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APA : qui peut prescrire l’activité physique adaptée

✍️ Par la Rédaction MagicFit · ⏱️ Lecture 15 min · 📅 Publié le 15 mai 2026

APA : qui peut prescrire l’activité physique adaptée, qui peut en bénéficier

⚕️ Médecine & Sport · M-02

APA : qui peut prescrire l’activité physique adaptée, et qui peut en bénéficier

Derrière le sigle « APA » se cachent deux questions très concrètes : quel médecin a le droit de signer l’ordonnance, et quel patient peut y prétendre ? Ce guide détaille, à jour des décrets de 2023, qui prescrit, qui encadre, et comment savoir si vous êtes éligible.

⚠️ Avertissement médical

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas une consultation médicale. Toute reprise du sport en cas de pathologie nécessite l’avis préalable de votre médecin traitant ou de votre spécialiste. Frédéric Legrand n’est pas médecin — les contenus sont produits avec l’appui de la littérature scientifique référencée.

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affections de longue durée, plus une longue liste de maladies chroniques et de facteurs de risque, ouvrent aujourd’hui droit à la prescription d’activité physique adaptée

Source : décrets n°2023-234 et n°2023-235 du 30 mars 2023 — Code de la santé publique, art. D.1172-1 et suivants

APA, sport sur ordonnance, sport-santé : de quoi parle-t-on ?

Avant de répondre à « qui prescrit » et « qui en bénéficie », il faut clarifier un vocabulaire qui prête souvent à confusion. Trois expressions circulent : « sport-santé », « sport sur ordonnance » et « activité physique adaptée ». Elles ne sont pas synonymes.

Le « sport-santé » est l’expression la plus large : elle désigne, de façon générale, toute pratique physique pensée pour préserver ou améliorer la santé. Le « sport sur ordonnance » est l’appellation grand public du dispositif par lequel un médecin prescrit une pratique physique dans le cadre du soin. Et l’« activité physique adaptée », ou APA, est le terme réglementaire précis : c’est ce qui est effectivement écrit dans la loi et dans les décrets. Quand on parle du cadre légal, c’est toujours le mot APA qu’il faut employer.

La définition réglementaire de l’APA, inscrite à l’article D.1172-1 du Code de la santé publique, est précise. Il s’agit de la pratique, dans un contexte de vie quotidienne, de loisir, de sport ou d’exercices programmés, de mouvements corporels produits par les muscles squelettiques, basée sur les aptitudes et les motivations de personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires. Le décret de 2023 ajoute une précision capitale : l’APA s’adresse aux patients qui n’ont pas un niveau régulier d’activité physique au moins égal aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, et qui ne peuvent pas augmenter ce niveau seuls, de façon adaptée et sécurisée.

Cette dernière phrase est la clé de tout le dispositif. L’APA ne s’adresse pas à un sportif qui veut progresser, ni même à une personne en bonne santé qui souhaite « se remettre au sport ». Elle vise spécifiquement ceux pour qui une pathologie, un facteur de risque ou une perte d’autonomie rend la reprise d’activité difficile, voire risquée, sans encadrement. C’est ce qui justifie qu’un médecin intervienne : il y a un risque médical à évaluer et à doser.

Cette distinction de vocabulaire n’est pas qu’une question de pédantisme. Elle a des conséquences pratiques. Une salle de sport peut proposer du « sport-santé » au sens large sans que cela relève de l’APA réglementaire. Un coach peut accompagner une personne en bonne santé vers une meilleure forme sans qu’il y ait ni prescription, ni pathologie nommée, ni boucle de coordination médicale. L’APA, elle, désigne un cadre juridique précis : une prescription médicale, un public défini par décret, des professionnels habilités, un suivi documenté. Quand un patient demande « est-ce que je peux avoir du sport sur ordonnance ? », ce qu’il demande réellement, c’est : « est-ce que je relève du cadre de l’APA ? ». Et la réponse à cette question ne dépend pas de sa motivation, mais de sa situation médicale.

Qui peut prescrire l’APA ? La réponse a changé en 2023

C’est sans doute le point sur lequel l’information en circulation est la plus périmée. Pendant des années, on a répété que « seul le médecin traitant peut prescrire le sport sur ordonnance ». Ce n’est plus vrai depuis le 30 mars 2023.

Avant 2023 : le monopole du médecin traitant

Le dispositif d’origine, créé par la loi de modernisation du système de santé de 2016 et précisé par le décret du 30 décembre 2016, réservait la prescription au seul médecin traitant, et uniquement pour les patients en affection de longue durée. C’était un cadre étroit : un patient suivi par un spécialiste pour une pathologie chronique devait, en pratique, repasser par son généraliste pour obtenir l’ordonnance.

Depuis 2023 : tout médecin de la prise en charge

Le décret n°2023-234 du 30 mars 2023 a élargi le cercle des prescripteurs. Désormais, la prescription initiale d’APA peut être établie par tout médecin intervenant dans la prise en charge du patient. Concrètement, cela inclut le médecin traitant, bien sûr, mais aussi le cardiologue qui suit un patient hypertendu, l’oncologue qui accompagne une personne en traitement, le rhumatologue, le diabétologue, le médecin hospitalier. Le verrou du « passage obligé par le généraliste » a sauté.

Cet élargissement n’est pas tombé du ciel : il s’inscrit dans une trajectoire législative cohérente. La loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France a posé le principe d’un élargissement de la prescription d’APA au-delà des seules ALD, en l’ouvrant aux maladies chroniques, aux facteurs de risque et aux situations de perte d’autonomie. Les deux décrets du 30 mars 2023 — le 2023-234 sur les conditions de prescription et de dispensation, le 2023-235 sur la liste des situations éligibles — sont les textes d’application qui ont rendu ce principe opérationnel. Comprendre cette généalogie aide à saisir pourquoi l’information « grand public » est si souvent en retard : le dispositif a changé trois fois de périmètre en moins de dix ans.

Le décret précise aussi la méthode. Lorsqu’il prescrit, le médecin s’appuie, quand ils existent pour la pathologie concernée, sur les référentiels d’aide à la prescription publiés par la Haute Autorité de Santé. Il établit la prescription initiale sur un formulaire spécifique, dont le modèle est fixé par l’arrêté du 28 décembre 2023, en précisant le type d’activité, sa durée, sa fréquence et son intensité. La prescription est faite avec l’accord du patient et au vu de sa pathologie, de ses capacités physiques et du risque médical qu’il présente.

Ce que la prescription n’est pas

Il faut distinguer la prescription d’APA d’autres documents médicaux. Ce n’est pas un certificat de non-contre-indication au sport, qui se contente d’autoriser une pratique. La prescription d’APA, elle, recommande activement une pratique précise, dosée, comme un élément du soin. Ce n’est pas non plus une prescription de kinésithérapie ou de rééducation : la rééducation relève d’actes réservés à des professionnels de santé et vise la récupération d’une fonction, tandis que l’APA vise l’installation durable d’un mode de vie actif.

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Qui peut en bénéficier ? Les trois grandes catégories

Le décret n°2023-235 du 30 mars 2023 a fixé la liste des situations ouvrant droit à la prescription d’APA. Cette liste recouvre trois grandes catégories de personnes — bien plus large que les seuls patients en ALD auxquels le dispositif était initialement réservé.

Les patients en affection de longue durée

C’est le socle historique. La liste des ALD reconnues par l’Assurance Maladie comprend plus de trente pathologies : diabète de type 1 et de type 2, cancers, maladies cardiovasculaires graves, insuffisance respiratoire chronique grave, affections psychiatriques de longue durée, sclérose en plaques, maladies neurologiques évolutives, et bien d’autres. Toute personne dont la maladie figure sur cette liste, et dont le médecin estime que l’APA présenterait un bénéfice, peut se voir prescrire de l’activité physique adaptée.

Les patients atteints d’une maladie chronique ou présentant des facteurs de risque

C’est l’élargissement majeur de 2023. Le décret a ouvert la prescription à des personnes qui, sans être en ALD, sont atteintes d’une maladie chronique ayant un retentissement sur la vie quotidienne, ou qui présentent des facteurs de risque identifiés. Parmi ces facteurs de risque figurent notamment le surpoids et l’obésité, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies, la sédentarité, la dénutrition. Cet élargissement fait entrer dans le dispositif une population considérablement plus large : il ne faut plus nécessairement être « malade chronique avéré » pour être éligible.

La portée de cette ouverture est considérable, et encore largement sous-exploitée. Prenons un exemple : une personne en surpoids, sédentaire, avec une tension un peu élevée mais sans pathologie déclarée, n’aurait pas été éligible au dispositif d’origine. Elle l’est aujourd’hui. Or c’est précisément ce profil — ni totalement sain, ni encore malade chronique — que la prévention a le plus d’intérêt à atteindre tôt. Le problème n’est donc plus tellement réglementaire : il est dans la connaissance du dispositif. Beaucoup de personnes désormais éligibles ignorent que l’APA existe, et beaucoup de médecins ne pensent pas systématiquement à la proposer. C’est un décalage entre un cadre juridique élargi et des pratiques qui n’ont pas encore rattrapé ce cadre.

Les personnes en situation de perte d’autonomie

Troisième catégorie : les personnes en perte d’autonomie liée au handicap ou au vieillissement. Le décret vise notamment les personnes dont une situation de fragilité est repérée — un axe devenu central dans les politiques de prévention, le sport-santé étant l’un des leviers de la lutte contre les chutes et la dépendance chez les personnes âgées.

En pratique, la question « suis-je éligible ? » n’a donc qu’une seule bonne adresse : le médecin. C’est lui qui rapproche votre situation de la liste réglementaire et qui juge si l’APA présenterait, dans votre cas, un bénéfice. Le rôle du patient est de poser la question — beaucoup de personnes éligibles ne le savent pas et n’y pensent pas.

Qui peut encadrer l’APA ? Prescrire et dispenser, deux métiers

Une confusion fréquente consiste à croire que le médecin qui prescrit est aussi celui qui « fait faire le sport ». Ce n’est pas le cas. Le décret distingue clairement deux fonctions : la prescription, qui est un acte médical, et la dispensation, c’est-à-dire l’encadrement concret des séances, qui est confiée à d’autres professionnels.

Les enseignants en activité physique adaptée

Au cœur du dispositif se trouvent les enseignants en APA, le plus souvent titulaires d’une licence ou d’un master STAPS, mention « Activité physique adaptée et santé ». Leur formation universitaire les prépare spécifiquement à encadrer des publics fragiles : personnes malades chroniques, en situation de handicap, ou confrontées aux contraintes du vieillissement. C’est une reconnaissance relativement récente : l’enseignant en APA a été cité dans le Code de la santé publique pour la première fois à l’occasion de ce dispositif.

Les professionnels de santé

Aux côtés des enseignants en APA, certains professionnels de santé peuvent dispenser l’activité physique adaptée : masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens. Leur intervention est particulièrement importante dans les situations les plus lourdes, comme on va le voir.

Certains éducateurs sportifs

Enfin, certains professionnels titulaires d’un diplôme dans le champ du sport peuvent encadrer des patients en APA, à condition de disposer des prérogatives spécifiques requises et dans la limite du niveau de risque qu’ils sont habilités à prendre en charge. C’est le maillon qui permet, par exemple, à une salle de sport de proposer des créneaux adaptés aux patients porteurs d’une prescription, dès lors que l’encadrant a la qualification correspondante.

Le critère décisif : le niveau de limitation fonctionnelle

Comment le médecin choisit-il vers quel type de professionnel orienter ? Le décret introduit un critère technique : le niveau de limitations fonctionnelles du patient, que le médecin qualifie en s’appuyant sur une annexe réglementaire. Le principe est le suivant : pour les personnes présentant des limitations fonctionnelles sévères, seuls les professionnels de santé sont habilités à intervenir en première intention. Lorsque les limitations s’atténuent et que le patient a gagné en autonomie, l’enseignant en APA peut prendre le relais, en complémentarité. Pour les limitations modérées ou minimes, le champ des intervenants possibles est plus large dès le départ. Autrement dit, plus le risque médical est élevé, plus l’encadrement requis est qualifié — une logique de sécurité graduée.

Comment savoir si vous êtes éligible : la marche à suivre

Du point de vue du patient, la démarche pour savoir si l’on peut bénéficier de l’APA est simple, mais elle suppose de prendre l’initiative.

  1. Faites le point sur votre situation. Êtes-vous en affection de longue durée ? Suivi pour une maladie chronique ? Concerné par un facteur de risque comme le surpoids, l’hypertension ou une sédentarité installée ? En perte d’autonomie liée à l’âge ou à un handicap ? Si vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations, vous êtes potentiellement éligible.
  2. Posez la question à un médecin. Médecin traitant ou spécialiste qui vous suit : l’un comme l’autre peut désormais prescrire. Abordez le sujet explicitement — « est-ce que l’activité physique adaptée pourrait m’être prescrite ? ». C’est une question légitime, et beaucoup de patients éligibles n’y pensent jamais.
  3. Laissez le médecin évaluer. Le médecin rapproche votre situation de la liste réglementaire, évalue vos capacités physiques et le risque médical, et juge si l’APA présenterait un bénéfice dans votre cas. C’est lui, et lui seul, qui détermine l’éligibilité et le contenu de la prescription.
  4. Récupérez le formulaire et faites-vous orienter. Si la prescription est établie, le médecin remplit le formulaire normé et vous oriente vers un professionnel qualifié — enseignant en APA, professionnel de santé, ou structure adaptée selon votre niveau de limitation.
  5. Démarrez par un bilan. Le professionnel réalise un bilan initial de votre condition physique et de vos capacités fonctionnelles, ainsi qu’un bilan motivationnel. C’est sur cette base qu’est construit votre programme personnalisé.

La boucle de coordination : ce qui relie le médecin et l’encadrant

Ce qui distingue fondamentalement l’APA d’une pratique sportive libre, c’est l’existence d’une circulation organisée de l’information entre le prescripteur et celui qui encadre. Le décret en détaille les étapes.

Au début de la prise en charge, le professionnel qui dispense l’APA réalise un bilan d’évaluation de la condition physique et des capacités fonctionnelles, complété par un bilan motivationnel. Ce double bilan sert à définir le programme : type d’activité, intensité, fréquence, nombre de séances ou durée. Périodiquement, le professionnel transmet au médecin prescripteur un compte rendu sur le déroulement du programme et ses effets sur la condition physique et l’état fonctionnel du patient. À l’issue du programme, un bilan comparatif permet d’apprécier les progrès, et formule des propositions : poursuite, ajustement, ou sortie du dispositif si le patient a acquis une autonomie suffisante.

Le patient n’est pas spectateur de cette boucle : il reçoit une copie des comptes rendus. Et lors des consultations de suivi, le médecin prend connaissance de ces documents, évalue les conditions d’un éventuel renouvellement, et peut décider que le patient relève désormais d’un autre niveau d’intervention — par exemple, passer d’un encadrement par un professionnel de santé à un encadrement par un enseignant en APA, puis vers une pratique plus autonome en club. L’objectif final du dispositif est d’ailleurs là : amener progressivement la personne vers l’autonomie, et non la maintenir indéfiniment sous encadrement.

Un exemple concret aide à visualiser cette progression. Imaginons une personne en ALD, présentant initialement des limitations fonctionnelles sévères : elle ne peut marcher que sur de courtes distances. À ce stade, le décret prévoit que seuls les professionnels de santé interviennent en première intention. Après plusieurs mois de prise en charge, un nouveau bilan fonctionnel montre que la personne marche désormais nettement plus longtemps en continu : elle n’est plus dans la catégorie « limitation sévère ». Le médecin peut alors faire évoluer l’orientation — vers un enseignant en APA, en complémentarité, puis vers une pratique plus classique en club ou en salle avec un encadrement adapté. Les trois modes de prise en charge ne sont pas concurrents : ils forment un continuum que le médecin ajuste au fil des bilans. C’est cette plasticité, encadrée et documentée, qui fait la valeur du dispositif.

Les questions qui reviennent le plus souvent

Quelques points méritent d’être clarifiés, car ils suscitent des malentendus récurrents.

D’abord, le lien entre l’enseignant en APA et les professionnels de santé. L’enseignant en APA n’est pas subordonné aux kinésithérapeutes ou aux autres professionnels paramédicaux. Le seul lien hiérarchique fonctionnel qui existe est celui qui le relie au médecin, par l’intermédiaire de la prescription. L’enseignant en APA reste responsable de l’encadrement de l’activité qu’il dispense.

Ensuite, l’articulation entre rééducation et APA. Pour une personne présentant des limitations sévères, plusieurs modes de prise en charge peuvent se succéder ou se compléter : une rééducation classique, réalisée par un professionnel de santé ; une activité physique encadrée par un professionnel de santé ; et, en complément, une APA encadrée par un enseignant en APA. Ces modalités ne s’opposent pas : elles s’articulent au fil de la récupération de l’autonomie.

Enfin, la question du diplôme de l’encadrant. Tous les diplômes du champ STAPS ne confèrent pas automatiquement les prérogatives d’encadrement contre rémunération. Du point de vue du patient, le réflexe utile est de demander à l’encadrant d’indiquer clairement sa qualification et son champ d’intervention : un professionnel sérieux le fait sans difficulté.

Au fond, si l’on devait résumer le dispositif en une phrase, ce serait celle-ci : l’APA repose sur une chaîne de responsabilités clairement répartie. Le médecin évalue, prescrit et suit ; le professionnel qualifié encadre et rend compte ; le patient pratique et progresse vers l’autonomie. Chacun a un rôle, et c’est l’articulation de ces rôles — et non l’activité physique seule — qui transforme une simple recommandation de « faire du sport » en un véritable parcours de soin. Connaître cette répartition, c’est déjà savoir à quelle porte frapper : au médecin pour l’éligibilité et la prescription, au professionnel APA pour la mise en œuvre concrète. Les deux articles suivants de ce cluster détaillent justement ces deux portes : l’une sur le mode d’emploi complet de la prescription, l’autre sur la manière de trouver un enseignant en APA près de chez soi.

Quand consulter un médecin

🩺 La prescription d’APA passe toujours par un médecin. Certaines situations doivent vous conduire à consulter :

  • Vous pensez être éligible mais personne ne vous a jamais parlé d’APA : prenez rendez-vous et posez explicitement la question à votre médecin traitant ou à votre spécialiste.
  • Vous êtes en ALD ou suivi pour une maladie chronique et souhaitez reprendre une activité : ne reprenez pas seul, demandez d’abord une évaluation médicale.
  • Douleur thoracique, oppression, palpitations, malaise pendant ou après un effort : arrêt immédiat et consultation sans délai.
  • Essoufflement anormal ou disproportionné par rapport à l’effort fourni.
  • Aggravation des symptômes de votre pathologie coïncidant avec une reprise d’activité : parlez-en à votre médecin avant de poursuivre.
  • Doute sur la qualification de l’encadrant ou sur l’adéquation du programme à votre état : revenez vers le médecin prescripteur.

Ne modifiez jamais seul un traitement en cours sous prétexte de reprise d’activité : cette décision appartient exclusivement à votre médecin.

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📚 Bibliographie & sources

  • Légifrance — Décret n°2023-234 du 30 mars 2023 relatif aux conditions de prescription et de dispensation de l’activité physique adaptée. legifrance.gouv.fr — texte du décret
  • Légifrance — Décret n°2023-235 du 30 mars 2023 fixant la liste des maladies chroniques, des facteurs de risque et des situations de perte d’autonomie ouvrant droit à la prescription d’activités physiques adaptées. legifrance.gouv.fr — texte du décret
  • Légifrance — Articles L.1172-1 et D.1172-1 à D.1172-5 du Code de la santé publique. legifrance.gouv.fr — Code de la santé publique
  • Haute Autorité de Santé — Synthèse : prescription d’activité physique / activité physique adaptée (APA). has-sante.fr — synthèse APA
  • Assurance Maladie (ameli.fr) — La prescription d’activité physique adaptée : une thérapeutique non médicamenteuse. ameli.fr — prescription d’APA
  • Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée (SFP-APA) — FAQ prescription d’activité physique et enseignant en APA ; annuaire national de l’enseignant en APA. sfp-apa.fr — FAQ et annuaire

Questions fréquentes

FAQ — APA et prescripteurs

Mon médecin traitant est-il le seul à pouvoir me prescrire l'APA ?
Non, plus depuis le décret du 30 mars 2023. La prescription initiale d’activité physique adaptée peut désormais être établie par tout médecin intervenant dans votre prise en charge : votre médecin traitant, mais aussi un médecin spécialiste qui vous suit (cardiologue, oncologue, rhumatologue, diabétologue, médecin hospitalier…). Le passage obligé par le généraliste n’existe plus.
Comment savoir si je suis éligible à l'activité physique adaptée ?
Trois grandes catégories de personnes sont éligibles : les patients en affection de longue durée (ALD), les personnes atteintes d’une maladie chronique ou présentant des facteurs de risque (surpoids, obésité, hypertension, dyslipidémies, sédentarité…), et les personnes en situation de perte d’autonomie liée au handicap ou au vieillissement. Seul un médecin peut confirmer votre éligibilité : c’est lui qui rapproche votre situation de la liste réglementaire fixée par le décret n°2023-235.
Quelle est la différence entre prescrire et dispenser l'APA ?
Prescrire est un acte médical : le médecin évalue, dose et établit l’ordonnance sur un formulaire normé. Dispenser, c’est encadrer concrètement les séances : cette mission revient à d’autres professionnels — enseignants en APA (diplômés STAPS), professionnels de santé (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens) ou certains éducateurs sportifs qualifiés. Le médecin qui prescrit n’est donc pas celui qui encadre la pratique.
Qu'est-ce qu'un enseignant en APA ?
Un enseignant en activité physique adaptée est un professionnel le plus souvent titulaire d’une licence ou d’un master STAPS, mention « Activité physique adaptée et santé ». Sa formation universitaire le prépare spécifiquement à encadrer des publics fragiles : personnes malades chroniques, en situation de handicap, ou âgées. C’est lui qui construit et anime le programme personnalisé à partir du bilan initial.
Pourquoi le médecin m'oriente-t-il vers tel professionnel plutôt qu'un autre ?
Le choix dépend de votre niveau de limitations fonctionnelles, que le médecin qualifie en s’appuyant sur une annexe réglementaire. Pour les limitations sévères, seuls les professionnels de santé interviennent en première intention. Quand les limitations s’atténuent et que vous gagnez en autonomie, l’enseignant en APA peut prendre le relais. Plus le risque médical est élevé, plus l’encadrement requis est qualifié.
Où trouver un enseignant en APA près de chez moi ?
La Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée (SFP-APA) tient un annuaire national de l’enseignant en APA, dont la consultation est libre et gratuite. Les Maisons Sport-Santé constituent également un point d’orientation. Votre médecin prescripteur peut aussi vous indiquer les structures et professionnels de votre secteur.
L'APA, c'est pour toute la vie ?
Non, ce n’est pas l’objectif. Le dispositif est pensé pour amener progressivement la personne vers l’autonomie. À l’issue d’un programme, un bilan comparatif évalue les progrès : si vous avez acquis une autonomie suffisante, le médecin peut proposer une sortie du dispositif vers une pratique plus classique, en club ou en salle, avec un encadrement adapté. La prescription peut aussi être renouvelée ou ajustée selon votre évolution.

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