✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 18 min · 📅 Publié le 23 avril 2026
Programme de reprise du sport après l’accouchement : les étapes, du périnée au cardio
Après l’accouchement, la question n’est pas seulement quand reprendre, mais par quoi. Six étapes, du périnée au cardio, qui avancent selon des critères plutôt que selon une date.
Vous avez eu le feu vert de votre équipe, ou vous l’attendez, et une autre question arrive aussitôt : concrètement, par quoi commencer ? Les conseils que l’on trouve oscillent entre deux extrêmes. D’un côté, des listes d’exercices interdits qui font peur. De l’autre, des programmes « retrouvez votre ventre en trente jours » qui promettent ce qu’aucune étude ne promet.
Cet article propose une autre approche : un programme par étapes, qui va du périnée au cardio, et qui avance selon des critères plutôt que selon un calendrier. Il ne remplace pas l’évaluation de votre sage-femme, de votre médecin ou de votre kinésithérapeute. Il vous aide à savoir ce qui vient après quoi, et ce qu’il faut leur demander à chaque palier.
C’est le nombre de propositions sur lesquelles un consensus international de cliniciens et de professionnels de l’exercice, publié en 2024 dans le British Journal of Sports Medicine, s’est accordé pour construire un programme de reprise après l’accouchement : repos relatif, durée puis intensité, marche alternée avec la course, renforcement musculaire. Un cadre, pas un calendrier.
Pourquoi un programme par étapes plutôt qu’une date
La réponse la plus répandue à la question de la reprise est une date : six semaines, trois mois. Le problème n’est pas que ces repères soient faux, c’est qu’ils ne disent pas quoi faire. Une date marque un moment ; elle ne décrit ni l’ordre des exercices, ni leur dosage, ni les signaux qui doivent faire ralentir.
Les travaux les plus récents prennent le problème par l’autre bout. En 2024, deux consensus internationaux publiés dans le British Journal of Sports Medicine ont réuni des cliniciens et des professionnels de l’exercice qui accompagnent des femmes après l’accouchement. Cent dix-huit d’entre eux ont participé au premier tour, quatre-vingt-quinze sont allés jusqu’au troisième, et une proposition n’était retenue que si trois participants sur quatre au moins l’approuvaient.
Le premier consensus porte sur la préparation à la reprise de la course. Il retient qu’après une période minimale de trois semaines de repos et de récupération, un calendrier individualisé et une progression graduelle peuvent être envisagés, précédés d’un dépistage des problèmes médicaux et psychologiques, d’une évaluation de la capacité physique du moment et de la prise en compte de l’historique d’entraînement. Le second porte sur la construction du programme lui-même : il s’accorde sur quarante-deux de ses quarante-sept propositions, dont une période de repos relatif, des augmentations graduelles de la durée puis de l’intensité, un démarrage en alternant marche et course, et l’intégration d’un renforcement musculaire.
C’est cette logique que suit le programme décrit ici : des étapes, chacune avec son objectif, et un passage à la suivante quand les critères sont réunis. Les trois semaines du premier consensus ne sont pas une autorisation de courir : elles marquent un minimum avant d’envisager un plan, et ce plan reste individuel. Savoir quand vous êtes prête relève de votre bilan ; ce que la recherche dit des critères à réunir est détaillé dans notre dossier sur la reprise du sport après l’accouchement. Ce qui suit dit quoi faire, une fois la porte ouverte.
Avant de commencer : le feu vert et le bilan postnatal
Le point de départ de tout programme est la consultation qui suit l’accouchement. C’est elle qui permet de vérifier la cicatrisation, qu’il s’agisse d’une déchirure, d’une épisiotomie ou d’une césarienne, de faire le point sur le périnée et sur la paroi abdominale, et de parler de votre état général, de votre sommeil et de votre moral. C’est aussi le moment de dire ce que vous voulez reprendre, et pas seulement que vous voulez reprendre.
Le consensus sur la préparation à la course le formule clairement : avant une reprise, il recommande un dépistage des problèmes médicaux et psychologiques, une évaluation de la capacité physique du moment et la prise en compte de l’historique d’entraînement. Autrement dit, la même reprise ne se prépare pas de la même manière chez une femme qui courait trois fois par semaine avant sa grossesse et chez une femme qui n’avait pas fait de sport depuis des années.
La voie d’accouchement compte aussi. Après une césarienne, l’équipe évalue la cicatrice et la paroi avant de proposer un travail abdominal ou des charges ; après un accouchement par voie basse, l’attention porte d’abord sur le périnée. Dans les deux cas, ce sont les soignants qui fixent l’ordre des priorités, et ils peuvent vous orienter vers une rééducation lorsqu’elle est indiquée.
L’avis de l’American College of Obstetricians and Gynecologists, publié en 2020, ajoute un élément utile : les femmes qui pratiquaient régulièrement une activité soutenue avant leur grossesse peuvent poursuivre ces activités pendant la grossesse et après l’accouchement. Cela ne dispense pas du bilan, mais cela rappelle que l’objectif n’est pas de repartir de zéro par principe : il est de repartir du bon endroit.
Arrivez donc à cette consultation avec une question précise. « Quand puis-je refaire du sport ? » obtient presque toujours une date. « Quelles sont les étapes, et quels critères dois-je réunir avant chacune ? » obtient un programme.
Étape 1 — Récupérer : repos relatif, marche et respiration
La première étape n’a rien de spectaculaire, et c’est voulu. Le consensus sur la construction du programme commence par une période de repos relatif : non pas l’immobilité, mais une activité réduite, ajustée à la fatigue et à la cicatrisation.
Dans la pratique, cette étape tient en quelques gestes. La marche, d’abord, à votre rythme, sur des durées que vous augmentez seulement si elles sont bien tolérées le jour même et le lendemain. La respiration, ensuite : prendre le temps de respirer amplement, en laissant le ventre et les côtes bouger, aide à retrouver des sensations dans une zone que la grossesse a profondément modifiée. Les gestes du quotidien, enfin, qui sont déjà un entraînement : porter l’enfant, le sortir d’un lit ou d’un siège auto, pousser une poussette.
Ces gestes demandent une attention particulière, parce qu’ils se répètent des dizaines de fois par jour. Se rapprocher de la charge avant de la soulever, plier les jambes plutôt que de se pencher, expirer pendant l’effort plutôt que de bloquer sa respiration : ces réflexes, simples, préparent les étapes suivantes.
Le critère pour passer à l’étape 2 n’est pas une date. C’est le feu vert de l’équipe qui vous suit, une marche de plus en plus longue sans douleur ni gêne, et une récupération qui suit d’un jour à l’autre. Si la fatigue s’accumule, l’étape dure simplement plus longtemps : ce n’est pas un retard, c’est le programme qui s’adapte à vous.
Étape 2 — Le périnée d’abord
Le plancher pelvien est la structure la plus sollicitée par la grossesse et l’accouchement, et la plus souvent oubliée dans les programmes de remise en forme. La revue Cochrane de 2020 consacrée à l’entraînement des muscles du plancher pelvien rappelle l’ordre de grandeur du sujet : environ une femme sur trois a une incontinence urinaire après l’accouchement, et jusqu’à une sur dix une incontinence anale. Cette revue a réuni quarante-six essais et 10 832 femmes de vingt et un pays.
Ce qu’elle établit mérite d’être lu avec précision. Chez des femmes enceintes continentes, un entraînement structuré commencé tôt pendant la grossesse peut prévenir l’apparition d’une incontinence en fin de grossesse et après l’accouchement. En revanche, un entraînement proposé à toutes les femmes après la naissance, sans tenir compte de leurs symptômes, a peu de chances de réduire l’incontinence, et l’effet de l’entraînement comme traitement d’une incontinence installée après l’accouchement reste incertain. Les auteurs font l’hypothèse que l’effet pourrait être plus net avec des programmes ciblés.
Une méta-analyse plus récente, publiée en 2025 dans le British Journal of Sports Medicine par Beamish et ses collègues, a examiné l’exercice pendant la première année après l’accouchement : soixante-cinq études, plus de 21 000 participantes. Avec un niveau de certitude jugé modéré, l’entraînement des muscles du plancher pelvien réduisait les cotes d’incontinence urinaire par rapport aux groupes témoins (rapport de cotes de 0,63, sur sept essais randomisés), et, dans un seul essai, celles de prolapsus. Un rapport de cotes est une mesure statistique établie sur des groupes : ce n’est pas une promesse pour vous.
Ce que cela veut dire pour votre programme est simple : le travail du périnée se fait de préférence de manière ciblée, après une évaluation, avec une sage-femme ou un kinésithérapeute qui vérifie que la contraction est juste. Une contraction mal faite, en poussant au lieu de remonter, est fréquente et ne se repère pas seule. Les exercices du plancher pelvien et leur place dans la pratique sportive sont détaillés dans notre article sur le plancher pelvien et les fuites à l’effort.
Le critère pour avancer : une contraction maîtrisée, que vous savez associer à l’expiration pendant un effort, et l’absence de fuite, de pesanteur ou de douleur pelvienne dans les gestes du quotidien.
Vos repères d’activité, selon votre situation
L’outil ci-dessous rassemble des repères généraux d’activité physique, pendant la grossesse et après l’accouchement. Il ne pose aucun diagnostic, ne fixe aucun délai applicable à votre cas et ne dresse aucune liste de signes d’alerte.
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Mes repères d’activité pendant la grossesse
Les repères de la HAS et de l’OMS, à voir avec votre sage-femme ou votre médecin
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Cet outil ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l’avis de votre sage-femme ou de votre médecin.
Nous ne conservons ni vos réponses ni le PDF. Votre adresse e-mail reste environ 30 jours dans le journal d’envoi, puis est effacée.
Ces repères sont généraux : seule votre sage-femme ou votre médecin peut dire ce qui convient à votre situation. Utilisez-les comme une base de conversation pour votre prochaine consultation, en particulier pour demander quelle étape du programme correspond à votre situation du moment.
Étape 3 — La sangle abdominale, sans peur ni précipitation
L’écartement des muscles droits de l’abdomen, appelé diastasis, inquiète beaucoup de femmes après l’accouchement, et suscite autant de promesses que d’interdits. Ce que la recherche en dit est plus modeste que les deux.
Dans la méta-analyse de Beamish et ses collègues, un entraînement des muscles abdominaux réduisait davantage la distance entre les muscles droits qu’une absence d’exercice, mesurée au repos et pendant un relevé de tête, mais avec un niveau de certitude jugé faible. Les auteurs notent que les preuves sur la diastase elle-même restent limitées.
Un essai randomisé norvégien, publié en 2023 par Gluppe et ses collègues, apporte un éclairage concret. Soixante-dix femmes, entre six et douze mois après l’accouchement, présentaient un écartement des muscles droits. La moitié a suivi pendant douze semaines, cinq jours par semaine, un programme d’exercices à domicile comprenant des relevés de tête et des enroulements du buste, appelés curl-ups. Le programme n’a ni réduit ni aggravé l’écartement. Il a en revanche augmenté la force et l’épaisseur des muscles droits, sans modifier les troubles du plancher pelvien ni les douleurs lombaires, pelviennes ou abdominales.
Deux enseignements en découlent. D’abord, les exercices d’enroulement ne sont pas l’interdit absolu que l’on décrit souvent : dans cet essai, ils n’ont pas aggravé l’écartement. Ensuite, aucun programme ne « referme » un écart à coup sûr : la promesse d’un ventre plat en quelques semaines n’a pas de base. L’objectif de l’étape 3 est de retrouver une sangle abdominale forte et fonctionnelle, capable d’accompagner les efforts du quotidien et ceux des étapes suivantes.
Concrètement, cette étape commence souvent par des exercices au sol, à faible charge, en coordonnant l’expiration, la contraction du périnée et l’engagement des muscles profonds de l’abdomen, puis progresse vers des exercices plus exigeants. Le choix et le dosage reviennent au professionnel qui a mesuré votre écartement et vérifié la façon dont votre paroi réagit à l’effort.
Étape 4 — Le cardio, par paliers
Le cardio est souvent ce que les femmes ont le plus envie de retrouver, et c’est souvent là que la reprise va trop vite. La progression que recommande le consensus sur la construction du programme est simple à énoncer : augmenter la durée d’abord, l’intensité ensuite.
Pour les adultes, les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé publiées en 2020 fixent un repère de 150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine, ou de 75 à 150 minutes d’intensité soutenue. Ces lignes directrices contiennent, pour la première fois, des recommandations propres aux femmes enceintes et après l’accouchement. Le repère général n’est pas un objectif à atteindre dès la sortie de la maternité : c’est un horizon, que l’on rejoint par paliers.
Le premier palier prolonge la marche de l’étape 1 : des sorties plus longues, puis plus soutenues, en côte, d’un pas plus rapide. Le deuxième palier ajoute des activités sans impact : vélo d’appartement, elliptique, rameur, natation une fois la cicatrisation validée par votre équipe. Le troisième palier introduit des intervalles, de courtes périodes plus intenses entrecoupées de récupération.
Pour régler l’intensité, la perception de l’effort reste le repère le plus simple sur le terrain, à commencer par la capacité à tenir une conversation pendant l’activité ; les repères adaptés à votre cas se demandent à votre équipe. Cette perception s’ajuste d’elle-même à votre état du jour, ce qu’un chiffre fixe ne fait pas, et elle tient compte d’une fatigue que les nuits courtes rendent très variable.
Le critère pour monter d’un palier : la séance précédente a été bien tolérée, sans symptôme pelvien, sans douleur, avec une récupération satisfaisante le lendemain. Si l’un de ces critères manque, on reste au palier, ou on revient au précédent.
Étape 5 — Le renforcement de tout le corps
Le renforcement musculaire est souvent relégué à plus tard, alors qu’il prépare tout le reste. Les lignes directrices de l’OMS recommandent une activité de renforcement musculaire régulière à tous les âges, et le consensus sur la construction du programme de reprise de la course intègre explicitement un renforcement musculaire ciblé.
Les besoins de cette période sont très concrets. Les jambes et les fessiers portent le corps et absorbent les impacts de la course à venir. Le dos et les épaules supportent le port de l’enfant, l’allaitement au sein ou au biberon, la poussette. La sangle abdominale et le plancher pelvien, travaillés aux étapes précédentes, doivent maintenant tenir sous charge.
La progression suit trois principes. Commencer par le poids du corps et des mouvements simples : squat vers une chaise, pont fessier, rowing avec élastique, pompes contre un mur. Ajouter ensuite de la charge progressivement, sans bloquer la respiration et en expirant pendant l’effort. Surveiller enfin la façon dont le périnée et la paroi abdominale réagissent : une fuite, une pesanteur ou un ventre qui bombe sur la ligne médiane pendant l’effort indiquent que la charge dépasse, pour l’instant, ce que vous contrôlez.
Le nombre de séances par semaine se discute avec votre équipe, en gardant des jours de récupération entre elles. Des séances courtes, vingt à trente minutes, s’inscrivent plus facilement dans des journées rythmées par l’enfant qu’une longue séance hebdomadaire. Ce n’est pas une règle scientifique, c’est une question d’organisation, et la régularité compte davantage que la durée.
Le critère pour passer aux impacts : des exercices de force des jambes et du tronc bien maîtrisés, avec une charge que vous contrôlez, et sans symptôme pelvien pendant ni après la séance.
Étape 6 — Les impacts et la course
Les sauts, la course et les cours à impact viennent en dernier, parce qu’ils concentrent les contraintes : à chaque appui, le corps absorbe un choc, et le plancher pelvien doit répondre à des pressions répétées. C’est la reprise qui demande le plus de critères réunis.
Les deux consensus de 2024 sont précis sur ce point. Le premier retient un minimum de trois semaines de repos et de récupération avant d’envisager un plan, puis un calendrier individualisé et une progression graduelle, après un dépistage médical et psychologique et une évaluation de la capacité physique. Le second recommande de commencer par un protocole alternant marche et course, et d’augmenter la durée avant l’intensité.
Une séance de reprise peut ainsi commencer par de courtes périodes de course entrecoupées de marche, puis allonger progressivement les périodes de course, une séance après l’autre, tant que la tolérance est bonne. L’intensité, les séances plus rapides ou les côtes ne viennent qu’ensuite. Les sauts et les cours à impact suivent la même logique : peu de répétitions d’abord, puis davantage.
Le consensus sur la construction du programme précise aussi quand l’adapter : en fonction des symptômes musculo-squelettiques ou pelviens, du sommeil, de la santé mentale, de l’allaitement et de la disponibilité énergétique. Il relève enfin deux obstacles concrets que beaucoup de femmes rencontrent : le coût et l’accès à des professionnels expérimentés du post-partum. Une étude publiée en 2026 auprès de coureuses après l’accouchement fait le même constat sous un autre angle : les participantes y décrivent les expériences négatives liées aux troubles du plancher pelvien, et le souhait d’une rééducation graduée, propre à la grossesse et à l’après-accouchement.
Si la course ou les sauts font apparaître une fuite, une pesanteur ou une douleur, ce n’est pas un échec : c’est le signal que l’étape arrive trop tôt. On revient alors à l’étape précédente, et on en parle à son équipe.
Ajuster selon le sommeil, l’allaitement et le moral
Un programme de reprise ne se déroule pas dans des conditions de laboratoire. Les nuits sont courtes et irrégulières, l’allaitement mobilise de l’énergie, et le moral peut fluctuer. Le consensus sur la construction du programme en fait des critères d’ajustement à part entière, au même titre que les symptômes physiques.
Le sommeil d’abord. Une nuit très courte n’est pas le bon jour pour une séance intense ; elle peut être un bon jour pour une marche ou une séance de mobilité. Garder la séance prévue mais en réduire l’intensité vaut souvent mieux que de l’annuler ou de forcer.
L’allaitement ensuite. Il augmente les besoins en énergie et en eau, et le consensus cite la disponibilité énergétique parmi les critères d’ajustement. Manger suffisamment et boire régulièrement font partie du programme. Les questions sur l’alimentation pendant l’allaitement se posent à la sage-femme ou au médecin.
Le moral enfin. L’avis de l’ACOG de 2020 indique que l’activité physique peut être un facteur essentiel de la prévention des troubles dépressifs après l’accouchement. Une méta-analyse publiée en 2026 par de Faria et ses collègues, sur dix-sept essais randomisés, a associé les programmes d’activité physique à des scores de symptômes dépressifs plus bas après l’accouchement, avec un niveau de certitude jugé faible à très faible. Bouger peut donc aider, mais ce n’est pas un traitement. Si la tristesse, l’anxiété ou l’épuisement s’installent, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme ; ce que la recherche dit de ce sujet est détaillé dans notre article sur la dépression post-partum et l’activité physique.
Les signaux qui font revenir d’un pas
Un programme par étapes avance, mais il sait aussi reculer. Certains signaux indiquent qu’une étape dépasse ce que le corps encaisse pour l’instant. Ils ne sont ni une fatalité, ni un échec, ni un phénomène « normal » à accepter : ce sont des informations, qui se prennent en charge.
Les symptômes pelviens d’abord : une fuite urinaire ou anale pendant l’effort, une sensation de pesanteur ou de boule dans le vagin, une douleur pelvienne. Le consensus sur la construction du programme cite ces symptômes parmi les raisons d’adapter l’entraînement. Ils justifient de revenir à l’étape précédente et d’en parler à une sage-femme ou à un kinésithérapeute.
Les signaux de la paroi abdominale ensuite : un ventre qui bombe en pointe ou en cône sur la ligne médiane pendant un exercice indique que la pression dépasse ce que la paroi contrôle pour l’instant. Ce n’est pas dangereux en soi, mais c’est un repère pour choisir un exercice plus facile ou une charge plus légère.
Les douleurs enfin : une douleur du dos, du bassin, d’une articulation ou de la cicatrice qui apparaît pendant la séance ou qui persiste le lendemain. La règle est simple : on n’entraîne pas une douleur.
Certains signes, eux, ne relèvent pas du programme mais d’un avis médical rapide : un saignement qui augmente, de la fièvre, une douleur inhabituelle, une cicatrice qui rougit ou s’ouvre, un essoufflement inexpliqué. Dans ce cas, on arrête et on contacte son équipe ; en cas d’urgence, on appelle le 15.
Ce que la salle peut faire, et ce qui relève du soignant
La répartition des rôles est claire, et la respecter est la meilleure garantie d’une reprise sereine. Le diagnostic, l’évaluation du périnée et de la paroi abdominale, la rééducation lorsqu’elle est indiquée et le feu vert relèvent de la sage-femme, du médecin ou du kinésithérapeute. Aucun coach ne les remplace.
Ce qu’une salle peut apporter vient après ce feu vert. Un encadrement qui connaît les particularités de l’après-accouchement peut aider à mettre en œuvre les étapes du programme : choisir les exercices, doser la charge et la progression, corriger la respiration et la posture, et adapter la séance au sommeil et à la fatigue du jour. Il peut aussi repérer une fuite, une pesanteur ou une paroi qui bombe, et vous inviter à en parler à votre équipe plutôt que de forcer.
Pour que cette articulation fonctionne, l’information doit circuler. Dites à la personne qui vous encadre que vous avez accouché récemment, par quelle voie, ce que votre équipe a autorisé et ce qu’elle a demandé d’éviter. Les coachs diplômés d’État des clubs Magicfit adaptent les séances à partir des repères donnés par votre suivi médical, et ne se substituent jamais à lui.
Pour l’étape 5, les gestes de renforcement se choisissent avec votre équipe. Pour visualiser les exercices et leur exécution :
Le mot du coach
Si je ne devais garder qu’un conseil, ce serait celui-ci : ne sautez aucune étape. La marche paraît trop simple, le travail du périnée trop discret, et la tentation est grande de passer directement aux séances qui ressemblent à celles d’avant la grossesse. Les étapes de ce programme ne sont pas un parcours d’obstacles : ce sont les fondations de tout ce que vous voudrez faire ensuite, la course, les charges, les cours collectifs.
Je vous propose un repère pour savoir si une étape est acquise : demandez-vous si vous la réussiriez un jour de grande fatigue, sans fuite, sans pesanteur et sans douleur. Si la réponse est oui, parlez de l’étape suivante avec votre équipe. Si elle est non, l’étape n’est pas terminée, et ce n’est pas un retard. Le corps qui a porté et mis au monde un enfant n’a rien à prouver, et ce programme n’a pas de date limite.
Sources scientifiques
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2. Deering RE, Donnelly GM, Brockwell E, Bø K, Davenport MH, De Vivo M, Dufour S, et al. Clinical and exercise professional opinion on designing a postpartum return-to-running training programme: an international Delphi study and consensus statement. Br J Sports Med. 2024. Consensus sur 42 des 47 propositions. PubMed 38191239
3. Woodley SJ, Lawrenson P, Boyle R, Cody JD, Mørkved S, Kernohan A, Hay-Smith EJC. Pelvic floor muscle training for preventing and treating urinary and faecal incontinence in antenatal and postnatal women. Cochrane Database Syst Rev. 2020. 46 essais, 10 832 femmes. PubMed 32378735
4. Beamish NF, Davenport MH, Ali MU, Gervais MJ, Sjwed TN, Bains G, Sivak A, et al. Impact of postpartum exercise on pelvic floor disorders and diastasis recti abdominis: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2025. 65 études, 21 334 participantes. PubMed 39694630
5. Gluppe SB, Ellström Engh M, Bø K. Curl-up exercises improve abdominal muscle strength without worsening inter-recti distance in women with diastasis recti abdominis postpartum: a randomised controlled trial. J Physiother. 2023. Essai randomisé, 70 femmes. PubMed 37286390
6. Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S, Borodulin K, Buman MP, Cardon G, et al. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Br J Sports Med. 2020. Lignes directrices de l’OMS. PubMed 33239350
7. American College of Obstetricians and Gynecologists. Physical Activity and Exercise During Pregnancy and the Postpartum Period: ACOG Committee Opinion, Number 804. Obstet Gynecol. 2020. PubMed 32217980
8. de Faria DA, Freire VAF, Marques DGM, da Fonseca PHN, Santos KF, et al. Isolated physical activity programs during pregnancy and postpartum: Meta-analysis of randomized trials with usual-care controls on depressive and anxiety symptoms. Arch Womens Ment Health. 2026. 17 essais randomisés. PubMed 42733028
9. James ML, Crone DM, Evans L, Stiles VH, Donnelly GM, Moore IS. An interdisciplinary, co-designed guide for return to running postpartum: a mixed-methods study. Front Sports Act Living. 2026. PubMed 41983080
Résumés lus sur Europe PMC par la Rédaction Magicfit le 04/11/2026 ; les textes intégraux n’ont pas été ouverts, et les chiffres cités sont ceux des résumés.