 × 30 sec par pied — prévention entorse
Intensité : charges modérées à élevées sur squat bulgare et hip thrust (70-80 % 1RM). Les exercices excentriques (Nordic curl) s’effectuent au poids du corps avec tempo contrôlé (3-4 secondes en descente).
Partie 4 — Les mythes qui empêchent les footballeurs amateurs de faire de la musculation
Trois mythes persistent dans les vestiaires et dans la culture footballistique amateur française, freinant l’adoption de la musculation par des joueurs qui en bénéficieraient directement.
Mythe 1 : “La musculation rend raide.” C’est l’objection la plus fréquente — et la plus mal fondée. Les recherches sur la musculation et la souplesse montrent que l’entraînement en résistance sur amplitude complète améliore ou maintient la souplesse articulaire. Les étirements passifs seuls sont moins efficaces que la musculation en amplitude complète pour développer la souplesse fonctionnelle. Un joueur qui fait des squats profonds et des fentes complètes n’est pas plus raide qu’avant — il est plus fort sur toute l’amplitude de mouvement.
Mythe 2 : “La musculation ralentit.” Les données expérimentales contredisent directement cette croyance. L’entraînement en résistance améliore la vitesse de sprint, en particulier sur les 10 à 20 premiers mètres — la distance qui compte dans 95 % des actions décisives d’un match de football. L’amélioration de la puissance musculaire des membres inférieurs se traduit directement par une accélération plus explosive. Les études sur des footballeurs amateurs confirment des gains de vitesse sur 10 m de 3 à 5 % après 8 semaines de renforcement.
Mythe 3 : “Je n’ai pas le temps, entre l’entraînement et les matchs.” Deux séances de 40 à 45 minutes par semaine suffisent pour obtenir des bénéfices significatifs sur la prévention des blessures et la performance. Dans le calendrier d’un joueur amateur (1 entraînement + 1 match par semaine), cette intégration est parfaitement faisable le lendemain du match ou deux jours avant le prochain entraînement collectif.
| Mythe | Ce que la science dit |
|---|---|
| “La musculation rend raide” | La musculation sur amplitude complète améliore la souplesse fonctionnelle — résultat confirmé par méta-analyse (Morton et al., 2011) |
| “La musculation ralentit” | Le renforcement des membres inférieurs améliore la vitesse sur 10-20 m de 3 à 5 % (Hammami et al., 2018) |
| “Je n’en ai pas besoin, je joue déjà au foot” | Le football seul ne développe pas suffisamment les ischio-jambiers en excentrique — d’où 37 % de blessures musculaires évitables |
| “La musculation c’est pour les bodybuilders” | 100 % des clubs professionnels du monde intègrent 2-3 séances de renforcement par semaine dans leur programme |
Partie 5 — Intégrer la musculation dans sa saison : le guide pratique du footballeur amateur
La question de l’intégration pratique est souvent le vrai frein — pas la conviction. Un footballeur amateur qui joue le dimanche et s’entraîne le mardi soir avec son équipe peut intégrer deux séances de renforcement en salle le lundi (récupération active + renforcement léger) et le jeudi (séance principale). Cette organisation permet de ne jamais arriver fatigué en entraînement collectif ou en match tout en accumulant un volume de renforcement suffisant pour produire des adaptations significatives.
La périodisation de la musculation sur une saison de football suit la logique du calendrier compétitif. En pré-saison (juillet-août), le volume et l’intensité du renforcement sont maximaux — c’est le moment de construire les bases de force qui protégeront toute la saison. En saison, l’objectif passe du développement au maintien : deux séances hebdomadaires de 40 minutes suffisent. En intersaison, un bloc de musculation plus intense permet de corriger les déséquilibres accumulés et de préparer la saison suivante.
La périodisation musculation sur une saison de football amateur
Pré-saison (6-8 semaines, juillet-août) : 3 séances/semaine · Volume élevé · Focus : construire la force de base, renforcement ischio-jambiers, quadriceps, adducteurs, travail proprioceptif cheville. Objectif : arriver en saison avec un capital musculaire protecteur.
Début de saison (sept.-nov.) : 2 séances/semaine · Volume modéré · Maintien des acquis + travail spécifique sur les groupes musculaires sollicités par les matchs. Charges maintenues à 70-75 % 1RM pour conserver le stimulus suffisant.
Milieu de saison (déc.-fév.) : 2 séances/semaine · Volume allégé si calendrier chargé · Maintien minimal : 1 séance suffit pour conserver les adaptations musculaires acquises. Augmenter si compétitions espacées.
Fin de saison + intersaison (mars-juin) : retour progressif à 3 séances/semaine · Bilan des déséquilibres, correction ciblée, travail proprioceptif. C’est la meilleure période pour progresser significativement en force avant la pré-saison suivante.
Partie 6 — Mesurer et développer sa puissance explosive
Sur un terrain, ce qui fait la différence n’est pas la force maximale brute mais la capacité à produire de la force vite : accélérer sur cinq mètres, sauter plus haut sur un duel aérien, frapper avec puissance. Cette qualité — la puissance explosive — se mesure, et la mesurer permet de suivre objectivement les progrès du travail en salle. Le test le plus simple et le plus reconnu est le saut vertical (détente) : la hauteur de saut, combinée au poids de corps, permet d’estimer la puissance développée par les membres inférieurs.
Le calculateur ci-dessous estime votre puissance explosive à partir de votre détente verticale et de votre poids. C’est un repère idéal pour un footballeur : en le mesurant tous les un à deux mois, vous vérifiez que votre travail de hip thrust, de squat bulgare et de pliométrie se traduit bien en puissance utilisable sur le terrain. Une détente qui progresse, c’est une accélération et un jeu aérien qui progressent.
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Pour développer cette puissance, la salle combine deux leviers : la force (squat, hip thrust à charges élevées) qui augmente le potentiel, et la vitesse d’exécution (sauts, bonds, gestes explosifs) qui apprend au système nerveux à l’exprimer rapidement. C’est la combinaison des deux — force lourde et travail explosif — qui transforme un muscle fort en muscle rapide, directement utile au football.
Partie 7 — La nutrition du footballeur : carburant et reconstruction
Le football est un sport intermittent de haute intensité : alternance de sprints, de sauts et de courses sur quatre-vingt-dix minutes. Cette dépense énergétique repose massivement sur les réserves de glycogène musculaire. Un footballeur qui s’entraîne et joue plusieurs fois par semaine doit donc assurer un apport en glucides suffisant : sans glycogène, l’intensité chute en seconde mi-temps et la qualité du travail en salle se dégrade. Les glucides ne sont pas l’ennemi du sportif — ils en sont le carburant principal.
Pour soutenir le développement musculaire et la récupération, l’apport en protéines est tout aussi déterminant. Un repère reconnu par la recherche se situe autour de 1,6 à 2,2 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour pour les sportifs qui s’entraînent en résistance (Morton et al., 2018), réparti sur la journée. Ces protéines réparent les microlésions des sprints et des séances de renforcement, et soutiennent les adaptations de force recherchées en salle.
Autour des matchs, deux moments comptent particulièrement : un repas riche en glucides dans les heures précédant l’effort pour remplir les réserves, et un apport associant protéines et glucides après l’effort pour amorcer la récupération. Ces repères restent généraux ; pour un plan individualisé selon le poste, le calendrier et les objectifs, un diététicien du sport reste le meilleur interlocuteur.
Partie 8 — Récupération : gérer la charge entre matchs et séances
Le footballeur amateur cumule souvent entraînement collectif, match et — désormais — séances de musculation. Sans gestion de la charge, ce cumul mène au surmenage plutôt qu’à la progression. Le principe directeur est simple : les adaptations se construisent pendant le repos, pas pendant l’effort. Programmer ses séances de renforcement loin des matchs (idéalement J+2 après et J-3 avant) garantit d’arriver frais en compétition tout en bénéficiant du travail en salle.
Le sommeil est le pilier de cette récupération. C’est pendant le sommeil profond que se reconstruit le muscle, que se consolide l’apprentissage moteur et que se restaure le système nerveux sollicité par les sprints et les charges. Un footballeur qui dort mal verra ses performances plafonner et son risque de blessure augmenter, quel que soit le sérieux de son entraînement. Sept à neuf heures de sommeil régulier sont un investissement de performance au même titre que les séances elles-mêmes.
Enfin, savoir alléger est une compétence. En période de calendrier chargé — plusieurs matchs rapprochés — réduire temporairement le volume de musculation, voire le ramener à une séance d’entretien, est la bonne décision : maintenir les acquis sans ajouter de fatigue. À l’inverse, les périodes sans match sont l’occasion d’augmenter la charge et de vraiment progresser. Cette ondulation intelligente de la charge est exactement ce que font les préparateurs physiques professionnels.
Partie 9 — Au-delà de la performance : le mental et le plaisir de jouer
Les bénéfices de la musculation pour le footballeur ne se limitent pas à la performance et à la prévention des blessures. Se sentir physiquement solide change la façon d’aborder les duels, donne de la confiance dans les contacts et réduit l’appréhension de la blessure — autant de facteurs qui libèrent le jeu et le plaisir. Un joueur qui ne craint plus de se blesser à chaque sprint joue plus librement, et souvent mieux.
La pratique régulière de la musculation a par ailleurs un effet positif reconnu sur le bien-être mental, avec une réduction documentée des symptômes d’anxiété (Gordon et al., 2017). Pour le footballeur amateur, dont le sport est aussi un exutoire et un moment de plaisir, cette dimension compte : la salle n’est pas seulement un outil de performance, c’est aussi un levier de bien-être global qui nourrit la motivation sur le long terme.
Cette longévité est peut-être le bénéfice le plus précieux. Un corps mieux préparé encaisse mieux les saisons, se blesse moins et permet de continuer à jouer plus longtemps. Beaucoup de carrières amateurs s’arrêtent prématurément sur des blessures à répétition qu’un renforcement adapté aurait largement réduites. Faire de la musculation, c’est aussi s’offrir des années de football supplémentaires.
Partie 10 — Synthèse : la salle, prolongement du terrain
La conclusion de cette enquête est sans ambiguïté : ce que font tous les clubs professionnels — intégrer deux à trois séances de renforcement par semaine — n’est pas un luxe d’élite mais une pratique accessible et bénéfique à tous les niveaux. Pour le footballeur amateur, la musculation réduit massivement le risque des blessures les plus fréquentes (ischio-jambiers, pubalgie, entorses, genou), améliore la vitesse, la détente et la puissance, et prolonge la carrière.
La mise en œuvre tient en quelques principes : deux séances de quarante-cinq minutes par semaine, centrées sur les exercices spécifiques au football (Nordic hamstring curl en priorité, squat bulgare, hip thrust, adduction Copenhagen, gainage, proprioception), programmées loin des matchs, périodisées sur la saison, et soutenues par une nutrition et un sommeil adaptés. Aucun de ces éléments n’exige un niveau professionnel — seulement de la méthode et de la régularité.
Le vieux préjugé selon lequel la musculation nuirait au footballeur est définitivement démenti par les données. La salle n’est pas l’opposé du terrain : elle en est le prolongement, là où se construisent la solidité, l’explosivité et la longévité qui s’expriment ensuite balle au pied. C’est précisément ce travail que les coachs MAGICFIT aident les joueurs à intégrer dans leur saison.
Partie 11 — Par où commencer quand on n’a jamais touché une barre
Pour un footballeur qui n’a jamais fait de musculation, l’erreur serait de viser trop fort trop vite. La première étape n’est pas la charge mais la technique : apprendre à exécuter proprement le squat bulgare, le hip thrust et surtout le Nordic hamstring curl, qui demande un contrôle excentrique progressif. Les premières semaines se font à charges légères ou au poids du corps, l’objectif étant de maîtriser le mouvement avant de l’alourdir.
Concrètement, un débutant peut commencer par une seule séance hebdomadaire de renforcement bien exécutée, puis passer à deux après quelques semaines une fois les gestes assimilés et les courbatures initiales passées. Le Nordic hamstring curl, en particulier, provoque des courbatures marquées au début : il faut l’introduire en douceur, deux à trois répétitions par série, avant d’augmenter progressivement. Cette prudence initiale évite les blessures liées à un démarrage trop ambitieux.
C’est aussi le moment où un encadrement fait toute la différence. Un coach corrige les défauts techniques invisibles de l’intérieur, dose la progression et adapte les exercices au profil et au poste du joueur. Quelques séances accompagnées au départ posent des bases solides qui serviront toute la carrière. Le plus important reste de commencer : même modeste, un renforcement régulier vaut infiniment mieux que l’absence totale de préparation physique qui caractérise encore trop de footballeurs amateurs.
📚 Sources et références
Al Attar WSA et al. : Effect of injury prevention programs that include the Nordic hamstring exercise on hamstring injury rates in soccer players — Sports Medicine, 2017 (DOI 10.1007/s40279-016-0638-2).
Hammami A et al. : Effects of resistance training on soccer players’ physical and functional capacities — JSCR, 2018.
Petersen J et al. : Preventive effect of eccentric training on acute hamstring injuries in men’s soccer — AJSM, 2011.
Engebretsen AH et al. : Prevention of injuries among male soccer players — AJSM, 2008.
Morton SK et al. : Resistance training vs. static stretching — Journal of Strength and Conditioning Research, 2011.
Lauersen JB et al. : Strength training as superior, dose-dependent and safe prevention of acute and overuse sports injuries — Br J Sports Med, 2018 (PMID 30131332).
Morton RW et al. : A systematic review of protein supplementation and resistance training — Br J Sports Med, 2018 (PMID 28698222).
Gordon BR et al. : Association of efficacy of resistance exercise training with anxiety — Sports Medicine, 2017 (PMID 28819746).
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Article MAGICFIT Investigation — Cluster 1 Musculation · Saison 4, Article 1/10 — 2026.
Série Investigation MAGICFIT — Cluster 1 · Saison 4 — 10 articles
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FAQ — Musculation et football
Oui — c’est une composante essentielle de la préparation physique de tous les footballeurs professionnels. La musculation améliore la vitesse de sprint sur 10 à 20 mètres, la puissance de frappe, la détente verticale et la capacité à résister physiquement dans les duels. Elle réduit aussi le risque de blessure musculaire de 37 % en moyenne selon les méta-analyses disponibles. Deux séances par semaine de 40 à 45 minutes suffisent pour obtenir des bénéfices significatifs sans empiéter sur la récupération nécessaire aux entraînements collectifs et aux matchs.
Les exercices prioritaires pour un footballeur sont ceux qui ciblent les groupes musculaires les plus sollicités et les plus à risque. Le Nordic hamstring curl est l’exercice n°1 — il réduit le risque de déchirure des ischio-jambiers de 50 à 70 %. Le squat bulgare et le hip thrust renforcent les fessiers et quadriceps pour la puissance de sprint. L’adduction Copenhagen prévient la pubalgie. Le gainage dynamique (bird-dog) protège le bas du dos. La proprioception sur plan instable prévient les entorses de cheville. Ces exercices constituent le socle d’un programme de renforcement spécifique football.
Non — c’est un mythe réfuté par les données scientifiques. L’entraînement en résistance améliore la vitesse sur 10 à 20 mètres de 3 à 5 % chez des footballeurs, en renforçant la puissance explosive des membres inférieurs. La souplesse n’est pas non plus dégradée si les exercices sont réalisés sur amplitude complète. Les joueurs professionnels les plus rapides du monde pratiquent tous de la musculation intensive — Kylian Mbappé et Erling Haaland incluent des séances de renforcement spécifiques dans leur programme hebdomadaire.
Deux séances de 40 à 45 minutes par semaine représentent la dose minimale efficace pour obtenir des bénéfices significatifs sur la prévention des blessures et la performance. Ces séances s’intègrent idéalement le lendemain du match (récupération active avec charges légères) et deux jours avant le prochain entraînement collectif (séance de renforcement principale). En pré-saison, trois séances par semaine permettent de construire les bases de force qui protégeront toute la saison compétitive.
C’est l’un des exercices les mieux documentés de toute la médecine sportive en matière de prévention des blessures. Plus de 50 études randomisées contrôlées confirment que l’intégration du Nordic hamstring curl dans un programme d’entraînement réduit le risque de déchirure des ischio-jambiers de 51 % en incidence et de 70 % en récidive. Ces résultats ont conduit la FIFA à l’intégrer dans son programme officiel de prévention des blessures (FIFA 11+). Malgré ces preuves, la majorité des clubs amateurs ne l’utilisent pas — une lacune directement responsable d’une partie des blessures musculaires évitables chaque saison.
Non — la séance de musculation lourde la veille d’un match est déconseillée car elle peut induire une fatigue neuromusculaire qui réduit les performances le lendemain. La règle générale est de ne pas programmer de séance de renforcement intense dans les 24 à 36 heures précédant un match. Le timing optimal est J+2 après le match (récupération suffisante) et J-3 ou J-4 avant le prochain match (temps de récupération suffisant). Une activation légère (15 minutes d’exercices de mobilité et d’activation musculaire) la veille du match est en revanche bénéfique.