✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 19 min · 📅 Publié le 6 mars 2026
Investigation · Activité physique, diabète de type 2 et hypertension · Ce que disent les études
Le diabète de type 2 et l’hypertension artérielle sont deux maladies très répandues, souvent silencieuses pendant des années, et l’activité physique figure parmi les moyens reconnus de les prévenir et de les soigner. Que disent exactement les études ? Quels effets ont été mesurés, avec quel type d’exercice, pendant combien de temps, et qu’est-ce qui reste incertain ? Cet article reprend les principaux essais et méta-analyses, les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et le cadre français de l’activité physique adaptée. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin : toute reprise d’activité avec un diabète ou une hypertension se discute d’abord avec lui.
1. Deux maladies fréquentes, souvent silencieuses
Selon l’Organisation mondiale de la santé, dans sa fiche sur le diabète mise à jour le 14 novembre 2024, le nombre de personnes vivant avec un diabète est passé de 200 millions en 1990 à 830 millions en 2022. En 2022, 14 % des adultes de 18 ans et plus vivaient avec un diabète, contre 7 % en 1990. Plus de 95 % des personnes diabétiques ont un diabète de type 2.
L’OMS précise que les symptômes du diabète de type 2 peuvent être discrets et mettre plusieurs années à être remarqués, si bien que la maladie est parfois diagnostiquée après l’apparition de complications. Avec le temps, le diabète peut abîmer les vaisseaux du cœur, des yeux, des reins et les nerfs.
L’hypertension est tout aussi répandue. Selon la fiche de l’OMS mise à jour le 25 septembre 2025, environ 1,4 milliard d’adultes de 30 à 79 ans avaient une hypertension en 2024, soit 33 % de cette tranche d’âge. Environ 44 % d’entre eux ne savaient pas qu’ils en avaient une, et seuls 23 % environ avaient une tension contrôlée.
2. Ce que l’OMS cite parmi les causes
Pour le diabète de type 2, l’OMS cite parmi les facteurs qui y contribuent le surpoids, le manque d’exercice et la génétique, et elle indique que la maladie est souvent évitable. Une alimentation saine, une activité physique régulière, un poids normal et l’absence de tabac sont, selon elle, des moyens de prévenir ou de retarder son apparition.
Pour l’hypertension, l’OMS range parmi les facteurs de risque modifiables une alimentation trop salée ou trop riche en graisses saturées, une faible consommation de fruits et de légumes, l’inactivité physique, le tabac, l’alcool, le surpoids et l’obésité. Parmi les facteurs non modifiables figurent les antécédents familiaux, l’âge au-delà de 65 ans et des maladies associées comme le diabète ou une maladie rénale.
Les deux maladies partagent donc une partie de leurs facteurs de risque, et l’inactivité physique en fait partie. L’OMS ajoute que des changements de mode de vie, comme une alimentation plus saine, l’arrêt du tabac et davantage d’activité, peuvent aider à faire baisser la tension, mais que certaines personnes auront tout de même besoin de médicaments.
3. Comment se pose le diagnostic
L’hypertension ne se devine pas. L’OMS rappelle que la plupart des personnes hypertendues ne ressentent aucun symptôme et que le seul moyen de la détecter est de faire mesurer sa tension par un professionnel de santé. Elle est diagnostiquée quand, mesurée deux jours différents, la tension systolique est d’au moins 140 mmHg les deux jours, ou la diastolique d’au moins 90 mmHg.
Le premier chiffre, la systolique, correspond à la pression dans les vaisseaux quand le cœur se contracte ; le second, la diastolique, à la pression quand le cœur se repose entre deux battements. L’automesure est possible avec un appareil, mais l’OMS juge importante l’évaluation par un professionnel pour apprécier le risque et les maladies associées.
Pour le diabète, l’OMS recommande des examens et des analyses de sang réguliers pour un dépistage précoce. Un dosage revient souvent dans les études citées ici : l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, qui sert aussi à définir la rémission.
4. Ce que recommande l’OMS
Les lignes directrices de l’OMS publiées en 2020, présentées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, recommandent à tous les adultes de 150 à 300 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine, ou de 75 à 150 minutes d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente des deux. Elles recommandent aussi une activité de renforcement musculaire régulière à tout âge, et de réduire les temps sédentaires.
Ces lignes directrices comportent, pour la première fois, des recommandations propres aux personnes qui vivent avec une maladie chronique ou un handicap. Elles réaffirment deux messages simples : un peu d’activité physique vaut mieux que rien, et davantage d’activité est meilleur pour la santé.
Le consensus publié en 2022 par l’American College of Sports Medicine sur le diabète de type 2, rédigé par Kanaley et ses collègues, va dans le même sens : en général, les recommandations d’activité physique destinées à toute la population s’appliquent aux personnes atteintes de diabète de type 2, avec quelques exceptions et adaptations.
5. Prévenir le diabète : l’essai finlandais
Peut-on éviter un diabète de type 2 chez des personnes à haut risque ? L’étude finlandaise de prévention du diabète, publiée en 2001 dans le New England Journal of Medicine par Tuomilehto et ses collègues, a voulu répondre à cette question. Elle a réparti au hasard 522 adultes d’âge moyen, en surpoids, qui avaient une intolérance au glucose : 172 hommes et 350 femmes, d’un âge moyen de 55 ans.
Les participants du groupe d’intervention recevaient des conseils individuels pour perdre du poids, réduire les graisses et les graisses saturées, manger davantage de fibres et augmenter leur activité physique. Un test de tolérance au glucose était fait chaque année, et le diagnostic de diabète était confirmé par un second test. Le suivi moyen était de 3,2 ans.
La perte de poids moyenne était de 4,2 kilos la première année dans le groupe d’intervention, contre 0,8 kilo dans le groupe témoin ; à la fin de la deuxième année, elle était de 3,5 kilos contre 0,8. Les auteurs concluent que le diabète de type 2 peut être prévenu par des changements de mode de vie chez les personnes à haut risque.
6. Prévenir le diabète : le programme américain
Un an plus tard, en 2002, le même journal publiait l’essai américain du programme de prévention du diabète, mené par Knowler et ses collègues. Il a réparti au hasard 3 234 personnes non diabétiques mais dont la glycémie était élevée, à jeun et après une charge en glucose, entre trois groupes : un placebo, la metformine, ou un programme de changement du mode de vie.
Le programme visait une perte d’au moins 7 % du poids et au moins 150 minutes d’activité physique par semaine. Les participants avaient en moyenne 51 ans et un indice de masse corporelle de 34 ; 68 % étaient des femmes. Le suivi moyen a duré 2,8 ans.
Le nombre de nouveaux diabètes était de 11,0 pour 100 personnes-années dans le groupe placebo, de 7,8 avec la metformine et de 4,8 avec le programme de mode de vie. Par rapport au placebo, le programme a réduit l’incidence du diabète de 58 %, et la metformine de 31 %. Le programme de mode de vie était significativement plus efficace que le médicament : pour éviter un cas de diabète en trois ans, il fallait que 6,9 personnes suivent le programme, contre 13,9 traitées par metformine.
Ces deux essais portent sur des personnes à risque, pas sur des personnes déjà diabétiques, et ils associent l’activité physique à des changements d’alimentation et à une perte de poids. Ils ne permettent donc pas d’attribuer l’effet à l’activité physique seule.
7. Déjà diabétique : ce que fait l’exercice sur l’HbA1c
Pour les personnes qui ont déjà un diabète de type 2, la méta-analyse publiée en 2011 dans JAMA par Umpierre et ses collègues fait référence. Elle a réuni 47 essais randomisés d’au moins douze semaines, soit 8 538 patients, sur l’entraînement structuré ou sur les simples conseils d’activité physique.
Par rapport aux groupes témoins, l’entraînement structuré était associé à une baisse de l’HbA1c de 0,67 point en moyenne, sur 23 études. La baisse était de 0,73 point pour l’endurance seule, de 0,57 point pour le renforcement musculaire seul et de 0,51 point pour les deux associés. Les résultats variaient beaucoup d’une étude à l’autre.
La durée comptait : plus de 150 minutes d’entraînement structuré par semaine étaient associées à une baisse de 0,89 point, contre 0,36 point pour 150 minutes ou moins. Les auteurs concluent que l’entraînement structuré, en endurance, en renforcement ou les deux, est associé à une baisse de l’HbA1c, et qu’au-delà de 150 minutes par semaine la baisse est plus marquée.
8. Des conseils, oui, mais avec l’alimentation
La même méta-analyse a regardé un autre type d’intervention : les conseils d’activité physique, sans séances encadrées. Sur 24 études, ces conseils étaient associés à une HbA1c plus basse de 0,43 point en moyenne par rapport aux groupes témoins.
Mais le détail compte. Les conseils d’activité physique associés à des conseils alimentaires étaient associés à une baisse de 0,58 point, alors que les conseils d’activité physique seuls n’étaient associés à aucun changement de l’HbA1c. Pour les auteurs, les conseils d’activité physique ne sont associés à une HbA1c plus basse que lorsqu’ils s’accompagnent de conseils alimentaires.
Autrement dit, dire « faites du sport » ne suffit pas : dans ces essais, c’est l’entraînement structuré, ou l’association de l’activité et de l’alimentation, qui était associé à une amélioration.
9. Endurance, renforcement ou les deux ?
Une méta-analyse en réseau publiée en 2018 dans l’International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity par Pan et ses collègues a comparé les différentes formes d’entraînement chez les personnes atteintes de diabète de type 2. Elle a réuni 37 études et 2 208 patients.
L’endurance supervisée et le renforcement supervisé réduisaient chacun l’HbA1c de 0,30 point par rapport à l’absence d’exercice, mais moins que l’entraînement combiné. L’endurance supervisée améliorait aussi la glycémie à jeun, le cholestérol total, les triglycérides et le « mauvais » cholestérol LDL. Le renforcement supervisé faisait baisser la tension systolique de 3,90 mmHg et le cholestérol total.
Les auteurs concluent que l’entraînement combiné améliorait davantage l’HbA1c que l’endurance ou le renforcement seuls, avec une amélioration moins nette de certains facteurs de risque cardiovasculaire. Pour la perte de poids, ils n’ont pas trouvé de différence significative entre les trois formes d’entraînement.
10. Encadré ou non : ce que change la supervision
La même méta-analyse apporte un résultat utile pour la pratique : l’endurance supervisée améliorait davantage l’HbA1c et la perte de poids que l’endurance non supervisée, avec une HbA1c plus basse de 0,60 point et une perte de poids plus importante de 5,02 kilos. Elle améliorait aussi davantage l’HbA1c que le renforcement non supervisé, de 0,53 point.
Ce résultat rejoint celui d’Umpierre et de ses collègues sur l’entraînement structuré. Il ne dit pas qu’une pratique en autonomie est inutile ; il dit que, dans ces essais, les séances encadrées étaient associées à de meilleurs résultats que les programmes suivis seul.
11. Interrompre les longues périodes assises
L’activité ne se résume pas aux séances. Un essai publié en 2016 dans Diabetes Care par Dempsey et ses collègues a comparé, chez 24 adultes inactifs en surpoids ou obèses atteints de diabète de type 2, trois journées de huit heures : rester assis sans interruption, ou interrompre la position assise toutes les trente minutes par trois minutes de marche lente, ou par trois minutes d’exercices simples de renforcement, comme des demi-squats et des montées sur la pointe des pieds.
Les repas étaient les mêmes dans les trois conditions. Les deux types de pauses actives réduisaient nettement la hausse de la glycémie, de l’insuline et des triglycérides après les repas. Les auteurs jugent cette approche potentiellement utile et pratique, parce que beaucoup de personnes ont du mal à suivre un programme d’exercice structuré.
Le consensus de l’American College of Sports Medicine de 2022 reprend cette idée : les personnes atteintes de diabète de type 2 devraient pratiquer une activité physique régulière et être encouragées à réduire leur temps sédentaire et à couper les périodes assises par des pauses actives fréquentes. Il aborde aussi le choix du moment de l’exercice pour en maximiser l’effet sur la glycémie.
12. La « rémission » : une définition précise
Le mot « rémission » revient souvent quand on parle de diabète de type 2, parfois de façon approximative. En 2021, un groupe international d’experts réuni par l’American Diabetes Association a proposé, dans Diabetes Care, une définition commune, présentée par Riddle et ses collègues.
Le groupe a retenu le terme de « rémission » et, comme critère habituel, une HbA1c inférieure à 6,5 %, mesurée au moins trois mois après l’arrêt des médicaments qui font baisser la glycémie. Il recommande un suivi actif des personnes en rémission, et souligne que les risques et les bénéfices à long terme de cet état sont encore mal connus.
Une rémission n’est donc pas une guérison, et l’arrêt d’un traitement est toujours une décision du médecin, jamais une initiative personnelle.
13. L’essai DiRECT : une rémission par la perte de poids
L’essai britannique DiRECT, publié en 2018 dans The Lancet par Lean et ses collègues, est souvent cité à propos de la rémission. Il a été mené dans 49 cabinets de médecine générale d’Écosse et du nord-est de l’Angleterre, auprès de personnes de 20 à 65 ans dont le diabète de type 2 avait été diagnostiqué depuis moins de six ans, avec un indice de masse corporelle de 27 à 45, et qui ne recevaient pas d’insuline.
Le programme reposait d’abord sur l’alimentation : arrêt des médicaments du diabète et de la tension, remplacement complet des repas par une formule de 825 à 853 kilocalories par jour pendant trois à cinq mois, réintroduction progressive des aliments, puis un accompagnement structuré pour maintenir la perte de poids. Ce n’est donc pas un essai d’exercice.
À un an, 46 % des participants du groupe d’intervention étaient en rémission. À deux ans, selon les résultats publiés en 2019 dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, 36 % l’étaient encore, contre 3 % dans le groupe témoin. Parmi les participants qui avaient maintenu une perte d’au moins 10 kilos, 64 % étaient en rémission. Les auteurs concluent que la rémission durable était liée à l’ampleur de la perte de poids maintenue.
14. Look AHEAD : ce que l’essai n’a pas montré
L’essai américain Look AHEAD, publié en 2013 dans le New England Journal of Medicine, a suivi 5 145 personnes en surpoids ou obèses atteintes de diabète de type 2, dans 16 centres. La moitié a suivi un programme intensif visant une perte de poids par une baisse des apports caloriques et davantage d’activité physique ; l’autre moitié a reçu un soutien et une information sur le diabète.
La perte de poids était plus importante dans le groupe d’intervention : 8,6 % contre 0,7 % à un an, et 6,0 % contre 3,5 % à la fin de l’étude. Le programme a aussi fait davantage baisser l’HbA1c et a d’abord mieux amélioré la condition physique et tous les facteurs de risque cardiovasculaire, sauf le cholestérol LDL.
Mais l’essai a été arrêté plus tôt que prévu, après un suivi médian de 9,6 ans, parce qu’il ne montrait pas de baisse des événements cardiovasculaires : décès cardiovasculaires, infarctus, accidents vasculaires cérébraux ou hospitalisations pour angine de poitrine. Ce résultat rappelle qu’un bénéfice sur les marqueurs ne se traduit pas toujours, dans un essai, par moins d’événements graves.
15. L’hypertension : ce que fait l’entraînement
Côté tension, la méta-analyse publiée en 2013 dans le Journal of the American Heart Association par Cornelissen et Smart a réuni 93 essais d’au moins quatre semaines chez des adultes, soit 5 223 participants.
La tension systolique baissait de 3,5 mmHg en moyenne après un entraînement d’endurance, de 1,8 mmHg après un renforcement musculaire dynamique et de 10,9 mmHg après un renforcement isométrique, c’est-à-dire en contraction statique, mais pas de façon significative après un entraînement combiné. La tension diastolique baissait après les quatre formes d’entraînement, de 2,2 à 6,2 mmHg selon le cas.
Les auteurs concluent que l’endurance, le renforcement dynamique et le renforcement isométrique font baisser les deux chiffres de la tension, et que l’entraînement combiné ne fait baisser que la diastolique. Ils précisent que les données sur le renforcement isométrique venaient d’un petit nombre d’études.
16. 270 essais : l’intérêt de l’exercice isométrique
Dix ans plus tard, une méta-analyse en réseau publiée en 2023 dans le British Journal of Sports Medicine par Edwards et ses collègues a réuni 270 essais randomisés publiés entre 1990 et 2023, soit 15 827 participants. Elle portait sur toutes les formes d’entraînement d’au moins deux semaines, comparées à un groupe sans intervention.
L’entraînement d’endurance faisait baisser la tension au repos de 4,49 mmHg pour la systolique et de 2,53 mmHg pour la diastolique en moyenne. Les auteurs concluent que différentes formes d’entraînement améliorent la tension au repos, en particulier l’exercice isométrique, et que leurs résultats devraient éclairer les futures recommandations pour prévenir et traiter l’hypertension.
17. L’exercice face aux médicaments : une comparaison indirecte
Une méta-analyse en réseau publiée en 2019 dans le British Journal of Sports Medicine par Naci et ses collègues a tenté de comparer l’exercice et les médicaments contre l’hypertension. Elle a réuni 391 essais : 197 sur l’exercice, soit 10 461 participants, et 194 sur les médicaments, soit 29 281 participants. Aucun essai ne comparait directement les deux.
Toutes populations confondues, les médicaments faisaient davantage baisser la tension systolique que l’exercice, d’environ 4 mmHg. Chez les personnes hypertendues, les auteurs n’ont pas détecté de différence entre plusieurs classes de médicaments et l’exercice d’endurance ou de renforcement dynamique. Mais seuls 56 essais d’exercice portaient sur des personnes hypertendues, et le risque de biais était plus élevé dans les essais d’exercice.
Les auteurs concluent que l’effet de l’exercice sur la tension reste peu étudié chez les personnes hypertendues, et que l’application de leurs résultats à la pratique courante doit encore être évaluée. Cette étude ne dit pas que l’exercice peut remplacer un traitement : un traitement prescrit ne s’arrête ni ne se modifie sans l’avis du médecin.
18. En France : l’activité physique adaptée sur prescription
En France, l’article L1172-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, prévoit que, dans le cadre du parcours de soins, le médecin peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient.
Ce droit vaut pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée ou d’une maladie chronique, pour celles qui présentent des facteurs de risque et pour les personnes en perte d’autonomie. L’article D1172-1-1 cite notamment, parmi les facteurs de risque, le surpoids, l’obésité, l’hypertension artérielle et la sédentarité.
Selon l’article D1172-2, le médecin prescrit avec l’accord du patient, au vu de sa pathologie, de sa situation, de ses capacités physiques et du risque médical. L’article D1172-5 prévoit qu’au début de la prise en charge, la personne qualifiée établit un bilan de la condition physique, des capacités fonctionnelles et de la motivation, qui sert à définir le programme : type d’activité, intensité, fréquence, nombre de séances ou durée.
19. Avant de commencer : un avis médical
Le consensus de l’American College of Sports Medicine souligne que, chez les personnes atteintes de diabète de type 2 qui ont des complications aiguës ou chroniques, toute activité peut demander des adaptations pour être pratiquée en sécurité et avec efficacité. Il aborde aussi les obstacles à la pratique et les inégalités d’accès à l’activité physique.
Pour l’hypertension, l’OMS indique que les personnes dont la tension est très élevée, en général 180/120 ou plus, peuvent ressentir des maux de tête sévères, une douleur dans la poitrine, des vertiges, une difficulté à respirer ou des troubles de la vision. En présence de ces symptômes et d’une tension élevée, elle recommande de consulter immédiatement.
La Rédaction Magicfit le rappelle : cet article informe, il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l’avis d’un médecin. Avant de reprendre une activité avec un diabète ou une hypertension, parlez-en à votre médecin traitant ; il peut aussi vous prescrire une activité physique adaptée. Ne modifiez jamais un traitement sans son avis.
20. Ce que l’on peut retenir
Le diabète de type 2 et l’hypertension sont fréquents et peuvent rester longtemps sans symptômes : seul un dépistage les révèle. L’inactivité physique figure, pour l’OMS, parmi leurs facteurs de risque modifiables.
Chez des personnes à risque, des programmes associant activité physique, alimentation et perte de poids ont réduit l’apparition du diabète. Chez les personnes diabétiques, l’entraînement structuré, en endurance, en renforcement ou les deux, est associé à une baisse de l’HbA1c, plus marquée au-delà de 150 minutes par semaine et quand les séances sont encadrées. Les simples conseils d’activité, sans alimentation, n’étaient pas associés à un changement.
La rémission du diabète a une définition précise ; dans l’essai DiRECT, elle reposait sur une perte de poids importante obtenue par l’alimentation. Pour la tension, l’endurance, le renforcement dynamique et l’exercice isométrique font baisser les chiffres de quelques mmHg en moyenne. Dans tous les cas, la démarche commence chez le médecin.
FAQ — Activité physique, diabète et hypertension
Sources
- Organisation mondiale de la santé Diabetes (fiche, mise à jour le 14 novembre 2024). page lue le 29 octobre 2026. who.int/news-room/fact-sheets/detail/diabetes
- Organisation mondiale de la santé Hypertension (fiche, mise à jour le 25 septembre 2025). page lue le 29 octobre 2026. who.int/news-room/fact-sheets/detail/hypertension
- Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955
- Kanaley JA et coll. Exercise/Physical Activity in Individuals with Type 2 Diabetes: A Consensus Statement from the American College of Sports Medicine. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2022 (résumé). doi.org/10.1249/MSS.0000000000002800
- Tuomilehto J et coll. Prevention of type 2 diabetes mellitus by changes in lifestyle among subjects with impaired glucose tolerance. New England Journal of Medicine, 2001 (résumé). doi.org/10.1056/NEJM200105033441801
- Knowler WC et coll. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin. New England Journal of Medicine, 2002 (résumé). doi.org/10.1056/NEJMoa012512
- Umpierre D et coll. Physical activity advice only or structured exercise training and association with HbA1c levels in type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis. JAMA, 2011 (résumé). doi.org/10.1001/jama.2011.576
- Pan B et coll. Exercise training modalities in patients with type 2 diabetes mellitus: a systematic review and network meta-analysis. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2018 (résumé). doi.org/10.1186/s12966-018-0703-3
- Dempsey PC et coll. Benefits for Type 2 Diabetes of Interrupting Prolonged Sitting With Brief Bouts of Light Walking or Simple Resistance Activities. Diabetes Care, 2016 (résumé). doi.org/10.2337/dc15-2336
- Riddle MC et coll. Consensus Report: Definition and Interpretation of Remission in Type 2 Diabetes. Diabetes Care, 2021 (résumé). doi.org/10.2337/dci21-0034
- Lean ME et coll. Primary care-led weight management for remission of type 2 diabetes (DiRECT): an open-label, cluster-randomised trial. The Lancet, 2018 (résumé). doi.org/10.1016/S0140-6736(17)33102-1
- Lean MEJ et coll. Durability of a primary care-led weight-management intervention for remission of type 2 diabetes: 2-year results of the DiRECT open-label, cluster-randomised trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2019 (résumé). doi.org/10.1016/S2213-8587(19)30068-3
- Look AHEAD Research Group Cardiovascular effects of intensive lifestyle intervention in type 2 diabetes. New England Journal of Medicine, 2013 (résumé). doi.org/10.1056/NEJMoa1212914
- Cornelissen VA, Smart NA. Exercise training for blood pressure: a systematic review and meta-analysis. Journal of the American Heart Association, 2013 (résumé). doi.org/10.1161/JAHA.112.004473
- Edwards JJ et coll. Exercise training and resting blood pressure: a large-scale pairwise and network meta-analysis of randomised controlled trials. British Journal of Sports Medicine, 2023 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2022-106503
- Naci H et coll. How does exercise treatment compare with antihypertensive medications? A network meta-analysis of 391 randomised controlled trials assessing exercise and medication effects on systolic blood pressure. British Journal of Sports Medicine, 2019 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2018-099921
- Code de la santé publique articles L1172-1, D1172-1-1, D1172-2 et D1172-5. textes en vigueur lus le 29 octobre 2026 dans la compilation codes.droit.org (mise à jour du 16 octobre 2026) ; seul Légifrance fait foi. codes.droit.org/PDF/Code%20de%20la%20sant%C3%A9%20publique.pdf
Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les fiches et lignes directrices de l’OMS et le code de la santé publique, dans leur texte intégral.
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