Cancer et Sport Pourquoi Continuer à Bouger Pendant la Chimiothérapie selon la Science

Activité physique pendant un traitement oncologique : ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 17 min · 📅 Publié le 25 avril 2026

Science du Sport — Cancer et oncologie

Activité physique pendant un traitement oncologique : ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas

On lit souvent que l’exercice réduirait de 40 à 50 pour cent la fatigue liée à la chimiothérapie, en s’appuyant sur un essai de 2007. Cet essai existe, mais il conclut exactement l’inverse sur ce point précis : la différence observée sur la fatigue n’atteignait pas le seuil de signification statistique. Il a en revanche montré autre chose, de plus discret et de plus utile. Voici ce que la littérature soutient réellement, et pourquoi la nuance compte particulièrement ici.

242

242 patientes, et un résultat mal cité

L’essai de Courneya et coll., publié en 2007 dans le Journal of Clinical Oncology et non dans le New England Journal of Medicine, a suivi 242 patientes pendant leur chimiothérapie. Les écarts sur la fatigue favorisaient l’exercice sans atteindre la signification statistique.

1. Un accompagnement des traitements, jamais une alternative

Il faut poser sans ambiguïté ce que l’activité physique est et ce qu’elle n’est pas dans ce contexte, car des discours dangereux circulent sur ce terrain. L’exercice est un soin de support, c’est-à-dire une mesure qui accompagne les traitements et améliore la façon dont ils sont vécus et tolérés. Il ne traite pas la maladie et ne remplace en aucun cas une chimiothérapie, une radiothérapie, une chirurgie, une hormonothérapie ou toute autre prise en charge décidée par l’équipe médicale.

Cette précision n’est pas une formalité. Des personnes en cours de traitement se voient proposer, parfois avec insistance, d’abandonner leur protocole au profit d’approches présentées comme naturelles. Retarder ou interrompre un traitement oncologique validé expose à une perte de chance qui peut être considérable et irréversible. Aucune donnée sur l’exercice ne soutient une telle démarche, et les travaux qui documentent ses bénéfices ont tous été conduits chez des patients recevant par ailleurs leur traitement.

Ce que l’activité physique apporte est réel et documenté : une réduction de la fatigue liée aux traitements, une meilleure préservation de la masse musculaire, un bénéfice sur l’humeur et la qualité de vie, et selon les situations une meilleure tolérance des protocoles. Ces bénéfices justifient pleinement qu’elle soit proposée, et elle figure d’ailleurs dans les recommandations de prise en charge.

La démarche appropriée consiste donc à en parler à son oncologue ou à l’équipe soignante, qui déterminera ce qui est adapté à la situation, au type de cancer, aux traitements en cours et à l’état général. Cette conversation est la première étape, avant toute reprise d’activité, et elle permet également d’être orienté vers les dispositifs existants.

2. Ce que l’essai de 2007 a réellement montré

Cet essai est la référence la plus citée du domaine, et c’est aussi la plus déformée. Il vaut la peine d’en reprendre le contenu, parce que ses vrais résultats sont plus intéressants que le chiffre qu’on lui prête.

Conduit au Canada entre 2003 et 2005 par Kerry Courneya et ses collaborateurs, il a réparti 242 patientes débutant une chimiothérapie adjuvante pour un cancer du sein entre trois groupes : soins habituels, renforcement supervisé, ou activité aérobie supervisée, pendant toute la durée du traitement, soit dix-sept semaines en médiane.

Sur la fatigue, le résultat n’était pas concluant

Les auteurs sont explicites : les évolutions de la qualité de vie spécifique au cancer, de la fatigue, de la dépression et de l’anxiété allaient dans le sens de l’exercice, mais sans atteindre le seuil de signification statistique. Attribuer à cet essai une réduction chiffrée de la fatigue revient donc à lui faire dire le contraire de sa conclusion sur ce critère.

S’ajoute une erreur de référence largement recopiée : ce travail a paru dans le Journal of Clinical Oncology, pas dans le New England Journal of Medicine. Une citation qui se trompe de revue signale en général qu’elle n’a pas été lue.

Ce que l’essai a bel et bien établi

Le renforcement s’est montré supérieur aux soins habituels sur la force musculaire, sur la masse maigre, sur l’estime de soi, et sur un critère qui mérite d’être souligné : le taux d’achèvement de la chimiothérapie. Autrement dit, les patientes du groupe renforcement ont été plus nombreuses à recevoir l’intégralité du protocole prévu.

L’activité aérobie, de son côté, a fait mieux que les soins habituels sur la capacité cardiorespiratoire, sur l’estime de soi et sur la composition corporelle. Enfin, et c’est important pour la question du lymphœdème, l’exercice n’a provoqué ni lymphœdème ni événement indésirable.

Ces résultats sont moins spectaculaires qu’une réduction de moitié de la fatigue, mais ils sont réels. Et aller au bout de son traitement est un enjeu qui parle davantage que n’importe quel pourcentage.

3. La fatigue liée aux traitements n’est pas une fatigue ordinaire

Un obstacle particulier complique la mise en mouvement pendant les traitements, et il mérite d’être décrit avec précision parce qu’il est fréquemment mal compris par l’entourage comme par les patients eux-mêmes.

La fatigue associée aux traitements oncologiques présente des caractéristiques qui la distinguent de la fatigue habituelle. Elle n’est pas proportionnelle à l’effort fourni, elle ne cède pas au repos ni au sommeil, et elle peut survenir sans activité préalable. Elle s’accompagne souvent d’une sensation de lourdeur, de difficultés de concentration et d’une perte d’élan qui n’a rien à voir avec un manque de volonté.

Un cercle où le repos entretient le problème

Le réflexe naturel face à une fatigue intense est le repos, mais l’inactivité prolongée entraîne une perte de masse musculaire et de capacité cardiovasculaire qui aggrave elle-même la fatigue. Un cercle s’installe, où le repos censé soulager finit par entretenir le problème.

C’est sur ce point que les données concernant l’activité physique sont les plus convaincantes, non pas sur la foi d’un essai isolé mais parce que le constat se répète à travers de nombreux travaux : une activité adaptée, de faible intensité et progressive, réduit cette fatigue alors même que l’intuition suggère l’inverse.

Régulier et modeste, plutôt que tout ou rien

Cela ne signifie pas qu’il faille forcer indistinctement. L’approche pertinente consiste à maintenir un niveau d’activité modeste mais régulier, quitte à le réduire fortement les jours difficiles, plutôt qu’à alterner entre inactivité complète et tentatives trop ambitieuses. Quelques minutes de marche valent mieux que rien, et l’objectif du jour peut légitimement se limiter à cela pendant certaines phases.

Il reste essentiel de signaler cette fatigue à l’équipe soignante plutôt que de la considérer comme une fatalité, car certaines de ses causes sont corrigeables, notamment une anémie, un trouble thyroïdien, une dénutrition, une douleur mal contrôlée ou un trouble du sommeil.

4. Les situations qui imposent d’adapter ou de suspendre

L’activité physique pendant un traitement oncologique n’est pas une consigne uniforme. Plusieurs situations imposent de réduire, d’adapter ou d’interrompre temporairement, et elles doivent être connues du patient comme des personnes qui l’accompagnent.

Ce que les résultats sanguins changent

Certaines conséquences des traitements modifient directement ce qui est possible. Une baisse importante des globules rouges provoque un essoufflement et impose de revoir l’intensité à la baisse. Une chute des plaquettes augmente le risque de saignement et conduit à écarter les activités comportant un risque de choc ou de chute. Une baisse des globules blancs expose davantage aux infections et peut amener à préférer une activité à domicile ou en extérieur plutôt qu’en salle collective.

Les situations qui demandent une évaluation spécifique

Atteinte osseuse par la maladie, qui contre-indique certaines contraintes mécaniques et impose une grande prudence sur les charges et les impacts. Présence d’un dispositif implanté, qui limite certains mouvements. Suites de chirurgie avec des consignes de reprise progressive. Certains effets secondaires cardiaques ou neurologiques de traitements, notamment les atteintes nerveuses périphériques qui altèrent l’équilibre et la sensibilité.

Les signes qui imposent d’interrompre

Certains signes doivent conduire à interrompre la séance et à contacter l’équipe soignante : douleur thoracique, essoufflement inhabituel au repos, vertiges, palpitations, fièvre, douleur osseuse nouvelle, gonflement d’un membre, ou fatigue disproportionnée persistant après la séance.

Ces éléments expliquent pourquoi l’encadrement par des professionnels formés à l’activité physique adaptée présente un intérêt majeur dans ce contexte. Ils savent moduler la charge en fonction du calendrier des cures, des résultats biologiques et de l’état du jour, ce qu’un programme standard ne permet pas. Les repères de cet article visent à comprendre les enjeux et à mieux dialoguer avec les soignants, en aucun cas à construire seul un protocole.

5. Le lymphœdème : une crainte qui a été étudiée directement

C’est l’une des inquiétudes les plus répandues après une chirurgie du sein avec curage ganglionnaire, et elle a longtemps conduit à déconseiller le port de charges du côté opéré.

Cette question a fait l’objet d’un essai dédié, publié par Kathryn Schmitz et ses collaborateurs dans le New England Journal of Medicine en 2009, portant sur le renforcement avec charges chez des femmes présentant un lymphœdème lié à un cancer du sein. Ses résultats ont conduit à réviser la prudence systématique qui prévalait auparavant.

L’essai de Courneya en 2007 va dans le même sens sur ce point : les auteurs notent explicitement que l’exercice n’a provoqué ni lymphœdème ni événement indésirable dans leur population.

Ce que cela ne veut pas dire

Que la crainte ancienne ait été révisée ne signifie pas que tout est permis sans précaution. Ces travaux portent sur des programmes supervisés, avec une progression encadrée et un suivi. La transposition à une reprise autonome, sans accompagnement, ne va pas de soi.

La conduite raisonnable reste donc de poser la question à l’équipe qui suit la personne, et de solliciter un accompagnement par un professionnel formé, en particulier pour les premières semaines. Un gonflement de bras qui apparaît ou s’aggrave doit être signalé sans attendre.

6. Ce que les études ne permettent pas de promettre

Les résultats concernant l’activité physique et le pronostic circulent parfois sous une forme qui dépasse ce que les données établissent. Une lecture honnête impose de préciser ce qui est solide et ce qui ne l’est pas, par respect pour les personnes concernées.

Ce qui est bien établi relève de la qualité de vie pendant et après les traitements : réduction de la fatigue, préservation de la condition physique et de la masse musculaire, bénéfice sur l’humeur et l’anxiété, meilleure tolérance de certains protocoles. Ces effets ont été observés dans de nombreux essais et justifient les recommandations existantes.

Le pronostic relève d’un autre niveau de preuve

Des études d’observation rapportent une association entre niveau d’activité physique et évolution plus favorable dans certaines localisations. Ces travaux sont intéressants mais comportent une limite structurelle : les personnes capables d’être actives sont souvent celles dont l’état général est meilleur, ce qui rend difficile de démêler la cause de la conséquence. Les essais interventionnels visant à répondre directement à cette question sont en cours et leurs résultats ne sont pas encore établis.

Pourquoi cette nuance n’est pas une précaution de langage

Présenter l’activité physique comme un facteur déterminant du pronostic fait porter aux patients une responsabilité qui ne leur revient pas. Une personne dont la maladie évolue défavorablement malgré ses efforts n’a rien manqué, et laisser entendre le contraire ajoute une culpabilité injustifiée à une situation déjà difficile.

La formulation juste est donc la suivante : bouger améliore de façon documentée la manière dont on traverse la maladie et les traitements, ce qui est déjà considérable. Les bénéfices possibles au-delà font l’objet de recherches actives et ne doivent être présentés ni comme acquis, ni comme une obligation. Le rythme, l’intensité et l’opportunité de cette activité se décident avec l’équipe soignante, en fonction de chaque situation.

7. Pourquoi les recommandations existent malgré des preuves imparfaites

Une question légitime se pose à la lecture de ce qui précède : si l’essai le plus cité n’est pas concluant sur la fatigue, pourquoi l’activité physique figure-t-elle dans les recommandations de prise en charge ?

La réponse tient à la manière dont une recommandation se construit. Elle ne repose jamais sur un essai isolé, mais sur l’ensemble des travaux disponibles, sur la cohérence de leur direction, et sur la balance entre bénéfices attendus et risques encourus. Or cette balance est ici particulièrement favorable.

Une intervention à faible risque

C’est l’argument déterminant. Une activité adaptée et supervisée, chez des personnes évaluées au préalable, expose à peu d’effets indésirables sérieux. Les travaux disponibles rapportent des incidents rares, ce qui change complètement le niveau de preuve exigible : on ne demande pas la même certitude avant de proposer de la marche que avant d’introduire un médicament.

À l’inverse, l’alternative, c’est-à-dire l’inactivité prolongée, comporte des conséquences bien documentées : perte de masse musculaire, déconditionnement, aggravation de la fatigue. Ne rien proposer n’est donc pas une option neutre.

Ce que cela implique pour la formulation

Recommander une pratique est justifié. Promettre un résultat chiffré ne l’est pas. La différence n’est pas rhétorique : la première formulation propose, la seconde crée une attente qui, si elle n’est pas satisfaite, produit découragement et sentiment d’échec chez des personnes qui n’en ont pas besoin.

8. Où trouver un cadre adapté en France

L’orientation vers un dispositif encadré est l’étape qui manque le plus souvent, alors même que plusieurs voies existent.

Passer par l’équipe qui vous suit

C’est le point d’entrée le plus efficace. Les services d’oncologie et les centres de lutte contre le cancer proposent fréquemment des programmes d’activité physique adaptée, parfois intégrés au parcours de soins. Les infirmières de coordination et les services de soins de support connaissent en général ce qui existe localement.

Les professionnels formés en activité physique adaptée

Ces intervenants disposent d’une formation universitaire spécifique. Dans le contexte oncologique, leur intérêt tient à leur capacité à moduler la charge selon le calendrier des cures et l’état du jour, ce qu’aucun programme figé ne permet. Une orientation médicale vers un tel accompagnement est possible et se discute en consultation.

Les associations et les salles

Des associations spécialisées proposent des activités conçues pour ce contexte, souvent en lien avec les établissements de soins. Une salle de sport ordinaire reste envisageable dans certaines situations, à condition que l’encadrement soit informé et que les consignes médicales soient connues et respectées.

9. Le périmètre d’un coach en salle, et là où il s’arrête

Sur ce sujet plus que sur tout autre, la limite doit être explicite. Une salle de sport n’est pas un lieu de soin, et un coach n’est pas un professionnel de santé.

Ce qui relève du coach

Appliquer les consignes transmises par l’équipe soignante, proposer des variantes quand un mouvement est mal toléré, tenir la trace des séances, et surtout accepter qu’une séance soit réduite ou annulée sans en faire un problème. Sur ce public, savoir freiner et savoir renoncer valent plus que toute compétence de programmation.

Il lui revient aussi de connaître la liste des signes qui imposent d’interrompre, et d’orienter immédiatement vers l’équipe soignante lorsqu’un d’eux apparaît.

Ce qui n’en relève pas

Un coach ne fixe pas le cadre d’une reprise, ne se prononce sur aucun traitement, ne commente aucun résultat biologique et n’a aucune légitimité pour dire ce qui est possible au regard de la maladie. Il ne conseille ni complément alimentaire, ni régime, ni jeûne, propositions pourtant très présentes autour du cancer et dont certaines comportent des risques réels.

Surtout, il ne laisse jamais s’installer l’idée qu’une pratique sportive pourrait remplacer ou permettre d’alléger un traitement. Face à ce type de propos, la seule réponse tenable est de renvoyer vers l’oncologue.

Comment les coachs MagicFit se positionnent

Chez MagicFit, l’accompagnement d’une personne en cours de traitement oncologique suppose que la démarche ait été validée par l’équipe soignante et que ses consignes soient connues. Le rôle du coach est de les appliquer, pas de les définir. Lorsqu’une situation dépasse ce périmètre, l’orientation vers un professionnel formé en activité physique adaptée est la bonne réponse, y compris si elle interrompt l’accompagnement.

10. Quatre idées reçues qui circulent

Ces formulations reviennent constamment sur ce sujet, et certaines sont propagées de bonne foi par des sources sérieuses.

1

L’exercice réduirait la fatigue de 40 à 50 pour cent

L’essai auquel ce chiffre est attribué conclut que les écarts sur la fatigue favorisaient l’exercice sans atteindre la signification statistique. Il a été publié dans le Journal of Clinical Oncology, pas dans le New England Journal of Medicine.

2

Il faudrait se reposer pendant la chimiothérapie

L’inactivité prolongée entraîne une perte de masse musculaire qui aggrave la fatigue. Maintenir une activité modeste et régulière, quitte à la réduire fortement les jours difficiles, est ce que soutient la littérature.

3

Bouger améliorerait le pronostic

Les associations observées viennent d’études où les personnes actives sont souvent celles dont l’état général est meilleur. Présenter cela comme un facteur déterminant fait porter aux patients une responsabilité qui ne leur revient pas.

4

Il faudrait éviter de porter des charges après un curage

Cette prudence systématique a été révisée à la suite de travaux dédiés. Cela ne dispense pas d’un accompagnement encadré et progressif, et tout gonflement de bras qui apparaît doit être signalé.

Bouger aujourd’hui, ou appeler l’équipe soignante ?

Cet outil reprend la liste des signes qui imposent d’interrompre et de contacter l’équipe qui vous suit. Il ne propose ni durée, ni intensité, ni programme.

Outil pédagogique MagicFit
Bouger aujourd’hui, ou appeler l’équipe soignante ?
Cet outil ne propose aucun programme, aucune durée et aucune intensité. Il reprend la liste des signes qui, d’après l’article, imposent d’interrompre et de contacter l’équipe qui vous suit.
Étape 1 sur 2 : signes qui imposent de contacter l’équipe
Cochez tout ce que vous ressentez aujourd’hui. Si rien ne vous concerne, laissez vide et continuez.

Ce que cet outil ne fait pas : il ne connaît ni votre type de cancer, ni vos traitements, ni vos résultats biologiques, et ne remplace en rien la conversation avec votre oncologue, qui reste la première étape. Les consignes de votre équipe priment sur tout ce qui est écrit ici, y compris lorsqu’elles demandent de suspendre.

11. Points clés à retenir

  • La réduction de 40 à 50 pour cent de la fatigue attribuée à l’essai de Courneya 2007 contredit sa conclusion : les écarts sur la fatigue favorisaient l’exercice sans atteindre la signification statistique. Cet essai a paru dans le Journal of Clinical Oncology, non dans le New England Journal of Medicine.
  • Ce que cet essai a établi est ailleurs, et vaut mieux qu’un pourcentage : force musculaire, masse maigre, estime de soi, et un taux d’achèvement de la chimiothérapie supérieur dans le groupe renforcement.
  • L’activité physique est un soin de support. Elle accompagne les traitements et ne les remplace jamais. Tous les travaux qui documentent ses bénéfices ont été conduits chez des patients recevant par ailleurs leur traitement.
  • La fatigue liée aux traitements ne cède pas au repos, et l’inactivité prolongée l’aggrave. Une activité modeste et régulière, fortement réduite les jours difficiles, vaut mieux que l’alternance entre repos complet et tentatives trop ambitieuses.
  • Plusieurs situations imposent d’adapter ou de suspendre, notamment selon les résultats sanguins. Douleur thoracique, essoufflement au repos, fièvre, douleur osseuse nouvelle ou gonflement d’un membre imposent d’interrompre et de contacter l’équipe.
  • Le bénéfice sur le pronostic n’est pas établi. Le présenter comme acquis fait porter aux patients une responsabilité qui ne leur revient pas, et ajoute une culpabilité injustifiée à une situation déjà difficile.

12. Nuances et limites

Plusieurs réserves méritent d’être posées sur l’ensemble de ce qui précède, y compris sur ce qui va dans le sens de l’activité physique.

Une littérature concentrée sur quelques situations

Une part importante des travaux porte sur le cancer du sein, à un stade localisé, chez des personnes en traitement adjuvant. Les cancers avancés, les situations métastatiques, les traitements les plus lourds et les personnes âgées ou fragiles sont nettement moins représentés. Transposer sans réserve ces résultats à toutes les situations serait abusif.

Qui accepte de participer à un essai d’exercice

S’engager dans un programme supervisé pendant une chimiothérapie suppose un état général, une disponibilité et une motivation qui ne sont pas donnés à tout le monde. Les personnes les plus atteintes sont mécaniquement moins présentes dans ces essais, ce qui rend les résultats plus favorables qu’ils ne le seraient dans l’ensemble de la population concernée.

L’insu est impossible

Personne ne peut ignorer qu’il fait partie du groupe exercice. Une part de l’effet mesuré tient à l’attention reçue, au cadre proposé et au fait d’être accompagné pendant une période difficile, indépendamment du mouvement lui-même. Ce n’est pas une objection, c’est une contrainte du domaine, mais elle interdit d’attribuer la totalité du bénéfice à l’activité physique.

Enfin, les programmes étudiés sont supervisés, progressifs et calibrés par des professionnels. Ce que ces travaux valident est cet encadrement, pas une reprise autonome décidée à partir d’un article.

Ce que la science dit vraiment

L’activité physique adaptée est un soin de support qui accompagne les traitements oncologiques et ne s’y substitue jamais. Elle améliore de façon documentée la manière dont la maladie et les traitements sont traversés, et l’essai le plus cité du domaine a notamment montré un meilleur taux d’achèvement de la chimiothérapie. Son effet sur le pronostic n’est pas établi. Le rythme, l’intensité et l’opportunité de cette activité se décident avec l’équipe soignante, en fonction de chaque situation.

Une pratique encadrée, dans le cadre fixé par votre équipe

15 clubs en France, des coachs diplômés d’État. En cours de traitement, notre rôle se limite à appliquer les consignes de votre équipe soignante et à savoir réduire ou renoncer un jour donné, jamais à définir le cadre nous-mêmes.

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Questions fréquentes

L'exercice réduit-il vraiment la fatigue de 40 à 50 pour cent ?
Non. L’essai auquel ce chiffre est attribué, conduit par Courneya et collaborateurs en 2007 sur 242 patientes, conclut que les écarts sur la fatigue, la qualité de vie, la dépression et l’anxiété favorisaient l’exercice sans atteindre le seuil de signification statistique. Cet essai a par ailleurs paru dans le Journal of Clinical Oncology, et non dans le New England Journal of Medicine comme on le lit souvent.
Alors qu'a montré cet essai ?
Des résultats réels, mais ailleurs. Le renforcement s’est montré supérieur aux soins habituels sur la force musculaire, la masse maigre, l’estime de soi et le taux d’achèvement de la chimiothérapie. L’activité aérobie a fait mieux sur la capacité cardiorespiratoire et la composition corporelle. Aucun lymphœdème ni événement indésirable n’a été observé.
Le sport peut-il remplacer un traitement ?
Jamais. L’activité physique est un soin de support : elle accompagne les traitements et améliore la façon dont ils sont vécus. Retarder ou interrompre un traitement oncologique validé expose à une perte de chance considérable et irréversible. Tous les travaux qui documentent les bénéfices de l’exercice ont été conduits chez des patients recevant par ailleurs leur traitement.
Faut-il se reposer pendant la chimiothérapie ?
La fatigue liée aux traitements ne cède pas au repos, et l’inactivité prolongée entraîne une perte de masse musculaire qui l’aggrave. Un cercle s’installe où le repos censé soulager entretient le problème. Maintenir une activité modeste et régulière, fortement réduite les jours difficiles, est ce que soutient la littérature.
Quels signes doivent faire interrompre une séance ?
Une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel au repos, des vertiges, des palpitations, de la fièvre, une douleur osseuse nouvelle, le gonflement d’un membre, ou une fatigue disproportionnée persistant après la séance. Ces signes imposent d’arrêter et de contacter l’équipe soignante.
Les résultats sanguins changent-ils ce qui est possible ?
Oui, directement. Une baisse des globules rouges impose de revoir l’intensité à la baisse. Une chute des plaquettes conduit à écarter les activités comportant un risque de choc ou de chute. Une baisse des globules blancs peut amener à préférer une activité à domicile ou en extérieur plutôt qu’en salle collective. Ces adaptations se règlent avec l’équipe.
Peut-on porter des charges après un curage ganglionnaire ?
La prudence systématique qui prévalait a été révisée à la suite de travaux dédiés, dont un essai publié dans le New England Journal of Medicine en 2009 sur le renforcement chez des femmes présentant un lymphœdème. Ces travaux portaient sur des programmes supervisés et progressifs : la transposition à une reprise autonome ne va pas de soi, et tout gonflement de bras doit être signalé.
L'activité physique améliore-t-elle le pronostic ?
Ce n’est pas établi. Des études d’observation rapportent une association, mais les personnes capables d’être actives sont souvent celles dont l’état général est meilleur, ce qui rend difficile de démêler la cause de la conséquence. Une personne dont la maladie évolue défavorablement malgré ses efforts n’a rien manqué.
Par où commencer ?
Par une conversation avec votre oncologue ou votre équipe, qui déterminera ce qui est adapté à votre situation et pourra vous orienter vers un professionnel formé en activité physique adaptée. Chez MagicFit, l’accompagnement d’une personne en cours de traitement suppose que cette validation ait eu lieu et que les consignes soient connues.

Sources scientifiques

  1. Courneya KS, Segal RJ, Mackey JR, Gelmon K, Reid RD, Friedenreich CM et coll. Effects of aerobic and resistance exercise in breast cancer patients receiving adjuvant chemotherapy: a multicenter randomized controlled trial. Journal of Clinical Oncology, 2007, volume 25, numéro 28, pages 4396 à 4404. PubMed ID 17785708
  2. Schmitz KH et coll. Weight lifting in women with breast-cancer-related lymphedema. New England Journal of Medicine, 2009, volume 361, numéro 7, pages 664 à 673. Consulter
  3. Schmitz KH et coll. Exercise is medicine in oncology: engaging clinicians to help patients move through cancer. CA: A Cancer Journal for Clinicians, 2019. Consulter sur PubMed
  4. Cramp F, Byron-Daniel J. Exercise for the management of cancer-related fatigue in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, article CD006145. Consulter sur PubMed

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Avertissement

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace en rien la consultation de votre oncologue ou de l’équipe qui vous suit. L’activité physique est un soin de support : elle accompagne les traitements et ne s’y substitue jamais. Retarder ou interrompre un traitement oncologique validé expose à une perte de chance considérable et irréversible. Toute reprise d’activité doit être abordée en consultation au préalable. Une douleur thoracique, un essoufflement au repos, de la fièvre, une douleur osseuse nouvelle ou le gonflement d’un membre imposent d’interrompre et de contacter votre équipe sans attendre. Les propositions de jeûne, de régime ou de complément présentées comme agissant sur la maladie doivent être discutées avec votre équipe avant tout engagement.

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