Calculateur d'allure pour le marathon

Calculateur d’allure pour le marathon

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 17 min · 📅 Publié le 25 novembre 2025

Calculateurs · Course à pied

Un calculateur d’allure ne prédit pas votre marathon. Il traduit une hypothèse en chiffres. Vous entrez un temps que vous espérez tenir, l’outil vous rend l’allure correspondante et les temps de passage qui vont avec. C’est une division, pas une prophétie. La confusion entre ces deux choses est probablement la première cause de marathons ratés chez les coureurs amateurs, très loin devant le manque d’entraînement.

Cette page contient le calculateur d’allure MagicFit, réglé sur les quatre distances officielles de la route (marathon 42,195 km, semi-marathon 21,0975 km, 10 km, 5 km) et sur toute distance personnalisée entre 500 mètres et 200 kilomètres. Elle contient aussi ce que la plupart des pages de calculateurs omettent : le mode d’emploi honnête de l’outil, les endroits précis où ses résultats sont fiables, et les endroits où ils ne le sont pas du tout.

Nous avons choisi de le dire clairement plutôt que de laisser croire qu’une formule remplace une préparation. Un calculateur d’allure est un instrument de gestion de course. Utilisé comme tel, il vaut de l’or. Utilisé comme un oracle de performance, il vous envoie dans le mur, au sens propre, entre le trentième et le trente-cinquième kilomètre.

Transparence

Le calculateur présenté ici effectue des opérations arithmétiques simples sur les données que vous saisissez. Il ne mesure rien, ne teste rien, ne connaît ni votre condition physique, ni votre historique de blessures, ni votre capacité à digérer un gel à la quarantième minute. Il ne remplace ni un test d’effort, ni l’avis d’un médecin du sport, ni le suivi d’un entraîneur.

Les résultats affichés sont des repères de planification, pas des recommandations médicales. Toute douleur thoracique, tout essoufflement anormal ou tout malaise à l’effort impose l’arrêt et un avis médical, quel que soit ce qu’affiche un écran.

1. Ce que le calculateur fait exactement

L’outil prend deux entrées et une seule : une distance et un temps objectif. À partir de là, il calcule l’allure moyenne nécessaire, c’est-à-dire le temps total divisé par la distance, exprimé en minutes et secondes par kilomètre. Il en déduit la vitesse équivalente en kilomètres par heure, puis reconstruit la grille complète des temps de passage.

Pour un marathon, cette grille suit les points de chronométrage réels des grandes courses : 5, 10, 15, 20 kilomètres, le passage au semi à 21,0975 km, puis 25, 30, 35, 40 kilomètres et l’arrivée à 42,195 km. Sur 10 km, la grille descend au kilomètre. Sur une distance personnalisée, elle s’adapte. Trois onglets complètent l’affichage : les temps de passage, les équivalences sur les autres distances, et une série de conseils de course.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Aucune de ces sorties n’est une prédiction. Le calculateur ne vous dit pas si vous êtes capable de courir en trois heures trente. Il vous dit à quelle allure il faudrait courir pour y parvenir, ce qui est une question totalement différente et infiniment plus facile à résoudre. La partie difficile, celle qui consiste à savoir quel objectif est réaliste, reste entièrement à votre charge.

C’est le point que la plupart des utilisateurs manquent. Ils saisissent un temps rond et flatteur, obtiennent une allure propre et bien alignée, et repartent avec le sentiment d’avoir validé un projet. Ils ont seulement validé une division.

Calculateur d Allure Marathon

Calculez votre allure, vitesse et temps de passage. Equivalences sur toutes les distances et plan de course personnalise.

Marathon, Semi, 10 km, 5 km

Votre objectif

Heures
Minutes
Secondes
L allure (pace) est le temps necessaire pour parcourir 1 km. C est l indicateur cle pour gerer votre effort en course a pied.

Votre allure de course

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Le calculateur ci-dessus fonctionne en local dans votre navigateur : aucune donnée n’est envoyée tant que vous ne demandez pas explicitement l’envoi du plan par courriel. Vous pouvez également télécharger le récapitulatif au format PDF pour l’emporter le jour de la course, ce qui reste la manière la plus fiable de garder ses temps de passage sous les yeux quand la montre devient difficile à lire au kilomètre 35.

2. Allure ou vitesse : pourquoi les coureurs ont tranché

L’allure et la vitesse décrivent la même réalité physique par deux bouts opposés. La vitesse répond à la question du combien de distance en une heure. L’allure répond à celle du combien de temps pour un kilomètre. Mathématiquement, l’une est l’inverse de l’autre, à un facteur soixante près.

En course à pied, l’allure a gagné, et pour une raison très concrète : elle est directement comparable à ce que vous voyez sur le terrain. Les bornes kilométriques d’un marathon défilent une par une. Savoir qu’il faut passer chacune en cinq minutes quarante et une secondes est actionnable immédiatement. Savoir qu’il faut courir à 10,55 kilomètres par heure ne l’est pas, sauf sur un tapis de course, où le réglage se fait justement en kilomètres par heure.

Cette dualité explique une confusion fréquente en salle. Un coureur qui prépare un marathon en quatre heures et qui règle son tapis sur 10,5 kilomètres par heure croit courir à son allure cible. Il court en réalité légèrement plus lentement, et sur une sortie longue de deux heures l’écart devient une différence de plusieurs centaines de mètres. Le calculateur affiche les deux valeurs côte à côte précisément pour éviter cette dérive.

Une remarque de méthode, souvent négligée : l’allure moyenne d’une course n’est presque jamais l’allure instantanée à laquelle on court. Un marathon comporte des relances au ravitaillement, des virages, des changements de pente, des zones de foule. L’allure calculée est une moyenne à atteindre, pas une consigne à tenir seconde par seconde.

3. La grille des allures marathon, en clair

Voici ce que produit le calcul pour les objectifs les plus courants sur 42,195 km. Le passage au semi correspond à une course courue à allure parfaitement régulière, ce qui n’arrive jamais tout à fait, mais fournit le repère de référence.

Objectif marathon Allure Vitesse Passage au semi
2 h 45 3 min 55 s / km 15,34 km/h 1 h 22 min 30 s
3 h 00 4 min 16 s / km 14,07 km/h 1 h 30 min 00 s
3 h 15 4 min 37 s / km 12,98 km/h 1 h 37 min 30 s
3 h 30 4 min 59 s / km 12,06 km/h 1 h 45 min 00 s
3 h 45 5 min 20 s / km 11,25 km/h 1 h 52 min 30 s
4 h 00 5 min 41 s / km 10,55 km/h 2 h 00 min 00 s
4 h 15 6 min 03 s / km 9,93 km/h 2 h 07 min 30 s
4 h 30 6 min 24 s / km 9,38 km/h 2 h 15 min 00 s
5 h 00 7 min 07 s / km 8,44 km/h 2 h 30 min 00 s

Deux observations méritent d’être faites sur cette grille. La première : les 195 mètres qui suivent les 42 kilomètres ne sont pas décoratifs. À l’allure d’un coureur en quatre heures, ils représentent une minute et onze secondes. Un plan de course bâti sur un marathon arrondi à 42 kilomètres se termine systématiquement par un dépassement d’objectif qui n’a rien de mystérieux.

La seconde : l’écart d’allure entre deux objectifs voisins est ridiculement petit. Entre trois heures trente et trois heures quarante-cinq, il y a vingt et une secondes par kilomètre. Vingt et une secondes que la plupart des coureurs ne perçoivent pas dans les cinq premiers kilomètres, quand les jambes sont fraîches et l’ambiance électrique. C’est exactement dans cette imperceptibilité que se joue la réussite ou l’échec d’une course.

4. Les temps de passage : l’usage le plus solide de l’outil

S’il ne fallait retenir qu’une sortie du calculateur, ce serait celle-là. Les temps de passage transforment un objectif abstrait en une série de rendez-vous vérifiables. Au kilomètre 10, votre montre doit afficher telle valeur. Au semi, telle autre. La comparaison est immédiate et ne demande aucun calcul mental, ce qui compte quand la fatigue commence à mordre sur la capacité de raisonnement.

Cette fonction a une valeur particulière parce qu’elle corrige la principale illusion de la course longue : la sensation d’effort est un mauvais indicateur d’allure dans les vingt premiers kilomètres. Elle est trompeusement basse. Un coureur en pleine forme, porté par le départ, peut courir dix à quinze secondes par kilomètre plus vite que prévu sans ressentir la moindre alerte. Les temps de passage sont le seul contre-pouvoir fiable à cette sensation.

Un usage recommandé consiste à mémoriser trois repères seulement, plutôt que la grille entière : le passage au 10, le passage au semi, et le passage au 30. Le reste est du bruit pendant la course. Ces trois points suffisent à savoir si l’on est dans le plan, légèrement devant ou déjà en dette.

Attention toutefois à un détail matériel qui fausse tout : la distance mesurée par une montre GPS dépasse presque toujours la distance officielle, à cause des trajectoires réelles et du bruit du signal. Sur un marathon, un excédent de deux à trois cents mètres est banal. Comparez donc vos passages aux bornes kilométriques du parcours, pas au compteur de la montre, sous peine de courir après une allure fantôme pendant quarante kilomètres.

5. Les équivalences : là où l’outil se trompe par construction

L’onglet des équivalences est la partie du calculateur qu’il faut lire avec le plus de méfiance, et nous préférons le dire plutôt que de le laisser passer. Il applique votre allure cible à toutes les autres distances, comme si un coureur pouvait maintenir le même rythme sur cinq kilomètres et sur quarante-deux. Cette hypothèse est fausse, et elle l’est de façon parfaitement quantifiable.

Le modèle de référence en la matière est la loi de puissance popularisée par l’ingénieur et marathonien Pete Riegel, qui relie deux performances par un exposant voisin de 1,06. En clair : doubler la distance ne double pas le temps, il le multiplie par environ 2,08. Voici ce que cela donne pour un coureur visant quatre heures au marathon.

Distance Équivalence à allure constante Estimation par loi de puissance Écart
5 km 28 min 26 s 25 min 01 s 3 min 25 s
10 km 56 min 53 s 52 min 10 s 4 min 43 s
Semi-marathon 2 h 00 min 00 s 1 h 55 min 07 s 4 min 53 s

L’écart n’est pas anecdotique. Un coureur qui prendrait au pied de la lettre l’équivalence linéaire se croirait incapable de descendre sous les 57 minutes au 10 km, alors que sa forme du moment lui en autorise probablement 52. Dans l’autre sens, et c’est le cas dangereux, un coureur qui a réalisé un semi en une heure cinquante-cinq et qui double simplement son temps se fixe un marathon en trois heures cinquante. La loi de puissance en annonce plutôt quatre heures. Cinq à dix minutes d’optimisme sur un objectif marathon suffisent à provoquer exactement le scénario que la suite de cet article décrit.

La conclusion pratique est simple : servez-vous de l’onglet des équivalences pour visualiser une allure, jamais pour fixer un objectif. Pour estimer un chrono réaliste sur une autre distance, il faut un modèle prédictif dédié, qui pondère l’exposant de fatigue et croise plusieurs formules.

6. Les zones d’allure dérivées : utiles, mais grossières

Le calculateur affiche également cinq zones d’allure construites en appliquant des coefficients fixes à l’allure marathon : environ 1,25 fois pour la récupération, 1,15 pour l’endurance fondamentale, 0,92 pour le seuil et 0,82 pour le travail à vitesse maximale aérobie. Pour un coureur en quatre heures, cela donne respectivement 7 min 07 s, 6 min 32 s, 5 min 14 s et 4 min 40 s par kilomètre.

Ces valeurs sont exploitables pour un coureur de niveau intermédiaire, et c’est déjà beaucoup pour un outil gratuit. Mais il faut savoir d’où vient leur fragilité. Ces coefficients supposent que le rapport entre l’allure marathon et les allures rapides est constant d’un coureur à l’autre. Il ne l’est pas.

Un marathonien de haut niveau soutient sa course à un pourcentage élevé de sa consommation maximale d’oxygène, généralement situé entre 80 et 85 pour cent. Un coureur loisir, dont l’endurance spécifique est moins développée, court son marathon nettement plus bas dans cette échelle. Autrement dit, l’écart réel entre allure marathon et allure maximale aérobie est plus grand chez le coureur lent que chez l’élite, alors que le coefficient fixe suppose le contraire.

Traduction concrète : plus votre chrono marathon est élevé, plus la zone dite maximale aérobie affichée par l’outil risque d’être sous-estimée, donc trop lente pour produire l’adaptation recherchée. Si vous construisez des séances de fractionné, croisez toujours ces zones avec une mesure réelle, qu’il s’agisse d’un test de terrain ou d’une estimation de votre consommation maximale d’oxygène. Un coefficient n’a jamais mesuré personne.

7. Ce que la physiologie impose au chiffre

Un calculateur d’allure ignore complètement le carburant. C’est sa limite la plus lourde de conséquences, parce que le marathon est d’abord un problème de gestion de stock énergétique.

Le travail computationnel de Benjamin Rapoport, publié dans PLoS Computational Biology, a mis des chiffres sur cette contrainte. Son modèle montre que la distance à laquelle un coureur épuise ses réserves de glycogène dépend de trois variables principales : sa masse musculaire mobilisée, la densité de glycogène stockée dans ses muscles et son foie, et surtout l’intensité relative de sa course, exprimée en pourcentage de sa capacité aérobie. Plus l’allure choisie est élevée par rapport à cette capacité, plus la part des glucides dans le mélange énergétique augmente, et plus le stock s’épuise tôt.

Le résultat qui compte pour l’utilisateur d’un calculateur est le suivant : deux coureurs peuvent viser le même chrono avec la même allure calculée, et l’un tiendra pendant que l’autre s’effondrera au kilomètre 32, simplement parce que cette allure représente pour lui une fraction plus élevée de son plafond aérobie. L’allure est une donnée absolue, la contrainte physiologique est relative. Aucune division ne peut capturer cela.

La même étude rappelle qu’une proportion importante des coureurs qui s’alignent sur la distance rapportent un épuisement sévère de leurs réserves glucidiques. Ce n’est donc pas un accident marginal réservé aux imprudents, c’est un phénomène de masse. Il se prévient par deux leviers que le calculateur ne connaît pas : une allure choisie en cohérence avec son niveau réel, et un apport glucidique régulier pendant l’effort, dont les recommandations conjointes de l’American College of Sports Medicine fixent l’ordre de grandeur autour de trente à soixante grammes par heure pour un effort de deux à trois heures.

8. Ce que quatre millions de courses ont montré

L’analyse conduite par Barry Smyth à l’University College Dublin porte sur plus de quatre millions de performances réalisées par environ 2,7 millions de coureurs entre 2005 et 2019, avec les temps intermédiaires tous les cinq kilomètres. C’est probablement le jeu de données le plus complet jamais constitué sur le comportement d’allure des marathoniens amateurs.

Trois enseignements en ressortent, et ils concernent directement l’usage d’un calculateur d’allure.

Le premier : le ralentissement de fin de course est massif et prévisible. Il démarre en moyenne au-delà du trentième kilomètre et s’étale sur une dizaine de kilomètres. Chez les hommes, il porte sur environ 10,7 kilomètres contre 9,6 chez les femmes, avec un ralentissement relatif légèrement plus marqué pour les hommes. Les tailles d’effet restent modestes, l’étude le souligne, mais la direction est constante.

Le deuxième, plus contre-intuitif : les coureurs ralentissent davantage dans les années qui entourent leur record personnel. Environ 36 pour cent d’entre eux connaissent un effondrement d’allure dans les trois ans précédant leur meilleur chrono, contre 23 pour cent dans les années antérieures. Autrement dit, c’est en cherchant à progresser, donc en fixant des objectifs ambitieux dans un calculateur, que l’on se met le plus souvent en difficulté.

Le troisième : partir plus vite que son allure cible dégrade le chrono final. Cette conclusion est robuste et rejoint des travaux antérieurs sur la prise de risque en course. Le temps gagné dans les dix premiers kilomètres est systématiquement repris, avec intérêts, dans les douze derniers.

9. Allure régulière, negative split, positive split

Trois stratégies coexistent dans le vocabulaire du marathon. L’allure régulière consiste à courir chaque kilomètre au même rythme. Le negative split consiste à courir la seconde moitié plus vite que la première. Le positive split est l’inverse, et il n’est pratiquement jamais choisi : il est subi.

Les données de course montrent que l’immense majorité des marathoniens amateurs réalisent un positive split, souvent sévère. Ce n’est pas une stratégie, c’est le résultat mécanique d’un départ trop rapide combiné à un épuisement glucidique. Les records du monde, à l’inverse, sont presque toujours établis sur une allure régulière ou légèrement négative.

Faut-il pour autant programmer un negative split dans le calculateur ? La réponse honnête est nuancée. Viser une seconde moitié franchement plus rapide suppose une maîtrise de l’effort que peu de coureurs possèdent, et le risque est de courir la première moitié trop lentement pour rattraper ensuite. En pratique, la stratégie qui convient à la majorité consiste à courir les cinq à dix premiers kilomètres environ cinq à dix secondes par kilomètre plus lentement que l’allure cible, puis à s’installer sur l’allure calculée jusqu’au trentième kilomètre.

Cette légère retenue initiale coûte moins d’une minute sur le chrono théorique. Elle protège le stock de glycogène pendant la phase où l’excitation du départ pousse à surconsommer. C’est un investissement, pas une perte. On ne gagne jamais un marathon avant le trentième kilomètre, on ne fait que le perdre.

10. Les variables que l’allure calculée ignore

Une allure théorique est calculée dans un monde plat, tempéré, sans vent et sans autres coureurs. Le jour de la course, aucune de ces conditions n’est remplie. Voici les principales corrections à connaître.

La chaleur est le facteur le plus sous-estimé. Au-delà d’une quinzaine de degrés Celsius, la performance en endurance se dégrade progressivement, parce qu’une part croissante du débit sanguin est détournée vers la peau pour la thermorégulation. Sur un marathon couru par vingt-cinq degrés, un ralentissement de plusieurs minutes par rapport à l’objectif initial est la norme, pas l’exception. Ajuster son allure cible dès le départ est plus efficace que tenter de tenir puis d’exploser.

Le dénivelé ensuite. Une montée coûte plus de temps que la descente correspondante n’en restitue, la relation n’est pas symétrique. Un parcours vallonné avec un dénivelé positif cumulé de trois cents mètres justifie de revoir l’objectif à la baisse, même si le profil revient à son point de départ.

La densité de coureurs enfin. Sur les grands marathons urbains, les premiers kilomètres se courent dans un flux dense qui interdit de tenir son allure et impose des zigzags coûteux. Un plan de course rigide se heurte à cette réalité dès le premier kilomètre. Il vaut mieux prévoir un différentiel de dix à vingt secondes sur les premières bornes et ne pas chercher à le rattraper immédiatement.

S’ajoutent le vent, la surface, la qualité du sommeil de la semaine, l’état digestif du matin. Aucune de ces variables n’entre dans le calculateur, et il serait malhonnête de laisser croire qu’un chiffre affiché à la seconde près intègre quoi que ce soit de tout cela.

11. Ce qu’un calculateur ne remplacera jamais

Il y a des choses qu’aucune formule ne fera à votre place, et il vaut mieux les nommer.

Un calculateur ne construit pas votre endurance. Celle-ci se bâtit sur des semaines de volume progressif, avec des sorties longues qui apprennent au corps à mobiliser les lipides et à tolérer la répétition de l’impact. Aucune saisie d’objectif ne compresse ce délai. Un plan de préparation sérieux sur seize semaines n’a pas d’équivalent numérique.

Un calculateur ne détecte pas une contre-indication. Il ne connaît ni votre tension, ni vos antécédents familiaux, ni le souffle court que vous mettez sur le compte de la fatigue depuis trois semaines. La visite médicale préalable à une épreuve d’endurance longue relève d’un professionnel de santé, et cette étape ne se contourne pas.

Un calculateur ne corrige pas une technique de course. L’économie de course, c’est-à-dire le coût énergétique d’une allure donnée, varie fortement d’un coureur à l’autre à capacité aérobie égale. Elle se travaille par du renforcement musculaire, du travail de fréquence de foulée et de l’éducatif. C’est précisément le type d’accompagnement que proposent les coachs diplômés d’État des clubs MagicFit, en complément et non en substitution du travail de terrain.

Un calculateur, enfin, ne décide pas à votre place du niveau de risque que vous acceptez. Il vous rend un chiffre neutre. La question de savoir si ce chiffre est courageux ou déraisonnable, elle, reste humaine. L’outil calcule, vous jugez.

Pour aller plus loin

Marathon en 16 semaines : le plan scientifique pour passer le mur du trentième kilomètre — la préparation complète qui donne du sens à l’allure calculée ici.

Prédicteur de performance du 5 km à l’ultra-trail — l’outil à utiliser pour fixer un objectif réaliste avant de le convertir en allure.

Semi-marathon en 8 semaines pour coureur intermédiaire — la distance de référence pour calibrer un objectif marathon.

Courir son premier 10 km : le plan débutant — le point de départ si le marathon reste un horizon lointain.

Le repas d’avant-course longue distance — la partie carburant, celle que le calculateur ignore.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le calculateur prédit-il mon temps de marathon ?
Non. Il fait l’inverse : vous lui donnez un temps objectif et il en déduit l’allure et les temps de passage correspondants. Pour estimer un chrono réaliste à partir d’une performance récente, il faut un modèle prédictif dédié, qui applique un exposant de fatigue au rapport des distances.
Quelle est la différence entre allure et vitesse ?
L’allure est le temps nécessaire pour parcourir un kilomètre, exprimée en minutes et secondes par kilomètre. La vitesse est la distance parcourue en une heure, exprimée en kilomètres par heure. Les deux décrivent la même chose : une allure de cinq minutes par kilomètre correspond à douze kilomètres par heure.
Pourquoi les équivalences affichées semblent-elles pessimistes sur les distances courtes ?
Parce qu’elles appliquent votre allure marathon telle quelle aux autres distances. Or un coureur tient une allure nettement plus rapide sur cinq kilomètres que sur quarante-deux. L’onglet des équivalences sert à visualiser une allure, pas à fixer un objectif de course.
Faut-il viser un negative split au marathon ?
Pour la majorité des coureurs amateurs, une légère retenue sur les cinq à dix premiers kilomètres suffit, de l’ordre de cinq à dix secondes par kilomètre plus lentement que l’allure cible. Programmer une seconde moitié franchement plus rapide demande une maîtrise de l’effort que peu de coureurs possèdent.
Pourquoi mes temps de passage GPS ne correspondent-ils pas aux bornes du parcours ?
Parce qu’une montre GPS surestime presque toujours la distance réelle, à cause des trajectoires et du bruit du signal. Un excédent de deux à trois cents mètres sur un marathon est banal. Fiez-vous aux bornes kilométriques officielles pour comparer vos passages.
Comment ajuster mon allure cible s'il fait chaud le jour de la course ?
Au-delà d’une quinzaine de degrés Celsius, la performance en endurance se dégrade progressivement. Il est plus efficace de revoir l’objectif à la baisse dès le départ que de tenter de tenir l’allure initiale puis de subir un effondrement en seconde moitié de course.
Les zones d'allure affichées sont-elles fiables pour construire mes séances ?
Elles donnent un ordre de grandeur exploitable pour un coureur intermédiaire, mais elles reposent sur des coefficients fixes qui ne tiennent pas compte du niveau d’endurance individuel. Croisez-les toujours avec une mesure de terrain avant d’en faire la base de vos séances rapides.
Puis-je préparer un marathon en salle de sport ?
Le tapis de course permet de travailler une allure cible avec une précision impossible en extérieur, et le renforcement musculaire améliore l’économie de course. Les clubs MagicFit associent les deux, avec des coachs diplômés d’État qui adaptent la charge au calendrier de course.
Comment être accompagné dans ma préparation ?
Un accompagnement individualisé permet de calibrer l’objectif, de structurer le volume et de corriger la technique de foulée. Les clubs MagicFit proposent des bilans cardio et un suivi personnalisé, en complément et jamais en remplacement d’un avis médical préalable.

Sources

Rapoport BI. Metabolic Factors Limiting Performance in Marathon Runners. PLoS Computational Biology, 2010 — modèle computationnel de l’épuisement du glycogène pendant le marathon. Établit que la distance à laquelle un coureur épuise ses réserves dépend de la masse musculaire, de la densité de glycogène et surtout de l’intensité relative de l’effort. Réserve importante : il s’agit d’un modèle mathématique validé sur des données de laboratoire, pas d’une mesure directe sur un échantillon de coureurs en course.

Smyth B. How recreational marathon runners hit the wall. PLOS ONE, 2021 — analyse de plus de quatre millions de performances de marathon entre 2005 et 2019. Quantifie l’ampleur, la localisation et le coût du ralentissement de fin de course, et documente le lien entre départ trop rapide et chrono dégradé. Réserve : les tailles d’effet des différences entre hommes et femmes sont faibles, l’auteur le souligne lui-même.

Devising a Pace-Based Definition for The Wall. PubMed, 2020 — propose des critères objectifs de définition du mur à partir des variations d’allure au kilomètre, en confrontant ces seuils au ressenti déclaré des coureurs. Utile parce qu’il rappelle qu’il n’existe pas de définition consensuelle unique du phénomène, ce qui complique la comparaison des études.

Risk Taking Runners Slow More in the Marathon. PubMed, 2019 — documente la relation entre la prise de risque à l’allure de départ et l’ampleur du ralentissement ultérieur, avec une analyse par âge, volume d’entraînement et expérience. Réserve : il s’agit de données observationnelles déclaratives, qui établissent des associations et non des relations de cause à effet.

Thomas DT, Erdman KA, Burke LM. Nutrition and Athletic Performance. Position conjointe Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada et American College of Sports Medicine, 2016 — référence institutionnelle sur les apports glucidiques avant, pendant et après l’effort d’endurance, dont les ordres de grandeur d’apport horaire cités dans cet article. Réserve : ce texte est une position de consensus datant de 2016, et les recommandations d’apport glucidique pendant l’effort ont été révisées à la hausse depuis dans la littérature spécialisée.

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