Amortissement Linéaire

Amortissement linéaire : définition, calcul et application en salle de sport

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 15 min · 📅 Publié le 21 janvier 2025

Franchise · Rentabilité & business plan

L’amortissement linéaire étale le coût d’un bien en parts égales sur toute sa durée d’usage — la méthode la plus simple, la plus lisible et la plus répandue. Pour une salle de sport, c’est le socle de la gestion comptable du matériel et des agencements. Définition, formule, exemple chiffré et choix de méthode.

Article signé Frédéric Legrand, Direction du développement franchise, réseau MagicFit · Temps de lecture : 13 minutes · Cluster : Rentabilité & business plan · Mise à jour : juin 2026

Toute salle de sport investit dans des biens durables : matériel, agencements, mobilier, informatique. Ces biens ne passent pas en charge l’année de leur achat : on en étale le coût comptable sur leur durée d’usage, par le jeu de l’amortissement. C’est la traduction comptable d’une réalité simple — un équipement se déprécie avec le temps et l’usage.

Parmi les méthodes d’amortissement, la linéaire est la plus courante. Elle consiste à répartir le coût du bien en annuités égales : la même dotation chaque année, jusqu’à ce que le bien soit entièrement amorti. Sa force tient à sa simplicité et à sa prévisibilité, deux qualités précieuses quand on construit et pilote le prévisionnel d’une salle.

Cet article explique ce qu’est l’amortissement linéaire, comment le calculer, à quels biens l’appliquer dans une salle de sport, quels sont ses avantages et ses limites, et comment le situer par rapport à la méthode dégressive. Il s’adresse aux porteurs de projet et aux exploitants qui veulent comprendre cette mécanique avant d’en discuter avec leur expert-comptable.

Transparence : MagicFit développe un réseau de franchise de salles de sport. Le contenu a une portée pédagogique et générale ; il ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Les règles évoluent : vérifiez les textes en vigueur et faites valider vos choix par un expert-comptable inscrit à l’Ordre.

1. L’amortissement linéaire, qu’est-ce que c’est ?

Amortir un bien, c’est constater comptablement la perte de valeur qu’il subit avec le temps, l’usure et l’obsolescence, et répartir son coût sur sa durée d’utilisation. Cette dotation aux amortissements est une charge : elle pèse sur le résultat de l’entreprise et reflète, exercice après exercice, la consommation de l’investissement.

L’amortissement linéaire répartit cette charge de façon parfaitement uniforme. Chaque année, la même somme est passée en charge, jusqu’à ce que le bien soit totalement amorti. C’est la méthode dite « constante » : une ligne droite, sans accélération ni ralentissement, du début à la fin de la durée d’usage du bien.

Cette régularité explique pourquoi le linéaire est la méthode par défaut, celle que l’on retient sauf raison particulière d’en choisir une autre. Elle s’applique à pratiquement tous les biens amortissables et constitue, pour beaucoup d’entreprises, la totalité de leurs amortissements. C’est aussi la seule méthode autorisée pour certains biens, comme les véhicules de tourisme.

Cette universalité est un atout pour une salle de sport, dont le parc d’immobilisations est varié. Plutôt que de jongler avec plusieurs méthodes, beaucoup d’exploitants retiennent le linéaire pour l’essentiel de leurs biens, quitte à réserver le dégressif aux seuls équipements neufs où il apporte un réel avantage de trésorerie. Cette approche simplifie la gestion comptable au quotidien sans renoncer à l’optimisation là où elle compte.

Pour une salle de sport, le linéaire est le socle naturel : il s’applique au mobilier, aux agencements, aux installations, et même au matériel sportif si l’on ne souhaite pas recourir au dégressif. Sa lisibilité en fait un allié de la planification : on sait, dès l’achat, exactement combien le bien pèsera chaque année dans les comptes.

Il faut bien distinguer l’amortissement de la dépense initiale. Quand la salle achète son matériel, elle décaisse l’argent en une fois ; mais comptablement, ce coût est réparti sur plusieurs exercices. L’amortissement n’est donc pas une nouvelle sortie d’argent chaque année : c’est l’étalement, dans les comptes, d’une dépense déjà payée. Cette mécanique évite de plomber le résultat de la seule année d’achat et reflète l’usage du bien dans le temps.

2. La formule et ses paramètres

Le calcul de l’amortissement linéaire repose sur une formule simple : on divise la base amortissable par la durée d’utilisation. La base amortissable, c’est le coût d’acquisition du bien, éventuellement diminué de sa valeur résiduelle si celle-ci est significative et mesurable. La dotation annuelle est donc constante d’une année sur l’autre.

Trois paramètres entrent en jeu. Le coût d’acquisition d’abord : le prix d’achat du bien, augmenté de tous les frais nécessaires à sa mise en service (transport, installation). La durée d’utilisation ensuite : le nombre d’années pendant lesquelles le bien sera exploité, déterminé selon sa nature et les usages de la profession. La valeur résiduelle enfin : ce que vaudra le bien en fin de vie, souvent négligeable et alors considérée comme nulle.

On peut aussi raisonner en taux. Le taux linéaire est égal à 100 divisé par la durée : 20 % pour un bien amorti sur 5 ans, 10 % sur 10 ans, etc. Appliqué chaque année au coût d’acquisition, ce taux donne la même dotation, ce qui revient exactement à la formule précédente. Les deux approches sont équivalentes.

Le choix de la durée d’utilisation est en réalité le paramètre le plus structurant, car il détermine directement le montant de la dotation annuelle. Une durée courte concentre la charge sur peu d’exercices, une durée longue l’étale davantage. Cette durée doit refléter l’usage réel du bien : un appareil de cardio soumis à un usage intensif dans une salle fréquentée s’use plus vite que le même appareil dans un usage domestique, ce qui justifie une durée d’amortissement plus courte.

Un point pratique mérite attention : le prorata de première année. Si le bien est mis en service en cours d’exercice, la première dotation est réduite au prorata du temps d’utilisation, calculé en jours (du jour de mise en service à la clôture, rapporté à 360 jours). Le solde se reporte alors sur une année supplémentaire en fin de plan. C’est une nuance que l’expert-comptable gère systématiquement.

3. Exemple chiffré appliqué à une salle de sport

Reprenons un cas concret, comparable à celui d’une ouverture. Une salle de sport acquiert un parc de matériel pour 60 000 €, avec une durée d’utilisation de 5 ans et une valeur résiduelle considérée comme nulle. La dotation annuelle est de 60 000 ÷ 5 = 12 000 €. Le plan d’amortissement se déroule de façon parfaitement régulière.

Année Dotation Amortissement cumulé VNC fin d’année
Année 1 12 000 € 12 000 € 48 000 €
Année 2 12 000 € 24 000 € 36 000 €
Année 3 12 000 € 36 000 € 24 000 €
Année 4 12 000 € 48 000 € 12 000 €
Année 5 12 000 € 60 000 € 0 €

La mécanique est limpide : 12 000 € de charge chaque année, ni plus, ni moins, et une valeur nette comptable qui décroît régulièrement de 12 000 € par exercice jusqu’à s’annuler. Au terme des cinq ans, les 60 000 € sont intégralement amortis. C’est cette régularité qui distingue le linéaire de la méthode dégressive, où la charge est élevée au début puis décroît.

Cette comparaison est éclairante. Là où le dégressif aurait passé 21 000 € de charge la première année puis des montants décroissants, le linéaire passe sagement 12 000 € chaque année. Sur le même bien, à la même échéance, le total amorti est identique : 60 000 €. Seule la chronologie change. Le choix entre les deux méthodes ne porte donc jamais sur le montant total, mais sur le rythme auquel la charge est constatée.

L’intérêt de cette constance pour une salle de sport est évident : la charge d’amortissement est connue d’avance, identique chaque année, ce qui simplifie la construction du compte de résultat prévisionnel. On peut anticiper sans surprise l’impact du matériel sur le résultat, et donc sur le point mort, année après année.

Cette anticipation sans surprise est un avantage concret au moment de bâtir le prévisionnel. Sur cinq exercices, la ligne « dotations aux amortissements » du compte de résultat est connue à l’avance, identique chaque année. Le porteur de projet peut ainsi se concentrer sur les variables réellement incertaines — fréquentation, chiffre d’affaires, charges variables — sans avoir à recalculer une charge d’amortissement qui, elle, ne bougera pas.

4. Avantages : simplicité, prévisibilité, lissage

Le premier avantage du linéaire est sa simplicité. Le calcul est immédiat — une division — et ne demande aucune gestion de bascule ni de prorata complexe au-delà de la première année. Pour un exploitant qui veut comprendre ses propres comptes sans être expert-comptable, c’est la méthode la plus accessible.

Le deuxième avantage est la prévisibilité. Comme la charge est constante, elle s’intègre sans difficulté au budget et au prévisionnel. On sait exactement combien chaque bien coûtera en amortissement chaque année, ce qui facilite la planification de la trésorerie et le calcul du seuil de rentabilité. Les amortissements linéaires sont des charges fixes parfaitement anticipables.

Cette prévisibilité est précieuse pour le calcul du point mort, qui dépend directement du niveau des charges fixes. Le calculateur ci-dessous estime le seuil de rentabilité d’une salle de sport ; les dotations d’amortissement linéaire, étant constantes, s’y intègrent comme une charge fixe stable, exercice après exercice.

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Le troisième avantage est le lissage du résultat. En répartissant la charge également, le linéaire évite les à-coups : le résultat n’est pas déprimé les premières années par des amortissements lourds, comme avec le dégressif. La salle présente un résultat plus régulier, ce qui peut être appréciable pour rassurer un banquier ou un investisseur sur la stabilité de l’exploitation.

Ce lissage a son revers, qu’il faut connaître : le linéaire ne procure pas l’avantage fiscal de trésorerie du dégressif au démarrage. En ne chargeant pas davantage les premières années, il ne réduit pas l’impôt au moment où la trésorerie est la plus tendue. Pour une salle bénéficiaire dès le départ et soucieuse de préserver ses liquidités, c’est une limite — d’où l’intérêt d’arbitrer méthode par méthode selon les biens et la trajectoire.

Enfin, le linéaire est universel et bien accepté. Il s’applique à tous les biens, est conforme aux normes comptables, et constitue souvent la référence de l’amortissement économique — celui qui reflète l’usure réelle. Sa transparence en fait la méthode la plus facile à expliquer et à justifier, ce qui n’est pas un mince atout dans la relation avec les partenaires financiers.

5. Quels biens amortir en linéaire dans une salle ?

Dans une salle de sport, de nombreux postes relèvent naturellement du linéaire. Le mobilier d’accueil et de vestiaires, les agencements et travaux d’aménagement, les installations techniques, le matériel informatique de gestion : tous ces biens s’amortissent classiquement en linéaire, sur des durées variables selon leur nature.

Le linéaire s’impose aussi pour les biens exclus du régime dégressif. Les véhicules de tourisme, les biens achetés d’occasion, le mobilier de bureau : pour eux, la méthode constante est la seule possible. Une salle qui s’équipe partiellement en matériel d’occasion, par exemple, amortira ces biens en linéaire, même si son matériel neuf pourrait, lui, être amorti en dégressif.

Ce cas de figure est fréquent à l’ouverture : pour maîtriser le budget, certains exploitants panachent matériel neuf et matériel d’occasion reconditionné. La conséquence comptable est qu’une partie du parc relève du linéaire (l’occasion) et une autre peut relever du dégressif (le neuf éligible). Loin d’être un casse-tête, cette coexistence est gérée sans difficulté par l’expert-comptable, qui établit un plan d’amortissement distinct pour chaque catégorie de biens.

La base de tout cela, c’est le chiffrage des investissements à amortir. C’est lui qui détermine le montant total des dotations et leur poids dans le résultat. Le calculateur ci-dessous estime le budget d’ouverture d’une salle, dont les postes amortissables, ce qui aide à anticiper la charge d’amortissement à intégrer au prévisionnel.

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Chaque catégorie de bien a sa durée d’usage propre, et donc son taux d’amortissement. Les agencements s’amortissent souvent sur des durées longues, le matériel informatique sur des durées courtes, le matériel sportif sur des durées intermédiaires. C’est l’expert-comptable qui fixe ces durées en cohérence avec les usages et la réalité d’exploitation, et qui établit le plan d’amortissement bien par bien.

À titre indicatif, et sans valeur réglementaire, les durées d’usage observées varient fortement : quelques années pour le matériel informatique, une durée intermédiaire pour les équipements sportifs soumis à un usage intensif, et des durées plus longues pour les agencements et installations. Ces repères ne dispensent jamais d’un avis professionnel : la durée retenue doit pouvoir être justifiée au regard de l’usage réel du bien dans la salle.

Cette ventilation par catégorie et par durée mérite d’être anticipée dès le budget d’ouverture. En distinguant d’emblée agencements, matériel sportif, mobilier et informatique, on peut estimer la charge d’amortissement totale et son évolution sur les premières années. Cette projection nourrit directement le compte de résultat prévisionnel et affine le calcul du seuil de rentabilité, deux éléments décisifs pour convaincre un financeur.

6. Linéaire ou dégressif : comment choisir ?

La grande alternative au linéaire est l’amortissement dégressif, qui charge davantage les premières années puis décroît. Le choix entre les deux n’est pas neutre : il influence le résultat affiché et la trésorerie des premières années. Comprendre leurs différences permet de décider en connaissance de cause.

Un point mérite d’être souligné d’emblée : aucune des deux méthodes n’est intrinsèquement meilleure. Tout dépend de la situation. Une salle déficitaire ses premières années n’a aucun intérêt à charger ses amortissements en dégressif, puisqu’elle n’a pas d’impôt à réduire ; le linéaire lui conviendra mieux. À l’inverse, une salle rentable dès l’ouverture tirera parti du dégressif sur son matériel neuf. Le bon choix est celui qui colle à la trajectoire prévisionnelle réelle.

Critère Linéaire Dégressif
Répartition Constante (parts égales) Élevée au début, décroissante
Simplicité Très simple Plus technique (bascule)
Effet trésorerie au démarrage Neutre Favorable (impôt allégé)
Biens éligibles Tous Biens neufs listés (≥ 3 ans)

En résumé, le linéaire privilégie la régularité et la lisibilité ; le dégressif privilégie l’optimisation fiscale au démarrage. Le linéaire convient quand on veut lisser le résultat, quand les biens ne sont pas éligibles au dégressif, ou quand la salle n’a pas d’impôt à réduire les premières années. Le dégressif est intéressant quand la salle est bénéficiaire tôt et veut préserver sa trésorerie.

Beaucoup de salles combinent les deux selon la nature des biens : dégressif sur le matériel neuf éligible, linéaire sur le reste. Le choix se raisonne au cas par cas, en fonction de la trajectoire prévisionnelle. Pour explorer la méthode accélérée, voir notre article dédié à l’amortissement dégressif, qui détaille coefficients, calcul et exemple chiffré.

Quel que soit le choix, il gagne à être fait dès la construction du prévisionnel, avec l’expert-comptable. Car la méthode d’amortissement n’est pas qu’une écriture comptable : elle façonne le résultat affiché, l’impôt et la trésorerie des premières années, des paramètres clés pour un projet qui démarre. Pour cadrer l’ensemble, voir notre guide sur le business plan.

7. L’enregistrement comptable et le suivi

Sur le plan comptable, l’amortissement linéaire se traduit chaque année par une écriture simple : on débite un compte de charge (dotation aux amortissements) et on crédite un compte d’amortissement cumulé, qui vient en déduction de la valeur du bien à l’actif du bilan. La valeur nette comptable du bien diminue ainsi régulièrement.

Cette écriture se répète à l’identique chaque exercice, jusqu’à ce que le bien soit entièrement amorti. La régularité du linéaire facilite ce suivi : pas de recalcul, pas de bascule, une simple reconduction de la même dotation. C’est l’une des raisons de sa popularité auprès des petites structures et de leurs experts-comptables.

Le plan d’amortissement, établi à l’acquisition, récapitule pour chaque bien la base, la durée, le taux et l’échéancier des dotations. Il sert de référence tout au long de la vie du bien et alimente la liasse fiscale. Un suivi rigoureux, bien par bien, est indispensable, surtout quand une salle combine plusieurs méthodes et plusieurs durées.

L’écriture se répète à l’identique chaque exercice jusqu’à l’amortissement complet, ce qui rend le suivi du linéaire particulièrement simple. Là où le dégressif impose de recalculer la base et de surveiller la bascule, le linéaire se contente d’une reconduction de la même dotation. Cette simplicité limite le risque d’erreur et allège la charge de gestion, un argument de plus en faveur de la méthode pour les petites structures.

L’amortissement a aussi une dimension de gestion, au-delà de la comptabilité. Il anticipe le renouvellement : un bien totalement amorti devra, tôt ou tard, être remplacé. Suivre l’état d’amortissement de son parc, c’est aussi planifier les investissements futurs et lisser les dépenses de renouvellement, un réflexe sain pour la pérennité d’une salle.

Concrètement, une salle bien gérée tient un tableau de bord de son parc : date d’acquisition, valeur d’origine, durée, dotations passées, valeur nette comptable. Ce suivi révèle à tout moment quels biens approchent de la fin de leur amortissement et devront être renouvelés. Anticiper ces renouvellements, plutôt que de les subir, permet de lisser les investissements et d’éviter qu’une vague de remplacements ne pèse d’un coup sur la trésorerie.

8. Intégrer l’amortissement au prévisionnel

L’amortissement n’est pas une formalité comptable isolée : il s’inscrit au cœur du prévisionnel d’une salle de sport. Les dotations pèsent sur le résultat, influencent le point mort et conditionnent l’impôt. Les intégrer correctement dès la construction du business plan est donc essentiel pour bâtir des projections crédibles.

Le linéaire facilite ce travail par sa prévisibilité. Une fois le parc de biens chiffré et les durées fixées, les dotations sont connues pour toute la durée du plan, sans surprise. On peut ainsi construire un compte de résultat prévisionnel solide, où la charge d’amortissement est une donnée stable et maîtrisée, exercice après exercice.

Reste un point de vigilance : l’amortissement est une charge, mais pas un décaissement. Il réduit le résultat sans sortir de trésorerie — le décaissement, lui, a eu lieu à l’achat. Cette distinction est essentielle pour raisonner en trésorerie : un plan de trésorerie ne traite pas l’amortissement comme une sortie d’argent, contrairement au compte de résultat. La confondre fausse les projections.

Cette nuance entre charge et décaissement est sans doute le point le plus important à retenir pour un porteur de projet. Beaucoup confondent le résultat comptable et la trésorerie disponible : une salle peut afficher un résultat modeste, plombé par les amortissements, tout en disposant d’une trésorerie saine, justement parce que ces amortissements ne sortent pas d’argent. C’est la capacité d’autofinancement — résultat augmenté des amortissements — qui mesure réellement les liquidités générées par l’exploitation.

Cette capacité d’autofinancement est précisément ce que regarde un banquier pour juger de la solidité d’un dossier : elle indique combien l’exploitation dégage de liquidités pour rembourser ses emprunts et financer ses renouvellements. Un résultat comptable modeste mais une capacité d’autofinancement solide racontent une histoire bien plus favorable qu’il n’y paraît. Savoir présenter et expliquer cet indicateur, où les amortissements jouent un rôle central, fait partie des réflexes d’un exploitant qui maîtrise sa gestion.

Au fond, l’amortissement linéaire est l’outil de base de la gestion des immobilisations d’une salle de sport. Simple, prévisible, universel, il constitue le socle sur lequel s’ajoutent, si pertinent, des méthodes plus optimisantes comme le dégressif. Bien le comprendre, c’est se donner les moyens de piloter sereinement la dimension patrimoniale de son exploitation. La maîtrise de ces fondamentaux comptables, souvent jugés arides, est en réalité un atout de gestion : elle permet de dialoguer d’égal à égal avec son expert-comptable et son banquier, et de prendre des décisions d’investissement éclairées. Voir aussi nos guides sur le point mort et le coût d’ouverture d’une salle.

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Questions fréquentes

FAQ — Amortissement linéaire

Qu'est-ce que l'amortissement linéaire ?
C’est la méthode d’amortissement la plus courante : elle répartit le coût d’un bien en parts égales sur toute sa durée d’utilisation, en passant la même dotation en charge chaque année jusqu’à ce que le bien soit entièrement amorti. Sa simplicité et sa prévisibilité en font la méthode par défaut. Chez Magicfit, nous aidons nos franchisés à l’intégrer correctement dans leur prévisionnel.
Comment calcule-t-on l'amortissement linéaire ?
On divise la base amortissable (coût d’acquisition, éventuellement diminué de la valeur résiduelle si elle est significative) par la durée d’utilisation. Par exemple, un parc de matériel de 60 000 € amorti sur 5 ans donne une dotation constante de 12 000 € par an. On peut aussi appliquer un taux égal à 100 ÷ durée au coût d’acquisition.
Quelle est la différence avec l'amortissement dégressif ?
Le linéaire répartit la charge en parts égales sur toute la durée. Le dégressif charge davantage les premières années via un taux appliqué à la valeur restant à amortir, puis décroît. Au total, la somme amortie est identique ; seule la répartition dans le temps diffère. Le linéaire lisse le résultat, le dégressif optimise la trésorerie au démarrage.
Quels biens amortir en linéaire dans une salle de sport ?
Le mobilier, les agencements et travaux, les installations techniques, le matériel informatique, et le matériel sportif si l’on ne recourt pas au dégressif. Le linéaire est aussi obligatoire pour les biens exclus du dégressif : véhicules de tourisme, biens d’occasion, mobilier de bureau. Les coachs Magicfit recommandent de fixer les durées avec un expert-comptable.
Quels sont les avantages de l'amortissement linéaire ?
Sa simplicité (un calcul immédiat), sa prévisibilité (une charge constante facile à budgéter), le lissage du résultat (pas d’à-coups), et son universalité (applicable à tous les biens, bien accepté des partenaires financiers). Ces qualités en font la méthode de référence pour la plupart des immobilisations d’une salle.
Faut-il déduire une valeur résiduelle ?
Seulement si elle est significative et mesurable. Pour la plupart des équipements d’une salle de sport, soumis à un usage intensif, la valeur résiduelle en fin de vie est négligeable et considérée comme nulle : on amortit alors la totalité du coût d’acquisition. L’expert-comptable apprécie ce point au cas par cas.
L'amortissement est-il une sortie de trésorerie ?
Non. C’est une charge comptable qui réduit le résultat, mais sans décaissement : l’argent est sorti à l’achat du bien. Dans un plan de trésorerie, l’amortissement n’apparaît donc pas comme une sortie d’argent, contrairement au compte de résultat. Confondre les deux fausse les projections financières.
Comment enregistre-t-on l'amortissement linéaire ?
Chaque année, on débite un compte de charge (dotation aux amortissements) et on crédite un compte d’amortissement cumulé, qui réduit la valeur du bien à l’actif. L’écriture se répète à l’identique chaque exercice jusqu’à l’amortissement complet. La régularité du linéaire rend ce suivi particulièrement simple.
Quelle durée d'amortissement retenir ?
La durée correspond à la durée réelle d’utilisation du bien, déterminée selon sa nature et les usages de la profession. Les agencements s’amortissent souvent sur des durées longues, le matériel informatique sur des durées courtes, le matériel sportif sur des durées intermédiaires. L’expert-comptable fixe ces durées en cohérence avec la réalité d’exploitation.

Sources

  1. Bpifrance Création. Les amortissements. Consulter
  2. BOFiP — Direction générale des finances publiques. BIC — Amortissements (régime de l’amortissement linéaire). Consulter
  3. Service-public.fr (Entreprendre). L’amortissement des immobilisations. Consulter
  4. Légifrance. Code général des impôts, dispositions relatives aux amortissements. Consulter

Pour aller plus loin

Frédéric Legrand — Direction du développement franchise, MagicFit.

Transparence : MagicFit développe un réseau de franchise et cet article promeut naturellement son modèle. Le contenu a une portée pédagogique et générale ; il ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Pour vos choix d’amortissement, consultez un expert-comptable inscrit à l’Ordre.

Les durées et règles d’amortissement dépendent de la nature des biens et des textes en vigueur, susceptibles d’évoluer. Dernière mise à jour : juin 2026.

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