Amortissement Dégressif

Amortissement dégressif : calcul, coefficients et application en salle de sport

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 15 min · 📅 Publié le 21 janvier 2025

Franchise · Rentabilité & business plan

L’amortissement dégressif concentre la déduction fiscale sur les premières années — précisément quand un projet a le plus besoin de trésorerie. Pour une salle de sport qui investit lourdement en matériel au démarrage, c’est un levier à connaître. Méthode, coefficients, exemple chiffré et limites.

Quand on ouvre une salle de sport, l’essentiel de l’investissement part dans le matériel : cardio, musculation guidée, charges libres, équipements fonctionnels. Comptablement, ces biens ne passent pas en charge d’un coup : on les amortit, c’est-à-dire qu’on étale leur coût sur leur durée d’usage. Et là, une question se pose : quelle méthode d’amortissement choisir ?

L’amortissement dégressif est l’une des réponses. Réservé à certains biens neufs, il permet de déduire davantage les premières années, puis de moins en moins ensuite. Pour un projet qui démarre, l’intérêt est direct : réduire le résultat imposable et l’impôt au moment où la trésorerie est la plus tendue, c’est-à-dire les premières années d’exploitation.

Cet article explique ce qu’est l’amortissement dégressif, à quels biens il s’applique, comment le calculer concrètement selon les règles fiscales françaises, et comment l’utiliser pour optimiser la trésorerie d’une salle de sport. Il s’adresse aux porteurs de projet et aux exploitants qui veulent comprendre ce levier avant d’en parler à leur expert-comptable.

Transparence : MagicFit développe un réseau de franchise de salles de sport. Le contenu a une portée pédagogique et générale ; il ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Les règles fiscales évoluent : vérifiez toujours les textes en vigueur (BOFiP, Légifrance) et faites valider vos choix par un expert-comptable inscrit à l’Ordre.

1. L’amortissement dégressif, qu’est-ce que c’est ?

Amortir un bien, c’est constater comptablement sa perte de valeur due à l’usure, au temps ou à l’obsolescence, et répartir son coût sur sa durée d’utilisation. Cette dotation aux amortissements est une charge déductible : elle réduit le résultat de l’entreprise et donc l’impôt. L’amortissement traduit une réalité économique tout en ayant un effet fiscal.

L’amortissement dégressif est une méthode accélérée. Au lieu de répartir le coût en parts égales, il applique un taux constant à la valeur restant à amortir, ce qui donne des dotations élevées les premières années, puis décroissantes. La mécanique est simple : comme la base diminue chaque année du montant déjà amorti, les charges se concentrent au début.

C’est un dispositif fiscal, encadré par l’article 39 A du Code général des impôts. Il ne s’agit pas d’amortir plus au total — la somme amortie reste le coût du bien — mais d’amortir plus tôt. L’entreprise déduit davantage au démarrage, ce qui décale une partie de son impôt vers plus tard. Un effet de trésorerie, pas un cadeau définitif.

Pour une salle de sport, l’intérêt saute aux yeux : les premières années sont celles où la trésorerie est la plus fragile, le temps d’atteindre le point mort. Amortir vite le matériel allège l’impôt à ce moment précis, libérant de la trésorerie pour faire face aux charges du démarrage. Encore faut-il que les biens soient éligibles et la méthode bien maîtrisée.

Il faut bien comprendre la nature de cet avantage. Le dégressif ne fait pas gagner d’argent sur la durée de vie du bien : il déplace simplement la charge dans le temps. Mais en finance, le moment compte autant que le montant. Un euro d’impôt évité aujourd’hui, alors que la trésorerie est rare, vaut plus qu’un euro d’impôt payé dans cinq ans, quand la salle tourne. C’est cette valeur temps de l’argent qui fait tout l’intérêt du dispositif pour un projet en démarrage.

2. Dégressif ou linéaire : la différence

L’amortissement linéaire est la méthode par défaut, la plus simple : on répartit le coût du bien en parts égales sur sa durée d’usage. Une machine de 10 000 € amortie sur 5 ans donne 2 000 € de dotation chaque année. C’est régulier, lisible, et applicable à tous les biens. C’est aussi la seule méthode autorisée pour certains biens, comme les véhicules de tourisme.

L’amortissement dégressif, lui, charge davantage les premières années. Sur le même bien, la dotation de la première année est nettement supérieure à 2 000 €, puis elle diminue d’année en année. Au total, la somme amortie est identique ; seule la répartition dans le temps change. C’est cette anticipation de la charge qui crée l’avantage de trésorerie.

Un exemple éclaire la différence. Sur une machine de 10 000 € amortie sur 5 ans, le linéaire donne 2 000 € chaque année, sans surprise. Le dégressif, lui, pourrait donner de l’ordre de 3 500 € la première année, puis des montants décroissants. Sur les deux ou trois premières années, le dégressif déduit nettement plus, ce qui se traduit directement par moins d’impôt et plus de trésorerie disponible à ce moment-là.

Le choix entre les deux n’est pas qu’une question de préférence. Le linéaire convient à des biens qui se déprécient régulièrement et aux entreprises qui veulent lisser leur résultat. Le dégressif convient aux biens qui perdent vite de la valeur et aux entreprises qui veulent maximiser leur trésorerie au démarrage. Pour le détail de la méthode constante, voir notre article sur l’amortissement linéaire.

Il existe par ailleurs un mécanisme comptable, l’amortissement dérogatoire, qui permet de réconcilier l’amortissement économique (comptable, souvent linéaire) et l’amortissement fiscal (dégressif). Cette nuance technique relève de l’expert-comptable ; l’essentiel à retenir est que le dégressif est avant tout un outil d’optimisation fiscale.

Concrètement, beaucoup d’entreprises tiennent une comptabilité où l’amortissement économique suit le rythme réel d’usure du bien (souvent linéaire), tandis que l’amortissement fiscal suit le dégressif pour optimiser l’impôt. L’écart entre les deux est constaté via l’amortissement dérogatoire, une écriture comptable spécifique. Le porteur de projet n’a pas à maîtriser ce mécanisme, mais il gagne à savoir qu’il existe et que son expert-comptable le gère pour lui.

3. Quels biens sont éligibles au dégressif ?

Le dégressif n’est pas ouvert à tous les biens : c’est un régime de faveur, donc encadré. Pour en bénéficier, un bien doit remplir trois conditions cumulatives. Il doit être neuf — les biens d’occasion sont exclus. Il doit avoir une durée d’utilisation d’au moins trois ans. Et il doit figurer dans les catégories éligibles listées par le Code général des impôts.

Parmi les biens éligibles figurent typiquement le matériel et l’outillage, le matériel informatique, les installations de sécurité, et plus largement les équipements productifs. À l’inverse, sont notamment exclus les biens d’occasion, les véhicules de tourisme et le mobilier de bureau. La liste précise est fixée par l’administration fiscale et mérite d’être vérifiée au cas par cas.

Pour une salle de sport, la bonne nouvelle est que l’essentiel du matériel sportif neuf entre dans le champ : appareils de cardio-training, machines de musculation guidée, équipements fonctionnels, installations techniques. Ce sont précisément les postes les plus lourds du budget d’ouverture, et ceux qui se déprécient le plus vite avec l’usage intensif d’une salle.

En revanche, certains éléments échappent au dégressif : le mobilier (accueil, vestiaires), les véhicules de tourisme du gérant, ou le matériel acheté d’occasion. Pour ces biens, on reste en linéaire. Une salle de sport combine donc souvent les deux méthodes selon la nature des biens, ce qui suppose un suivi comptable rigoureux poste par poste.

Cette distinction a une conséquence pratique au moment du budget d’ouverture : il est utile de ventiler les investissements par catégorie dès le départ. Le matériel sportif neuf, éligible au dégressif, sera traité d’une façon ; le mobilier et les agencements, en linéaire, d’une autre. Anticiper cette ventilation avec l’expert-comptable permet d’estimer dès le prévisionnel l’effet fiscal réel du parc d’équipements, et donc la trésorerie dégagée les premières années.

4. Comment calculer l’amortissement dégressif

Le calcul repose sur un taux dégressif, obtenu en multipliant le taux linéaire par un coefficient fiscal. Le taux linéaire est simple : 100 divisé par la durée d’utilisation (par exemple 20 % pour 5 ans). Le coefficient, lui, dépend de la durée du bien, selon le barème fixé par l’article 39 A du CGI.

Durée d’utilisation Coefficient fiscal Taux dégressif (exemple)
3 à 4 ans 1,25 25 % × 1,25 = 31,25 % (4 ans)
5 à 6 ans 1,75 20 % × 1,75 = 35 % (5 ans)
Plus de 6 ans 2,25 10 % × 2,25 = 22,50 % (10 ans)

Une fois le taux dégressif obtenu, on l’applique chaque année à la valeur restant à amortir. La première année, le taux s’applique à la valeur d’origine du bien ; les années suivantes, il s’applique à la valeur nette comptable (VNC), c’est-à-dire au coût d’origine diminué des amortissements déjà pratiqués. La base rétrécissant chaque année, les dotations décroissent.

Deux subtilités méritent l’attention. D’abord, le prorata de première année : contrairement au linéaire qui se calcule en jours, le dégressif se calcule en mois entiers, le mois de mise en service étant compté intégralement. Ensuite, la bascule : dès que le taux linéaire calculé sur la durée restante devient supérieur au taux dégressif, on bascule automatiquement en linéaire pour terminer l’amortissement. Ce mécanisme garantit que le bien est entièrement amorti à l’échéance.

La logique de la bascule mérite d’être bien comprise, car elle surprend souvent. Tant que le dégressif amortit plus vite que le linéaire résiduel, on garde le dégressif. Mais la base diminuant chaque année, le taux dégressif finit par produire des dotations trop faibles pour solder le bien à temps. Dès ce moment, on repasse en linéaire sur les années restantes, ce qui accélère de nouveau la fin de l’amortissement. C’est un mécanisme protecteur, automatique, qui ne laisse jamais de reliquat.

Ces calculs, simples dans le principe, deviennent vite techniques sur un parc de matériel entier. C’est le rôle de l’expert-comptable et du logiciel comptable de produire le plan d’amortissement bien par bien. Le porteur de projet, lui, gagne à en comprendre la logique pour anticiper l’effet sur son résultat et sa trésorerie.

5. Exemple chiffré : amortir du matériel de salle de sport

Prenons un cas concret. Une salle de sport acquiert, à l’ouverture, un parc de matériel cardio neuf pour 60 000 €, avec une durée d’utilisation de 5 ans. Le taux linéaire est de 20 % (100 ÷ 5), le coefficient fiscal de 1,75, soit un taux dégressif de 35 %. En supposant une mise en service au 1er janvier (année pleine, sans prorata), le plan d’amortissement se déroule ainsi.

Année Base × taux Dotation VNC fin d’année
Année 1 60 000 × 35 % 21 000 € 39 000 €
Année 2 39 000 × 35 % 13 650 € 25 350 €
Année 3 25 350 × 35 % 8 872,50 € 16 477,50 €
Année 4 (bascule) 16 477,50 ÷ 2 8 238,75 € 8 238,75 €
Année 5 solde 8 238,75 € 0 €

On voit la mécanique à l’œuvre. La première année, la dotation atteint 21 000 €, contre 12 000 € seulement en linéaire (60 000 ÷ 5). La salle déduit donc 9 000 € de plus dès la première année, ce qui réduit d’autant son résultat imposable. La quatrième année, le taux linéaire sur la durée restante (1/2 = 50 %) devient supérieur au taux dégressif (35 %) : on bascule en linéaire, et le solde se partage en deux annuités égales.

Au total, les 60 000 € sont bien amortis sur les cinq ans — ni plus, ni moins. Mais la répartition est radicalement différente : plus de la moitié du bien est amortie dès les deux premières années. C’est exactement ce que recherche une salle qui veut alléger sa fiscalité pendant la phase de montée en charge, avant d’atteindre sa vitesse de croisière.

Précisons un point sur le prorata, écarté ici pour simplifier. Si le matériel avait été mis en service en cours d’année, par exemple en avril, la première dotation aurait été réduite au prorata des mois courus — neuf mois sur douze en dégressif, le mois d’avril étant compté entier. Le reste du plan se décale alors d’autant. Ce détail, sans incidence sur la logique d’ensemble, a son importance dans le calcul exact que produira l’expert-comptable.

6. Avantages : fiscalité et trésorerie au démarrage

Le premier avantage du dégressif est fiscal. En augmentant les charges d’amortissement des premières années, il réduit le résultat imposable, et donc l’impôt sur les bénéfices (IS ou IR selon la structure). Pour une salle de sport en phase de lancement, qui supporte déjà des charges lourdes, cette réduction d’impôt n’est pas négligeable.

Le deuxième avantage, qui découle du premier, est un meilleur flux de trésorerie. Moins d’impôt payé les premières années, c’est plus de trésorerie conservée au moment où elle est la plus rare. Cette trésorerie peut financer le besoin en fonds de roulement, le remboursement des prêts ou simplement constituer un matelas de sécurité jusqu’au point mort.

Pour mesurer concrètement cet effet, il faut raisonner en différentiel. Reprenons l’exemple : la première année, le dégressif déduit 21 000 € contre 12 000 € en linéaire, soit 9 000 € de charge supplémentaire. À un taux d’impôt sur les bénéfices donné, cette charge en plus se traduit par une économie d’impôt proportionnelle la première année. Cette économie n’est pas définitive — elle se résorbe les dernières années — mais elle tombe au moment où la salle en a le plus besoin.

L’ampleur de l’économie dépend du taux d’imposition applicable. À l’impôt sur les sociétés, un taux réduit de 15 % s’applique sous conditions à une première tranche de bénéfice, le taux normal de 25 % au-delà. Plus le résultat de la salle est élevé et taxé au taux normal, plus le report de charge permis par le dégressif pèse sur l’impôt dû au titre des premières années — et plus l’avantage de trésorerie est marqué.

Le calculateur ci-dessous estime le résultat et l’impôt d’une salle de sport selon ses produits et ses charges. En y intégrant des dotations aux amortissements plus élevées (effet du dégressif), on visualise l’impact sur le résultat imposable et l’IS.

Attention toutefois à ne pas confondre économie d’impôt et enrichissement. Ce que le calculateur montre, c’est un décalage : un impôt plus faible aujourd’hui sera compensé par un impôt plus élevé demain, quand les dotations dégressives deviendront inférieures à ce qu’auraient été les dotations linéaires. L’intérêt réside entièrement dans le calendrier, pas dans le montant total.

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Le troisième avantage est qu’il reflète mieux la réalité économique de certains biens. Le matériel de fitness, soumis à un usage intensif et à une obsolescence rapide (technologie, design, normes), perd effectivement de la valeur plus vite au début. Le dégressif épouse cette dépréciation réelle mieux que le linéaire, qui suppose une perte régulière. Sur ce point, voir aussi notre article sur les revenus et l’impôt sur les sociétés.

Cet alignement sur la dépréciation réelle a aussi une vertu de gestion : il donne une image plus juste de la valeur du parc d’équipements au bilan. Un appareil de cardio de trois ans, soumis à un usage intensif, ne vaut effectivement plus grand-chose ; sa valeur nette comptable fortement réduite par le dégressif le reflète mieux qu’un linéaire qui le surévaluerait. C’est utile au moment d’arbitrer un renouvellement ou d’évaluer la salle.

7. Limites et points de vigilance

Le dégressif a aussi ses contreparties. La première est la complexité : le calcul, la gestion de la bascule et le suivi bien par bien sont plus exigeants que le linéaire. Pour un parc de matériel entier, cela suppose un outil comptable adapté et l’appui d’un expert-comptable. Ce n’est pas un obstacle, mais une réalité à intégrer.

En pratique, cette complexité est largement absorbée par les logiciels comptables et par l’expert-comptable, qui produisent automatiquement les plans d’amortissement. Le coût marginal de gestion est donc faible au regard de l’avantage de trésorerie obtenu, dès lors que les biens sont éligibles et que la salle est bénéficiaire.

La deuxième limite est l’effet sur le résultat affiché. En chargeant davantage les premières années, le dégressif réduit le bénéfice comptable au démarrage. Une salle peut ainsi paraître moins rentable les premières années, ce qui peut compter si l’on cherche à présenter un résultat flatteur à un banquier ou à un investisseur. C’est un arbitrage entre optimisation fiscale et image financière.

Cet arbitrage n’est pas anodin pour un dossier de financement. Un banquier examine le résultat des premières années ; un résultat dégradé par des amortissements élevés peut nécessiter une explication. Mieux vaut alors documenter le choix du dégressif et présenter en parallèle un résultat retraité, pour montrer la rentabilité économique réelle de la salle au-delà de l’effet comptable.

La troisième est qu’il ne crée pas de richesse supplémentaire. Le dégressif décale l’impôt, il ne le supprime pas : ce qui est moins déduit plus tard sera davantage imposé. L’avantage est donc un avantage de trésorerie et de valeur temps de l’argent, pas un gain net. Il est d’autant plus pertinent que la trésorerie est précieuse au démarrage.

Enfin, le dégressif n’est pas toujours le meilleur choix. Une entreprise déficitaire les premières années n’a pas d’impôt à réduire ; charger ses amortissements ne fait alors qu’aggraver le déficit reportable, sans gain de trésorerie immédiat. Le choix de la méthode dépend donc de la trajectoire prévisionnelle de la salle, ce qui renvoie à la qualité du business plan.

8. Bien choisir sa méthode d’amortissement

Choisir entre dégressif et linéaire est une décision à prendre bien en amont, idéalement dès la construction du prévisionnel. La règle générale : le dégressif est intéressant quand la salle sera bénéficiaire dès les premières années et a besoin de préserver sa trésorerie ; le linéaire convient mieux quand on veut lisser le résultat ou quand les biens ne sont pas éligibles au dégressif.

Le point de départ de cette réflexion est le chiffrage du parc de matériel à amortir. C’est lui qui détermine la base amortissable et donc l’ampleur de l’effet fiscal. Le calculateur ci-dessous estime le budget d’ouverture d’une salle, dont la part matériel, ce qui aide à dimensionner la base sur laquelle jouera l’amortissement.

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Quelle que soit la méthode retenue, la décision gagne à être prise avec un expert-comptable, qui validera l’éligibilité des biens, calibrera le plan d’amortissement et l’intégrera au prévisionnel. C’est aussi lui qui gérera l’amortissement dérogatoire si l’amortissement comptable diffère de l’amortissement fiscal. Pour cadrer l’ensemble, voir nos guides sur le business plan et le point mort.

Au fond, l’amortissement dégressif est un outil parmi d’autres au service de la rentabilité d’une salle de sport. Bien utilisé, il transforme une contrainte comptable — l’étalement du coût du matériel — en levier de trésorerie pour les années où elle compte le plus. Mal utilisé ou mal compris, il complique la gestion sans bénéfice. D’où l’intérêt d’en maîtriser la logique avant de décider.

Un dernier conseil : la décision d’amortir en dégressif se prend bien, mais elle s’inscrit aussi dans une stratégie d’ensemble. Renouvellement du matériel, investissements futurs, trajectoire de résultat : tous ces éléments interagissent avec le choix de la méthode. Une salle qui prévoit de réinvestir régulièrement dans du matériel neuf aura un usage récurrent du dégressif, ce qui en fait un véritable outil de pilotage de la trésorerie sur la durée, et non un simple choix ponctuel.

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Questions fréquentes

FAQ — Amortissement dégressif

Qu'est-ce que l'amortissement dégressif ?
C’est une méthode d’amortissement fiscale accélérée qui applique un taux constant à la valeur restant à amortir d’un bien, ce qui génère des dotations élevées les premières années puis décroissantes. Encadré par l’article 39 A du CGI, il permet de déduire davantage au démarrage et d’alléger l’impôt à ce moment-là. Chez Magicfit, nous aidons nos franchisés à évaluer si cette méthode convient à leur prévisionnel.
Quels biens peuvent être amortis en dégressif ?
Uniquement des biens neufs, d’une durée d’utilisation d’au moins trois ans, et figurant dans les catégories éligibles du Code général des impôts : matériel et outillage, matériel informatique, installations de sécurité, équipements productifs. Sont notamment exclus les biens d’occasion, les véhicules de tourisme et le mobilier de bureau. Le matériel sportif neuf d’une salle entre généralement dans le champ.
Comment calcule-t-on le taux dégressif ?
On multiplie le taux linéaire (100 ÷ durée) par un coefficient fiscal : 1,25 pour une durée de 3 à 4 ans, 1,75 pour 5 à 6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans. Par exemple, pour un bien sur 5 ans : 20 % × 1,75 = 35 %. Ce taux s’applique la première année à la valeur d’origine, puis à la valeur nette comptable.
Qu'est-ce que la bascule en linéaire ?
C’est le passage automatique du dégressif au linéaire en fin de plan. Dès que le taux linéaire calculé sur la durée restante devient supérieur au taux dégressif, on bascule en linéaire pour terminer l’amortissement. Ce mécanisme garantit que le bien est entièrement amorti à l’échéance, sans solde résiduel.
Quel est l'avantage du dégressif pour une salle de sport ?
Il concentre la déduction fiscale sur les premières années, précisément quand la trésorerie d’une salle est la plus tendue, avant le point mort. Moins d’impôt payé au démarrage, c’est plus de trésorerie conservée pour financer le fonds de roulement et les remboursements. Les coachs Magicfit recommandent d’arbitrer cette méthode au cas par cas selon le prévisionnel.
Le dégressif fait-il économiser de l'impôt au total ?
Non, il décale l’impôt plutôt que de le supprimer. La somme amortie reste le coût du bien ; seule sa répartition dans le temps change. Ce qui est moins déduit plus tard sera davantage imposé. L’avantage est donc un gain de trésorerie et de valeur temps de l’argent, pas un gain net définitif.
Quelle différence entre amortissement linéaire et dégressif ?
Le linéaire répartit le coût du bien en parts égales sur sa durée d’usage (méthode simple, applicable à tous les biens). Le dégressif charge davantage les premières années via un taux appliqué à la valeur restant à amortir. Au total la somme amortie est identique ; seule la répartition dans le temps diffère.
Faut-il un expert-comptable pour gérer le dégressif ?
C’est fortement recommandé. Le calcul, la gestion de la bascule, le suivi bien par bien et l’éventuel amortissement dérogatoire sont techniques. L’expert-comptable valide l’éligibilité des biens, établit le plan d’amortissement et l’intègre au prévisionnel, tout en sécurisant la conformité fiscale.
Le dégressif est-il toujours le meilleur choix ?
Non. Une entreprise déficitaire les premières années n’a pas d’impôt à réduire : charger ses amortissements ne fait qu’aggraver le déficit reportable sans gain de trésorerie immédiat. Le choix dépend de la trajectoire prévisionnelle de la salle, d’où l’importance d’un business plan solide pour trancher.

Sources

  1. BOFiP — Direction générale des finances publiques. BIC — Amortissements dégressifs (BOI-BIC-AMT-20-20-30). Consulter
  2. Bpifrance Création. Les amortissements. Consulter
  3. Légifrance. Code général des impôts, article 39 A. Consulter
  4. Service-public.fr (Entreprendre). L’amortissement des immobilisations. Consulter

Pour aller plus loin

Frédéric Legrand — Direction du développement franchise, MagicFit.

Transparence : MagicFit développe un réseau de franchise et cet article promeut naturellement son modèle. Le contenu a une portée pédagogique et générale ; il ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Les règles fiscales évoluent : vérifiez les textes en vigueur (BOFiP, Légifrance) et consultez un expert-comptable inscrit à l’Ordre.

Les coefficients cités (1,25 / 1,75 / 2,25, art. 39 A du CGI) sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent être modifiés par une loi de finances. Dernière mise à jour : juin 2026.

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