Elliptiques

Elliptique : la machine qui surestime de 42 %

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 12 min · 📅 Publié le 31 octobre 2024

Training · Elliptique

Elliptique : la machine qui surestime de 42 %

L’elliptique surestime votre dépense calorique d’environ quarante-deux pour cent. C’est de très loin la machine la moins fiable de la salle — le vélo se trompe de sept pour cent, le tapis de treize. Et ce n’est pas vraiment la faute de la machine : c’est parce qu’elle ne voit pas que vous trichez.

Ce chiffre provient d’une étude qui a comparé les compteurs de quatre appareils cardio à une mesure réelle de la consommation d’oxygène. L’elliptique y est arrivé bon dernier, et de loin.

Il ne s’agit pas de démolir cette machine. Elle possède au contraire une qualité rare, et nous y viendrons — c’est même la meilleure raison de la choisir.

Mais elle a un défaut particulier : c’est l’appareil de la salle sur lequel il est le plus facile de fournir un effort dérisoire en croyant s’entraîner dur.

Transparence : MagicFit exploite un réseau de salles de sport et de cours collectifs. Ce contenu a une portée pédagogique et générale ; il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

42 %

La surestimation moyenne du compteur de calories d’un elliptique, mesurée face à un analyseur de gaz respiratoires. Sur une séance de trente minutes, cela représente environ cent trente kilocalories qui n’existent pas. Reprises chaque jour à table, elles suffisent à annuler tout le bénéfice de la séance.

1. Pourquoi l’elliptique et pas les autres

La question mérite d’être posée, car l’écart est frappant. Toutes ces machines emploient à peu près les mêmes formules. Pourquoi l’elliptique se trompe-t-il six fois plus que le vélo ?

La réponse tient en une phrase : parce que c’est la seule où l’on peut se soustraire massivement à l’effort sans que rien ne le montre.

Sur un vélo, votre poids repose sur la selle et la résistance est mesurée. Sur un tapis, si vous ralentissez, le tapis continue et vous partez en arrière. Sur un rameur, si vous cessez de pousser, plus rien n’avance : le chiffre est le chiffre.

L’elliptique, lui, calcule votre dépense à partir d’hypothèses. Il suppose que vous portez votre poids, que vos bras poussent et tirent activement, et que votre foulée est ample. Il facture cette prestation complète.

Si l’une de ces hypothèses est fausse — et elle l’est presque toujours — la machine ne s’en aperçoit pas. Elle continue de compter comme si vous faisiez le travail.

Autrement dit, l’elliptique n’est pas menteur : il est crédule. Et le seul à qui vous mentez, c’est vous.

Comparez avec le rameur, dont nous parlions récemment : impossible d’y tricher. Chaque coup produit une puissance mesurée, affichée immédiatement, sans complaisance. Vous pouvez ramer mal, vous ne pouvez pas ramer sans travailler. L’elliptique, lui, autorise exactement l’inverse.

C’est d’ailleurs ce qui explique son immense popularité. Elle est confortable, elle ne fait jamais mal, on peut y lire un magazine — et l’écran vous félicite chaleureusement à la fin. Toutes ces qualités, prises ensemble, décrivent une machine sur laquelle il est très facile de ne rien faire.

2. Les trois façons de tricher sans le savoir

Personne ne triche exprès. On le fait par confort, par fatigue, ou simplement parce qu’on ne sait pas.

La première, et de très loin la plus coûteuse : s’appuyer sur les poignées fixes. Vous prenez appui sur vos bras, votre poids se transfère, et vos jambes n’ont plus qu’à accompagner un mouvement qu’elles ne portent plus. Cette seule habitude peut réduire la dépense de moitié — et la machine n’en sait absolument rien.

La deuxième : garder les bras passifs sur les poignées mobiles. Vous les tenez, elles bougent, vous vous laissez porter. Le calcul de la machine, lui, part du principe que votre haut du corps travaille. Il ne travaille pas.

La troisième : la foulée courte. À mesure que la fatigue vient, on raccourcit le pas, on réduit l’amplitude, et le volant d’inertie compense. Les pédales continuent de tourner — mais c’est de moins en moins vous qui les faites tourner.

Ce dernier point est le cœur du problème, et il est propre à cette machine. Une fois lancé, un volant d’inertie veut continuer. Il vous entraîne. Vous pouvez, littéralement, vous laisser porter par la machine tout en ayant l’impression de pédaler.

Aucune autre machine ne fait cela. Sur un tapis, la bande vous pousse vers l’arrière : cesser de courir a une conséquence immédiate et désagréable. Sur un elliptique, cesser de pousser n’a aucune conséquence visible. Les pédales tournent, l’écran défile, la séance se déroule. Vous, en revanche, ne faites plus grand-chose.

Il existe un test très simple pour vous en convaincre, et il est instructif. En pleine séance, à votre allure habituelle, lâchez complètement les poignées fixes et croisez les bras. Si l’effort devient soudain nettement plus dur, vous venez de mesurer, à l’instant, tout ce que vos bras faisaient à la place de vos jambes.

Machine Surestimation des calories Pourquoi
Vélo Environ 7 % La résistance est réellement mesurée
Escalier Environ 12 % On peut s’appuyer et raccourcir le pas
Tapis Environ 13 % Vous portez votre poids, difficile de tricher
Elliptique Environ 42 % Appuis, bras passifs, inertie du volant

3. Le vrai coût de ce chiffre

On pourrait hausser les épaules et se dire qu’après tout, un chiffre approximatif reste un chiffre. Ce serait passer à côté du problème.

Car ce nombre ne reste pas sur l’écran. Il vous suit jusqu’à la cuisine.

Quelqu’un qui croit avoir dépensé six cents kilocalories s’autorise à en reprendre une partie. C’est humain, et c’est même l’usage principal de ce compteur : on l’utilise pour décider de ce qu’on mange ensuite.

Or si la dépense réelle était de quatre cent vingt kilocalories, l’écart est de cent trente. Répété plusieurs fois par semaine, sur une année, il annule intégralement le déficit que vous croyiez creuser — voire le retourne.

Voilà comment on peut s’entraîner assidûment pendant un an, sans manquer une séance, et ne rien voir changer sur la balance. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un compteur mal calibré, additionné à une confiance légitime.

Il y a quelque chose d’injuste dans cette mécanique, et cela vaut la peine de le dire clairement. La personne qui vit cela n’a rien fait de mal : elle a suivi les indications, elle a été régulière, elle a fait confiance à l’appareil. Le découragement qui s’ensuit — cette conviction que « le sport ne marche pas sur moi » — repose entièrement sur un chiffre erroné.

C’est précisément pour cette raison que nous préférons vous le dire franchement, quitte à égratigner une machine que nous proposons dans nos clubs.

La règle pratique la plus sage consiste donc à diviser par deux le chiffre affiché avant d’en tirer la moindre conclusion alimentaire. Vous serez plus près de la vérité, et vous ne serez jamais déçu.

Précisons au passage un réglage que presque personne n’effectue : entrez votre poids réel. La plupart des machines calculent par défaut pour une personne d’environ soixante-dix kilos. Si vous êtes plus léger, la surestimation s’aggrave encore. C’est le paramètre unique le plus important pour améliorer la fiabilité du chiffre — et il prend cinq secondes.

Mais le fond du problème n’est pas là. Le fond du problème, c’est l’usage même que nous faisons de ce compteur : nous nous en servons pour négocier avec nous-mêmes. Un chiffre élevé autorise un dessert. Or c’est précisément le chiffre le moins fiable de tout le tableau de bord.

Une estimation plus honnête

Voici une estimation fondée sur les équivalents métaboliques, la méthode utilisée en recherche. Elle vaut mieux que l’écran de la machine — sans être une vérité absolue pour autant :

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Le calculateur ci-dessus reste une estimation, et il faut le dire honnêtement : aucune méthode indirecte ne vous donnera un chiffre exact. Retenez surtout l’ordre de grandeur, et cessez de piloter votre alimentation à partir d’un écran.

Les erreurs qui vident votre séance

  1. S’appuyer sur les poignées fixes — jusqu’à moitié moins de dépense, sans que rien ne l’indique.
  2. Laisser les bras passifs — vous tenez les poignées mobiles, elles vous portent.
  3. Raccourcir la foulée — le volant d’inertie fait alors le travail à votre place.
  4. Régler le poids par défaut — entrez toujours votre poids réel, c’est le facteur le plus important.
  5. Manger le chiffre affiché — la plus coûteuse de toutes, et de très loin.

4. Le bon cadran

Voici maintenant la bonne nouvelle, et elle est très utile.

Ces machines mentent sur les calories, mais elles disent la vérité sur votre fréquence cardiaque et sur la distance. Ce sont des grandeurs mesurées, non des grandeurs supposées — et leur fiabilité est correcte.

Le cadran des calories est donc le seul auquel il ne faut pas se fier. Tous les autres méritent votre attention.

C’est une nuance importante, et elle évite de jeter l’appareil avec l’eau du bain : votre elliptique n’est pas un mauvais instrument. Il possède simplement un cadran défectueux, et il se trouve que c’est celui que tout le monde regarde.

Pilotez votre séance à la fréquence cardiaque, ou à défaut à votre essoufflement. Pouvez-vous tenir une conversation ? Vous êtes en intensité modérée. Devez-vous couper vos phrases ? Vous êtes en intensité soutenue. Ces repères, contrairement au compteur, ne vous trompent jamais.

Et surtout : lâchez les poignées fixes. Ou touchez-les du bout des doigts, sans vous appuyer. Si votre séance devient soudain beaucoup plus difficile, vous venez de comprendre la totalité de cet article.

Cette règle du souffle mérite d’être développée, car elle est d’une fiabilité remarquable et ne coûte rien. Votre respiration reflète en temps réel votre consommation d’oxygène — c’est-à-dire, très exactement, ce que le compteur de calories tente maladroitement d’estimer. Vous portez sur vous un instrument de mesure infiniment plus juste que l’écran, et il est gratuit.

Une séance honnête d’elliptique doit donc vous essouffler. Si vous terminez quarante-cinq minutes en ayant à peine accéléré votre respiration, le problème n’est pas la durée : c’est l’intensité, et probablement vos appuis.

5. Ce que l’elliptique fait remarquablement bien

Après cette sévérité, il faut rendre justice à cette machine — car elle possède un atout que très peu d’autres possèdent.

Elle ne comporte strictement aucun impact. Vos pieds ne quittent jamais les pédales. Aucune articulation ne reçoit de choc, jamais, pas une seule fois pendant toute la séance. Sur une heure de course, un coureur encaisse plusieurs milliers de réceptions ; sur une heure d’elliptique, il n’en encaisse aucune.

C’est un argument considérable, et il concerne beaucoup de monde. Les genoux douloureux, les hanches usées, les personnes en surpoids pour qui chaque foulée est une contrainte, les coureurs blessés qui veulent maintenir leur endurance sans aggraver quoi que ce soit : pour tous ceux-là, l’elliptique n’est pas un pis-aller. C’est le bon choix.

Elle mobilise en outre le haut et le bas du corps — à condition d’utiliser réellement les poignées mobiles, ce qui nous ramène au point précédent.

Et son mouvement est guidé, donc très sûr : il n’y a pas de mauvaise technique catastrophique possible, contrairement au rameur ou à la course.

Il faut mesurer ce que représente cette absence d’impact, car on la mentionne toujours sans jamais l’expliquer. À chaque foulée de course, votre corps encaisse une force de réception de plusieurs fois votre poids. Multipliez par le nombre de pas d’une heure de course, et vous obtenez une accumulation considérable. Cette contrainte est utile — c’est elle qui entretient l’os — mais elle a un coût, et certaines articulations ne peuvent plus le payer.

L’elliptique supprime intégralement ce coût tout en conservant le bénéfice cardiovasculaire. C’est un compromis remarquable, et il n’existe pratiquement que là et sur un vélo. La différence avec le vélo, c’est que vous restez debout, en charge, et que le haut du corps participe.

Pour une personne qui reprend après une longue interruption, pour un genou arthrosique, ou pour quelqu’un qui porte un poids important, cette machine n’est donc pas un choix par défaut. C’est souvent le meilleur choix disponible.

6. Comment en faire une vraie séance

Tout ce qui précède se résume à quelques gestes simples, et ils transforment complètement cette machine.

Ne vous appuyez pas. Portez votre poids. Poussez et tirez activement sur les poignées mobiles au lieu de les subir. Gardez une foulée ample, complète, sans jamais verrouiller les genoux en fin d’extension.

Variez ensuite les intensités plutôt que de rester quarante-cinq minutes à la même allure confortable. Le corps s’adapte remarquablement vite à une routine identique, et cesse alors de progresser.

Une structure simple et efficace : alternez une minute soutenue et deux minutes modérées, une dizaine de fois. Vous obtiendrez, en trente minutes, un stimulus bien supérieur à quarante-cinq minutes de train-train — et vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer, ce qui n’est pas le moindre des avantages sur cette machine.

Utilisez l’inclinaison si votre appareil en dispose : elle déplace le travail vers les fessiers et les ischio-jambiers, et rend l’exercice nettement plus franc.

Et jugez votre séance à ce que vous avez ressenti, pas à ce que l’écran a affiché.

Un mot enfin sur les genoux, car c’est une erreur discrète et fréquente. En fin d’extension, ne verrouillez jamais complètement la jambe : conservez une très légère flexion. Le mouvement guidé de l’elliptique invite à s’abandonner, et l’articulation finit par encaisser en butée ce que les muscles devraient contrôler.

Faites également attention à votre posture. Le buste reste droit, le regard devant, les épaules basses. Se pencher en avant sur les poignées fixes, dos rond, écran à hauteur de nez : voilà la posture la plus répandue de toutes les salles de sport, et probablement la moins utile.

7. Deux précisions honnêtes

La version précédente de cet article méritait deux rectifications.

Sur les étirements après la séance, d’abord. Ils sont agréables, et c’est une raison suffisante de les pratiquer. Mais ils ne « préviennent pas les douleurs musculaires » : les travaux disponibles ne soutiennent pas cette affirmation, pourtant répétée partout.

Sur l’entraînement « complet du corps », ensuite. L’elliptique sollicite effectivement le haut et le bas du corps, mais il ne remplace pas le renforcement musculaire. Le muscle et l’os exigent des charges progressives que cette machine ne fournit pas.

La combinaison raisonnable reste donc la même que partout : l’elliptique pour le cœur et l’endurance sans impact ; deux séances de renforcement par semaine pour le reste.

Ajoutons une nuance sur l’absence d’impact, pour être tout à fait honnête. Cette qualité, si précieuse pour les articulations douloureuses, a une contrepartie : l’os se renforce sous l’impact, et une activité qui n’en produit aucun ne le stimule pas. Si votre densité osseuse est un enjeu, l’elliptique ne suffira pas — et c’est encore le renforcement musculaire qui prendra le relais.

8. L’elliptique chez MagicFit

Nos quinze clubs en sont équipés, et nos coachs vous diront la même chose que cet article — probablement en moins de mots.

Lâchez les poignées. Portez votre poids. Et regardez votre fréquence cardiaque plutôt que vos calories.

Vous découvrirez alors une machine bien plus exigeante que celle dont vous aviez l’habitude. Elle vous rendra beaucoup plus, et elle continuera de ne rien demander à vos articulations.

C’est, au fond, le meilleur compliment qu’on puisse faire à cet appareil : bien utilisé, il est excellent. Il fallait simplement que quelqu’un vous dise comment.

Questions fréquentes

Elliptique : vos questions

Le compteur de calories de l'elliptique est-il fiable ?
Non. Une étude comparant plusieurs machines à un analyseur de gaz respiratoires a mesuré une surestimation d’environ quarante-deux pour cent — de loin la pire de toutes les machines cardio. Divisez le chiffre par deux avant d’en tirer une conclusion alimentaire.
Pourquoi l'elliptique se trompe-t-il autant ?
Parce qu’il calcule à partir d’hypothèses : que vous portez votre poids, que vos bras travaillent, que votre foulée est ample. Si ce n’est pas le cas, il ne s’en aperçoit pas et facture quand même la prestation complète.
Faut-il tenir les poignées fixes ?
Non, et c’est la correction la plus importante. S’appuyer dessus peut réduire la dépense de moitié. Touchez-les du bout des doigts si vous en avez besoin pour l’équilibre, sans jamais vous y soutenir.
Sur quoi piloter ma séance ?
Sur la fréquence cardiaque, qui est mesurée et fiable, ou à défaut sur votre essoufflement. Si vous pouvez tenir une conversation, l’intensité est modérée. Si vous devez couper vos phrases, elle est soutenue. Les coachs MagicFit vous aideront à situer vos zones.
Quel est le vrai avantage de l'elliptique ?
L’absence totale d’impact. Vos pieds ne quittent jamais les pédales, aucune articulation n’encaisse de choc. C’est un argument décisif en cas de genoux sensibles, de surpoids ou de retour de blessure.
L'elliptique fait-il maigrir ?
Il y contribue, mais pas via le chiffre affiché. La perte de graisse se joue d’abord dans l’assiette — et manger les calories fantômes du compteur suffit à annuler tout le bénéfice.
L'elliptique remplace-t-il la musculation ?
Non. Il sollicite les muscles, mais la construction musculaire exige des charges progressives qu’il ne fournit pas. Complétez par deux séances de renforcement hebdomadaires.
Les étirements après la séance évitent-ils les courbatures ?
Les données disponibles ne soutiennent pas cette affirmation, pourtant très répandue. Ils restent agréables, et c’est une raison suffisante de les pratiquer.
Où utiliser un elliptique avec MagicFit ?
Nos quinze clubs en sont équipés. Les coachs vous rappelleront l’essentiel : lâchez les poignées fixes et portez votre poids.

Sources

Sources consultées en juin 2026. Les taux de surestimation varient selon les modèles, les réglages et la technique de l’utilisateur : ils constituent des ordres de grandeur, non des valeurs universelles. Cet article ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de pathologie articulaire ou cardiaque, demandez conseil avant de commencer.

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