Sédentarité en France le vrai coût caché pour les entreprises et la Sécurité sociale

Sédentarité en France : le vrai coût caché pour les entreprises et la Sécurité sociale

✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 16 min · 📅 Publié le 27 février 2026

Investigation · Sédentarité · Santé au travail · Coût pour la collectivité · Ce que disent les sources

Combien la sédentarité coûte-t-elle aux entreprises et à la Sécurité sociale ? On lit souvent des montants précis par salarié, des retours sur investissement du sport en entreprise et des parts d’arrêts maladie, attribués à des organismes connus. Nous n’avons pas pu lire les études qui les donneraient, et certaines n’existent peut-être pas sous la forme citée. Ce que l’on peut dire avec des sources lues est plus prudent, mais solide : une estimation publiée du coût de la sédentarité en France, ce que disent les essais sur l’activité physique au travail, et ce que le code du travail demande aux employeurs.

Une précision de méthode. Cet article ne cite que des sources que nous avons lues : les résumés publiés des études citées, les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé de 2020, une page du cabinet Ayming sur son baromètre de l’absentéisme, et les articles du code du travail cités, dans la compilation codes.droit.org. Les coûts par salarié sédentaire, les retours sur investissement chiffrés, les parts de troubles musculo-squelettiques dans les arrêts et les comparaisons d’absentéisme entre pays qui circulent sans source ne sont pas repris.

Une précision de transparence. Magicfit est un réseau de clubs de sport en licence de marque. Cet article est une synthèse documentaire ; il ne constitue pas un conseil en ressources humaines et ne promet aucun résultat, ni pour la santé des salariés ni pour les comptes d’une entreprise.

1. Sédentarité et inactivité : deux notions différentes

On confond souvent sédentarité et manque d’activité physique. La sédentarité désigne le temps passé assis ou allongé en étant éveillé, avec une très faible dépense d’énergie : au bureau, devant un écran, en voiture. L’inactivité physique, elle, désigne le fait de ne pas atteindre les niveaux d’activité recommandés. Une personne peut faire du sport trois fois par semaine et rester très sédentaire le reste du temps.

Les recommandations de l’OMS de 2020, présentées par Bull et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine, traitent les deux. Elles proposent aux adultes de 150 à 300 minutes par semaine d’activité modérée, ou de 75 à 150 minutes d’activité soutenue, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Et elles conseillent de limiter le temps de sédentarité, en le remplaçant par une activité de n’importe quelle intensité, même légère.

2. Ce que coûte la sédentarité en France

La seule estimation française publiée que nous ayons lue est celle de Noël Racine et de ses collègues, parue en 2022 dans l’European Journal of Public Health. Les auteurs ont calculé, à partir du temps de sédentarité de la population et des risques relatifs connus, la part des maladies cardiovasculaires, des cancers du côlon et du sein, et des décès prématurés qui peut être attribuée à une sédentarité prolongée.

Selon leur estimation, 51 193 décès prématurés par an en France apparaissent liés à un temps de sédentarité quotidien prolongé. Chaque année, la sédentarité prolongée coûterait 494 millions d’euros à l’Assurance maladie. Les pertes de production dues aux décès prématurés atteindraient 507 millions d’euros par an, et celles dues aux maladies entre 43 et 147 millions d’euros.

Ces montants reposent sur un modèle et sur la méthode dite des coûts de friction, qui ne compte la perte de production que le temps de remplacer la personne absente. Ils ne disent rien d’un coût « par salarié » pour une entreprise donnée. Les auteurs concluent que des économies importantes et de nombreux décès pourraient être évités en réduisant la sédentarité, avec des mesures complémentaires de la promotion de l’activité physique.

3. Le coût de l’inaction, à l’échelle mondiale

Une étude publiée en 2023 dans The Lancet Global Health par Santos et ses collègues, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé, a estimé que, si la prévalence de l’inactivité physique ne change pas, 499,2 millions de nouveaux cas de maladies non transmissibles évitables surviendraient dans le monde d’ici 2030, pour un coût direct de soins d’environ 47,6 milliards de dollars internationaux par an. Les pays à revenu élevé, comme la France, supporteraient 63 % de ces coûts. Il s’agit de dépenses de soins, pas de pertes de production : elles s’ajoutent aux coûts estimés pour la France par Noël Racine et ses collègues.

4. La part des décès liée à l’inactivité

Une étude publiée en 2022 dans le British Journal of Sports Medicine par Katzmarzyk et ses collègues a estimé, pour 168 pays, que 7,2 % des décès toutes causes et 7,6 % des décès cardiovasculaires dans le monde seraient attribuables à l’inactivité physique, de 1,6 % des cas d’hypertension à 8,1 % des démences. Cette part était plus de deux fois plus élevée dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu. L’inactivité pèse donc particulièrement sur les pays où le travail est devenu sédentaire.

5. Le temps assis des Français

Les enquêtes nationales de santé publique permettent de mesurer l’ampleur du phénomène. Selon une étude publiée en 2022 par Verdot et ses collègues de Santé publique France, à partir de l’étude Esteban menée en 2014-2016, 80 % des adultes déclaraient au moins trois heures par jour d’écran pendant leurs loisirs, une proportion en forte hausse depuis 2006-2007. Dans le même temps, 71 % des hommes et 53 % des femmes atteignaient les recommandations d’activité physique alors utilisées, et l’activité avait baissé chez les femmes.

Ces chiffres portent sur les loisirs : ils ne comptent pas le temps assis au travail, qui s’y ajoute pour beaucoup de salariés. Une analyse de la même enquête, publiée en 2025 par Bouchan et ses collègues, montre que le profil associant peu d’activité physique de loisir et beaucoup d’écrans était le plus fréquent chez les femmes, 61,7 %, et concernait 39,9 % des hommes. Chez les unes comme chez les autres, ce profil était associé à un risque d’obésité plus élevé.

6. L’absentéisme : ce que l’on peut citer

L’absentéisme en France est suivi notamment par des baromètres de cabinets privés. Selon la page de présentation du 17e baromètre de l’absentéisme et de l’engagement du cabinet Ayming, publiée en 2025, les salariés français se sont absentés en moyenne 23,3 jours en 2024, soit 11 jours de plus qu’il y a onze ans. Cette édition s’appuie sur une enquête réalisée avec OpinionWay auprès de 1 000 professionnels des ressources humaines du secteur privé.

Ce chiffre porte sur toutes les absences, quelles qu’en soient les causes. Nous n’avons trouvé aucune source lue qui attribue une part précise de cet absentéisme à la sédentarité ou à l’inactivité physique. Il serait donc trompeur de multiplier ces jours par un salaire pour en déduire un « coût de la sédentarité ».

7. Rester assis moins longtemps au travail

Une revue Cochrane publiée en 2018 par Shrestha et ses collègues a évalué les interventions destinées à réduire le temps assis au travail. Elle a réuni 34 études, soit 3 397 participants, toutes menées dans des pays à revenu élevé : changements de l’espace de travail, changements de règles, information et conseil, interventions combinées.

Les bureaux assis-debout, seuls ou associés à de l’information, réduisaient le temps assis au travail de 100 minutes par jour en moyenne à court terme, jusqu’à trois mois, par rapport aux bureaux classiques ; à moyen terme, de trois à douze mois, la réduction moyenne était de 57 minutes par jour dans deux études. La qualité des preuves était jugée faible. Les auteurs n’ont trouvé aucune étude sur les réunions debout ou en marchant. Ils notent aussi qu’aucune donnée ne porte sur les effets des bureaux assis-debout au-delà d’un an.

La même revue apporte d’autres résultats, tous de qualité de preuve faible ou très faible. Avec les bureaux assis-debout, le temps assis total, au travail et en dehors, baissait aussi d’environ 82 minutes par jour dans deux études. Les bureaux debout et les bureaux assis-debout ne différaient pas de façon significative. Les postes actifs, comme les bureaux avec tapis de marche ou pédalier, avaient des effets incertains. Les stratégies de marche n’avaient pas d’effet significatif sur le temps assis au travail.

Des pauses courtes, d’une à deux minutes toutes les demi-heures, réduisaient en revanche le temps assis d’environ 40 minutes par jour par rapport à deux longues pauses de quinze minutes, dans une étude. L’information et le conseil n’avaient pas d’effet significatif à court terme, mais une réduction d’environ 28 minutes par jour apparaissait à moyen terme. Les rappels sur ordinateur, associés à de l’information, réduisaient à moyen terme le temps assis d’environ 55 minutes par jour dans une étude, et la durée des longues périodes assises.

Réduire le temps assis ne remplace pas l’activité physique, mais c’est une mesure à la portée de l’entreprise, qui touche directement le poste de travail.

8. L’activité physique au travail : des effets réels, mais modestes

Une méta-analyse publiée en 2025 dans le Journal of Occupational Health Psychology par Nath et ses collègues a réuni 80 essais contrôlés randomisés sur les programmes d’activité physique proposés sur le lieu de travail. Elle trouve des effets favorables, petits à moyens : moins de plaintes de santé mentale, moins de plaintes de santé physique, et de meilleurs résultats pour l’organisation, comme l’absentéisme, la satisfaction au travail et la productivité.

Les programmes associant le corps et l’esprit, par exemple avec des exercices de pleine conscience, étaient plus efficaces que les programmes uniquement physiques. Les programmes en groupe étaient associés à une meilleure assiduité. Et plus les salariés utilisaient le programme, plus les bénéfices étaient grands. Les auteurs invitent toutefois à la prudence, en raison de la grande variété des études et de biais possibles.

9. Le mal de dos : l’exercice protège

Le mal de dos est l’un des problèmes de santé les plus fréquents au travail. Une méta-analyse publiée en 2016 dans JAMA Internal Medicine par Steffens et ses collègues a réuni 21 essais et 30 850 participants sur la prévention de la lombalgie.

Les preuves de qualité moyenne montraient que l’exercice associé à de l’éducation réduisait le risque d’un épisode de lombalgie d’environ 45 % (risque relatif de 0,55), sans effet démontré sur les arrêts de travail. L’exercice seul pourrait réduire à la fois les épisodes et les arrêts, mais avec des preuves de qualité faible à très faible. Selon les chiffres publiés, l’exercice seul était associé à un risque relatif de 0,65 pour un épisode de lombalgie et de 0,22 pour un arrêt de travail. L’éducation seule, les ceintures lombaires et les semelles ne semblaient pas prévenir la lombalgie : leurs risques relatifs étaient proches de 1 (1,03 pour l’éducation, 1,01 pour les ceintures et pour les semelles). Les auteurs concluent que l’on ne sait pas si l’éducation, la formation ou les aménagements ergonomiques préviennent les arrêts de travail, faute de preuves de qualité suffisante.

Pour des personnes qui souffrent déjà d’une lombalgie non aiguë, une méta-analyse plus ancienne, publiée en 2004 par Kool et ses collègues sur 14 essais, concluait que l’exercice réduit les jours d’arrêt pendant la première année de suivi, avec un effet de taille modeste. L’effet était un peu plus marqué chez les patients les plus handicapés, ceux qui comptaient plus de 90 jours d’arrêt avec les soins habituels ; en revanche, l’effet sur le nombre de patients recevant une pension d’invalidité était faible et non significatif.

10. Les troubles musculo-squelettiques au bureau

Les troubles musculo-squelettiques regroupent les douleurs et lésions des muscles, des tendons et des articulations, souvent liées aux postures et aux gestes répétés. Une revue systématique publiée en 2022 dans BMJ Open par Tersa-Miralles et ses collègues a examiné sept essais, soit 967 employés de bureau souffrant de ces troubles. Tous concluaient que les exercices pratiqués au travail réduisaient les troubles et la douleur ; mais six des sept présentaient un risque de biais élevé, et les auteurs estiment qu’aucune conclusion ferme ne peut être tirée.

Une autre revue, publiée en 2025 dans Atención Primaria par Macías-Toronjo et ses collègues sur 24 essais, trouve que des exercices ciblant la nuque, les épaules et les membres supérieurs, en particulier de renforcement, sont efficaces pour prévenir la douleur et la survenue de ces troubles au travail, et que des exercices ciblant le bas du dos pourraient avoir un effet préventif.

11. Ce que le code du travail demande à l’employeur

En France, la prévention n’est pas facultative. Selon l’article L4121-1 du code du travail, l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs : actions de prévention des risques professionnels, actions d’information et de formation, organisation et moyens adaptés.

L’article L4121-2 fixe les principes généraux de prévention : éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent être évités, les combattre à la source, adapter le travail à l’homme, notamment dans la conception des postes et le choix des équipements et des méthodes, en vue de limiter le travail monotone et cadencé, et donner la priorité aux mesures de protection collective. Le poste de travail et son organisation sont donc les premiers leviers, avant toute offre de sport.

12. Le document unique et le programme de prévention

Selon l’article L4121-3-1 du code du travail, le document unique d’évaluation des risques professionnels répertorie l’ensemble des risques auxquels les travailleurs sont exposés. Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’évaluation débouche sur un programme annuel de prévention des risques et d’amélioration des conditions de travail, qui fixe les mesures de l’année, leurs indicateurs de résultat, leur coût estimé et leur calendrier. Dans les plus petites, elle débouche sur des actions de prévention consignées dans le document unique.

Le document unique est conservé par l’employeur, dans ses versions successives, pendant au moins quarante ans, et tenu à la disposition des travailleurs et des anciens travailleurs. Ce sont des obligations de prévention des risques professionnels : elles ne créent pas d’obligation de proposer une activité sportive.

13. La place de la pratique sportive dans la santé au travail

Le code du travail mentionne toutefois la pratique sportive. Selon l’article L4622-2, les services de prévention et de santé au travail participent à des actions de promotion de la santé sur le lieu de travail, parmi lesquelles des actions de sensibilisation aux bénéfices de la pratique sportive, à côté des campagnes de vaccination et de dépistage.

Ces services conseillent aussi les employeurs, les travailleurs et leurs représentants pour éviter ou diminuer les risques professionnels et améliorer la qualité de vie et les conditions de travail. Le même article précise que ces conseils tiennent compte, le cas échéant, de l’impact du télétravail sur la santé et l’organisation du travail, et que les services accompagnent l’employeur, les travailleurs et leurs représentants dans l’analyse de l’impact des changements organisationnels importants sur la santé et la sécurité. Ils participent enfin au suivi et à la traçabilité des expositions professionnelles, et à la veille sanitaire. Pour une entreprise qui veut agir, ces services sont un interlocuteur naturel, avant de choisir un prestataire. Ils assurent aussi la surveillance de l’état de santé des travailleurs, en fonction des risques auxquels ils sont exposés et de leur âge.

14. Le travail en plein air et la chaleur : un risque qui grandit

La santé au travail ne concerne pas que les bureaux. Une étude publiée en 2023 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health par Hunt et ses collègues a modélisé l’effet du réchauffement sur les travailleurs en plein air en Australie : d’ici 2041-2080, la durée de travail sûre avant d’atteindre une température corporelle de 38 degrés ou une perte de sueur de 5 % du poids baisserait de plus de moitié dans deux villes du sud-est, et de 20 à 50 % dans le nord. Les auteurs demandent d’adapter la gestion des risques au réchauffement, ce qui rejoint en France l’article R4121-1 du code du travail, selon lequel l’évaluation des risques transcrite dans le document unique inclut ceux liés aux ambiances thermiques.

15. Ce que peut faire une entreprise, d’après les études

Les études lues dessinent quelques pistes, sans garantie de résultat. Réduire le temps assis, par exemple avec des bureaux assis-debout, a un effet mesurable à court terme sur le temps passé assis. Proposer des programmes d’activité physique, de préférence en groupe et associant le corps et l’esprit, a des effets favorables mais modestes sur la santé déclarée et sur certains indicateurs pour l’entreprise. L’exercice, surtout avec de l’éducation, aide à prévenir le mal de dos.

L’assiduité est la clé : selon la méta-analyse de Nath et de ses collègues, les bénéfices augmentent avec l’usage. Un programme peu suivi a peu d’effet. Et ces mesures viennent en complément de la prévention des risques à la source, que le code du travail met au premier rang.

16. Les limites des chiffres

Il faut se méfier des chiffres trop précis. Un coût « par salarié sédentaire » suppose de savoir quelle part des arrêts, de la baisse de productivité et des départs est due à la sédentarité : aucune source lue ne le permet. Un retour sur investissement chiffré du sport en entreprise suppose des études comparables, menées dans des entreprises semblables : les revues lues soulignent au contraire la grande diversité des programmes et des résultats.

Les estimations nationales, comme celle de Racine et de ses collègues, sont utiles pour mesurer l’enjeu de santé publique. Elles ne se transposent pas à l’échelle d’une entreprise, et ne disent pas ce qu’un programme précis permettrait d’économiser.

17. Ce que l’on peut retenir

Trois enseignements se dégagent. Le premier est que la sédentarité a un coût réel pour la collectivité : en France, selon une estimation publiée, environ 51 000 décès prématurés par an et près de 500 millions d’euros par an pour l’Assurance maladie. Le deuxième est que les interventions au travail, du bureau assis-debout aux programmes d’activité physique, ont des effets favorables mais modestes, et dépendent de l’assiduité. Le troisième est que l’employeur a d’abord une obligation de prévention des risques à la source, dans laquelle l’activité physique peut trouver sa place sans en être le cœur.

Pour une salle de sport, la leçon est de proposer aux entreprises une offre régulière, encadrée et accessible, en groupe si possible, sans promettre d’économies chiffrées. Un club ouvert sous licence de marque peut y contribuer à son échelle.

FAQ — Sédentarité, santé au travail et coût pour la collectivité

Combien coûte la sédentarité en France ?
Selon Noël Racine et coll. (2022), la sédentarité prolongée coûterait chaque année 494 millions d’euros à l’Assurance maladie, 507 millions en pertes de production dues aux décès prématurés et 43 à 147 millions dues aux maladies, et serait liée à 51 193 décès prématurés par an.
Combien coûte un salarié sédentaire à son entreprise ?
Aucune source que nous ayons lue ne permet de le chiffrer. Les montants « par salarié » qui circulent supposent de connaître la part des absences et de la baisse de productivité due à la sédentarité, que les études ne donnent pas.
Le sport en entreprise réduit-il l'absentéisme ?
Selon une méta-analyse de 80 essais (Nath et coll., 2025), les programmes d’activité physique au travail ont des effets favorables, petits à moyens, sur la santé déclarée et sur des indicateurs comme l’absentéisme et la productivité, d’autant plus que les salariés les utilisent.
Un bureau assis-debout est-il utile ?
Selon la revue Cochrane de 2018, il réduit le temps assis au travail d’environ 100 minutes par jour à court terme et 57 minutes à moyen terme, avec des preuves de qualité faible.
L'exercice prévient-il le mal de dos ?
Selon Steffens et coll. (2016), l’exercice associé à de l’éducation réduit le risque d’un épisode de lombalgie d’environ 45 % ; l’éducation seule, les ceintures lombaires et les semelles ne semblent pas le prévenir.
L'employeur doit-il proposer du sport à ses salariés ?
Non. Le code du travail lui impose de prévenir les risques professionnels et de les combattre à la source (articles L4121-1 et L4121-2), et de tenir un document unique d’évaluation des risques (L4121-3-1). Les services de santé au travail mènent des actions de sensibilisation aux bénéfices de la pratique sportive (L4622-2).

Sources

  • Noël Racine A et coll. Costing the economic burden of prolonged sedentary behaviours in France. European Journal of Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.1093/eurpub/ckac071
  • Santos AC, Willumsen J, Meheus F, Ilbawi A, Bull FC. The cost of inaction on physical inactivity to public health-care systems: a population-attributable fraction analysis. The Lancet Global Health, 2023 (résumé). doi.org/10.1016/S2214-109X(22)00464-8
  • Katzmarzyk PT, Friedenreich C, Shiroma EJ, Lee IM. Physical inactivity and non-communicable disease burden in low-income, middle-income and high-income countries. British Journal of Sports Medicine, 2022 (résumé). doi.org/10.1136/bjsports-2020-103640
  • Bull FC et coll. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. British Journal of Sports Medicine, 2020 ; 54 : 1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955
  • Ayming Replay – 17ème Baromètre de l’Absentéisme et de l’Engagement AYMING. page de présentation publiée en 2025, lue le 15 octobre 2026. ayming.fr/newsroom/evenements/17eme-barometre-de-labsenteisme-et-de-lengagement-ayming
  • Verdot C et coll. Prevalence of Physical Activity and Sedentary Behaviors in the French Population: Results and Evolution between Two Cross-Sectional Population-Based Studies, 2006 and 2016. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2022 (résumé). doi.org/10.3390/ijerph19042164
  • Bouchan J et coll. Sex-Specific Leisure-Time Physical Activity and Sedentary Behavior Patterns in French Adults. Journal of Physical Activity and Health, 2025 (résumé). doi.org/10.1123/jpah.2025-0029
  • Shrestha N et coll. Workplace interventions for reducing sitting at work. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018 (résumé). doi.org/10.1002/14651858.CD010912.pub5
  • Nath A et coll. Move to improve: Meta-analysis of workplace physical activity interventions. Journal of Occupational Health Psychology, 2025 (résumé). doi.org/10.1037/ocp0000401
  • Steffens D et coll. Prevention of Low Back Pain: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Internal Medicine, 2016 (résumé). doi.org/10.1001/jamainternmed.2015.7431
  • Kool J et coll. Exercise reduces sick leave in patients with non-acute non-specific low back pain: a meta-analysis. Journal of Rehabilitation Medicine, 2004 (résumé). doi.org/10.1080/16501970310020104
  • Tersa-Miralles C et coll. Effectiveness of workplace exercise interventions in the treatment of musculoskeletal disorders in office workers: a systematic review. BMJ Open, 2022 (résumé). doi.org/10.1136/bmjopen-2021-054288
  • Macías-Toronjo I et coll. Physical activity on pain in musculoskeletal disorders in the workplace. A systematic review of Randomized Controlled Trials. Atención Primaria, 2025 (résumé). doi.org/10.1016/j.aprim.2025.103324
  • Hunt AP, Brearley M, Hall A, Pope R. Climate Change Effects on the Predicted Heat Strain and Labour Capacity of Outdoor Workers in Australia. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2023 (résumé). doi.org/10.3390/ijerph20095675
  • Code du travail articles L4121-1, L4121-2, L4121-3-1, L4622-2 et R4121-1. textes en vigueur lus le 29 octobre 2026 dans la compilation codes.droit.org ; seul Légifrance fait foi. codes.droit.org/PDF/Code%20du%20travail.pdf

Sources lues et vérifiées le 29 octobre 2026. Les études marquées « résumé » ont été lues dans leur résumé publié ; les lignes directrices de l’OMS, la page d’Ayming et les articles du code du travail, dans leur texte intégral.

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