Sédentarité = tabac Calculez votre vrai risque

Temps assis, pas, activité : ce que mesurent les études

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 11 min · 📅 Publié le 21 avril 2026

🔬 Science du Sport · Sédentarité

📊 Temps assis, pas quotidiens, activité : ce que mesurent les études

Rester assis longtemps, marcher peu, bouger peu : trois comportements que la recherche mesure séparément, avec des résultats précis. Cet article ne garde que ce que disent les études elles-mêmes — leurs effectifs, leurs seuils et leurs limites — et laisse de côté les slogans. Le calculateur placé plus bas situe vos propres chiffres au regard de ces travaux.

À noter : cet article informe, il ne remplace pas un avis médical. Avant de reprendre ou d’intensifier une activité physique, parlez-en à un médecin si vous êtes inactif depuis longtemps, si vous avez une maladie chronique, cardiaque ou articulaire, ou si un symptôme vous inquiète (douleur thoracique, essoufflement inhabituel, malaise).

Sédentarité et inactivité : deux choses différentes

Les deux mots sont souvent confondus. L’inactivité physique désigne le fait de ne pas atteindre les repères d’activité recommandés. La sédentarité, ou comportement sédentaire, désigne le temps passé assis ou allongé éveillé, avec très peu de dépense d’énergie : au bureau, dans les transports, devant un écran. On peut donc être actif au sens des recommandations et très sédentaire à la fois, si l’on fait du sport plusieurs fois par semaine mais que l’on reste assis le reste de la journée.

Cette distinction n’est pas un détail de vocabulaire. Les études qui suivent mesurent tantôt l’un, tantôt l’autre, tantôt les deux ensemble, et leurs résultats ne se lisent correctement qu’à cette condition. Elle explique aussi pourquoi les recommandations de santé publique parlent désormais de deux choses : bouger davantage, et passer moins de temps assis.

Les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé publiées en 2020 vont dans ce sens. Pour les adultes, elles recommandent 150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité vigoureuse, ou une combinaison équivalente, ainsi que des activités de renforcement musculaire. Elles recommandent aussi, à tous les âges, de réduire le temps sédentaire, tout en reconnaissant que les données ne suffisent pas encore pour fixer un seuil chiffré de temps assis à ne pas dépasser (Bull et coll., 2020).

L’inactivité physique dans le monde : l’étude de référence de 2012

En 2012, The Lancet a publié une estimation, pays par pays, de la part des grandes maladies non transmissibles attribuable à l’inactivité physique (Lee et coll., 2012). Les auteurs ont utilisé des hypothèses qu’ils qualifient eux-mêmes de prudentes, et calculé ce qui pourrait être évité si les personnes inactives devenaient actives.

Ce qui est attribué à l’inactivité physique Part estimée, au niveau mondial
Maladie coronarienne 6 %
Diabète de type 2 7 %
Cancer du sein 10 %
Cancer du côlon 10 %
Mortalité prématurée 9 %, soit plus de 5,3 millions des 57 millions de décès survenus en 2008

Source : Lee IM et coll., The Lancet, 2012. Les parts varient selon les régions du monde.

La même étude estime que supprimer l’inactivité physique allongerait l’espérance de vie de la population mondiale de 0,68 an en moyenne (fourchette de 0,41 à 0,95 an). C’est une moyenne sur l’ensemble de la population mondiale, inactifs et actifs confondus : elle ne dit pas ce que gagnerait une personne donnée, et ne doit pas être lue comme une promesse individuelle.

Les auteurs ajoutent un point souvent oublié : même sans supprimer l’inactivité, la réduire d’un dixième ou d’un quart éviterait déjà un grand nombre de décès chaque année. Autrement dit, les gains ne sont pas réservés à ceux qui atteignent un niveau sportif élevé ; ils commencent avec les premiers pas hors de l’inactivité.

Le temps assis : ce que mesurent les méta-analyses

Biswas 2015 : un risque indépendant de l’activité

En 2015, une revue systématique publiée dans les Annals of Internal Medicine a réuni 47 articles qui étudiaient le temps sédentaire chez l’adulte en tenant compte de l’activité physique (Biswas et coll., 2015). Le temps assis prolongé y est associé, indépendamment de l’activité, à un risque plus élevé de décès toutes causes (rapport de risque de 1,24), de décès cardiovasculaire (1,18), de décès par cancer (1,17) et de diabète de type 2 (1,91).

Deux précisions comptent pour lire ces chiffres. D’abord, presque toutes les études réunies mesuraient le temps assis par questionnaire, c’est-à-dire tel que les participants le déclaraient, ce qui est moins précis qu’une mesure par capteur. Ensuite, les auteurs observent que l’association est en général plus marquée chez les personnes peu actives que chez les plus actives : l’activité physique semble en atténuer une partie.

Ekelund 2020 : ce que montrent les capteurs

Pour dépasser la limite des questionnaires, une méta-analyse harmonisée publiée dans le British Journal of Sports Medicine a réuni neuf cohortes de quatre pays où l’activité et le temps assis étaient mesurés par accéléromètre (Ekelund et coll., 2020). Elle porte sur 44 370 personnes suivies de 4 à 14,5 ans, parmi lesquelles 3 451 sont décédées pendant le suivi.

Dans ces cohortes, le temps sédentaire moyen allait de 8,5 à 10,5 heures par jour, et l’activité modérée à vigoureuse de 8 à 35 minutes par jour. Les résultats dessinent une interaction nette entre les deux :

  • chez les personnes du tiers le plus actif, le risque de décès n’était pas statistiquement différent de celui du groupe de référence, même dans le tiers qui passait le plus de temps assis ;
  • chez les personnes du tiers le moins actif, le risque était plus élevé quel que soit le temps assis : de 65 % dans les deux premiers tiers de temps assis, et multiplié par plus de trois et demi (+263 %) dans le tiers le plus assis.

La conclusion des auteurs : environ 30 à 40 minutes par jour d’activité modérée à vigoureuse atténuent l’association entre temps assis et risque de décès — un volume inférieur aux estimations tirées auparavant des questionnaires. Le mot choisi est important : atténuer, et non annuler ou compenser à coup sûr.

Diaz 2017 : la façon dont le temps assis s’accumule

Une autre question est de savoir si la manière de rester assis compte, et pas seulement la durée totale. Une cohorte américaine de 7 985 adultes de 45 ans et plus, équipés d’un accéléromètre à la hanche, l’a étudiée (Diaz et coll., Annals of Internal Medicine, 2017). Sur un suivi médian de 4 ans, 340 participants sont décédés.

Le temps sédentaire total et la durée moyenne des périodes assises sans interruption étaient tous deux associés à la mortalité, en tenant compte de l’activité modérée à vigoureuse. Pour le quart des participants le plus sédentaire, le rapport de risque était de 2,63 ; pour le quart dont les périodes assises duraient le plus longtemps, de 1,96. Le risque le plus élevé concernait les personnes cumulant un temps assis élevé (12,5 heures par jour ou plus) et des périodes longues (10 minutes ou plus d’affilée). Les auteurs en concluent que les recommandations devraient viser à la fois à réduire le temps assis et à l’interrompre.

En France : le seuil de 8,6 heures assis par jour

En 2022, une équipe française a estimé pour la première fois le poids sanitaire et économique des comportements sédentaires prolongés dans le pays (Racine et coll., European Journal of Public Health, 2022). Elle s’appuie sur des rapports de risque issus d’une méta-analyse fondée sur des accéléromètres et sur les données de l’enquête nationale INCA 3.

Temps assis par jour Rapport de risque de décès prématuré retenu
8,6 heures 1,28
9,6 heures 1,71
10,8 heures ou plus 2,63

Source : Racine et coll., European Journal of Public Health, 2022, tableau 1 (rapports de risque tirés d’une méta-analyse d’Ekelund et coll. fondée sur des accéléromètres).

Selon cette étude, environ un adulte sur quatre en France (24,9 %) dépasse 8,6 heures assis par jour, le seuil retenu pour un risque élevé de décès prématuré. Les auteurs estiment que 51 193 décès prématurés par an (intervalle de 35 317 à 63 699) sont liés à ce temps assis prolongé, et que celui-ci coûte chaque année 494 millions d’euros à l’Assurance maladie ; en ajoutant les pertes de productivité, le coût total dépassait un milliard d’euros en 2016.

Comme toute estimation de ce type, elle repose sur des hypothèses : seules quelques maladies sont prises en compte, et le lien entre temps assis et décès est une association statistique, transposée à la population française. Les ordres de grandeur sont solides, les chiffres précis doivent être lus avec la marge d’incertitude que les auteurs donnent eux-mêmes.

Les pas quotidiens : la méta-analyse de 2022

Compter ses pas est devenu courant avec les téléphones et les montres. En 2022, The Lancet Public Health a publié une méta-analyse de 15 cohortes internationales, totalisant 47 471 adultes, dont 3 013 sont décédés sur un suivi médian de 7,1 ans (Paluch et coll., 2022). Les participants ont été répartis en quatre groupes, du moins au plus actif.

Groupe Pas par jour (médiane du groupe) Risque de décès, par rapport au groupe le moins actif
1er quart 3 553 référence
2e quart 5 801 −40 % (rapport de risque 0,60)
3e quart 7 842 −45 % (0,55)
4e quart 10 901 −53 % (0,47)

Source : Paluch AE et coll., The Lancet Public Health, 2022.

Il n’y a donc pas de seuil unique à partir duquel la protection apparaîtrait d’un coup : le risque baisse progressivement avec le nombre de pas, puis se stabilise. Chez les adultes de 60 ans et plus, la baisse se poursuit jusqu’à environ 6 000 à 8 000 pas par jour ; chez les moins de 60 ans, jusqu’à environ 8 000 à 10 000 pas. Le passage du groupe le moins actif au groupe suivant est déjà associé à un écart important.

Ce résultat a une conséquence pratique rassurante pour les personnes qui marchent peu : l’objectif utile n’est pas forcément un chiffre rond et lointain, mais de sortir progressivement du groupe le moins actif. Il rappelle aussi que l’âge compte, puisque le plateau n’apparaît pas au même niveau avant et après 60 ans.

Ce que ces études ne disent pas

Ces travaux sont des études d’observation : ils montrent des associations entre comportements et risques, mesurées sur de grandes populations, en tenant compte de nombreux facteurs. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, qu’un changement de comportement produira exactement l’effet observé chez une personne donnée. Les rapports de risque décrivent des moyennes, avec des marges d’incertitude.

Ils ne permettent pas non plus de calculer une « espérance de vie personnelle » ou un « risque réel » individuel. Le calculateur ci-dessous ne le fait pas : il situe vos réponses par rapport aux repères et aux seuils de ces études, ce qui est différent d’un pronostic. Pour une évaluation de votre santé, l’interlocuteur reste votre médecin.

Enfin, comparer la sédentarité à d’autres facteurs de risque par un chiffre unique n’a pas grand sens : les études ne mesurent ni les mêmes populations, ni les mêmes durées, ni les mêmes expositions. Les résultats ci-dessus se suffisent à eux-mêmes.

🧮 Vos pas, votre temps assis et votre activité, au regard des études lues

Situez vos pas quotidiens dans la fourchette de Paluch 2022 selon votre âge, votre temps assis par rapport au seuil de 8,6 heures de Racine 2022, et votre activité modérée à vigoureuse par rapport aux 30 à 40 minutes d’Ekelund 2020. Le calculateur ne donne ni risque personnel ni espérance de vie.

Sédentarité

Vos pas, votre temps assis et votre activité, au regard des études lues

Ce que disent vraiment les études sur la marche et le temps assis, sans risque personnel inventé

Le compteur de votre téléphone ou de votre montre.

Travail, trajets, écrans et repas compris.

Marche rapide, vélo, sport…

Recevoir ce résultat

Vos repères vous seront envoyés par e-mail en PDF. Vos réponses et le PDF ne sont pas conservés après l’envoi.

Cet outil situe vos réponses par rapport à des études lues. Il ne calcule aucun risque personnel, ne compare pas le tabac en chiffres et ne remplace pas l’avis d’un médecin.

Sources : Paluch AE et al., Lancet Public Health 2022;7:e219-e228. Ekelund U et al., BJSM 2020;54:1499-1506. Lee IM et al., Lancet 2012;380:219-229. Racine et coll., Eur J Public Health 2022;32(Suppl 1):i3-i7. Vos réponses ne sont pas conservées.

Ce que l’on peut en tirer au quotidien

Marcher un peu plus

La méta-analyse de Paluch montre une baisse progressive du risque avec le nombre de pas. Pour une personne qui marche peu, ajouter de la marche dans la journée — trajets, pauses, escaliers — fait passer d’un groupe à l’autre, ce qui est associé aux écarts les plus nets.

Interrompre le temps assis

L’étude de Diaz associe les longues périodes assises sans interruption à un risque plus élevé, indépendamment du temps total. Se lever régulièrement, marcher quelques minutes, prendre un appel debout sont des moyens simples de couper ces périodes, sans matériel.

Viser les repères d’activité

Les repères de l’OMS — 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité vigoureuse, avec du renforcement musculaire — restent la base. Chez Ekelund, environ 30 à 40 minutes par jour d’activité modérée à vigoureuse atténuent l’association entre temps assis et décès. Un cadre régulier, des horaires fixes et un encadrement aident beaucoup de personnes à tenir ces volumes dans la durée.

Progresser par étapes

Aucune de ces études ne demande de tout changer d’un coup. Les gains observés commencent avec les premiers changements, et la régularité compte davantage qu’un effort ponctuel. En cas de maladie chronique ou de reprise après une longue période d’inactivité, un avis médical permet d’adapter le rythme.

L’essentiel

  • Sédentarité et inactivité sont deux choses différentes : on peut être actif et rester assis très longtemps.
  • Le temps assis prolongé est associé à un risque plus élevé, de façon plus marquée chez les personnes peu actives (Biswas 2015, Ekelund 2020).
  • Chez les plus actifs, mesurés par capteur, l’excès de risque lié au temps assis n’est pas statistiquement significatif ; 30 à 40 minutes par jour d’activité modérée à vigoureuse atténuent l’association (Ekelund 2020).
  • Le nombre de pas : le risque baisse progressivement jusqu’à 6 000 à 8 000 pas par jour après 60 ans, 8 000 à 10 000 avant (Paluch 2022).
  • Les longues périodes assises sans interruption comptent aussi (Diaz 2017).
  • En France, environ un adulte sur quatre dépasse 8,6 heures assis par jour (Racine 2022).

📚 Sources

Sources vérifiées le 16/10/2026 par la Rédaction Magicfit : résumés lus, et texte intégral pour Racine et coll. 2022.

FAQ — Temps assis, pas et activité

Quelle différence entre sédentarité et inactivité physique ?
L’inactivité physique, c’est ne pas atteindre les repères d’activité recommandés. La sédentarité, c’est le temps passé assis ou allongé éveillé, avec très peu de dépense d’énergie. Une personne peut faire du sport plusieurs fois par semaine et rester très sédentaire le reste du temps.
Le sport efface-t-il les effets d'une journée assise ?
Pas forcément, mais il les réduit. Dans la méta-analyse d’Ekelund (2020), fondée sur des accéléromètres, environ 30 à 40 minutes par jour d’activité modérée à vigoureuse atténuent l’association entre temps assis et risque de décès ; chez les personnes du tiers le plus actif, l’excès de risque n’était pas statistiquement significatif.
Combien de pas par jour viser ?
Il n’y a pas de seuil unique. Dans la méta-analyse de Paluch (2022), le risque de décès baisse progressivement avec le nombre de pas, jusqu’à environ 6 000 à 8 000 pas par jour chez les 60 ans et plus, et 8 000 à 10 000 chez les moins de 60 ans.
Faut-il interrompre le temps assis ?
Oui, c’est ce que suggère l’étude de Diaz (2017) : la durée des périodes assises sans interruption est associée au risque, en plus du temps assis total. Se lever et marcher quelques minutes régulièrement est un moyen simple de les couper.
Combien de Français restent assis plus de 8,6 heures par jour ?
Selon Racine et coll. (2022), environ un adulte sur quatre en France (24,9 %) dépasse ce seuil, retenu pour un risque élevé de décès prématuré.
Le calculateur donne-t-il mon risque personnel ?
Non. Il situe vos réponses par rapport aux repères et aux seuils des études citées. Il ne donne ni risque personnel, ni espérance de vie, et ne remplace pas un avis médical.

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Rédigé par

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