✍️ Par la Rédaction Magicfit · ⏱️ Lecture 22 min · 📅 Publié le 10 février 2026
Licence de marque · Financement
Financer une salle de sport, c’est mettre en face de chaque besoin une ressource adaptée : apport, prêt d’honneur, emprunt bancaire, aides. Ce guide explique, sur des sources officielles, comment se construit un plan de financement, ce qu’examinent les financeurs et quels dispositifs existent, sans promesse de résultat.
Transparence : les clubs Magicfit sont exploités en licence de marque. Cet article a une portée générale : il ne constitue ni une offre de prêt, ni un conseil financier personnalisé, et ne remplace pas un expert-comptable.
À retenir
- Le plan de financement initial compare les besoins de départ (investissements, stock, besoin en fonds de roulement, trésorerie de sécurité) aux ressources prévues ; les ressources doivent au minimum couvrir tous les besoins (Bpifrance Création, juillet 2026).
- Les banques sont réticentes à prêter à long et moyen terme au-delà des fonds propres et des garanties apportées (même source).
- Un apport personnel est demandé par les banques ; son montant dépend du projet et de la banque.
- Le prêt d’honneur est un prêt personnel sans intérêts ni garantie ; pour 1 euro accordé, les banques prêtent en moyenne 9,5 euros selon Initiative France et 13 euros selon Réseau Entreprendre (Bpifrance Création, juillet 2025).
- Le microcrédit professionnel vise les entreprises de moins de 3 salariés et se rembourse sur 5 ans au maximum (Bpifrance Création, août 2025).
1. Le financement, une étape du projet
Ouvrir une salle de sport demande des moyens avant le premier jour : un local à aménager, des équipements, une équipe, une réserve pour les premiers mois. Rares sont les projets financés sur les seules économies de leur porteur. Le financement réunit donc plusieurs ressources, dont l’équilibre se vérifie dans un tableau : le plan de financement.
Bpifrance Création place ce travail au cœur des prévisions financières. Elles servent, selon cette source, à vérifier la faisabilité et la viabilité du projet, mais aussi à convaincre : « de telles prévisions vous seront indispensable si vous avez recours à des financements extérieurs. Il faudra convaincre et rassurer vos partenaires en leur apportant des éléments chiffrés » (« Les prévisions financières pour vérifier la faisabilité de votre projet », avril 2021).
Le financement n’arrive pas à la fin du projet, une fois tout décidé. Bpifrance Création décrit une démarche itérative, qui fait apparaître progressivement les besoins et les ressources possibles, et qui peut conduire à des décisions difficiles : réduire ses ambitions sur une option, ou au contraire renforcer ses fonds propres. Le montage financier et le projet se construisent ensemble.
Le contexte est celui d’une création d’entreprise soutenue. Selon l’Insee, 1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, un niveau record, dont 301 300 sociétés (Insee Première n° 2092, janvier 2026). Pour une salle de sport, classée par l’Insee dans la sous-classe 93.13Z, « Activités des centres de culture physique », le financement est souvent l’étape la plus exigeante du projet.
La durée n’est pas acquise. L’Insee observe que, cinq ans après leur création, 69 % des entreprises de l’Hexagone créées en 2018, hors micro-entrepreneurs, étaient encore actives (Insee Analyses Guadeloupe n° 94, 8 octobre 2026). Ce chiffre, tous secteurs confondus, ne dit rien d’un projet en particulier ; il rappelle que la solidité du montage de départ compte pour les années suivantes.
Ce guide suit le plan de financement de haut en bas : ce qu’il contient, les besoins à financer, puis les ressources une par une (apport, prêt d’honneur, emprunt bancaire, microcrédit, aides), la façon de les mettre en tableau, la préparation du dossier, et ce qui change selon qu’on rejoint un réseau ou non.
2. Le plan de financement initial
Bpifrance Création définit le plan de financement initial comme « un tableau qui compare les besoins d’investissements nécessaires au démarrage de l’entreprise avec les ressources prévues pour les financer » (« Le plan de financement initial d’un projet de création d’entreprise », juillet 2026). Il est établi au jour zéro, avant le démarrage effectif de l’activité.
Il se présente en deux colonnes. D’un côté, les besoins à financer pour démarrer : investissements, stock initial, besoin en fonds de roulement, trésorerie de sécurité. De l’autre, les ressources affectées à ces besoins : apports du créateur et de ses associés, emprunts, aides et autres financements. Les deux colonnes doivent avoir le même total, précise Bpifrance Création.
Ce tableau sert plusieurs décisions. Bpifrance Création cite notamment le chiffrage du coût global du projet, l’arbitrage entre achat, location, crédit-bail ou report d’un investissement, la détermination des apports et des emprunts à mobiliser, et la prévision d’une marge de sécurité en cas de démarrage tardif ou de retard de paiement des clients.
Il sert aussi à présenter aux banques et aux autres financeurs un montage clair et justifié, à repérer les financements qui ne sont pas encore confirmés et à prévoir une solution de remplacement, et à vérifier que les fonds seront disponibles au moment où les dépenses devront être réglées. Un financement accordé trop tard pèse autant qu’un financement refusé.
Bpifrance Création distingue ce tableau du plan de financement à trois ans, qui projette les nouveaux besoins et les nouvelles ressources durables des trois premiers exercices. La distinction compte : un projet peut disposer des moyens de démarrer, puis connaître une tension financière à cause d’investissements supplémentaires ou d’une hausse du besoin en fonds de roulement.
Le tableau se met à jour. Avant le lancement, chaque modification significative du coût, du calendrier ou des ressources implique une actualisation. Après la création, il devient un point de comparaison, selon Bpifrance Création. Un retard de chantier, un devis revu ou un prêt accordé pour un montant différent se répercutent aussitôt dans les deux colonnes.
3. Les besoins à financer
Bpifrance Création range les besoins en trois familles. Les investissements d’abord : frais d’établissement, droit au bail, matériel. La trésorerie ensuite, « pour parer aux imprévus et couvrir certaines dépenses (loyer, primes d’assurances, etc.) et avances d’argent à réaliser (TVA sur les investissements par exemple) ». Le besoin en fonds de roulement enfin, décalage prévisible entre dépenses et encaissements.
Pour une salle de sport, les investissements recouvrent l’aménagement du local, les équipements, les vestiaires, le contrôle d’accès, l’informatique et la signalétique. Chacun se chiffre sur devis. Bpifrance Création range parmi les erreurs fréquentes le fait de construire le plan sans devis ni hypothèses vérifiables, et celui de sous-estimer le stock, les travaux, la communication de lancement ou les frais annexes.
Le besoin en fonds de roulement apparaît après le début de l’activité, mais son financement doit être prévu dès le premier jour, précise Bpifrance Création. Il correspond, de façon simplifiée, aux stocks et aux créances clients, diminués des dettes fournisseurs et des autres dettes d’exploitation. Son montant dépend du modèle économique, et notamment du mode de paiement des adhérents.
La trésorerie de sécurité est le poste qu’on oublie le plus. Une salle de sport paie son loyer, ses salaires et ses assurances avant que les inscriptions ne couvrent ces dépenses. Bpifrance Création cite parmi les erreurs fréquentes celle d’oublier le besoin en fonds de roulement ou de le confondre avec la trésorerie de sécurité : ce sont deux lignes distinctes, à chiffrer séparément.
Pour un projet sous enseigne, s’ajoutent les postes propres au réseau, que Service Public Entreprendre liste pour une franchise : droit d’entrée fréquent, frais de formation, aménagement aux standards de l’enseigne, dépôt de garantie quand du matériel est mis à disposition, frais juridiques et comptables, et un fonds de roulement initial suffisant pour couvrir les premiers mois (fiche F37279).
Le détail des postes d’ouverture d’une salle se trouve dans notre guide du coût d’ouverture d’une salle de sport. Pour le plan de financement, la règle tient en une phrase : chaque besoin chiffré sur devis, la trésorerie et le besoin en fonds de roulement inscrits à part, et une marge pour les imprévus discutée avec l’expert-comptable.
4. L’apport et les fonds propres
Les fonds propres sont, selon Bpifrance Création, constitués notamment des apports en capital du créateur et de ses associés. Ils restent durablement à la disposition de l’entreprise et renforcent sa structure financière. Les apports en compte courant d’associé peuvent compléter le financement, selon les conditions prévues pour leur remboursement.
L’apport joue un rôle central dans l’accès au crédit. Un apport personnel est demandé par les banques ; son montant dépend du projet et de la banque. Bpifrance Création donne la raison de fond : « les banques sont en effet réticentes à accorder des prêts à long et moyen terme pour un montant supérieur aux fonds propres et aux garanties apportées ».
Il faut donc rechercher un équilibre entre fonds propres et fonds empruntés, recommande la même source. Si la somme des apports, éventuellement complétée d’une prime ou d’une subvention, reste inférieure au total des besoins permanents, la différence se comble par un financement extérieur. Et si la charge de l’emprunt est excessive au regard des capacités de remboursement, il faut redimensionner ou différer le projet.
L’apport ne se limite pas à l’épargne du porteur. Bpifrance Création cite, parmi les entrées d’argent à lister, l’apport personnel et les apports familiaux ou autres. Le prêt d’honneur, traité plus bas, vient aussi renforcer l’apport : il est accordé à la personne et non à l’entreprise, et peut être utilisé comme apport aux côtés d’un prêt bancaire.
Mobiliser son épargne a une limite : le porteur de projet reste une personne, avec ses propres charges. Engager la totalité de ses réserves dans l’apport le laisse sans marge au moment où l’entreprise démarre. Le bon niveau d’apport se discute avec un expert-comptable, en tenant compte de la situation personnelle du créateur et de la trésorerie prévue pour l’entreprise.
Le choix de la forme juridique interagit avec l’apport : capital social, comptes courants, entrée d’associés. Ce choix a des effets fiscaux, sociaux et patrimoniaux qui dépassent le financement. Il se prépare avec un expert-comptable et, si besoin, un avocat, avant la rédaction des statuts et la présentation du dossier aux banques.
5. Le prêt d’honneur
Bpifrance Création décrit le prêt d’honneur comme un prêt « sans intérêts ni garanties à titre personnel » que le créateur s’engage à rembourser « sur l’honneur », pour renforcer un apport insuffisant (« Prêt d’honneur », juillet 2025). C’est un prêt à la personne, et non à l’entreprise : c’est ce qui le distingue d’une avance remboursable.
Deux réseaux nationaux accordent ces prêts après examen par un comité d’agrément réunissant des chefs d’entreprise, des banquiers et d’autres experts : Initiative France et Réseau Entreprendre. Les prêts sont obtenus après sélection, le plus souvent après une présentation du projet devant un jury. Les critères de recevabilité varient d’un organisme à l’autre, précise Bpifrance Création.
Ces prêts sont à taux zéro, sans garantie ni caution personnelle, et peuvent faire l’objet d’un différé de remboursement. Les prêts des différents réseaux sont cumulables. Bpifrance Création rappelle toutefois que, s’agissant de prêts personnels, la capacité à faire face à leur remboursement doit être dûment considérée par le porteur de projet.
Leur effet sur le crédit bancaire est documenté par les réseaux eux-mêmes. Selon Bpifrance Création, pour 1 euro de prêt d’honneur accordé, les banques accordent en moyenne 9,5 euros de financement complémentaire selon les chiffres d’Initiative France, et 13 euros selon ceux de Réseau Entreprendre. Ce sont des moyennes de réseau, pas un engagement pour un dossier donné.
Un dispositif lancé par Bpifrance, le prêt d’honneur Création-Reprise, renforce les moyens de ces réseaux. Il s’adresse au porteur de projet accompagné par un opérateur, qui bénéficie déjà d’un prêt d’honneur de cet opérateur et qui est actionnaire de l’entreprise. Sa durée va de 1 à 7 ans, avec un différé d’amortissement modulable de 0 à 24 mois (Bpifrance Création, août 2026).
Ce prêt Création-Reprise est à taux zéro, sans garantie sur les actifs de l’entreprise ou de son dirigeant, sans pénalité de remboursement anticipé, mais avec une assurance décès exigée. Son montant peut notamment servir d’apport personnel aux côtés d’un prêt bancaire, selon Bpifrance Création. Pour aller plus loin, voir aussi notre guide du prêt d’honneur.
6. L’emprunt bancaire
L’emprunt bancaire finance en général le solde du plan, une fois l’apport et les prêts d’honneur réunis. Bpifrance Création range les prêts bancaires parmi les fonds empruntés, avec les prêts d’honneur et le microcrédit, et rappelle qu’ils doivent être remboursés selon un échéancier, avec une durée cohérente avec celle des besoins financés.
Cette cohérence de durée est une règle de structure. Un équipement qui servira plusieurs années se finance sur plusieurs années ; une trésorerie de départ, besoin durable lui aussi, ne se finance pas par un découvert reconduit. Bpifrance Création cite parmi les erreurs fréquentes le fait de « financer un besoin durable uniquement avec une ressource de court terme ».
Le coût d’un emprunt dépend du montant, du taux, de la durée, de l’assurance emprunteur et des frais. Allonger la durée réduit la mensualité mais augmente le coût total ; un différé de remboursement soulage les premiers mois mais se paie sur la durée. Ces arbitrages se font en comparant plusieurs offres, et se testent dans le plan de trésorerie avant d’être signés.
La capacité de remboursement est la vraie limite. Bpifrance Création met en garde contre un tableau « équilibré » présenté sans vérifier la capacité réelle de remboursement. La mensualité s’ajoute chaque mois au loyer, aux salaires et aux autres charges fixes : elle doit pouvoir être payée même si les inscriptions arrivent plus lentement que dans l’hypothèse centrale.
Les crédits de court terme ont un autre rôle. Selon Bpifrance Création, ils ont une durée inférieure ou égale à un an et servent à « assurer l’équilibre de la trésorerie de l’entreprise » : facilité de caisse pour quelques jours, découvert autorisé pour des décalages réguliers, crédit de campagne pour une activité saisonnière (« Crédits bancaires à court terme », janvier 2024). Ils ne remplacent pas un financement durable.
Enfin, la banque regarde le porteur autant que les chiffres : son expérience, sa connaissance du marché local, la cohérence de son projet. Bpifrance Création souligne que les réseaux d’accompagnement et les experts-comptables ont un regard extérieur et neutre, qui aide à bâtir un prévisionnel réaliste. Un dossier préparé avec eux se présente mieux qu’un dossier bâti seul.
7. Le microcrédit professionnel
Le microcrédit professionnel s’adresse, selon Bpifrance Création, aux créateurs et repreneurs qui rencontrent des difficultés à accéder au crédit bancaire classique, en raison de faibles revenus ou d’une situation de précarité. Il peut être accordé en substitution ou en complément d’un prêt bancaire, pour financer du matériel, un local ou une trésorerie (« Le microcrédit professionnel »).
Ses conditions sont précises. Tous les secteurs et toutes les formes juridiques sont concernés, mais l’entreprise à créer ou à reprendre doit compter moins de 3 salariés. Le microcrédit se rembourse sur 5 ans au maximum, avec un taux d’intérêt fixe d’au moins 5 % et une contribution de solidarité. Il doit être garanti à hauteur de 50 à 80 % du montant emprunté.
Il n’est pas distribué par les banques, mais par des organismes habilités, comme l’Adie. Bpifrance Création cite aussi, pour solliciter un microcrédit ou une garantie, des réseaux d’accompagnement et de financement de la création d’entreprise : France Active, Réseau Entreprendre, Initiative France et BGE. Le microcrédit n’est pas automatique : il faut présenter son projet et convaincre de sa viabilité.
Pour une salle de sport, ce dispositif a une portée limitée. La condition de moins de 3 salariés exclut une partie des projets, ceux qui prévoient une équipe plus étoffée dès l’ouverture. Le microcrédit peut convenir à un petit studio ou à un projet de taille réduite ; pour un club plus grand, il intervient au mieux comme complément d’un montage plus large.
Bpifrance Création signale aussi ses limites : le taux proposé n’est pas forcément compétitif par rapport à un prêt bancaire classique, et il faut trouver une personne prête à se porter garante. En contrepartie, le microcrédit s’accompagne d’un accompagnement personnalisé, et permet à des créateurs qui ont essuyé des refus bancaires de démarrer leur activité.
Comme pour toute ressource, le microcrédit ne s’inscrit au plan de financement qu’une fois accordé, ou avec une solution de remplacement prévue s’il ne l’est pas. Bpifrance Création rappelle de repérer les financements non confirmés et de vérifier qu’ils seront disponibles au moment où les dépenses devront être réglées.
8. Les aides et les autres ressources
Bpifrance Création cite d’autres ressources possibles, « selon le projet et sous réserve de leur obtention » : des aides, des subventions, du financement participatif, une entrée d’investisseurs au capital ou du crédit-bail. Pour un créateur, la même source mentionne aussi les dispositifs régionaux et les aides sectorielles, utilisés pour compléter les apports personnels.
La première règle est de ne compter une aide qu’une fois ses conditions vérifiées. Bpifrance Création range parmi les erreurs fréquentes celle d’« inscrire une subvention ou un prêt avant d’avoir vérifié les conditions d’obtention et de versement ». Une aide promise mais versée après l’ouverture ne finance pas les dépenses d’avant l’ouverture.
L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre) n’apporte pas d’argent au projet, mais allège les charges du créateur. Selon Service Public Entreprendre, son bénéficiaire profite d’une exonération partielle de ses cotisations sociales personnelles pendant douze mois, s’il remplit l’une des conditions prévues (fiche F11677, vérifiée le 1er juillet 2026).
Ces conditions comprennent notamment le fait d’être demandeur d’emploi indemnisé, d’avoir entre 18 et 25 ans, d’être bénéficiaire du RSA ou de créer en quartier prioritaire. La demande se fait dans les 60 jours qui suivent le début d’activité, et l’on ne doit pas avoir bénéficié du dispositif au cours des trois années précédentes. Pour un dirigeant de société, elle suppose d’en exercer le contrôle effectif.
Le crédit-bail mérite une mention à part. Il permet d’utiliser un équipement sans l’acheter, contre des loyers. Bpifrance Création le cite à la fois parmi les ressources et parmi les arbitrages du plan de financement : acheter, louer, recourir au crédit-bail ou reporter un investissement. Ce choix déplace une dépense de la colonne des investissements vers les charges de chaque mois.
Enfin, Bpifrance Création propose une application qui aide à identifier les principales solutions financières mobilisables pour un projet de création ou de reprise, « sous réserve du respect de leurs conditions d’éligibilité ». Un réseau d’accompagnement ou un expert-comptable aide ensuite à vérifier lesquelles s’appliquent réellement au projet et à quel calendrier.
9. Mettre le plan en tableau
Le plan de financement se construit en deux temps. On chiffre d’abord le besoin, colonne de gauche : investissements sur devis, stock éventuel, besoin en fonds de roulement, trésorerie de sécurité, postes propres au modèle choisi. On aligne ensuite les ressources, colonne de droite : apport, prêts d’honneur, emprunt, aides confirmées, autres financements.
Pour mettre en regard les besoins et les ressources de votre projet de salle de sport, utilisez l’outil Plan de financement ci-dessous.
Magicfit · Licence de marque
Votre plan de financement
Vos besoins face à vos ressources : apport, prêts, aides, d’après vos saisies
Saisissez vos besoins et vos ressources, d’après vos devis, vos offres de prêt et le document d’information remis par le réseau. L’outil compare les deux totaux : il ne propose aucun montant.
Vos besoins (€)
Vos ressources (€)
Estimation indicative, ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable.
Votre calcul vous sera envoyé par e-mail en PDF. Nous ne conservons ni vos réponses ni le PDF. Votre adresse e-mail reste environ 30 jours dans le journal d’envoi, puis est effacée.
Méthode : addition et comparaison de vos seules saisies ; aucun chiffre extérieur. Estimation indicative, ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable.
Nous ne conservons ni vos réponses ni le PDF. Votre adresse e-mail reste environ 30 jours dans le journal d’envoi, puis est effacée.
Le tableau obtenu se lit avec les règles de prudence de Bpifrance Création. Les besoins doivent être totalement couverts par des ressources durables. L’équilibre entre fonds propres et fonds empruntés doit rester raisonnable. Une ressource non confirmée se signale comme telle, avec une solution de remplacement. Et le tableau se répercute dans le compte de résultat et le plan de trésorerie.
Ce dernier point est souvent négligé. Chaque emprunt génère des mensualités, qui entrent dans le plan de trésorerie mois par mois. Chaque différé de remboursement décale ces mensualités. Bpifrance Création range parmi les erreurs le fait de « ne pas répercuter une modification dans le compte de résultat et le plan de trésorerie » : les trois tableaux forment un ensemble.
Plusieurs versions du plan aident à décider. Une version avec un apport plus élevé et un emprunt plus faible, une autre avec un prêt d’honneur en plus, une troisième avec un investissement reporté : comparer ces scénarios montre l’effet de chaque choix sur les mensualités et sur la trésorerie, sans préjuger de celui qui convient. Les montants réels viennent ensuite des offres.
Le résultat d’un outil n’est pas une offre de prêt. Il sert à préparer les rendez-vous avec la banque, les réseaux de prêt d’honneur et l’expert-comptable. Ce sont les devis, le bail, les offres de financement et, pour un réseau, le document d’information précontractuel qui fondent le plan définitif.
10. Préparer son dossier
Bpifrance Création décrit cinq questions auxquelles répondent les prévisions financières. Les capitaux nécessaires pourront-ils être réunis ? Les recettes prévues couvriront-elles les charges ? Quel montant minimal de ventes atteindre pour faire face aux charges ? Les encaissements permettront-ils de payer les dépenses tout au long de la première année ? La solidité financière se poursuivra-t-elle ensuite ?
Chacune renvoie à un tableau : le plan de financement initial, le compte de résultat prévisionnel, le calcul du seuil, le plan de trésorerie et le plan de financement à trois ans. Un dossier bancaire réunit ces tableaux, l’étude de marché qui fonde les hypothèses, la présentation du projet et du porteur, et les pièces qui justifient les montants : devis, projet de bail, offres.
Bpifrance Création conseille la prudence : « il est même prudent de minimiser les recettes et de maximiser les coûts pour éviter les mauvaises surprises ». Si le déséquilibre est trop important, la même source invite à remanier le projet, en changeant d’option, en réduisant ses ambitions ou en recherchant d’autres financements. Un dossier prudent résiste mieux aux questions.
L’étude de marché nourrit le dossier. Bpifrance Création rappelle qu’en la soignant, les informations récoltées serviront aux prévisions financières. Pour une salle de sport, elle porte sur la population de la zone, la concurrence, l’accès, les horaires de fréquentation possibles. Ce travail vaut pour tous les modèles, et le financeur le lira avec attention.
Consulter plusieurs établissements fait partie de la préparation. Les conditions d’un prêt, taux, assurance, frais, durée, varient d’une banque à l’autre et d’un dossier à l’autre. Les réseaux de prêt d’honneur, qui travaillent avec des banquiers dans leurs comités, peuvent aussi orienter le porteur. Rien n’oblige à accepter la première proposition.
Se faire accompagner, enfin, est une recommandation constante de Bpifrance Création : un réseau d’accompagnement ou un expert-comptable aide à construire les prévisionnels ou à les faire valider. Ce regard extérieur repère les postes oubliés, les hypothèses trop optimistes et les ressources incertaines, avant que le banquier ne les relève.
11. Franchise, licence ou indépendant : ce qui change
Le modèle choisi modifie la colonne des besoins. Pour une franchise, Service Public Entreprendre cite des coûts initiaux souvent importants, comme le droit d’entrée, les frais de formation et l’aménagement du local, puis des redevances périodiques (fiche F37279, vérifiée le 20 juillet 2023). Bpifrance Création ajoute que l’investissement varie fortement selon le secteur, le concept et l’enseigne (« La franchise, une autre façon de créer une entreprise », octobre 2026).
La licence de marque est, selon Bpifrance Création, « un contrat par lequel le titulaire d’une marque autorise une entreprise indépendante à l’utiliser, en contrepartie d’une rémunération ». Contrairement à la franchise, elle « n’implique pas nécessairement la transmission d’un savoir-faire ni un accompagnement continu » (« Franchise et commerce organisé », octobre 2026). Ses postes propres se lisent dans le contrat.
| Critère | Franchise | Licence de marque | Indépendant |
|---|---|---|---|
| Ce que l’on obtient | Marque, savoir-faire et assistance (Bpifrance Création) | Droit d’utiliser une marque, selon le contrat (Bpifrance Création) | Aucun apport d’enseigne |
| Besoins propres au modèle | Droit d’entrée fréquent, formation, aménagement aux standards (F37279) | Rémunération du titulaire de la marque, selon le contrat | Création de la marque et du concept |
| Redevance | Fixe ou proportionnelle aux ventes (F37342) | Fixée par le contrat | Aucune |
| Comptes prévisionnels | Rien n’impose au réseau d’en fournir ; s’il en fournit, ils sont sincères et sérieux (F37342) | À établir par l’exploitant | À établir par l’exploitant |
| Information précontractuelle | Document et projet de contrat, vingt jours avant (C. com., art. L330-3) | Même obligation dès qu’une exclusivité est exigée | Sans objet |
| Ressources mobilisables | Apport, prêts d’honneur, emprunt, aides | Apport, prêts d’honneur, emprunt, aides | Apport, prêts d’honneur, emprunt, aides |
Les ressources, elles, sont les mêmes dans les trois cas : apport, prêts d’honneur, emprunt bancaire, microcrédit le cas échéant, aides sous condition. Ce qui change, ce sont les besoins à couvrir et les documents à présenter. Pour un réseau, le document d’information précontractuel donne une partie des montants que le plan de financement doit intégrer.
L’article L330-3 du Code de commerce impose de remettre ce document et le projet de contrat vingt jours au moins avant la signature, ou avant le versement d’une somme exigée en amont, par exemple pour réserver une zone. Le texte vise toute personne qui met une marque à disposition en exigeant une exclusivité (édition du 27 octobre 2026 sur codes.droit.org ; seul Légifrance fait foi).
Service Public Entreprendre rappelle que « rien n’impose au franchiseur de transmettre des comptes d’exploitation prévisionnels » : le candidat les établit lui-même avec son expert-comptable, et ceux qui sont fournis doivent être sincères et sérieux (fiche F37342). Le plan de financement se bâtit donc pour son propre projet, avec ses propres devis et ses propres offres.
12. Le cas Magicfit : ce que prévoit la licence
Les clubs Magicfit sont exploités en licence de marque ; le réseau compte 10 clubs. Selon le document d’information précontractuel, remis à chaque candidat, la licence apporte l’usage de la marque Magicfit et une zone exclusive de 20 minutes, avec une redevance uniquement fixe : aucune n’est calculée en pourcentage des recettes du club.
Selon ce même document, la licence ne prévoit ni formation de l’exploitant, ni transmission de savoir-faire, ni aide au financement. Le plan de financement d’un projet sous licence Magicfit se construit donc avec l’expert-comptable de l’exploitant et se présente à ses financeurs, comme pour tout projet. Les montants et les conditions du contrat figurent dans le document d’information précontractuel.
Dans tous les clubs, on retrouve des coachs diplômés d’État, une formation continue des coachs de 24 heures par an et un médecin référent. Seuls certains clubs accueillent des ostéopathes et des coachs en activité physique adaptée (APA). Le réseau travaille aussi avec des professionnels de santé partenaires, et Magicfit a développé un tableau de bord mensuel.
L’Abonnement Illimité sans engagement est valable dans tous les clubs de la même enseigne (Magicfit, Magicfit City, Magicfit Hit), pas d’une enseigne à l’autre. Magicfit propose aussi des contrats de master licence de marque. Pour un porteur de projet, la démarche reste celle de ce guide : chiffrer les besoins, réunir les ressources, puis lire le document d’information et le projet de contrat avec un avocat et un expert-comptable.
Avant de vous engager
Ce guide a une portée générale. Le plan de financement d’un projet se bâtit avec un expert-comptable, à partir des devis et des offres réelles, et un contrat de réseau se lit avec un avocat. Lisez le document d’information précontractuel et le projet de contrat en entier, pendant le délai de vingt jours prévu par la loi, avant toute signature et tout versement. Aucun modèle ne garantit un résultat.
La Rédaction Magicfit
FAQ — Le financement d'une salle de sport
Sources
- Bpifrance Création. Le plan de financement initial d’un projet de création d’entreprise, publié en juillet 2026, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/previsions-financieres-business-plan/previsions-financieres/plan-financement-initial
- Bpifrance Création. Les prévisions financières pour vérifier la faisabilité de votre projet de création d’entreprise, publié en avril 2021, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/previsions-financieres-business-plan/previsions-financieres/previsions-financieres
- Bpifrance Création. Par où commencer pour faire ses comptes prévisionnels et vérifier la viabilité économique du projet ?, publié en mai 2026, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/previsions-financieres-business-plan/previsions-financieres/ou-commencer-faire-ses
- Bpifrance Création. Prêt d’honneur, publié en juillet 2025, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/financements/financement-fonds-propres/pret-dhonneur
- Bpifrance Création. Prêt d’honneur Création-Reprise, publié en août 2026, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/financements/financement-fonds-propres/pret-dhonneur-creation-reprise
- Bpifrance Création. Le microcrédit professionnel, publié en août 2025, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/financements/lemprunt/microcredit-professionnel
- Bpifrance Création. Crédits bancaires à court terme, publié en janvier 2024, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/financements/credits-a-court-terme/credits-bancaires-a-court-terme
- Bpifrance Création. Franchise et commerce organisé, publié en octobre 2026, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/differentes-facons-dentreprendre/entreprendre-franchise/franchise-commerce-organise
- Bpifrance Création. La franchise, une autre façon de créer une entreprise, publié en octobre 2026, lu le 5 novembre 2026. https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/differentes-facons-dentreprendre/entreprendre-franchise/franchise-autre-facon-creer
- Service Public Entreprendre (DILA). Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre), fiche F11677, vérifiée le 1er juillet 2026, lue le 5 novembre 2026. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F11677
- Service Public Entreprendre (DILA). Fiche F37279, les questions à se poser avant de rejoindre un réseau de franchise, vérifiée le 20 juillet 2023, lue le 5 novembre 2026. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37279
- Service Public Entreprendre (DILA). Fiche F37342, les obligations des parties dans un réseau de franchise, vérifiée le 20 juillet 2023, lue le 5 novembre 2026. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37342
- Insee. Les créations d’entreprises en 2025, Insee Première n° 2092, janvier 2026, lu le 5 novembre 2026. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8721354
- Insee. En Guadeloupe, trois entreprises créées en 2018 sur quatre restent actives cinq ans plus tard, Insee Analyses Guadeloupe n° 94, 8 octobre 2026, lu le 5 novembre 2026. https://www.insee.fr/fr/statistiques/9063178
- Insee. NAF rév. 2, sous-classe 93.13Z : Activités des centres de culture physique, mise à jour du 19 décembre 2025, lu le 5 novembre 2026. https://www.insee.fr/fr/metadonnees/nafr2/sousClasse/93.13Z
- Code de commerce, article L330-3, codes.droit.org, édition du 27 octobre 2026, lu le 5 novembre 2026 ; seul Légifrance fait foi. https://codes.droit.org/PDF/Code%20de%20commerce.pdf
Sources lues et vérifiées le 5 novembre 2026
10 clubs Magicfit sont exploités en licence de marque. Découvrez ce que prévoit cette licence, pour la comparer avec une franchise ou un projet indépendant.